Zoothérapie : définition, histoire et bienfaits de la médiation animale

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La zoothérapie correspond globalement à une interaction homme-animal où des animaux de compagnie permettent à tous les humains de se détendre, de se sentir bien dans son corps et dans son esprit. Lorsqu'on entend le mot « zoothérapie », on pense souvent à un lien avec la nature, aux chevaux, à l’équitation, aux poneys, aux balades en forêt… Et pourtant, il s’agit bien d’une thérapie complémentaire, comme toute autre, qui peut s’avérer très efficace.

La médiation animale n'est pas une médecine et ne remplace d'aucune manière une prise en charge d'un patient par un professionnel de la santé. Toutefois, la zoothérapie est une thérapie comportementale complémentaire qui peut aider à soigner ou à améliorer la prise en charge des troubles comportementaux par l’intermédiaire d’animaux vivants. En effet, la thérapie assistée par l'animal (TAA), ou thérapie par la médiation d'un animal (TMA), consiste à interagir avec des animaux pour aider à traiter des problèmes de santé comme la dépression ou certains handicaps. L'idée d'utiliser les animaux à des fins thérapeutiques remonte à des siècles. Les récits historiques incluent l'utilisation d'animaux pour améliorer le moral, attirer l'attention des personnes âgées, combattre le déclin cognitif et aider les personnes handicapées à améliorer leur qualité de vie.

Ainsi, avec un nombre grandissant d'études et d'analyses sur les preuves des bienfaits de cette pratique, il s'avère que la thérapie assistée par l'animal (TAA) peut par exemple donner à une personne un sentiment de compagnie et d'acceptation, en combattant les émotions et les sentiments négatifs intenses (dépression) et d'isolement social. La zoothérapie n'est pas la seule option thérapeutique recommandée dans la plupart des cas, mais elle peut être un bon choix pour certaines personnes.

Séance de zoothérapie canine d'un enfant hospitalisé

Définition de la zoothérapie ou thérapie assistée par l’animal (TAA)

William Tuke, Florence Nightingale, Boris Levinson,... : les pionniers de la zoothérapie

Apparue dans différents pays d'Europe (Belgique, Allemagne,...) dans les années 1950, la zoothérapie s’est développée en France essentiellement dans les années 70. Cependant, l'histoire de la zoothérapie serait bien plus ancienne.

Effectivement, « c'est au XVIIIe siècle que les prémices de l'animal médiateur se font connaître. L'Anglais William Tuke (1732-1822), philanthrope et humaniste, après avoir été outré des conditions de vie des malades mentaux dans un asile d'aliénés de la ville d'York dans le nord de l'Angleterre, fonda l'Institut « York Retreat » en 1796 ». [1]

Ensuite, à la fin du XIXe siècle, l'infirmière Britannique Florence Nightingale (1820-1910), qui est une très célèbre infirmière, fondatrice des techniques infirmières modernes a été l'une des premières pionnières dans l'emploi d'animaux pour renforcer la qualité de vie des patients.

En effet, comme le relate le site officiel du muséum de Florence Nightingale, « certains des soldats des hôpitaux de Scutari ont été autorisés à garder des animaux de compagnie. L'un de ces animaux était une tortue appelée Jimmy, et voici sa carapace. Nightingale aimait les animaux et croyait qu'ils pouvaient avoir un effet thérapeutique sur les patients. Elle a écrit qu'un petit animal de compagnie est souvent un excellent compagnon pour les malades dans son livre Notes sur les soins infirmiers. Ses croyances se reflètent aujourd'hui dans l'utilisation moderne des animaux de thérapie dans les hôpitaux ». [2] Mais l'un des pères de la zoothérapie moderne, au XXe siècle, « est un pédopsychiatre américain, Boris Levinson (1907-1984), qui fut le premier à parler du rôle catalyseur social que peut jouer l'animal envers l'humain ». [1]

