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Cancer du sein : nouvelles données sur un mécanisme moléculaire

Environ 10% des cancers du sein sont dus à des mutations identifiées dans les gènes BRCA1 et BRCA2 (Breast cancer 1 et 2). Cependant, le mécanisme moléculaire par lequel l'altération de ces gènes augmente considérablement le risque de cancer n'est pas entièrement saisi. Dans une nouvelle étude, publiée le 15 novembre 2011 dans la revue PLoS Biology (version numérique en ligne), une équipe internationale a fait un pas important vers les voies sous-jacentes de ce mécanisme.

Dirigée par Miquel Àngel Pujana, du Bellvitge Biomedical Research Institute (IDIBELL, Catalogne) et de l’Institut Catalan d'Oncologie (ICO), et Christopher Maxwell du Child and Family Research Institute (Canada), l’équipe de chercheurs a constaté une interaction importante entre les gènes BRCA1 et une autre protéine appelée RHAMM (codée par le gène HMMR).

Ces deux protéines agissent sur un mécanisme moléculaire jusqu'alors inconnu qui régule la polarité des cellules épithéliales. Les chercheurs ont montré que les gènes BRCA1 (gène humain de la classe de gènes suppresseurs de tumeur) et RHAMM (receptor for hyaluronan-mediated motility) contrôlent le développement normal des cellules épithéliales du sein. Ces cellules forment l’épithélium, qui est le tissu recouvrant les surfaces de l'organisme vers l'intérieur (tube digestif, excavations du cœur,…) ou vers l'extérieur (muqueuses des orifices naturels, peau). Si un ou deux de ces gènes - BRCA1 et RHAMM - ont des mutations, leur « architecture » et le développement normal des cellules du sein sont modifiées de façon à augmenter le risque d'un type de tumeur spécifique.

L’étude affirme que les porteurs de la mutation du gène BRCA1 présentent un risque élevé de cancer du sein, mais que ces mutations présentent une pénétrance variable, ce qui peut s'expliquer en partie par d'autres facteurs génétiques tels que la variante identifiée dans HMMR. Une variante génétique commune de HMMR augmente légèrement (environ 1,1 fois) le risque de cancer du sein chez les femmes porteuses de mutations du gène BRCA1. Ainsi, cette variante ne justifie pas une analyse génétique affirment les chercheurs.

Mais comme le révèle de dissemblables études de CIMBA (Consortium of Investigators of Modifiers of BRCA1/2), si d'autres mutations s’ajoutent, elles peuvent également modifier légèrement le risque - et à ce jour une vingtaine sont identifiées, ce qui peut alors faire varier considérablement le risque de développer un cancer du sein chez ces femmes. Selon la combinaison des variantes de modification génétique qui sont héréditaires, le risque de développer un cancer pourrait être augmenté ou diminué.

Les chercheurs ont d'abord découvert l'effet du gène HMMR par une analyse génétique de familles touchées. Puis ils sont allés vers l'analyse des rôles de ces gènes dans les cellules du sein et de leurs effets lorsqu'ils sont mutés ou fonctionnellement perturbés. Ils ont constaté que RHAMM et BRCA1 interagissent avec des protéines connues pour contrôler les aspects clés de la polarité cellulaire et le cycle de division cellulaire, ce qui peut expliquer pourquoi certains types de cancer du sein ont une morphologie cellulaire propre et des caractéristiques de prolifération cellulaire. Cependant, la fonction de BRCA1 dans ce processus et son lien à la cancérogenèse restent encore inconnus.

En conclusion, cette étude faite sur des variantes génétiques est dirigée vers un développement plus précis des modèles génétiques permettant de prédire le risque de cancer chez les femmes qui portent des mutations BRCA1 ou BRCA2, et donc de les aider à prendre des mesures préventives appropriées. Les variantes sont également associées à différents types de tumeurs, avec des implications importantes pour le pronostic du patient.

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