Cancer du sein et travail de nuit

Infirmière en travail de nuit

Le risque de cancer du sein augmenterait chez les femmes travaillant de nuit, selon une étude française de 2012 présentée lors d'un colloque cancer et travail, organisé par l'Association pour la recherche sur le cancer et l'Institut national du cancer.

Etude sur le risque de cancer du sein et le travail de nuit

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Une étude sur les facteurs de risques professionnels des cancers du sein en Ille-et-Vilaine et en Côte-d'Or avait été menée auprès de 1.234 femmes avec un diagnostic de cancer posé entre 2005 et 2007 et un groupe témoin de 1.317 femmes appariées pour l'âge.

Les premiers résultats avaient montré que les femmes ayant travaillé à un moment quelconque pendant leur carrière durant des nuits complètes (de 23 heures à 5 heures) présentaient un risque accru de 40% de cancer du sein par rapport à celles n'ayant jamais travaillé de nuit.

L'étude révélait, par ailleurs, que les infirmières et les ouvrières de l'industrie textile ou les tailleuses et couturières présentent un risque également augmenté de cancer du sein par rapport à la population générale, de l'ordre de 30%.

Confirmation par l'Inserm du sur-risque de cancer du sein en travail de nuit

Ces chiffres ont été confirmés en septembre 2018 par l’équipe de Pascal Guénel et Émilie Cordina du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations de Villejuif.

Les chercheurs ont agrégé et analysé les résultats de 13 000 femmes (6 093 patientes atteintes de cancer du sein comparées à 6 933 femmes en bonne santé) issus de 5 études menées indépendamment en Australie, au Canada, en Allemagne, en Espagne et en France.

Les résultats montrent que le risque de cancer du sein augmente de 26% parmi les femmes non ménopausées, le travail de nuit (défini comme un travail d’au moins trois heures entre minuit et 5 h du matin). Il existe un sur-risque d’autant plus élevé que les femmes travaillent plus de 2 nuits par semaine depuis au moins 10 ans.

L’étude démontre également que le risque diminue quand les femmes cessent l'activité de nuit (à partir de 2 ans après l’arrêt du travail de nuit). En revanche, les chercheurs n’ont pas constaté d’augmentation du risque chez les femmes ménopausées.

Peut-être parce qu’après la ménopause, une grande partie des femmes avaient arrêté de travailler de nuit depuis plusieurs années, précise Pascal Guénel dans le communiqué de l’INSERM.

Sources

  1. https://www.inserm.fr/actualites-et-evenements/actualites/travail-nuit-et-cancer-sein-nouveaux-arguments-en-faveur-lien
  2. Cordina-Duverger, E., Menegaux, F., Popa, A. et al. Night shift work and breast cancer: a pooled analysis of population-based case–control studies with complete work history. Eur J Epidemiol 33, 369–379 (2018). https://doi.org/10.1007/s10654-018-0368-x
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