« Zoothérapie est un terme générique qui fait référence à toutes sortes d’interventions assistées par l’animal. Conduite par un intervenant dûment formé avec l’aide d’un animal soigneusement sélectionné elle a pour but d’améliorer la santé mentale ou physique d’une personne, ou tout simplement sa qualité de vie. L’objectif de cette méthode peut ainsi être thérapeutique, mais aussi préventif ou pédagogique ». [3]

Le but de la zoothérapie est d'aider une personne à se rétablir ou à faire face à un problème de santé ou à un trouble mental. Lien humain-animal, la zoothérapie décrit le désir des personnes d'interagir avec les animaux et d'avoir des relations avec eux. De la sorte, la zoothérapie est une interaction guidée entre une personne et un animal dressé. Dans certains cas, la zoothérapie implique également le maître de l'animal.

Les chiens et les chats sont les plus couramment utilisés en zoothérapie. Cependant, les poissons, les chevaux et autres animaux qui répondent aux critères de sélection peuvent également être utilisés. Toutefois, le type d'animal choisi peut dépendre des objectifs thérapeutiques et du plan de traitement d'une personne.

La zoothérapie est également appelée thérapie assistée par l'animal et est parfois confondue avec les activités assistées par l'animal (AAA). La thérapie assistée par l'animal correspond à un ensemble formel et structuré de séances qui aide les patients à atteindre des objectifs spécifiques dans leur traitement. Par contre, les activités assistées par l'animal impliquent des réunions plus décontractées dans lesquelles un animal et son maître interagissent avec une ou plusieurs personnes pour le confort ou les loisirs.

La performance de la zoothérapie dépend de l'établissement précis des objectifs et des attentes réalistes et de la réalisation de ces objectifs. Un patient et son médecin ou thérapeute établiront ces différents objectifs au début de la prise en charge, puis le patient discutera également de la manière d'atteindre ces objectifs et du temps que cela prendra avec le zoothérapeute. Ensuite, toutes l'équipe (médecin, thérapeute,...) surveillera les progrès et aidera le patient à rester sur la bonne voie pour atteindre les objectifs. Si les progrès sont plus lents ou plus rapides que prévus, ils peuvent modifier le plan de traitement.

La médiation animale : une thérapie pour tous types de publics

La zoothérapie est une médiation qui peut aider les enfants et les adultes avec une variété de problèmes physiques et mentaux. Cette thérapie peut réduire le stress, l'anxiété et la dépression, et augmenter la positivité et la socialisation (réduction de l'isolement social).

Comme le souligne l’Association Française de Thérapie Assistée par l’Animal (AFTAA), cette pratique « s’exerce auprès de tous types de publics. Aussi bien auprès des personnes âgées en institution, des enfants ou adultes en situation de handicap. Mais aussi avec les personnes en difficultés psychiques. Également les détenus en milieu carcéral, jeunes délinquants, … ) ».

De plus, « en individuel ou en groupe, à l’aide d’un animal familier, scrupuleusement sélectionné et préparé en amont à ce « travail ». Il intervient sous la responsabilité d’un professionnel, communément appelé « zoothérapeute ». Évidement ce « zoothérapeute » se doit d’être avant tout un professionnel de la santé (psychologue, ergothérapeute, psychomotricien, éducateur spécialisé, etc.). Enfin la connaissance appuyée sur les pathologies humaines est indispensable. Par conséquent la Thérapie Assistée par l’Animal (TAA) est conçue pour promouvoir l’amélioration des capacités physiques, cognitives, sociales, psychiques ou émotionnelles de l’humain. Enfin elle se différencie des Activités Assistées par l’Animal (AAA) et de l’Animation Assistée par l’Animal (AnAA) par le cadre qu’elle impose : Professionnel spécialisé (thérapeute) ; Programme structuré, organisé ; Objectifs thérapeutiques mis en place ; Évaluations régulières, bilans, suivis écrits ; Cadre thérapeutique clairement établi (lieu et heures des séances, rituels, … ) ». [4]

Pourquoi la zoothérapie est-elle bénéfique ?

