Gastro-entérite virale hivernale : causes, symptômes, traitements

Le norovirus, unique responsable ?

La gastro-entérite est l’une des maladies de l’hiver que connaissent de nombreuses personnes. Nommée familièrement aussi « gastro » ou « grippe intestinale », elle fait référence à une inflammation du tractus gastro-intestinal, impliquant à la fois l'estomac et l'intestin grêle et entraînant une diarrhée aiguë d’apparition rapide.

Cette inflammation située du tractus gastro-intestinal, à l'œsophage au rectum, peut être causée par un certain nombre de facteurs, notamment la génétique, l'infection, l’hygiène de vie, l’hypersensibilité, les médicaments, certaines maladies chroniques, ou le cancer.

L’ensemble des organes creux qui composent le tube digestif - la bouche, l'œsophage, l'estomac, l'intestin grêle, le gros intestin et l’anus - et des organes solides du système digestif - le foie, le pancréas et la vésicule biliaire - peuvent être impliqués.

Inflammation avec un temps d’incubation assez court (jusqu’à 48H), l'emplacement et la cause, les principaux symptômes de la gastro-entérite peuvent inclure des vomissements à répétition, des douleurs abdominales, la perte d’appétit et des épisodes fréquents de diarrhée. Ces symptômes de la gastro-entérite surviennent en général trois ou quatre fois toutes les 24 heures et la disparition des symptômes varie selon les patients.

Il est à noter que certains des principaux symptômes (douleur abdominale, diarrhée aiguë d’apparition fréquente et fatigue extrême) sont similaires à ceux que subissent les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.

Enfin, bien que la qualité des soins et la prise en charge de la gastro-entérite se déroulent généralement correctement pour la majorité des patients en bonne santé, cette inflammation passagère n’est pas à prendre à la légère - puisque ses symptômes peuvent être le signe avant-coureur d’une autre maladie (maladie chronique, cancer, etc.) ou d’un terrain immunitaire fragilisé.

En effet, comme le souligne l’ouvrage de référence « Hunter's Tropical Medicine and Emerging Infectious Disease », « la gastro-entérite est l'une des principales causes de morbidité et de mortalité dans le monde, avec plus de 1,8 million de décès par an chez les jeunes enfants âgés de moins de 5 ans, dont la grande majorité survient dans les pays en voie de développement ».

Gastro entérite, grippe intestinale, gastro : des risques de contagion virale ou bactérienne?

Selon les régions et les saisons, la gastro-entérite peut être causée par des virus (famille des rotavirus, etc.), des bactéries ou des parasites. Cependant, le norovirus est le virus qui cause le plus souvent la gastro-entérite hivernale chez les adultes. L'infection interfère avec l'absorption de l'eau du contenu de l'intestin, ce qui entraîne une déshydratation de l’organisme et le passage de selles aqueuses.

L'infection à norovirus ou virus de la gastro peut provoquer l'apparition soudaine de vomissements à répétition et de diarrhée sévères. Le virus est très contagieux et se propage généralement par les aliments ou l'eau contaminés pendant la préparation ou par les surfaces contaminées. Il est également possible d’être infecté par des contacts directs et étroits avec une personne infectée.

Cette infection à norovirus survient le plus souvent dans des environnements fermés et surpeuplés tels que les hôpitaux, les cliniques, les maisons de soins infirmiers, les EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), les casernes, les garderies, les écoles et les bateaux de croisière.

Bien que le norovirus (virus de la gastro) soit l'un des virus les plus courants en cause dans cette inflammation des parois de l’intestin, il existe de nombreux virus - famille des rotavirus (en particulier pour la gastro-entérite chez les jeunes enfants), des adenovirus, des calicivirus, des astrovirus - qui peuvent tous causer une gastro-entérite.

Comme le souligne une étude publiée en 2010 par l’HAL-Inserm, « malgré une surveillance permanente et continue des diarrhées aiguës sur le territoire Français assurée par les médecins généralistes du réseau Sentinelles de l’Inserm depuis 1991, et la mise en place de systèmes de surveillance similaires ou des études en médecine générale dans d’autres pays d’Europe, notamment aux Pays-Bas, en Autriche et au Royaume-Uni, force est de constater que leur étiologie reste encore largement méconnue. Si des études cas-témoins conduites avec une recherche de virus dans les selles ont permis d’identifier un virus dans 35 à 40% des cas et chez un faible nombre de témoins, en faveur d’un rôle causal probable de 4 virus principalement retrouvés lors des périodes d’épidémies (familles des rotavirus, calicivirus, astrovirus et adénovirus), dans plus de 60% des cas la cause de ces diarrhées aigües hivernales ou estivales reste inconnue. Le rôle de virus actuellement peu ou pas recherchés comme les torovirus, picobirnavirus, picornavirus ou entérovirus 22 mériterait d’être précisé ».

Gastro-entérite : une épidémie mondiale ?

À l'échelle mondiale, le norovirus (virus de la gastro) est à ce jour la principale cause d'épidémies de gastro-entérite aiguë. Cela se produit souvent sous forme d'épidémies où de nombreuses personnes tombent malades en même temps.

Décrite scientifiquement pour la première fois au début du XXème siècle comme une « maladie des vomissements hivernaux », ce n’est que dans les années 1970 que l'agent responsable a été identifié, lorsque les particules virales ont été visualisées pour la première fois par microscopie électronique dans les selles provenant d'une épidémie.

