Cancer du sein :

des symptômes aux traitements innovants

Le cancer du sein est le cancer féminin le plus fréquent. Il se manifeste lorsque des changements appelés mutations se produisent dans les gènes qui régulent la croissance des cellules. Ces mutations provoquent une division et une multiplication incontrôlée des cellules. Dans cet article complet, nous passerons en revue tout ce qu’il y a à savoir sur le cancer du sein.

Le cancer du sein : définition 

Le cancer se déclare dans le sein lorsque les cellules commencent à se développer de manière incontrôlée. La plupart du temps, le développement d'un cancer du sein prend plusieurs mois, voire plusieurs années. Les cellules cancéreuses du sein forment alors une tumeur. Celle-ci peut souvent être vue sur une radiographie ou ressentie comme une grosseur. Le cancer du sein touche presque exclusivement les femmes, mais les hommes peuvent également en être atteints. Une femme sur 8 sera atteinte d'un cancer du sein au cours de sa vie avant l'âge de 75 ans.

Il existe différents types de cancer du sein. Le type de cancer du sein dépend des cellules du sein qui se transforment en cancer. Généralement, le cancer se forme soit dans les lobules, soit dans les canaux du sein. Les lobules sont les glandes qui produisent le lait, et les canaux sont les voies qui amènent le lait des glandes au mamelon. Les cellules cancéreuses non contrôlées envahissent souvent d’autres tissus mammaires sains et peuvent se rendre jusqu’aux ganglions lymphatiques sous les bras. 

Il est important de comprendre que la plupart des tumeurs mammaires sont bénignes et non pas cancéreuses. Les tumeurs mammaires non cancéreuses sont des excroissances anormales, mais elles ne se propagent pas à l’extérieur du sein. Elles ne mettent pas la vie de la personne atteinte en danger, mais certains types de grosseurs bénignes peuvent augmenter le risque de cancer du sein. Toute bosse ou modification du sein doit être examinée par un médecin afin de déterminer si elle est bénigne ou non (cancer) et si elle peut influer le risque futur de cancer. 

Les symptômes du cancer du sein

Dans ses premiers stades, le cancer du sein peut ne provoquer aucun symptôme. Dans de nombreux cas, une tumeur peut être trop petite pour être ressentie, mais une anomalie peut quand même être observée sur une mammographie. Si une tumeur peut être ressentie, le premier signe est généralement la découverte d'une éventuelle masse dans le sein qui n’était pas là auparavant. Cependant, toutes les grosseurs ne sont pas forcément des cancers.

Chaque type de cancer du sein peut provoquer une variété de symptômes. Beaucoup de ces symptômes sont similaires, mais certains peuvent être différents. Les symptômes des cancers du sein les plus courants sont les suivants :

- Une grosseur ou un épaississement des tissus du sein qui est différent des tissus environnants et qui s’est développé récemment 

- Des douleurs mammaires 

- Une peau rouge et piquée sur toute la poitrine 

- Un gonflement de tout ou partie de la poitrine 

- Un écoulement du mamelon autre que le lait maternel 

- Un écoulement sanguin du mamelon 

- L'écaillage de la peau du mamelon ou du sein 

- Un changement soudain et inexpliqué de la forme ou de la taille de la poitrine 

- Les modifications de l’aspect de la peau des seins 

- Une bosse ou un gonflement sous le bras

Présenter un de ces symptômes ne signifie pas nécessairement être atteint(e) d'un cancer du sein. Néanmoins, en cas de présence d’autres symptômes, il est conseillé de consulter le médecin traitant et/ou un gynécologue pour un examen et des tests supplémentaires immédiatement et notamment si l'âge se situe entre 50 et 75 ans. A ces âges, les femmes sont les plus exposées au cancer du sein. Le dépistage est d’ailleurs totalement gratuit en France à cette période. 

Types de cancer du sein

Il existe plusieurs types de cancer du sein, qui se répartissent en deux grandes catégories : « invasif » et « non invasif », ou in situ. Alors que le cancer invasif se propage des canaux ou des glandes mammaires à d’autres parties du sein, le cancer non invasif ne se propage pas. Ces deux catégories sont utilisées pour décrire les types de cancer du sein les plus courants, qui comprennent.

- Carcinome canalaire in situ : affection non invasive. Les cellules cancéreuses sont confinées dans les canaux de votre sein et n’envahissent pas le tissu mammaire environnant. 

- Carcinome lobulaire in situ : cancer qui se développe dans les glandes productrices de lait. Ici non plus, les cellules cancéreuses n’envahissent pas les tissus environnants. 