Quels sont les bienfaits de la zoothérapie ?

Comment ça marche ?

La zoothérapie, ou thérapie assistée par l'animal (TAA), est un traitement complémentaire pour le bien-être des patients comme les soins de support. Il ne s'agit pas d'une base pour la prise en charge et le traitement d'une condition et ne devrait qu'améliorer ou compléter d'autres traitements selon les résultats. Ainsi, la zoothérapie ne remplace pas d'autres formes de thérapie, telles que la psychothérapie et toutes les prises en charge par un professionnel de la santé.

En outre, cette forme de thérapie peut ne pas convenir à tout le monde. Les patients qui ne réagissent pas bien à la zoothérapie, qui ne sont pas intéressés à l'expérimenter, ou souhaitent la compléter, peuvent demander d'autres options comme l'art-thérapie, la musicothérapie, la méditation, la médecine chinoise (MTC), les médecines douces, etc. Ces alternatives varient en fonction de l'état du patient, des résultats des traitements et des contraintes de la prise en charge.

La zoothérapie s'appuie sur le lien préexistant et avéré entre l'homme et l'animal. Effectivement, interagir avec un animal de compagnie amical et affectueux peut aider à réduire l'impact de nombreux problèmes physiques et mentaux.

Cette pratique thérapeutique peut aider à réduire la pression artérielle et à améliorer la santé cardiovasculaire. Elle peut également libérer des endorphines (hormones naturellement produites par l'organisme) qui produisent un effet calmant. Cela peut aider à soulager la douleur, à réduire le stress lors de moments difficiles dans la vie et à améliorer l'état psychologique général.

 

Jeune femme en séance de méditation et médiation animale

 

A ce jour, la zoothérapie peut être utilisée de différentes manières selon les patients, les pathologies et les thérapeutes. Les objectifs définis sont une partie importante de la thérapie, et des progrès seront enregistrés et suivis lors de séances structurées.

Les objectifs d'un programme de zoothérapie peuvent inclure par exemple l'amélioration et le développement de :

  • l'estime de soi et la confiance en soi ;
  • la communication verbale ;
  • les compétences sociales ;
  • les interactions avec les autres et le bien-être social ;
  • la motivation pour atteindre des objectifs de bien-être ;
  • la motricité, les mouvements articulaires, la rééducation fonctionnelle.

Les résultats de plusieurs études de chercheurs du monde entier (États-Unis, Canada, Belgique, France,...) essayent de confirmer les effets bénéfiques de la thérapie assistée par l'animal (TAA) et de la présence d’animaux auprès de différents types de populations (enfants, adolescents, adultes, personnes âgées).

Par conséquent, des résultats d'études positifs [2] ont été remarqués dans des cadres aussi différents que :

  • le stress post-traumatique (TSPT) ;
  • le trouble borderline (trouble de la personnalité limite) ;
  • l’anxiété chez l’enfant et chez l’adulte ;
  • la solitude et la dépression ;
  • la tension artérielle élevée (hypertension artérielle) ;
  • le syndrome de Rett (désordre neurologique grave) ;
  • la paralysie cérébrale ;
  • la schizophrénie ;
  • la démence et la maladie d’Alzheimer ;
  • le cancer chez l’enfant et chez l’adulte ;
  • les troubles du comportement chez l’enfant ;
  • les troubles émotionnels et de comportement chez l’adolescent ;
  • le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité ;
  • les troubles de l’apprentissage ;
  • les effets de l’abus physique chez l’enfant et de l’abus sexuel ;
  • les patients hospitalisés en psychiatrie.

Pour quelles personnes se destine la zoothérapie ?

Bienfaits de la zoothérapie auprès des personnes âgées, des enfants, des patients atteints d'autisme,...

