Médecine chinoise : principes, pratiques et efficacité

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La médecine traditionnelle chinoise (MTC) est un ensemble de pratiques et de théories médicales traditionnelles utilisées en Chine depuis plus de deux millénaires. De plus en plus populaire en Occident, la médecine chinoise propose un ensemble de pratiques thérapeutiques et de doctrines dont le but est de maintenir et de restaurer la santé, grâce à une alimentation équilibrée, des exercices physiques et la méditation [1]. Selon les sources historiques, la médecine chinoise actuelle correspond à une combinaison de plusieurs doctrines médicales inhérentes à des périodes hétérogènes. Ces "médecines chinoises" puisent ainsi leurs racines dans divers domaines des populations chinoises (religion, folklore, agriculture, etc.)

Ancienne forme de médecine, la médecine traditionnelle chinoise est basée sur le concept du Qi (à prononcer "Tchi"), qui correspond à l'énergie vitale de l'organisme d'un humain, et qui circule dans des canaux corporels appelés méridiens. La médecine chinoise tourne également autour de l'idée du Yin et du Yang [2], ou des éléments opposés du Qi. Le Yin et le Yang doivent être en harmonie pour que le Qi soit en équilibre. Ainsi, en médecine traditionnelle chinoise, la santé globale d'un individu dépend d'un Qi équilibré. Cela comprend le bien-être mental, physique, émotionnel et spirituel. Mais si le Qi est déséquilibré ou bloqué, ou si le Yin et le Yang ne sont pas en harmonie, la maladie peut survenir.

De la sorte la médecine traditionnelle chinoise vise à rééquilibrer le Qi en utilisant la tonification, une thérapie censée améliorer le flux d'énergie. Puisque la santé dépend de multiples facteurs tous corrélés entre eux, cela peut se faire grâce à diverses techniques, comme l'acupuncture et le massage (tui na, dian xue...). Les approches qui composent la médecine traditionnelle chinoise (acupuncture, Taï-chi, suppléments à base de plantes,...) ont fait l'objet de nombreuses études cliniques et revues scientifiques. [3]

Cependant, il n'y a pas encore assez de preuves tangibles pour admettre l’efficacité de la médecine chinoise dans sa globalité, et en France elle est classée comme médecine non conventionnelle (MNC). Ainsi, les scientifiques cherchent encore à prouver les bienfaits des différentes techniques utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise pour qu'un maximum d'individus puissent en profiter sans danger.

Séance de massage chinois tui na sur un patient

Qu'est-ce que la médecine chinoise ?

Qu'est-ce que le Qi (Ch'i) ?

Depuis plusieurs siècles avant J.-C., la plupart des grandes traditions culturelles identifient une énergie vitale qui guide les processus physiques et mentaux d'une personne. Par exemple, dans la culture indienne, cela s'appelle le Prana [4]. Dans la culture grecque, cela s'appelle Pneuma. Dans la culture chinoise, comme le relate le plus ancien ouvrage disponible (Huangdi Nei Jing ou Classique interne de l'empereur Jaune) [1] cela s'appelle le Qi. La philosophie chinoise appelle cette énergie vitale Qi et la décrit comme l'intelligence innée du corps - la manière immatérielle mais mesurable de maintenir ce qu'on appelle l'homéostasie [5], ou la capacité du corps à réguler son environnement interne pour créer une bonne santé (température, pression artérielle,...).

Le Qi fait donc partie intégrante de la médecine traditionnelle chinoise (MTC) et tout est basé sur le Qi. En effet, selon les principes de cette médecine traditionnelle, les blocages ou les carences du Qi, ou trop de Qi sont à l'origine de la maladie. De ce fait, que ce soit avec l'acupuncture ou l'herboristerie, le but est d'aligner le Qi d'une personne.

Une personne qui a assez de Qi dans son corps est généralement considérée comme extérieurement saine et énergique. Par exemple, les personnes ayant un Qi équilibré peuvent rapidement combattre un virus, se rétablir rapidement après une blessure, mieux gérer leur stress, et ont généralement une bonne endurance, digestion et immunité, ainsi qu'un état d'esprit clair et positif.