- Carcinome canalaire invasif : type de cancer du sein le plus courant. Il commence dans les canaux de lactation (canaux lactifères) du sein et envahit ensuite les tissus avoisinants dans le sein. Une fois que le cancer du sein s’est propagé aux tissus situés à l’extérieur de vos canaux lactifères, il peut se propager vers d’autres organes et tissus voisins. 

- Carcinome lobulaire invasif : ce type de cancer du sein se développe d’abord dans les lobules de votre sein et a envahi ensuite les tissus voisins.

Parmi les autres types de cancer du sein, moins courants, on peut citer : 

- La maladie de Paget du mamelon : elle débute dans les canaux du mamelon. Au fur et à mesure de sa croissance, il affecte la peau et l’aréole du mamelon. 

- la tumeur des phyllodes : ce type de cancer du sein très rare se développe dans le tissu conjonctif du sein. La plupart de ces tumeurs sont bénignes, mais certaines sont cancéreuses. 

- L'angiosarcome : il s’agit d’un cancer très rare qui se développe dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques du sein.

Un cancer touche le plus souvent les femmes jeunes et non ménopausées (moins de 40 ans) et les femmes d’origine africaine ou asiatique : le cancer du sein triple négatif. Il représente environ 15 % des cancers du sein et regroupe plusieurs sortes de tumeurs cancéreuses de type et d’évolution différents. La moitié des cancers triple-négatif répond bien aux traitements de chimiothérapie classique, l’autre moitié est susceptible de développer une résistance, ce qui rend le cancer beaucoup plus compliqué à soigner.

Cancer du sein chez les hommes

Les hommes ont du tissu mammaire tout comme les femmes. Les hommes peuvent donc aussi avoir un cancer du sein, mais cela beaucoup plus rare. Selon l’American Cancer Society (ACS), le cancer du sein est 100 fois moins fréquent chez les hommes blancs que chez les femmes blanches, et 70 fois moins fréquent chez les hommes noirs que chez les femmes noires.

Stades du cancer du sein

Le cancer du sein peut être divisé en plusieurs stades en fonction de la taille de la ou des tumeurs et de l’ampleur de leur propagation. Pour déterminer le stade d’un cancer du sein, les médecins doivent savoir : 

- Si le cancer est invasif ou non invasif 

- La taille de la tumeur 

- Si les ganglions lymphatiques sont impliqués 

- Si le cancer s’est propagé aux tissus ou organes voisins.

Le cancer du sein comporte quatre stades principaux.

Lors du premier stade, la tumeur primaire a une largeur de 2 centimètres ou moins et les ganglions lymphatiques ne sont pas touchés. Puis, le cancer commence à se propager dans les ganglions lymphatiques voisins. Au deuxième stade, la tumeur peut mesurer moins de 2 cm et s’être étendue à 1 à 3 ganglions lymphatiques voisins, ou mesurer entre 2 et 5 cm et ne s’être étendue à aucun ganglion lymphatique. Elle peut aussi mesurer plus de 5 cm et ne s’est étendue à aucun ganglion lymphatique.

Ensuite, le cancer continue à s’étendre. La tumeur primaire peut être de n’importe quelle taille. Elle peut alors envahir la paroi thoracique ou la peau et peut ou non avoir envahi jusqu’à 9 ganglions lymphatiques. C’est au stade quatre que le cancer du sein est officiellement déclaré. Ici, les cellules cancéreuses se sont propagées aux ganglions lymphatiques proches et éloignés ainsi qu’à des organes éloignés.

Ai-je un cancer du sein ? Le Diagnostic 

Pour déterminer si les symptômes sont dus à un cancer du sein ou à une affection bénigne, le médecin procédera à un examen physique approfondi en plus d’un examen des seins. Parmi les tests qui peuvent aider à diagnostiquer le cancer du sein, il y a : 

- La mammographie : il s’agit de la façon la plus courante de voir sous la surface de votre sein est de passer un test d’imagerie appelé mammographie. De nombreuses femmes âgées de 40 ans et plus passent chaque année une mammographie pour vérifier si elles ont un cancer du sein.  

- L’échographie. L’échographie mammaire utilise des ondes sonores pour créer une image des tissus situés au fond de votre sein. L’échographie peut aider le médecin à distinguer une masse solide, telle qu’une tumeur ou un kyste bénin.

Les traitements du cancer du sein

1. La chirurgie

Plusieurs types de chirurgie peuvent être utilisés pour éliminer le cancer du sein, notamment :

- La tumorectomie : cette procédure permet d’enlever la tumeur et certains tissus environnants, laissant le reste du sein intact. 

- La mastectomie : dans cette procédure, le chirurgien retire un sein entier, tandis que dans une double mastectomie, les deux seins sont retirés. 