La zoothérapie peut être utile et mise en place dans plusieurs types de pathologies et de prises en charge, notamment pour :

  • les patients souffrant de troubles de stress post-traumatique (TSPT) ;
  • les résidents d'établissements de soins de longue durée dans les unités de soins de longue durée (USLD) ;
  • les personnes hospitalisées pour insuffisance cardiaque chronique ;
  • les patients dans le cadre d'un traitement de chimiothérapie ;
  • les patients victimes d'AVC (accident vasculaire cérébral) et les personnes en kinésithérapie pour retrouver leur motricité ;
  • les personnes atteintes de troubles mentaux ;
  • les enfants autistes ;
  • les personnes âgées en maison de retraite (EHPAD).

Selon les résultats rapportés par les professionnels de cette thérapie, au cours d'une intervention médicale, les patients peuvent être moins anxieux si un animal de compagnie est présent.

En effet, en réadaptation, les patients peuvent être plus motivés pour récupérer et pratiquer leur thérapie lorsqu'ils collaborent avec un animal de compagnie. Les patients ayant un handicap sensoriel (atteinte d'un ou plusieurs sens) peuvent parfois communiquer plus facilement avec un animal. Aussi, cela encourage une plus grande interaction avec les professionnels de santé et d'autres personnes.

 

Zoothérapie et trouble du spectre autistique

Thérapie assistée par l'animal et trouble du spectre autistique

Une étude publiée en mars 2022 dans la revue scientifique Psychological Studies [5], des chercheurs décrivent des résultats intéressants sur les bienfaits de la médiation animale pour les enfants atteints de troubles du spectre autistique (TSA).

Quoiqu'il existe à ce jour une diversité d'approches psychologiques et thérapeutiques pour faire face au trouble du spectre autistique, les personnes autistes sont toujours confrontées à certains défis dans un cadre thérapeutique classique. Actuellement, certains organismes et services de thérapie ont proposé une approche thérapeutique alternative comme la thérapie assistée par l'animal (TAA).

Les auteurs indiquent que l'objectif de cette étude phénoménologique était de mieux connaître les thérapeutes et les parents des individus qui choisissent l'approche alternative qu'est la thérapie assistée par l'animal. Les données ont été recueillies au moyen d'entrevues structurées avec un groupe de quatre parents et trois thérapeutes. De plus, une analyse des données a révélé trois thèmes principaux. Le premier thème nommé "les avantages perçus de l'AAT" avec trois sous-thèmes comprenant "les avantages physiques", "les avantages sensoriels" et "les avantages émotionnels". Le deuxième thème est nommé "la façon dont l'AAT fonctionne" avec les sous-thèmes de la thérapie centrée sur le patient et les modèles mixtes, et le troisième thème est "les limites potentielles de l'AAT".

En résumé, cette étude rend compte des perceptions des parents et des thérapeutes de la thérapie assistée par l'animal pour les enfants autistes. Les thérapeutes et les parents ont noté les effets positifs des approches assistées par les animaux sur les enfants autistes, en particulier en ce qui concerne le fonctionnement sensoriel, émotionnel et physique. Toutefois, l'étude identifie que la thérapie assistée par l'animal n'est pas un remède, mais elle peut aider à atténuer certains symptômes associés au trouble du spectre autistique. Enfin, l'étude identifie également les limites potentielles associées à la thérapie assistée par l'animal, y compris l'impact qu'elle peut avoir sur l'état émotionnel du patient. Les chercheurs concluent en précisant que des recherches qualitatives et quantitatives supplémentaires sont encore nécessaires, et que davantage de programmes axés sur l'utilisation thérapeutique des animaux en thérapie infantile sont également nécessaires.

 

Chiens thérapeutiques et douleur chez les adultes

Chiens thérapeutiques et douleur chez les adultes dans un service d'urgence

La douleur est l'une des principales raisons pour lesquelles les personnes se rendent à un service d'urgence, et sa gestion est une préoccupation. Comme le précise l’association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), "la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes".