Les personnes qui n'ont pas assez de Qi seront probablement fatiguées et pourraient avoir l'impression que certains systèmes de leur organisme ne fonctionnent pas correctement. Cela peut se révéler de plusieurs façons, comme par exemple la difficulté à digérer les aliments, la perte de l'appétit, une tendance à avoir des allergies ou attraper un rhume facilement, être sujet à de l'anémie ou des symptômes dépressifs. Une carence en Qi peut aussi être émotionnelle et se traduire par des troubles de l'humeur.

Enfin, il est également possible d'avoir un excès de Qi. Ainsi, les personnes ayant un excès peuvent sembler irritables, stressées ou tendues. Et chaque fois qu'une personne ressent une douleur, elle a probablement un Qi bloqué, et c'est là que l'acupuncture peut entrer en jeu

Comment réguler son Qi ?

Parce que le Qi est impliqué dans tous les processus de l'organisme, il existe en médecine traditionnelle chinoise (MTC) de nombreuses façons de le réguler.

Notons que si une personne respire bien, qu'elle mange correctement et dort correctement, le pronostic du Qi sera probablement bon. Un déséquilibre dans l'un de ces trois éléments indique que le Qi ne circule pas efficacement. Il est aussi crucial d'éviter les relations toxiques lorsqu'il s'agit de réguler le Qi.

De la sorte, une personne qui manque de Qi peut commencer à le réguler grâce à quelques pratiques simples :

  • dormir suffisamment et avoir un sommeil réparateur ;
  • pratiquer de l'exercice physique régulièrement (marche, yoga, etc.) ;
  • pratiquer des exercices de respiration ;
  • maintenir des habitudes alimentaires saines et équilibrées (aliments anti-stress, privilégier les aliments frais et peu transformés, consommation de thé et de café modérée,...) ;
  • prendre soin de sa santé mentale en pratiquant par exemple la méditation de pleine conscience.

Toutefois, insistons sur le fait que l'efficacité de la médecine chinoise n'est pas encore assez étayée au niveau des preuves scientifiques. De la sorte, il est important de consulter un professionnel de la santé de médecine occidentale (en cabinet de ville ou en établissement de santé) au cas où des symptômes nécessiteraient une autre forme de prise en charge et de traitement.

Que soigne véritablement la médecine traditionnelle chinoise (MTC) ?

Comment fonctionne la médecine chinoise ?

Comment se soigner avec la médecine chinoise ?

La médecine traditionnelle chinoise (MTC) est millénaire et a peu changé au cours des siècles. Son concept de base est qu'une "force vitale de la vie", appelée Qi, se déploie dans le corps. Tout déséquilibre du Qi peut provoquer des maladies. On pense le plus souvent que ce déséquilibre est causé par une altération des forces opposées et complémentaires qui composent le Qi. Ceux-ci sont appelés Yin et Yang.

Par le passé, les anciens Chinois croyaient que les humains sont des microcosmes de l'univers environnant plus vaste, et sont interconnectés avec la nature et soumis à ses forces. L'équilibre entre la santé et la maladie est un concept clé. Le traitement par la médecine traditionnelle chinoise (MTC) cherche à rétablir cet équilibre par un traitement spécifique pour chaque personne.

De ce fait, on pense que pour retrouver l'équilibre, il faut atteindre l'équilibre entre les différents organes internes du corps et les éléments externes de la terre, du feu, de l'eau, du bois et du métal.

Le traitement pour retrouver l'équilibre peut impliquer plusieurs pratiques comme :

  • l'acupuncture : insertion d'aiguilles très fines à travers la peau à des points stratégiques du corps ;
  • la moxibustion : brûlure de feuilles d'herbes sur ou près du corps ;
  • la technique des ventouses : utilisation de petits bocaux en verre chauffés pour créer une aspiration sur certains points du corps ;
  • le massage ;
  • les remèdes à base de plantes ;
  • les exercices de mouvement et de concentration.

Certaines approches psychologiques et physiques utilisées dans les pratiques de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), telles que l'acupuncture et le Taï-chi, peuvent aider à améliorer la qualité de vie et certaines conditions de douleur. Soulignons que les études sur les produits à base de plantes chinoises utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise pour une gamme de conditions médicales ont eu des résultats mitigés.

Par ailleurs, un traitement en médecine chinoise dépendra du type de déficience, de sa durée d'existence et de la cause. Des examens comme des analyses de sang (numération de la formule sanguine,...) peuvent également être effectués pour exclure des causes mieux traitées par la médecine conventionnelle ou traitées en conjonction avec elle.

