Saignement de nez : causes, symptômes et traitement de l'épistaxis

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Le saignement de nez, ou épistaxis, est un symptôme fréquent chez un grand nombre de personnes au cours de la vie. Le plus souvent bénins et soignés à la maison, les saignements de nez, qu'ils soient modérés ou abondants, peuvent toutefois être un signe avant-coureur d'une maladie. En effet, l'hémorragie nasale peut être autant liée à un trouble mineur qu'à une hémorragie pouvant mettre en jeu le pronostic vital d'un patient. Rarement mortels, les saignements de nez sont l'une des urgences ORL les plus courantes. Ils touchent environ "60 % des personnes au cours de leur vie", et "seulement 10 % des saignements de nez sont suffisamment graves pour justifier un traitement ou une intervention médicale. Ils surviennent le plus souvent chez les enfants de 2 à 10 ans et les personnes âgées de 50 à 80 ans" [1].

Le nez contient de nombreux vaisseaux sanguins, qui sont situés près de la surface à l'avant et à l'arrière du nez, qui sont très fragiles et peuvent saigner facilement. La prise en charge et la dangerosité dépendent notamment du type de saignement de nez. Deux types de saignements de nez existent : antérieur et postérieur. Le saignement de nez antérieur est le plus fréquent et le saignement de nez postérieur est moins fréquent, mais nécessite le plus souvent une prise en charge pour des soins médicaux adaptés. La plupart des saignements de nez antérieurs se situent essentiellement dans une zone appelée tache vasculaire de Kiesselbach sur le septum nasal antérieur (cloison des fosses nasales). Le saignement de nez postérieur se déclare dans la partie la plus profonde du nez, ce qui entraîne un écoulement du sang à l'arrière de la gorge. Ce type de saignement de nez nécessite une prise en charge dans les meilleurs délais, puisque "dans certains cas, il peut devenir par son abondance, sa répétition ou la fragilité du terrain une véritable urgence médicochirurgicale" [2].

Résultant de multiples causes (air trop sec, grattage intensif, mouchage agressif, irritation de la muqueuse nasale, choc, troubles de la coagulation, sinusite, rhinopharyngite, cloison nasale déviée, etc.), si toutes les mesures de prise en charge classiques d'un saignement de nez sont infructueuses, il est important d'aller en consultation chez un médecin, ou de se rendre dans le service des urgences le plus proche.

Femme qui se mouche le nez

Quelles sont les causes des saignements de nez (épistaxis) ?

Le saignement de nez (épistaxis) survient à un moment donné chez de nombreux humains et la majorité des saignements de nez sont habituellement limités en intensité et en durée.

Cependant, certains patients présentent un saignement de nez (saignement de la narine, de la cavité nasale ou du nasopharynx), qui peut être grave, persistant et récurrent, pouvant justifier un avis médical ou des soins médicaux.

Il existe dune multitude de causes de saignements de nez. Ils sont souvent spontanés, puisqu'ils se produisent de manière inattendue et n'ont généralement pas de cause connue. Les raisons le plus souvent identifiées à l'origine du saignement de nez, sont la sécheresse de la muqueuse nasale (air inspiré trop sec,...) ou un traumatisme local (coup sur le nez, chute avec traumatisme de la face), mais peuvent inclure :

  • Curage de nez (rhinotillexomanie) ;
  • Exposition au soleil intense ;
  • Effort physique extrême (charges lourdes,...) ;
  • Infections des voies respiratoires supérieures (rhume, rhinopharyngite,...) ;
  • Mouchage à répétition ;
  • Congestion nasale ;
  • Corps étrangers dans le nez ;
  • Septum dévié (cloison nasale déviée) ;
  • Prise de certains médicaments (anticoagulants, aspirine, antihistaminiques, décongestionnants,...) ;
  • Allergies ;
  • Contact avec des produits chimiques (ammoniac,...) ;
  • Augmentation du taux de progestérone et d'œstrogène pendant la grossesse ;
  • Consommation d'alcool ou de certaines drogues comme la cocaïne ;
  • Hypertension artérielle (HTA) ;
  • Troubles de la coagulation sanguine.

Est-il dangereux de saigner du nez ?

La plupart des saignements de nez ne nécessitent pas de soins médicaux importants et peuvent se soigner facilement au domicile. Cependant, il est conseillé de consulter un médecin si un saignement de nez se répète et dure plus d'une quinzaine de minutes.

De plus, en fonction de l'état général, des antécédents médicaux (maladie du sang,...) et de la fragilité d'une personne, il est toujours préférable de se rendre en consultation médicale auprès d'un professionnel de santé (médecin traitant, ORL,...). Aussi, les saignements de nez qui surviennent après une blessure peuvent indiquer une fracture du nez, une fracture du crâne ou une hémorragie interne.