Une étude publiée dans la revue PLOS One [6] en mars 2022 a révélé des résultats prometteurs pour la thérapie par la médiation animale. Les objectifs de cette étude étaient d'observer le changement des symptômes et des variables physiologiques à trois moments avant et après une visite de dix minutes de l'équipe de chiens thérapeutiques dans une ambulance d'urgentistes par rapport à l'absence de visite chez les patients des urgences qui ont ressenti de la douleur.

À l'aide d'un modèle d'essai clinique contrôlé, la douleur, l'anxiété, la dépression et le bien-être ont été mesurés à l'aide d'échelles d'évaluation (échelle d'évaluation des symptômes d'Edmonton, EESE), avant, immédiatement après et 20 minutes après la thérapie. Les données de contrôle ont été recueillies deux fois (à 30 minutes d'intervalle) à des fins de comparaison. Il n'y avait aucune différence de groupe en matière d'âge, de sexe ou d'origine ethnique parmi les groupes de contrôle et d'intervention.

Selon les auteurs, les résultats de cette étude ont montré des changements cliniquement significatifs dans la douleur ainsi que des changements significatifs dans l'anxiété, la dépression et le bien-être ont été observés dans l'intervention du chien de thérapie par rapport au contrôle. Les résultats de cette étude apportent des savoirs importants sur la valeur potentielle des chiens de thérapie pour adjoindre l'expérience de la douleur des patients et les mesures connexes de l'anxiété, de la dépression et du bien-être.

La pratique de la zoothérapie comporte-t-elle des risques ?

La zoothérapie est dans la majorité des cas une pratique sécuritaire bien encadrée dans la plupart des pays où elle est exercée. Toutefois, certains des plus grands risques de la zoothérapie impliquent la sécurité et l'hygiène. Par exemple, les personnes allergiques aux squames animales peuvent avoir des réactions pendant une séance de zoothérapie.

De la sorte, les animaux participants dans les programmes de zoothérapie sont généralement examinés minutieusement pour leur comportement et leur santé. Les professionnels de la zoothérapie doivent également suivre une formation et une évaluation pour garantir une expérience positive.

Même si les cas rapportés sont rares, des blessures subies par les patients peuvent survenir lorsque des animaux inappropriés sont employés. Les animaux participants peuvent également subir des blessures ou des mauvais traitements lorsqu'ils sont manipulés de manière inappropriée et par des personnes mal formées.

Dans certaines circonstances assez rares, les patients peuvent devenir possessifs à l'égard des animaux qui les aident et hésiter à les abandonner après une séance de zoothérapie. Cela peut entraîner une faible estime de soi et la dépression. Un zoothérapeute compétent et qualifié est donc le seul à pouvoir exercer et délimiter correctement un cadre en fonction de chaque personne.

Comment se déroulent les ateliers et séances de médiation animale ?

Un médecin ou un thérapeute qui gère la prise en charge d'un patient peut orienter une personne vers des séances de médiation animale en complément d'un traitement. Par conséquent, l'intervenant en thérapie assistée par l’animal (TAA) administrera la zoothérapie lors de séances organisées selon chaque cas, de concert avec les professionnels de santé.

Le zoothérapeute qualifié par une formation adaptée, qui peut aussi être le propriétaire de l'animal participant, emmènera l'animal à tous les ateliers de médiation animale et pourra aussi travailler sous la direction d'un professionnel de la santé et un accompagnateur pour aider à atteindre les objectifs dans les meilleures conditions. Dans la plupart des cas, une discussion préalable est nécessaire sur la manipulation appropriée de l'animal pour assurer la sécurité de la personne recevant le traitement et de l'animal.

Zoothérapie : centre de formation, cours, diplôme,...

Qui peut pratiquer la zoothérapie ? Comment faire pour devenir zoothérapeute ?