En outre, certains produits à base de plantes chinoises ont été contaminés par des composés toxiques, des pesticides, des métaux lourds, des micro-organismes, et peuvent avoir de graves effets secondaires sur la santé [6]. Les erreurs de fabrication, dans lesquelles une herbe est remplacée par erreur par une autre, ont également entraîné de graves complications. Il est donc crucial de s'informer précisément sur la composition d'un remède et de demander conseil à un professionnel de la santé.

Quelles sont les différentes méthodes et doctrines de la médecine chinoise ?

Découvrez ci-dessous quelques exemples des pratiques utilisées au fil des siècles en médecine traditionnelle chinoise (MTC). Selon les consultations en médecine chinoise, plusieurs pratiques peuvent être proposées en fonction de chaque patient.

Actuellement, en Chine et dans certains autres pays d'Asie (Japon [7], Corée du Sud,...), ce type de médecine est utilisé parallèlement aux traitements pharmaceutiques conventionnels et aux prises en charge de la médecine occidentale.

L'acupuncture en médecine chinoise

L'acupuncture est une technique dans laquelle les praticiens stimulent des points spécifiques du corps, généralement en insérant de fines aiguilles à travers la peau. A ce jour, des études suggèrent que l'acupuncture stimule la libération des analgésiques naturels du corps et affecte les zones du cerveau impliquées dans le traitement de la douleur.

L'acupuncture en médecine chinoise

Par contre, plusieurs essais suggèrent que l'acupuncture réelle et l'acupuncture factice sont tout aussi efficaces, ce qui indique un effet placebo. Cependant, les résultats d'un certain nombre d'études suggèrent que l'acupuncture réelle peut aider à soulager les types de douleur qui sont souvent chroniques, comme la lombalgie, la douleur au cou, l'arthrose, ou le syndrome du canal carpien [8]. Cela peut également aider à réduire la fréquence des céphalées et à prévenir les migraines [9].

La moxibustion : technique asiatique de stimulation par la chaleur

La moxibustion est un type de médecine traditionnelle chinoise, qui est une technique de stimulation par la chaleur de points d'acupuncture. Il s'agit de brûler le "moxa", une sorte de cône ou de bâton fait de feuilles d'armoise chinoise (Artemisia argyi) broyées, sur ou près du trajet des méridiens et des points d'acupuncture du corps d'une personne. [10]

La moxibustion asiatique

Les praticiens en médecine traditionnelle chinoise pensent que la chaleur qui en résulte aide à stimuler ces points et améliore la circulation du Qi dans l'organisme. Selon les pratiques de la médecine traditionnelle chinoise, cette augmentation de la circulation du Qi peut aider à résoudre divers problèmes de santé, des douleurs chroniques aux troubles digestifs (diarrhée, gastro,...), et améliorer le bien-être.

Les ventouses (Cupping Therapy)

Les ventouses (parfois nommé "Cupping therapy") sont un type de thérapie alternative utilisé en médecine traditionnelle chinoise. Cette pratique consiste à placer des ventouses sur la peau d'une personne pour créer une aspiration. Cette aspiration améliorerait la circulation de l'énergie dans le corps et faciliterait la guérison. [11]

Les ventouses (Cupping Therapy)

On retrouve dans l'histoire plusieurs traces de cette pratique dans différentes cultures depuis l'Égypte ancienne, en passant par la Chine, la Corée ou le Tibet. De nos jours, la thérapie par ventouses est généralement considérée comme un traitement proposé par les praticiens de la médecine traditionnelle chinoise. Les partisans de cette pratique croient que l'aspiration aide à faciliter la circulation du Qi dans le corps, et aident à équilibrer le Yin et le Yang, afin de contribuer à la résistance du corps aux agents pathogènes ainsi qu'à sa capacité à augmenter le flux sanguin et à réduire la douleur. Les ventouses sont parfois réalisées avec des traitements d' acupuncture.

Enfin, de plus en plus de recherches scientifiques étudient comment et pourquoi les ventouses peuvent fonctionner sur l'être humain. Bien que d'autres études sont nécessaires, elles montrent pour l'instant que la thérapie par ventouses a rapporté des avantages pour une variété de conditions, comme favoriser la circulation sanguine de la peau, modifier les propriétés biomécaniques de la peau, augmentation des seuils de douleur, améliorer le métabolisme anaérobie local, réduire l'inflammation et stimuler l'immunité cellulaire.

