Jeûne intermittent et perte de poids
Plusieurs études démontrent que le jeûne intermittent agit sur le stockage des graisses, peut aider à perdre du poids et favorise la santé. Cependant, il ne serait pas supérieur aux régimes conventionnels utilisant la restriction calorique, selon une étude [13] d’envergure publiée en 2018 dans la revue The American Journal of Clinical Nutrition.
Dans cette étude, les scientifiques insistent sur le fait qu'il existe de nombreuses voies et astuces menant à un poids plus sain. Selon eux, la première idée à retenir est que « tout le monde doit trouver un régime alimentaire qui lui convient le mieux, puis le faire ! ».
Quelle perte de poids avec le jeûne intermittent ?
Le jeûne intermittent, également connu sous le nom de régime 16:8 ou régime 5:2, est à la mode. Cette nouvelle tendance bénéficie de nombreux ouvrages et promettent une perte de poids sans effet yo-yo ainsi que des changements durables du métabolisme et des bienfaits pour la santé qui en résulte.
Cependant, le jeûne intermittent ne convient pas pour la régulation du poids à long terme comme le montrent plusieurs études. « Il n'y a pas suffisamment de preuves scientifiques sur les effets à long terme de cette méthode de régime », précisent les auteurs.
Pour confirmer ces résultats, les chercheurs ont examiné 150 participants sur un an. Ils ont été classés au hasard en trois groupes : un tiers suivait un régime conventionnel de restriction calorique complète qui réduisait l'apport calorique quotidien de 20% ; le deuxième groupe s'est maintenu à un régime alimentaire 5:2 qui a également permis d'économiser 20% de l'apport calorique sur toute la semaine ; et un groupe témoin n'a suivi aucun régime alimentaire spécifique, mais il a été conseillé, comme tous les autres participants, de suivre un régime alimentaire équilibré.
Après la phase de régime proprement dite, les enquêteurs ont documenté le poids et l'état de santé des participants pendant 38 semaines supplémentaires. Les chercheurs ont constaté que les améliorations de l'état de santé étaient les mêmes avec les deux méthodes diététiques. Ils précisent que « chez les participants des deux groupes, le poids corporel et, avec lui, la graisse viscérale, ou la graisse du ventre malsaine, ont été perdus et la graisse supplémentaire dans le foie a été réduite ».
Combien de kilos perdus ? Combien de temps pour maigrir ?
Les changements dans la distribution du poids corporel chez les participants à l'étude ont été exactement déterminés à l'aide d'une imagerie par résonance magnétique (IRM). Les chercheurs expliquent que « la bonne nouvelle est qu’un petit succès de régime est déjà un gros gain pour la santé. Ceux qui réduisent leur poids corporel de seulement 5% perdent environ 20% de graisse viscérale dangereuse et plus d'un tiers de graisse dans le foie - quelle que soit la méthode alimentaire qu'ils ont utilisée ».
Les chercheurs n'ont pas non plus trouvé de différence entre les deux méthodes de régime en ce qui concerne les autres valeurs métaboliques analysées ou les biomarqueurs et les activités géniques à l’étude.
Si cette étude ne confirme pas les attentes euphoriques placées dans le jeûne intermittent, elle montre également que cette méthode n'est pas moins bénéfique que les régimes amaigrissants conventionnels.
De plus, les chercheurs indiquent que « pour certaines êtres humains, il semble plus facile d'être très discipliné sur deux jours au lieu de compter les calories et de limiter la nourriture tous les jours ». Mais afin de maintenir le nouveau poids corporel, il faut également passer en permanence à une alimentation équilibrée en suivant les recommandations nutritionnelles [14] liées à l’âge, au sexe, aux antécédents, à l’activité et à l’état de santé.
Enfin, les résultats de cette étude montrent que ce n'est pas principalement la méthode diététique qui compte mais qu'il est plus important de décider d'une méthode et ensuite de la suivre. La même preuve est également suggérée dans des études actuelles comparant les régimes à faible teneur en glucides et à faible teneur en matières grasses, c'est-à-dire la réduction des glucides [15] par rapport à la réduction de la consommation de graisses [16] tout en ayant une alimentation équilibrée.