- Biopsie du ganglion sentinelle : cette opération consiste à enlever quelques ganglions lymphatiques qui reçoivent le drainage de la tumeur. Ces ganglions lymphatiques seront testés. S’ils ne sont pas cancéreux, il ne sera probablement pas nécessaire de pratiquer une autre opération pour enlever d’autres ganglions lymphatiques. 

- Dissection des ganglions lymphatiques axillaires : si les ganglions lymphatiques prélevés lors d’une biopsie de ganglion sentinelle contiennent des cellules cancéreuses, le médecin peut en prélever d’autres. 

- Mastectomie prophylactique controlatérale : même si le cancer du sein peut n’être présent que dans un seul sein, certaines femmes choisissent de subir une mastectomie prophylactique controlatérale. Cette opération consiste à retirer votre sein sain afin de réduire le risque de développer à nouveau un cancer du sein.

La prise en charge chirurgicale du cancer du sein intègre la reconstruction mammaire :

- reconstruction mammaire immédiate si elle a lieu en même temps que la chirurgie du cancer.

- reconstruction mammaire secondaire si elle n'est réalisée qu'après la fin des traitements.

2. Radiothérapie

Dans le cadre de la radiothérapie, des faisceaux de rayonnement de forte puissance sont utilisés pour cibler et tuer les cellules cancéreuses. Cette technique est réalisée à l’aide d’une machine. Les progrès réalisés dans le traitement du cancer ont également permis aux médecins d’irradier le cancer de l’intérieur du corps.

Ce type de traitement par rayonnement est appelé curiethérapie. Pour effectuer la curiethérapie, les chirurgiens placent des grains radioactifs, ou granules, à l’intérieur du corps, près du site de la tumeur. Les grains y restent pendant une courte période et travaillent à la destruction des cellules cancéreuses.

3. La chimiothérapie

La chimiothérapie est un traitement médicamenteux utilisé pour détruire les cellules cancéreuses. Certaines personnes peuvent suivre une chimiothérapie seule, mais ce type de traitement est souvent utilisé en même temps que d’autres traitements, notamment la chirurgie. Les effets secondaires de la chimiothérapie peuvent être importants et difficilement supportables : perte de cheveux (alopécie), nausées et vomissements, baisse de l'immunité, asthénie,...

4. L’hormonothérapie

Si le type de cancer du sein est sensible aux hormones, le médecin peut vous mettre sous traitement hormonal. L’œstrogène et la progestérone, deux hormones féminines, peuvent stimuler la croissance des tumeurs cancéreuses du sein. 

L’hormonothérapie agit en bloquant la production de ces hormones par votre corps ou en bloquant les récepteurs hormonaux des cellules cancéreuses. Cette action peut contribuer à ralentir et éventuellement à arrêter la croissance de votre cancer.

5. Les thérapies ciblées et la médecine de précision

Certains traitements sont conçus pour s’attaquer à des anomalies ou à des mutations spécifiques au sein des cellules cancéreuses. La médecine de précision va au-delà des profils immuno-histochimiques avec des traitements basés sur des anomalies moléculaires.

Autres thérapeutiques non médicamenteuses

1. L'activité physique

"L'exercice physique, en plus de ses effets directs, est probablement l'arme la plus efficace pour lutter contre la fatigue chronique, l'anxiété et la prise de poids [après un cancer du sein]",  indique le Dr Christian Jamin, président de l'AFACS (Association francophone de l’après-cancer du sein).

L'activité physique et le sport diminueraient sensiblement le risque de récidive.

Les autres avantages sont la réduction de certains effets secondaires des cycles de chimiothérapie (nausées, vomissements, constipation, diarrhée), la stimulation de l'appétit, la lutte contre l'insomnie et le renforcement du système immunitaire.

2. L'alimentation

Une étude publiée récemment dans la revue BMC Nutrition démontre que le régime cétogène est l’alimentation avec les meilleurs résultats sur  la qualité des vies des patientes : meilleures performances physiques, le meilleur ratio muscle/graisses, le meilleur ratio triglycérides/cholestérol HDL...

Les autres conseils alimentaires sont de boire suffisamment d’eau (1 à 1,5 litres d’eau par jour), de faire des repas équilibrés, de manger quotidiennement légumes, fruits, féculents et protéines.

Attention toutefois : le pamplemousse, connu pour interagir avec certains médicaments, est à éviter pendant les cycles de chimiothérapie

Facteurs de risque du cancer du sein

Quelles sont les connaissances des patientes sur les risques ? Plusieurs facteurs de risque augmentent les chances de contracter un cancer du sein. Toutefois, le fait d’en avoir un ne signifie pas développer définitivement la maladie. Certains facteurs de risque sont inévitables, comme les antécédents familiaux. 

Cependant, d’autres facteurs de risque peuvent être modifiés, comme le tabagisme. Les facteurs majeurs de risque du cancer du sein sont les suivants :

- L’âge : la grande majorité des cancers du sein apparaissent chez les femmes de 50 à 75 ans.