Taï-chi : gymnastique énergétique chinoise

Le Taï-chi, comme le Qi Gong, est une forme de gymnastique et d'exercices énergétiques de tradition chinoise qui combine certaines postures, des mouvements doux, la concentration mentale, la respiration et la relaxation. Les résultats de la recherche scientifique actuelle suggèrent que la pratique du Taï-chi peut améliorer certains symptômes, l'équilibre et la stabilité chez les personnes âgées et les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. [12]

Séance de Taï-chi chuan : gymnastique énergétique chinoise

Cette pratique pourrait aussi réduire la douleur causée par l'arthrose du genou, aider les personnes à faire face à la fibromyalgie (forme de douleur chronique diffuse) et aux maux de dos (lombalgie), favoriser la qualité de vie et améliorer l'humeur des patients souffrant d'insuffisance cardiaque. [13]

Phytothérapie : les produits à base de plantes chinoises

Les produits à base de plantes dans la pharmacopée chinoise ont été étudiés pour de nombreux problèmes médicaux, notamment les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les maladies cardiaques, les troubles mentaux et les maladies respiratoires (telles que la bronchite et le rhume). Cependant, de nombreuses études sur ce type de médecine douce donnent des résultats parfois opposés et aucune conclusion définitive ne peut être tirée quant à leur efficacité. [14]

Phytothérapie asiatique : produits à base de plantes chinoises

La philosophie de la médecine traditionnelle chinoise repose sur un classement qui considère que les organes du corps sont liés aux cinq éléments que sont le feu, la terre, le métal, l'eau et le bois. De la sorte, les herbes médicinales sont classées de la même manière dans les cinq goûts (le sucré, le salé, l'amer, le piquant et l'acide) qui correspondent aux cinq éléments. Les plantes médicinales chinoises sont principalement à base de plantes, mais certaines préparations contiennent des minéraux ou des produits d'origine animale.

En fonction des types d'herbes et des objectifs, les remèdes peuvent être conditionnés sous forme de poudres, de pâtes, de lotions ou de comprimés. Les herbes les plus couramment utilisées en médecine traditionnelle et diététique chinoise sont : le gingembre, l'astragale (Astragalus propinquus), les baies aux cinq saveurs (Schisandra chinensis), le dong quai (Angelica sinensis), le kudzu (Pueraria lobata), la réglisse, le lycium (famille des Solanacées), ou le ginseng (Panax ginseng).

De plus, différentes herbes ont des propriétés différentes et peuvent équilibrer certaines parties de l'organisme. Prescrire une herbe particulière ou un mélange d'herbes médicinales chinoises signifie que le diagnostic du praticien doit prendre en compte l'état du Yin et du Yang du patient et les éléments qui gouvernent les organes affectés. Rappelons que les herbes médicinales chinoises peuvent agir sur l'organisme aussi puissamment que certains médicaments pharmaceutiques et doivent être traitées avec la même prudence, le respect des dosages et des contre-indications. En effet, certaines herbes peuvent être toxiques à fortes doses, tandis que d'autres peuvent provoquer des réactions allergiques. Il est primordial de s'informer auprès d'un praticien compétent.

Comment trouver un professionnel de la médecine chinoise ?

Avec plus de "6 millions d’actes de médecine traditionnelle chinoise chaque année en France" [15], la popularité de cette discipline nécessite de bien se renseigner avant d'aller en consultation, car "l'exercice de la médecine traditionnelle chinoise ne fait l'objet d'aucune réglementation véritable. L'article L4161-1 du code de santé, qui remplace depuis 2000 l'article L372 du même code, réserve normalement l'exercice de tout acte médical au seul médecin, docteur en médecine de la faculté" [16]. 

Actuellement, la médecine chinoise n’est pas reconnue en France et il n’existe pas de formation officielle. Toutefois, le domaine de l’acupuncture est un cas à part.