La première étape de la zoothérapie est la sélection d'un animal adapté. Selon le type de médiation animale, de nombreux groupes et organisations (associations,...) forment et mettent en relation des propriétaires bénévoles et des animaux de compagnie avec des professionnels de la santé, des éducateurs spécialisés, des dresseurs, des intervenants en milieu scolaire, etc.

Avant qu'un animal et son maître puissent participer à la zoothérapie, l'équipe doit remplir certaines conditions. Ce processus comprend généralement :

  • un examen physique de l'animal pour confirmer qu'il est immunisé et exempt de maladies ;
  • un stage d'obéissance pour assurer un bon contrôle des animaux ;
  • un cours d'instruction pour enseigner au formateur l'interaction avec d'autres personnes ;
  • une évaluation du tempérament et du comportement de l'animal ;
  • Etc.

Une fois qu'une équipe composée d'un animal et d'un intervenant en médiation animale est approuvée, les animaux sont affectés à une thérapie en fonction des besoins spécifiques d'une personne. Le type, la race, la taille, l'âge et le comportement naturel de l'animal détermineront où il sera le plus utile.

Formation en Thérapie Assistée par l’Animal (AFTAA) en France

En France, « pour devenir zoothérapeute il est possible de passer par un diplôme universitaire Relation homme-animal à l’université parisienne Descartes. Mais également il existe un diplôme Relation d’aide par la médiation animale à Clermont-Ferrand. Idéalement, la meilleure formation est dispensée par l'Institut Français de Zoothérapie où 80% des thérapeutes sont formés. Il est conseillé d’avoir des connaissances dans le domaine de la psychologie pour se lancer dans le métier de zoothérapeute. [...] Un zoothérapeute doit avoir des bases solides dans le domaine des pathologies psychologiques et des comportements animaliers. » [7]

La zoothérapie, ou Thérapie Assistée par l’Animal (TAA), nommée parfois « Pet therapy » ou « Animal-assisted therapy » en anglais, est a distinguer des Activités Assistées par l’Animal (AAA) et de l’Animation Assistée par l’Animal (AnAA). La TAA se différencie en étant plus encadrée puisqu'elle s'inscrit dans des champs liés à la santé ou au bien-être. En France, un zoothérapeute, ou intervenant en médiation animale, n'est pas un médecin et ne peut pas remplacer un professionnel de la santé, sous peine d'être condamné pour exercice illégal de la médecine et « usage sans droit d’un titre attaché à une profession réglementée par l’autorité publique ou d’un diplôme officiel ou d’une qualité dont les conditions d’attribution ». [8]

A noter que le Syndicat National Français des Zoothérapeutes et Intervenants en Médiation par l'Animal a mis en place une charte de déontologie et d'éthique. Elle permet de répondre aux besoins des intervenants professionnels en zoothérapie. Et il est notamment précisé que « lorsque l'on veut pratiquer la zoothérapie professionnelle il faut avoir un métier de base en santé ou en social. Exemple : infirmière, psychologue, médecin, aide-soignante, ergothérapeute, psychomotricienne, éducateur spécialisé, éducateur de jeunes enfants.... Et dans tous ces domaines, on pratique une Thérapie par la Médiation d'un Animal. T.M.A. » [9]

Quel animal pour la thérapie à médiation animale (chien, chat, cheval, lapin,...) ?

Actuellement, selon la fonction de la thérapie et le pays, les gens peuvent choisir parmi divers animaux, notamment des chiens, des chevaux et des oiseaux.

Bien que la plupart des animaux de compagnie thérapeutiques soient des chiens, d'autres espèces telles que les chats, les lapins, les cochons d'Inde, les dauphins et les chevaux sont de bons candidats.

En effet, ces charmants animaux de compagnie sont bien dressés, ont un bon tempérament, sont respectueux des gens et ont des grandes capacités d'empathie.

 

Enfant en séance de médiation équine

Médiation équine : un exemple de la médiation animale

La fondation Adrienne et Pierre Sommer [10] définit la médiation animale comme la recherche des interactions positives issues de la mise en relation intentionnelle homme-animal dans les domaines éducatif, thérapeutique ou social.