Enfin, plusieurs signes doivent alerter, comme le fait de prendre de certains médicaments (antiagrégant plaquettaire, acide acétylsalicylique, traitement anticoagulant,...), un choc hémorragique, une hypovolémie (diminution du volume sanguin efficace), ou des signes cutanés de tendance hémorragique (coagulopathie) [3].

Quelle maladie provoque des saignements de nez ?

Les saignements de nez ne sont habituellement pas graves, mais en fonction du type et dans de rares cas ils peuvent être en lien avec une maladie, et être le signe évocateur de problèmes de santé plus alarmants. Par exemple, certains cas de saignements de nez peuvent être des signes avant-coureurs liés à de l'hypertension artérielle, un trouble de la coagulation sanguine, un cancer du sang, une tumeur nasale, la maladie de von Willebrand, la télangiectasie hémorragique héréditaire (THH ou maladie de Rendu-Osler-Weber) [4], la thrombocytopénie immunitaire, ou des polypes nasaux.

Est-ce que le stress ou la fatigue peuvent faire saigner du nez ?

Les états de stress et de fatigue prolongée peuvent déclencher chez certains sujets différents symptômes comme des maux de tête, des vertiges, et parfois s'accompagner d'un saignement de nez soudain. Lorsque vous êtes stressé ou fatigué, reposez-vous dans un endroit calme et ventilé (chambre à coucher,...).

Comment diagnostiquer un saignement de nez ?

"L'anamnèse doit inclure la durée, la gravité, la fréquence, la latéralité du saignement, l'événement déclencheur et les interventions effectuées avant de demander des soins" [2].

Lors d'une consultation pour un saignement de nez auprès d'un médecin, le professionnel de santé procédera à un examen physique pour en déterminer la cause. Il vérifiera s'il y a des signes d'un corps étranger dans le nez et posera des questions sur les antécédents médicaux (maladies, prise de médicaments,...). L'objectif principal pour une prise en charge optimale repose sur le fait de différencier s'il s'agit d'un saignement de nez antérieur ou postérieur.

Le diagnostic d'hémorragie antérieure peut être posé par visualisation directe à l'aide d'un spéculum nasal et d'une source de lumière. Un spray topique avec un anesthésique et de l'épinéphrine (adrénaline) peut être utile pour la vasoconstriction, aider à contrôler le saignement et faciliter la visualisation de l'origine du problème.

Habituellement, le diagnostic d'hémorragie postérieure est posé après l'échec des mesures de contrôle de l'hémorragie antérieure. Les caractéristiques cliniques du saignement postérieur peuvent englober un saignement actif dans le pharynx postérieur en l'absence d'une source antérieure identifiée. Les saignements postérieurs à haut débit peuvent faire jaillir du sang des deux narines.

Enfin, sans retarder le traitement du patient, des analyses de laboratoire complémentaires peuvent être demandées, par le médecin traitant ou l'oto-rhino-laryngologiste (ORL), notamment :

  • Hémogramme : une numération de la formule sanguine (NFS) ;
  • Test de coagulation sanguine ; mesure du temps de thromboplastine (TP ou encore Temps de Quick) , ou temps de céphaline activée (TCA), afin d'évaluer le temps nécessaire à la formation d'un caillot sanguin [5] ;
  • Scanner des sinus : étude des structures sinusales ;
  • Radio standard du massif facial (sinus et face) : un examen radiographique généralement réalisé dans des situations exceptionnelles
  • Endoscopie nasale (rhinoscopie ou nasofibroscopie) : examen clinique des cavités naso-sinusiennes (muqueuse nasale et des voies aériennes).

Comment traiter un saignement de nez ?

Que faire et comment faire pour arrêter de saigner du nez ?

Comment réagir et stopper un saignement de nez chez un enfant et chez l'adulte ?

Le traitement des saignements de nez varie selon le type et la cause. Il est important d'avoir les bons gestes et de trouver le traitement adapté en fonction des différents types de saignements de nez.

Saignement de nez antérieur

Un saignement de nez antérieur se situe l'avant du nez, et en général au niveau d'une narine. Afin de traiter un saignement de nez antérieur au domicile, il est recommandé de : se placer en position assise (une position allongée peut entraîner la déglutition de sang et irriter l'estomac) ; se pencher légèrement en avant (ne pas mettre la tête en arrière), respirer par la bouche ; appliquer une pression avec les doigts sur la partie molle du nez (ailes du nez), afin de complètement fermer les narines pendant une dizaine de minutes).