En effet, en France, l'acupuncture peut être exercée légalement exclusivement par un docteur en médecine occidentale, un chirurgien dentiste ou une sage-femme. "Il existe actuellement deux diplômes reconnus qualifiant par le Conseil National de l’Ordre des Médecins et par les Universités françaises, autorisant la pratique clinique de l’acupuncture : le DIU d’acupuncture obstétricale et la capacité médicale d’acupuncture. Ces diplômes seront accessibles aux étudiants ayant validé l’année de DIU d’initiation à l’acupuncture médicale dans l’un des UFR enseignant ce DIU. L’obtention de ce diplôme permettra d’entrer en DIU d’acupuncture obstétricale (pour les sages-femmes) d’une durée d’un an, ou en capacité médicale en acupuncture (pour les médecins) d’une durée de 2 ans. L’acupuncture a été inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO en 2010. Depuis, sa pratique et son enseignement font l’objet de recommandations de bonne pratique et d’usage de l’acupuncture". [17]

Afin de trouver un praticien de la médecine chinoise, il est conseillé de se rendre sur le site Internet de l’Union Française des Professionnels de Médecine Traditionnelle Chinoise (UFPMTC). [18]

Comment se déroule une séance de médecine chinoise ?

Lors d'une séance auprès d'un médecin orienté en médecine traditionnelle chinoise, plusieurs questions préalables seront posées au patient (formulaire d'admission) afin d'avoir une meilleure compréhension de son mode de vie et de ses états intérieurs. Cette phase d'écoute est primordiale et sa forme peut dépendre de chaque individu (habitudes de sommeil, alimentation, taille et forme des selles, cycle menstruel,...).

Lors de la consultation, le praticien ou le médecin orienté en médecine traditionnelle chinoise (MTC) pourra ausculter le patient au travers d'un examen physique classique (prise de pouls, palpation,...) avant de proposer un traitement spécifique.

Plus précisément, "il existe quatre voies d’examen clinique en médecine chinoise : l’inspection somatique, la perception auditive et olfactive, l’interrogatoire et la palpation. Leur but est d’évaluer l’état des organes, du sang et du qi." [...] Ensuite, par exemple, "dans les pratiques thérapeutiques, on peut regrouper le toucher sous trois formes : les massages, les techniques de visualisation et de respiration, l’acupuncture et la moxibustion." [19]

Formation en médecine chinoise en France (Paris,...)

Quelles écoles de médecine chinoise choisir ?

Il existe plusieurs types de formations dans la branche de la médecine traditionnelle chinoise (MTC). Bien que des formations à distance ou en ligne existent, ce type de formation ne remplace pas une formation en école et n'est pas adapté à toutes les pratiques de la médecine chinoise (apprentissage des gestes, etc.) - qui est avant tout une discipline de terrain.

L’idéal est donc de suivre un apprentissage dans une école spécialisée de qualité auprès d'équipes de professionnels. Plusieurs écoles disposent de toutes les informations nécessaires pour un projet professionnel sur leur site internet, comme la FMTC Académie [20] qui propose une formation en médecine chinoise traditionnelle reconnue et certifiante.

Le mot du professionnel : Interview d'Alice Zhang

Alice Zhang est masseur-kinésithérapeute et praticienne en médecine traditionnelle chinoise. [21]

Avez-vous quelques exercices pratiques pour réguler le Qi ?

Le Qi (notion yang) signifie le "souffle". Nous recevons le souffle originel de nos parents, (Xiantian, héritage antérieur). L'univers est composé d'air, le Qi (Houtian, héritage postérieur). Nous fusionnons ces souffles pour générer une énergie vitale, qui se traduit par notre Respiration, le souffle vital. Et les 5 piliers de la MTC répondent à la problématique de la régulation du Qi. Commençons par un premier exercice de méditation (exercice statique) qui met en mouvement la circulation énergétique du Qi dans le corps. Inspirée de la méditation de l'énergie sexuelle par Mantak Chia.

  • Première étape : on commence par poser ses mains sur le point Dan Tian (nom connu occidentalisé, Qi Hai en chinois qui signifie l’océan du Qi), se trouvant à deux travers de doigts sous le nombril et on canalise l’énergie en la visualisant.
  • Deuxième étape : on pratique 9 (chiffre du dragon) inspirations abdominales en se basant sur le ballon de cristal, c’est-à-dire, la contraction des abdominaux pendant l’inspiration abdominale. C'est le chiffre de la longévité (se prononce comme le mot éternité en chinois).
  • Troisième étape : on contracte 9 fois le périnée (imaginer de se retenir d’uriner puis de retenir un gaz) en visualisant l’énergie du ventre se dirigeant vers le sacrum où on dépose cette énergie.
  • Quatrième étape : on frotte le sacrum avec la paume des mains des deux côtés 9 fois. Lorsque l’on ressent de la chaleur, le sacrum est mobilisable et on peut monter l’énergie vers la colonne vertébrale jusqu’au sommet de la tête au point Bai Hui (les 100 réunions).
  • Cinquième étape : au niveau du sommet du crâne, on imagine l’énergie qui tourne au 9 fois en spirale vers la droite puis 9 fois vers la gauche.
  • Sixième étape : on fait s’écouler la matière Yin (imaginez de l’eau) le long du visage entre les deux sourcils et passant sur la ligne médiane du corps (sur la gorge, la poitrine, le plexus solaire, l’intestin) pour finir et revenir dans le Dan Tian.