Plus particulièrement, la médiation équine ou médiation avec les équidés (MAE) est définie par la Fédération française d'équitation (FFE) et le Syndicat interprofessionnel de la médiation équine (SIPME), au sens large, comme la recherche des effets positifs apportés par la présence du cheval ou par la pratique des activités équestres sur des personnes ayant des besoins particuliers, en présence d’un professionnel. Par conséquent, elle englobe les activités de soins ou d'aide sociale, de loisirs incluant les sports équestres et de coaching. Leur différenciation vient de l'objectif poursuivi par le professionnel et de sa qualification. [11]

Ainsi, la médiation équine comporte plusieurs volets d'activités avec l'équithérapie ou la thérapie avec le cheval (TAC) exercé par des professionnels du secteur médico-social formés à cette prise en charge dont les patients sont atteints d'autisme, de stress post-traumatique, de trouble de l'attention, de dépression. L'hippothérapie exercée par des professionnels de la rééducation motrice ciblant les personnes atteintes de pathologies motrices telles que la sclérose en plaques, les lésions médullaires, dyspraxie motrice, paralysie cérébrale. L'équicie est une aide sociale pour les personnes âgées, les enfants et les adolescents en rupture sociale. La médiation équine à visée sportive ou de loisir visant à aider des personnes atteintes de handicap moteur, psychique ou sensoriel. L'équicoaching ou accompagnement personnel et professionnel assisté par le cheval ayant comme public les entreprises ou les particuliers désireux d'améliorer leur leadership.

La médiation équine a de nombreux bienfaits tels qu'une meilleure prise de conscience de son corps et une meilleure acuité sensorielle notamment de l'odorat. De plus, elle favorise la sécrétion de l'hormone du bonheur, l'ocytocine, lors de la rencontre humain-cheval. Les chevaux rassurent, sécurisent, apaisent les personnes entrant en contact avec eux. Ils apportent une réelle prise de conscience de l'état émotionnel et relationnel de l'individu. [12] Par ailleurs, une étude récente a été menée sur les vétérans de guerre ayant des troubles du stress post-traumatique et la thérapie assistée par le cheval semble sûr, faisable et cliniquement viable. [13]

Sources

  1. La zoothérapie, une histoire ancienne. François Beiger. Éduquer avec les animaux (2014), pages 11 à 18. https://www.cairn.info/
  2. Florence the Woman. Jimmy the Tortoise, 19th century. (Une Tortue à l'hôpital, ndlr). https://www.florence-nightingale.co.uk/
  3. La thérapie assistée par l'animal, description d'un cas clinique. Rachel Lehotkay, Milton Orihuela-Flores, Nicolas Deriaz, Giuliana Galli Carminati. Psychothérapies 2012/2 (Vol. 32), pages 115 à 123. https://www.cairn.info/
  4. Définition de la thérapie assistée par l’animal (TAA). Association Française de Thérapie Assistée par l’Animal (AFTAA). https://aftaa.net/
  5. Ang, CS., MacDougall, F.A. An Evaluation of Animal-Assisted Therapy for Autism Spectrum Disorders: Therapist and Parent Perspectives. Psychol Stud 67, 72–81 (2022). https://doi.org/
  6. Carey B, Dell CA, Stempien J, Tupper S, Rohr B, et al. (2022) Outcomes of a controlled trial with visiting therapy dog teams on pain in adults in an emergency department. PLOS ONE 17(3): e0262599. https://doi.org/
  7. Zoothérapeute. Une thérapie basée sur la relation entre l’animal et le patient. https://anipassion.com/
  8. Article L4161-1 du code de la Santé publique. https://www.legifrance.gouv.fr/ ; Art. 433-17 du Code pénal. https://www.legifrance.gouv.fr/
  9. Charte d'Éthique et de Déontologie. Syndicat National Français des Zoothérapeutes et Intervenants en Médiation par l'Animal. https://www.institutfrancaisdezootherapie.com/
  10. Fondation Adrienne et Pierre Sommer. https://fondation-apsommer.org/
  11. Médiation équine au sens large (soins, soutien, sport-loisir) : quelles différence ? https://equipedia.ifce.fr/