Selon les cas, mouchez-vous doucement en une seule fois pour expulser les plus gros caillots de sang avant d’appliquer une pression sur le nez. De plus, il est possible d'appliquer une compresse froide instantanée sur l'arête du nez, d'utiliser un spray nasal décongestionnant, du sérum physiologique, et des mèches (tampons hémostatiques) comme les mèches stériles Coalgan [6]. Si ces méthodes de prise en charge ne fonctionnement pas, il faut immédiatement contacter un médecin.

Saignement de nez postérieur

Lors d'un saignement de nez postérieur, le sang coule à l'arrière du nez et a tendance à dériver vers la gorge. D'ordinaire, les saignements de nez postérieurs sont moins fréquents et souvent le signe d'une forme plus grave que les saignements de nez antérieurs. Les saignements de nez postérieurs doivent être traités auprès du médecin traitant ou dans un service des urgences. Lorsque le saignement est maîtrisé, un suivi rapide sera organisé dans les semaines suivantes avec le médecin traitant ou un oto-rhino-laryngologiste (ORL).

"Les patients présentant des saignements de nez antérieurs peuvent être libérés si le saignement est contrôlé et si la stabilité hémodynamique est observée pendant au moins une heure aux urgences (SU), ainsi que si tous les facteurs prédisposants sont médicalement optimisés. Le suivi avec un oto-rhino-laryngologiste ou son médecin traitant devrait avoir lieu dans une semaine et il devrait commencer par une solution saline nasale trois fois par jour". "Si un patient, y compris des patients pédiatriques, nécessite un pansement postérieur, l'admission est nécessaire pour surveiller les complications, en particulier les arythmies cardiaques". "L'application de sprays ou d'onguents salins topiques sur la muqueuse nasale pour assurer l'hydratation de la muqueuse nasale peut aider à prévenir les épistaxis récurrentes" [1]. Enfin, il est notamment recommandé au patient d'éviter de consommer des aliments chauds, d'avoir des activités intenses, de se moucher ou de se curer le nez dans les premiers temps après la sortie.

La cautérisation nasale

La cautérisation est une technique médicale destinée à stopper une hémorragie. Elle peut donc dans certains cas être utilisée chez les patients en présence de saignements de nez persistants et fréquents. Cette technique consiste à brûler les vaisseaux sanguins du nez avec un appareil chauffant ou du nitrate d'argent. Lors d'une cautérisation, le médecin utilise un tampon chimique ou un courant électrique à l'intérieur du nez, afin de sceller les vaisseaux sanguins et créer un tissu cicatriciel pour aider à prévenir les saignements. Il peut également utiliser une sonde à épistaxis à double ballonnets (tamponnement postérieur) pour appliquer une pression sur les vaisseaux sanguins et arrêter le saignement.

Les bons gestes pour prévenir les saignements de nez

Afin de prévenir les saignements de nez, il existe plusieurs méthodes simples :

  • Mouchez-vous toujours sans brutalité ;
  • Utilisez un humidificateur d'air ;
  • Évitez de vous curer le nez ;
  • Portez un masque en présence de produits toxiques (solvants,...) ;
  • Limitez la consommation de certains médicaments (aspirine, antihistaminiques,,...) ;
  • Nettoyez-vous et humidifiez-vous le nez régulièrement avec un spray nasal (solution saline [7]), ou du sérum physiologique ;
  • Appliquez une pommade antibactérienne ;
  • Évitez les expositions prolongées au soleil et à de fortes températures ;
  • Consommez de l'alcool de façon modérée ;
  • Ne pas fumer de tabac.

Sources

  1. Epistaxis. Ayesha Tabassom; Julia J. Cho. Last Update: May 1, 2022. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/
  2. Item 85 (ex item 313) : Épistaxis. Campus d'ORL - Collège Français d'ORL et de Chirurgie Cervico-faciale. http://campus.cerimes.fr/
  3. Epistaxis. Par Marvin P. Fried , MD, Montefiore Medical Center, The University Hospital of Albert Einstein College of Medicine. Dernière révision totale sept. 2021. https://www.msdmanuals.com/
  4. Hereditary Hemorrhagic Telangiectasia (HHT). https://www.uofmhealth.org/
  5. Présentation des troubles de la coagulation. Par Joel L. Moake, MD, Baylor College of Medicine. Dernière révision totale sept. 2021. https://www.msdmanuals.com/
  6. Coalgan. Vidal. 2022. https://www.vidal.fr/
  7. Whitehead KJ, Sautter NB, McWilliams JP, et al. Effect of Topical Intranasal Therapy on Epistaxis Frequency in Patients With Hereditary Hemorrhagic Telangiectasia: A Randomized Clinical Trial. JAMA. 2016;316(9):943–951. doi:10.1001/jama.2016.11724. https://jamanetwork.com/

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