En MTC, nous régulons le Qi par l’alimentation. Donc, voici une recette de gruau de riz aux noix [22] : ingrédients ; 100 grammes de riz basmati long, 30 grammes de cerneaux de noix. Broyer les cerneaux de noix. Laver le riz et le mettre dans une casserole avec la poudre de noix et 9 fois leur quantité d’eau. Porter à ébullition, baisser le feu et cuire à petit feu pendant au moins 1 heure, jusqu’à ce qu’il se transforme en une bouillie homogène. A consommer 1 ou 2 fois par jour ! Traditionnellement, ce gruau de riz n’est pas sucré et son goût fort de noix le rend un peu amer. Je vous conseille de vous rajouter une pincée de sel et du sucre roux complet qui lui donnera un petit goût de caramel assez agréable. ». Le gruau est régulateur (diarrhée ou constipation) et facile à digérer. Le riz est cuit longtemps en médecine chinoise pour amener de l’énergie. Et les noix nourrissent l’énergie du rein qui en MTC est l'organe relié à l’énergie, et la longévité.

Quelques aliments qui nourrissent l’énergie du rein : sésame noir, algues, ginseng, haricots azuki, concombres de mer, œufs, jujubes, graines de nénuphars, igname de Chine, graines de lotus, gingembre, curcuma, quinoa, poulet, bouillon d'os/ vertèbres.

Un autre pilier de la MTC est la pharmacopée. Ainsi, la plante-racine astragale (Astragalus membranaceus) est connue pour réguler le Qi (en chinois Huang Qi). Il tonifie le Qi.

Qu’est-ce que la médecine chinoise pour vous ?

C'est une compréhension de l'humain et de l'univers, appliqué à la Santé (avec un grand S : longévité et bien-être). L'univers est représenté dans l'humain et l'humain représente l'univers.

À partir de la compréhension de l'univers (fondements yin et yang), la compréhension de l'humain en découle de manière extrêmement précise et logique.

Pour moi, la MTC est une experte de l'observation, et de la recherche d'équilibre yin-yang. Elle est en ça d'un bon sens sans précédent, et nous ramène à la nature, notre source énergétique, à notre état primaire. C'est une science à part entière !

Dans quel cadre utilisez-vous la MTC pour vos patients ?

Mon activité de masseur-kinésithérapeute est orientée vers la rééducation pelvienne. Ainsi, la MTC me sert à traiter les douleurs, les nausées qui empêchent la rééducation et vient réguler le Qi. Par exemple, lors de la rééducation abdominale hypopressive, entraînant majoritairement des douleurs lors de la rééducation qui entrave la possibilité de réaliser des mouvements, j’utilise la MTC. Cela m’arrive aussi pour les patientes présentant des fuites urinaires qui perdurent, je rebooste leur Qi en parallèle car les envies urinaires pressantes sont souvent dues à un vide.

En tant que praticienne en médecine traditionnelle chinoise, j'ai pu l'utiliser notamment pour accompagner les post-partum (vide d'énergie), traiter la maladie de Dupuytren, des séquelles de la COVID (congestion nasale, manque de souffle, perte d'odorat,...), des nausées et remontées acide, de la constipation, des règles douloureuses, des leucorrhées abondantes, de la grande soif, des transpirations nocturnes, de la sciatalgie, des varices, de la cellulite, des frilosités.

