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Compléments de vitamine E et sélénium : associés au risque de cancer de la prostate

Les compléments alimentaires font partie du quotidien d’un grand nombre de personnes soucieuses d’améliorer leur santé. Cependant, comme le soulignent régulièrement des études mettant en garde une consommation sans avis médical, la supplémentation n’est pas à prendre à la légère. Même si leur consommation ne nécessite pas toujours de prescription pour les obtenir,  il est préférable de consulter et avoir l’avis d’un professionnel de santé. Il est de rigueur de bien s’informer sur ses besoins propres et réels avant d’engager une quelconque cure de compléments alimentaires.

C’est dans ce sens qu’une nouvelle étude vient éclairer les « consommateurs » quant aux suppléments de sélénium et de vitamine E. Selon les résultats publiés dans la revue médicale Journal of the National Cancer Institute, ils peuvent augmenter le risque de cancer de la prostate à hauteur de 91% chez certains hommes.

Les compléments alimentaires n’ont pas que des effets bénéfiques

Disponibles dans les rayons des parapharmacies et des pharmacies, qu’ils soient naturels, synthétiques ou bio, les compléments alimentaires pullulent depuis plusieurs années, avec les mêmes arguments sur l’amélioration de notre bien-être et de notre santé. Il va de soi qu’une supplémentation justifiée et suivie médicalement peut permettre à une personne de contribuer à son bien-être. Mais la prise de ces compléments alimentaires est parfois anarchique, avec une tonne de croyances liées notamment aux arguments marketing parfois alléchants et prometteurs. Cependant, le marché de la supplémentation prend régulièrement un coup dans l’aile, avec des études qui remettent en cause les réels bienfaits et les risques associés à certaines supplémentations.

Dans ce contexte, une nouvelle étude vient mettre en garde la supplémentation en sélénium et vitamine E. Publiée dans la revue médicale Journal of the National Cancer Institute en février 2014, l’étude s’est penché sur les liens entre le cancer de la prostate et la supplémentation en sélénium et vitamine E. Les hommes participants prit au hasard pour cette étude de cohorte ont permis d’établir des modèles et de nombreux tests statistiques afin d’enrichir la littérature scientifique sur les compléments alimentaires.

Les résultats démontrent qu’une supplémentation à forte dose à la fois en sélénium et en vitamine E augmente le risque de cancer de la prostate. Mais surtout, ce risque dépend du niveau de sélénium d'un homme avant de prendre des suppléments. Les chercheurs indiquent que « les hommes qui utilisent et consomment ces suppléments doivent cesser leur supplémentation »,  et avant tout ils doivent connaître leur réel besoin. Par ailleurs, bien qu'il semble n’y avoir aucun risque de prendre un complément alimentaire multivitaminé standard, les effets des suppléments simples à forte dose sont imprévisibles, complexes et souvent nuisibles. « Il y a des niveaux optimaux, et ce sont souvent les niveaux obtenus à partir d'une alimentation saine, mais si ces prises de suppléments sont soit au-dessous ou au-dessus des niveaux il y a des risques » ajoutent les chercheurs.

Menée par le Fred Hutchinson Cancer Research Center (Seattle, Etats-Unis), l’étude se fonde sur de nombreuses données et un essai rigoureusement exécuté, randomisé et contrôlé par placebo, mené par le groupe coopératif de recherche sur le cancer SWOG, qui a impliqué plus de 35.000 hommes. L'étude visait à déterminer précisément si la prise de fortes doses de vitamine E (400 UI/jour) et/ou de sélénium (200 Mcg/jour) de suppléments pourrait protéger les hommes du cancer de la prostate.

L’étude sur cette supplémentation a débuté en 2001 pour durer 12 ans. Finalement arrêtée début 2008, l’étude n'a trouvé aucun effet protecteur du sélénium et il a été suggéré que la vitamine E augmente les risques. Malgré l’arrêt de la supplémentation, les hommes participants étaient toujours suivis dans le cadre de l’étude. Après deux années sans supplémentation, les hommes qui ont pris précédemment de la vitamine E avaient une réduction statistiquement significative de 17% du risque accru de cancer de la prostate. Lorsque l'étude a commencé, il y avait des preuves que la supplémentation en sélénium ne bénéficierait pas aux hommes qui ont déjà eu un apport suffisant d'éléments nutritifs. Pour cette raison, les chercheurs ont mesuré la concentration de sélénium dans les ongles des participants et prévus de tester si la supplémentation en sélénium ne profiterait qu'aux hommes ayant un faible niveau en sélénium. Ils ont constaté que la prise de suppléments de sélénium a augmenté le risque de cancer de 91% chez les hommes ayant un niveau élevé de sélénium.

« Beaucoup de gens pensent que les compléments alimentaires sont utiles ou au moins inoffensifs. Ce n'est pas vrai », a déclaré l’auteur principal de l’étude, Alan Kristal. « Nous savons par plusieurs autres études que certains compléments alimentaires fournissent beaucoup plus que les apports quotidiens recommandés en micronutriments. Ceci augmente le risque de cancer. Nous le savions déjà pour l'acide folique et le bêta-carotène, et maintenant nous le confirmons pour la vitamine E et le sélénium », et « les hommes devraient éviter les suppléments de sélénium ou de vitamine E à des doses qui dépassent les apports alimentaires recommandés », a-t-il conclu.

Sources

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