Phytothérapie, œstrogènes naturels, homéopathie, aromathérapie et huiles essentielles
Les femmes peuvent éviter les désagréments de ce phénomène qui survient autour de la cinquantaine, de manière naturelle.
Cette période peut être vécue d’une manière positive si elles prennent en charge leur santé. Malgré une efficacité globale de l’homéopathie assez controversée dans le monde scientifique, cette approche a le vent en poupe et semblerait réduire les sensations de bouffées de chaleur chez les femmes en pré-ménopause et présente principalement l'avantage de n'avoir aucun risque de surdosage.
A contrario, d'autres solutions comme la phytothérapie sont en revanche à utiliser avec précaution même si le recours aux plantes et à la phytothérapie est une manière douce pour mieux vivre sa ménopause.
Parmi les différentes plantes utilisées (sauf contre-indication), on peut citer la mélisse et le ginseng qui combattent la fatigue, le stress et sont bons pour le moral ou encore l’aubépine qui régularise la tension et réduit palpitations et insomnies.
Quelles plantes pour la ménopause ?
L’actée à grappes noires
L’actée à grappes noires, autre trésor de la nature, limite une série de troubles en rapport avec la ménopause : bouffées de chaleur, insomnies, sudation…à raison de 40 à 80 mg par jour selon les études menées sur cette plante.
Les graines de lin
Les graines de lin, riches en oméga 3, réduisent elles aussi les bouffées de chaleur. Une étude [11] publiée en 2015 dans la revue Holistic Nursing Practice (HNP) a tenté d'analyser les effets des graines de lin sur les symptômes de la ménopause et la qualité de vie tout au long de la période de la ménopause.
Cette recherche empirique a été menée dans un service de consultation externe d'obstétrique et de gynécologie d'un hôpital universitaire. L’étude a impliqué 140 femmes ménopausées qui ont été divisées en 4 groupes. Les auteurs révèlent au travers de leurs résultats que les symptômes de la ménopause ont diminués et la qualité de vie a augmenté chez les femmes qui ont utilisé des graines de lin pendant 3 mois.
La sauge, le cyprès, la menthe, l’anis
Certaines plantes stimulent la production d’œstrogènes ou imitent l’action de ceux-ci (œstrogen-like, en anglais) comme la sauge sclarée, le cyprès vert, la menthe poivrée et l’anis vert. Elles sont utilisées sous forme d’huiles essentielles, de gélules ou même de tisanes.
La sauge en infusion (1 à 3 g de feuilles séchées, 10 minutes dans un bol d'eau bouillante) est notamment reconnue pour son effet œstrogènes-like qui compense la baisse hormonale et pour son action sur les sueurs nocturnes. Attention, l'huile essentielle de sauge est contre-indiquée en cas d’antécédent de cancer hormono-dépendant (cancer du sein, du col de l’utérus, des ovaires).
La spiruline
La spiruline, algue riche en protéines, fer et minéraux, dont les bienfaits sont désormais reconnus, aide efficacement à lutter contre la fatigue résultant des changements hormonaux.
La spiruline pousse naturellement dans les lacs alcalins très salés d'Afrique, du Mexique, d'Amérique et d'Asie. Il a été démontré que plusieurs peptides bioactifs extraits de la spiruline possèdent des propriétés antimicrobiennes, antivirales, antitumorales, immunomodulatrices, antiallergiques et antihypertensives.
Il a été rapporté que la consommation de spiruline pouvait prévenir ou gérer les composants du syndrome métabolique. Chez les femmes, les troubles métaboliques sont plus fréquents pendant la ménopause. Les femmes ménopausées présentent un tour de taille plus élevé, une augmentation de la pression artérielle, une hypertriglycéridémie (taux trop élevé de triglycérides dans le sang), une hyperglycémie (concentration en glucose dans le sang, glycémie, anormalement élevée) et une diminution des valeurs de cholestérol HDL, entraînant un risque accru d'événements cardiovasculaires.
Plusieurs articles pertinents et un nombre grandissant d’études [12] indiquent que la spiruline a des effets positifs dans la gestion des composants du syndrome métabolique. La spiruline est une cyanobactérie (bactéries photosynthétiques qui possèdent de la chlorophylle) précieuse qui peut être utilisée comme complément alimentaire pour la gestion du syndrome métabolique, et elle est capable de réduire le risque d'événements cardiovasculaires. La dose optimale et la période d'administration restent un sujet débattu et de futures investigations sont nécessaires. Compte tenu des effets bénéfiques rapportés contre chaque composante du syndrome métabolique, la spiruline pourrait également être efficace en période post-ménopausique, lorsque ce syndrome est le plus répandu. Cependant, il existe encore un fort besoin d'essais cliniques humains afin de soutenir cette observation.