Sources

  1. Traditional Chinese medicine. Britannica. https://www.britannica.com/ ;

    Médecine traditionnelle chinoise. Par Denise Millstine, MD, Mayo Clinic. 2021. https://www.msdmanuals.com/ ; Société Nationale de Médecine Interne (SNFMI). https://www.snfmi.org/ (PDF)

  2. Yin Yang. Eastern philosophy. Britannica. https://www.britannica.com/
  3. Chinese Medicine. https://cmjournal.biomedcentral.com/ ; Developing traditional Chinese medicine in the era of evidence-based medicine: current evidences and challenges. Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine: eCAM. 2015;2015:425037. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/
  4. Srinivasan T. Prana and electrons in health and beyond. Int J Yoga. 2014. doi:10.4103/0973-6131.123469. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/

  5. Homéostasie. https://fr.wikipedia.org/

  6. Coghlan ML, Maker G, Crighton E, Haile J, Murray DC, White NE, Byard RW, Bellgard MI, Mullaney I, Trengove R, Allcock RJ, Nash C, Hoban C, Jarrett K, Edwards R, Musgrave IF, Bunce M. Combined DNA, toxicological and heavy metal analyses provides an auditing toolkit to improve pharmacovigilance of traditional Chinese medicine (TCM). Sci Rep. 2015 Dec 10;5:17475. doi: 10.1038/srep17475. PMID: 26658160; PMCID: PMC4675079. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/

  7. Clinical studies of traditional Japanese herbal medicines (Kampo): Need for evidence by the modern scientific methodology. Integrative Medicine Research, Volume 10, Issue 3, September 2021, 100722. https://www.sciencedirect.com/

  8. Rewiring the primary somatosensory cortex in carpal tunnel syndrome with acupuncture. Brain. 2017.140(4):914-927. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/

  9. Acupuncture for migraine prophylaxis. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2009.(1):CD001218. Accessed at https://www.cochranelibrary.comon March 18, 2016. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/ ; Dr J.-L. Lafont, 2001, Émergence : origine et évolution de l’acupuncture dans le Classique de l’Interne, Bruxelles, SATAS.

  10. Kim SY, Chae Y, Lee SM, Lee H, Park HJ. The effectiveness of moxibustion: an overview during 10 years. Evid Based Complement Alternat Med. 2011.2011:306515. doi:10.1093/ecam/nep163. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/

  11. Al-Bedah AMN, Elsubai IS, Qureshi NA, et al. The medical perspective of cupping therapy: Effects and mechanisms of action. J Tradit Complement Med. 2018.9(2):90-97. Published 2018 Apr 30. doi:10.1016/j.jtcme.2018.03.003. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/ ; The Many Benefits of Chinese Cupping. Kathleen Rushall. Pacific College of Health and Science. 2019. https://www.pacificcollege.edu/

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  13. Nery RM, Zanini M, de Lima JB, Bühler RP, da Silveira AD, Stein R. Tai Chi Chuan improves functional capacity after myocardial infarction: A randomized clinical trial. Am Heart J. 2015 Jun. 169(6):854-60. doi: 10.1016/j.ahj.2015.01.017. Epub 2015 Mar 13. PMID: 26027624. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/
  14. Chinese Herbal Medicine Used With or Without Conventional Western Therapy for COVID-19: An Evidence Review of Clinical Studies. Front. Pharmacol., 26 February 2021. https://doi.org/10.3389/fphar.2020.583450 ; Maxion-Bergemann S, Bornhöft G, Sonderegger E, Renfer A, Matthiessen PF, Wolf U. Traditional Chinese medicine (phytotherapy): Health Technology Assessment report - selected aspects. Forsch Komplementmed. 2006. 13 Suppl 2:30-41. doi: 10.1159/000093591. Epub 2006 Jun 26. PMID: 16883078. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16883078/
  15. Un pas de plus vers la reconnaissance de la médecine traditionnelle chinoise. Par Sciences et Avenir avec AFP le 20.10.2017. https://www.sciencesetavenir.fr/

  16. Exercer la Médecine Traditionnelle Chinoise. Collège des Arts Thérapeutiques chinois (CATC). https://www.catc.fr/

  17. DIU Initiation médicale à l’acupuncture. Université Paris 13. http://odf.univ-paris13.fr/

  18. Union Française des Professionnels de Médecine Traditionnelle Chinoise (UFPMTC). https://www.ufpmtc.fr/index.php
  19. Guilloux Ronald, « Le toucher en médecine chinoise », Corps, 2006/1 (n°1), p. 99-106. DOI : 10.3917/corp.001.0099. https://www.cairn.info/
  20. FMTC Académie. https://fmtc.fr/
  21. Alice Zhang, https://calendly.com/alicekine, https://www.instagram.com/_alice.kine/
  22. Recette de gruau de riz aux noix. https://www.madreperla.net/
  • Crédits photos d'entête et corps : © pexels.com

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