- Le sexe : les femmes sont bien plus susceptibles de contracter un cancer du sein que les hommes. 

- Les gènes : les femmes qui présentent les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 sont plus susceptibles de développer un cancer du sein. 

- La consommation d’alcool et de tabac.

- Un tissu mammaire dense qui rend les échographies plus difficiles à lire.

- L'exposition à des polluants chimiques.

- Les menstruations précoces. Si la patiente a eu ses premières règles avant l’âge de 12 ans, elle a un risque plus important de cancer du sein. 

- L’accouchement à un âge plus avancé. Les femmes qui n’ont pas leur premier enfant avant l’âge de 35 ans ont un risque accru de cancer du sein. 

- L’hormonothérapie. Les femmes qui ont pris ou qui prennent des médicaments à base d’œstrogènes et de progestérone post-ménopausiques ont plus de risques de contracter un cancer du sein. 

- L’hérédité. Si une proche parente a eu un cancer du sein, la patiente a un risque accru de le développer. Notamment, s’il s’agit de la mère, grand-mère, sœur ou fille. Si il n'existe pas d’antécédents familiaux de cancer du sein, il est quand même possible en développer un. En fait, la majorité des femmes qui le développent n’ont pas d’antécédents familiaux de la maladie. 

- La ménopause tardive. Les femmes qui n’entrent en ménopause qu’après 55 ans sont plus susceptibles de développer un cancer du sein. 

- Ne jamais être enceinte. Les femmes qui ne sont jamais tombées enceintes ou qui n’ont jamais mené une grossesse à terme sont plus susceptibles de développer un cancer du sein. 

- Avoir déjà eu un cancer du sein. Si la patiente a eu un cancer du sein dans un sein, elle a un risque de développer un cancer du sein dans l'autre sein.

 - Un surpoids ou encore pas ou peu d’activité physique peuvent favoriser l’apparition d’un cancer du sein.

- Le travail de nuit (le risque augmente avec la durée du travail de nuit et selon le nombre de nuits travaillées par semaine.

Dépistage du cancer du sein : âge et femme avec niveau de risque élevé

Le dépistage avant l'âge de 50 ans n'est pas utile de recourir sauf si la patiente a un niveau de risque élevé, c'est-à-dire avec des antécédents de cancer du sein, de l'utérus et/ou de l'endomètre ou certaines affections du sein (hyperplasie atypique...). Les femmes porteuses d'une mutation familiale BCRA 1 ou BCRA 2 

Les femmes qui ont deux et trois membres atteints dans leur famille ou celles ayant eu un cancer du sein ou de l’ovaire avant 36 ans ont un niveau de risque dit « très élevé » de cancer du sein.

Elles sont le plus souvent porteuses d'un facteur génétique de prédisposition comme les mutations familiales BRCA 1 ou BRCA 2.

Dans les autres cas les plus fréquents, à savoir sans niveau de risque particulier, les patientes âgées entre 50 et 74 ans reçoivent tous les 2 ans un courrier de l'assurance maladie les invitant à effectuer une mammographie de dépistage,

Taux de survie au cancer du sein

Le taux de survie au cancer du sein varie considérablement en fonction de nombreux facteurs. Deux des facteurs les plus importants sont le type de cancer et le stade d'évolution du cancer au moment où celui-ci est diagnostiqué. 

Le taux de survie au cancer du sein s’améliore d’année en année. Selon l’ACS, le taux de survie pour le cancer du sein varie selon le stade du diagnostic, allant de 99 % pour les cancers localisés à un stade précoce à 27 % pour les cancers métastatiques avancés. 

Cancer du sein : ce qu'il faut retenir !

Bien qu’il existe des facteurs de risque sur lesquels il n'est pas possible d'agir, la prévention et le dépistage du cancer du sein sont indispensables, tout spécialement lorsque les femmes ont 50 ans ou plus. Un dépistage annuel est fortement conseillé à toutes les femmes de la tranche d’âge 50-75 ans : grâce aux progrès du dépistage précoce, les chances de guérison sont sensiblement augmentées par la mise en oeuvre d'un traitement précoce. Aussi, il est important d’adopter un mode de vie sain et de prendre toutes les mesures préventives recommandées par le médecin traitant et/ou le gynécologue. Celles-ci contribuent grandement à réduire les risques de développer un cancer du sein. Les chances de guérison dépendent du type de cancer et de son stade d'évolution au moment où on entreprend les traitements.

Enfin, n'oublions pas l'Institut Curie, acteur majeur de la lutte contre le cancer, qui organise depuis 2004 une campagne nationale de solidarité contre le cancer baptisée "Une jonquille pour Curie". 

La Rédaction


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