  12. Le cheval comme thérapie, qu'en dit la science ? https://www.equitharmonie.fr/

  13. Equine-Assisted Therapy for PostTraumatic Stress among military veterans: an open trial.2021 Aug 31;82(5):21m14005. doi: 10.4088/JCP.21m14005. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34464523/

Ressources bibliographiques

  • Grand manuel de zoothérapie – Illustré, 13 avril 2022, de François Beiger (Auteur), Gaëlle Dibou (Auteur). Éditeur ‏: ‎Dunod. Broché ‏: ‎544 pages. ISBN-10 ‏: ‎2100834908. ISBN-13 : 978-2100834907.
  • Zoothérapie: Le pouvoir thérapeutique des animaux – Livre grand format, 6 mai 2017, de José Sarica (Auteur). Éditeur : ‎Arthaud. Broché ‏: ‎208 pages. ISBN-10 : 2081377551. ISBN-13 : 978-2081377554.
  • La zoothérapie auprès des personnes âgées - Une pratique professionnelle: Une pratique professionnelle – Livre grand format, 28 août 2019, de François, Beiger (Auteur), Gaëlle Dibou (Auteur). Éditeur ‏: ‎Dunod. Broché : 160 pages. ISBN-10 : 2100802135. ISBN-13 : 978-2100802135.
  • Autisme et zoothérapie - Communication et apprentissages par la médiation animale: Communication et apprentissages par la médiation animale – 13 octobre 2010, de François Beiger (Auteur), Aurélie Jean (Auteur). Éditeur : Dunod. Broché : 160 pages. ISBN-10 ‏: ‎2100526596. ISBN-13: : 978-2100526598.
  • Éduquer avec les animaux - 2e éd. - La zoothérapie au service des jeunes en difficulté: La zoothérapie au service des jeunes en difficulté – Livre grand format, 16 juillet 2020, de François Beiger (Auteur). Éditeur ‏: ‎Dunod. Broché ‏: ‎220 pages. ISBN-10 ‏: ‎2100794701. ISBN-13 ‏: ‎978-2100794706.
  • Pratiquer la médiation animale dans le secteur social et médico-social – Livre grand format, 20 novembre 2019, de Chloé Zimmer-Baué (Auteur), Florian Auffret (Auteur), Robert Kohler (Auteur), Sarah Forget (Auteur). Éditeur : ‎ESF Social. Broché ‏: ‎168 pages. ISBN-10 ‏: ‎2850863769. ISBN-13 : ‎978-2850863769.
  • L'enfant et la médiation animale - 3e éd. - Une nouvelle approche par la zoothérapie: Une nouvelle approche par la zoothérapie – Livre grand format, 2 juin 2021, de François Beiger (Auteur). Éditeur : Dunod.  Broché ‏: ‎256 pages. ISBN-10 ‏: ‎2100826034. ISBN-13 ‏: ‎978-2100826032.

  • 50 exercices de thérapies avec les animaux – Livre grand format, 23 mai 2019, de Victoria Herrmani (Auteur). Éditeur : ‎Eyrolles. Broché ‏: ‎142 pages. ISBN-10 ‏: ‎2212572034. ISBN-13 ‏: ‎978-2212572032.

  • Animal Assisted Therapy: Techniques et exercices pour les IAA avec des chiens – 10 mai 2021, de Francesc Ristol (Auteur), Eva Domènec (Auteur). Éditeur ‏ : ‎ Independently published.  Broché ‏: ‎392 pages. ISBN-13 ‏: ‎979-8748460859. 

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