Le safran
Le safran au goût si délicat, est une épice anti-déprime confirmée. En effet, selon une étude [13] publiée en 2018 dans la revue scientifique Archives of Gynecology and Obstetrics, le safran est une épice qui améliore le bien-être chez certains sujets. En raison des préoccupations concernant les effets secondaires de l'hormonothérapie, de nombreuses études se sont concentrées sur le développement d'agents non hormonaux pour le traitement des bouffées de chaleur. Ainsi, le but de cette étude était d'évaluer l'efficacité et l'innocuité du safran dans le traitement du trouble dépressif majeur associé aux bouffées de chaleur post-ménopausiques.
Pour réaliser cette étude, 60 femmes souffrant de bouffées de chaleur post-ménopausiques ont participé. Les patientes ont reçu au hasard soit du safran (30 mg/jour, 15 mg deux fois par jour) soit un placebo pendant 6 semaines. Ensuite, les patientes ont été évalués à l'aide des plusieurs échelles (HFRDIS, HDRS,…).
Les résultats de cette étude ont révélé que le safran est un traitement sûr et efficace pour améliorer les bouffées de chaleur et les symptômes dépressifs chez les femmes en bonne santé post-ménopausées. D'autre part, le safran, avec moins d'effets secondaires, peut constituer une option de phytothérapie non hormonale et alternative dans le traitement des femmes souffrant de bouffées de chaleur.
Le soja
Le soja, riche en phytoœstrogènes et isoflavones fait chuter le taux de mauvais cholestérol et augmente celui de bon cholestérol. Les phytoœstrogènes ont des effets similaires à ceux des œstrogènes.
Au cours de la ménopause, il existe une relation étroite entre la baisse des œstrogènes sériques et des modifications métaboliques négatives telles que l'augmentation de la résorption osseuse et une modification négative du profil lipidique sérique. Des essais contrôlés randomisés mesurant les marqueurs du remodelage osseux chez les femmes ménopausées ont révélé que les suppléments d'isoflavones de soja diminuent significativement mais modérément le marqueur de résorption osseuse, la désoxypyridinoline urinaire, sans effets significatifs sur les marqueurs de formation osseuse, la phosphatase alcaline osseuse sérique et l’ostéocalcine.
L'orientation future de la recherche sur le soja repose sur une meilleure compréhension de l'interaction du soja avec les récepteurs d'œstrogènes individuels et les protéines inflammatoires de la ménopause. Les isoflavones de soja sont environ un tiers aussi efficace que les œstrogènes pour réduire les bouffées de chaleur. Cependant, il a été démontré qu'une consommation quotidienne prolongée de soja réduit d'importantes protéines inflammatoires liées à la ménopause.
Le rôle de la biologie du soja est important, et ce seront les scientifiques, en collaboration avec les cliniciens, qui définiront finalement son utilité dans la gestion de la ménopause.
Le houblon
Une étude [14] publiée en 2016 dans la revue scientifique Complementary Therapies in Clinical Practice a évalué l'efficacité du houblon sur les symptômes précoces de la ménopause et les bouffées de chaleur. Dans cet essai contrôlé randomisé, 120 femmes ont été réparties au hasard en deux groupes, recevant des comprimés de houblon ou un placebo pendant 12 semaines. Les symptômes de la ménopause précoce ont été évalués à l'aide de l'échelle de Greene (Greene Climateric Scale, en anglais) et les bouffées de chaleur ont été enregistrées dans un journal avant, et 4, 8 et 12 semaines après l’intervention. Les résultats montrent que le houblon a efficacement réduit les premiers symptômes de la ménopause et amélioré le bien-être des patientes.
Libido et ménopause : homéopathie, traitement naturel,… ?
La baisse de libido [15] est prise en charge efficacement avec le ginseng, le maca (ginseng péruvien), la passiflore et l’hélionas.
Le Viagra féminin [16] booster de libido (flibansérine), sorte d’aphrodisiaque destiné aux femmes n'est pas recommandée et n'est pas disponible en France. Il est bien plus préférable d'avoir recours à l’huile essentielle de rose de Damas (par voie cutanée) grâce à ses propriétés tonifiantes, énergisante et aphrodisiaque contribuant à booster l'appétit sexuel.