L'épidémie marquante s'est produite en 1968 dans une école de Norwalk dans l’état de l’Ohio aux États-Unis. Avec un taux d'attaque élevé de maladies parmi les élèves et les enseignants, l’épidémie de Norwalk (virus de Norwalk) a été le point de départ de nombreuses recherches. Depuis, les norovirus sont également appelés virus de type Norwalk.

En effet, l’espèce du genre « Norwalk-like viruses » (norovirus ou virus de Norwalk) a été isolée en 1968 à partir des selles d'écoliers habitant Norwalk (Ohio), atteints d'une gastro-entérite. La maladie était caractérisée par des nausées, des vomissements et de la diarrhée avec une courte durée de la maladie de 12 à 24 heures.

Plusieurs épisode épidémiques de gastro-entérite dans le monde semblent traverser l’histoire et ouvrir de nouvelles voies de recherche pour mieux comprendre les différents facteurs en cause.

Une autre période d’épidémie de gastro-entérite, qui s’est produite en Australie en 1978, était l'une des premières périodes d’épidémies d'origine alimentaire enregistrées de norovirus. Associée à la consommation d’huîtres (les fruits de mer sont souvent parmi les aliments en cause avec les aliments gras), l'épidémie a affecté des personnes dans toute l’Australie.

Grâce aux avancées technologiques et médicales de l’époque, le norovirus a été confirmé comme étant la cause. Identifiée à l’aide de la microscopie immunitaire électronique, la visualisation de particules virales dans les selles des patients est une découverte importante. En effet, il s'agissait du premier virus détecté spécifiquement associé à des cas de gastro-entérite aiguë.

Durant des décennies, le rôle du virus en tant qu'agent causal a été entravé par l'insensibilité des diagnostics microbiologiques. Effectivement, il ne peut pas être cultivé en culture cellulaire et il n'y a pas de petit modèle animal. La seule alternative est de tester sur des volontaires humains.

Ainsi, depuis les années 1970, les virus étaient connus sous le nom de « virus type du genre Norovirus » de la famille Caliciviridae et de SRSVs (de l’anglais « Small, round-structured viruses »). Les premiers noms de ces virus ont été déterminés par l'emplacement où chaque souche a été détectée ou par leur apparence physique.

Enfin, en 2002, le norovirus est devenu le nom officiel du genre reconnu par l’International Committee on Taxonomy of Viruses (ICTV). Suite à une étude plus approfondie de la taxinomie virale par des techniques moléculaires sensibles et une amélioration des techniques de diagnostic, une reconnaissance rapide de l'agent causal dans les flambées épidémiques a changé la compréhension de la signification clinique et de l'épidémiologie de ce virus.

Dans l’histoire, depuis que les gens ont facilité la transmission de la maladie en se rassemblant en groupes, des flambées épidémiques de gastro-entérite virale ont probablement causé la misère, la maladie et la mort parmi les populations humaines pendant des milliers d'années.

Heureusement, l’avènement d'outils de laboratoire sensibles pour détecter et étudier l'évolution génétique de ces virus ont révélé leur rôle critique dans l'étiologie de la gastro-entérite virale.

Par ailleurs, la gastro-entérite virale fait partie des épidémies saisonnières qui entraînent une augmentation des passages aux urgences et des visites SOS Médecins, tout comme les épidémies de bronchiolite aiguë.

Le virus responsable des épidémies de bronchiolite aiguë, qui est une maladie respiratoire d'origine virale touchant en particulier les jeunes enfants (de moins de 2 ans) - la bronchiolite aiguë du nourrisson est une infection virale aiguë et contagieuse qui touche les bronchioles ou petites bronches - sévit le plus souvent en automne et en hiver (parmi les maladies de l’hiver notamment bien réputé pendant le fêtes de fin d’année).

Ce pic de fréquence des épidémies de bronchiolite qui se caractérise au mois de décembre concorde avec celui des épidémies du virus de la grippe saisonnière  et des épidémies de la gastro-entérite. Ces virus touchent chaque année des millions de personnes en France et dans le monde, et peuvent être la cause de nombreuses complications et décès.

Symptômes de la gastro-entérite : comment débute la gastro ?

La gastro-entérite virale est une infection intestinale caractérisée par une diarrhée aqueuse, des crampes abdominales, des nausées ou des vomissements à répétition (vomissements depuis plusieurs heures) et parfois de la fièvre.

Le "meilleur moyen" de développer une gastro-entérite virale est le contact avec une personne infectée ou l'ingestion d'aliments (aliments gras, etc.) ou d'eau contaminés.

Si une personne atteinte qui est en bonne santé se rétablit probablement sans complications, ce n’est pas la majorité des cas pour les patients fragiles. Effectivement, pour les nourrissons, les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli, si la disparition des symptômes est plus longue, la gastro-entérite virale peut aussi être mortelle.

Véritable problème de santé publique, il n'y a pas actuellement de traitement contre une gastro-entérite virale totalement efficace, ce qui qui rend la prévention essentielle. Ainsi, en plus d'éviter la nourriture et l'eau qui peuvent être contaminées, des lavages des mains approfondis et fréquents, et des bonnes mesures d’hygiène de vie globale sont la meilleure défense.

Comment savoir si l'on a la gastro ?

Avec la gastro-entérite, les principaux symptômes qu’un patient présente sont le plus souvent une diarrhée aqueuse (selles de consistance liquide ou molle) et des vomissements. Il se peut également que le patient ressente des douleurs à l'estomac, des crampes, de la fièvre, des nausées et des maux de tête. En raison de la diarrhée aiguë d’apparition rapide et des vomissements (vomissements depuis plusieurs heures), il est possible d’être déshydraté.

Les symptômes de la gastro-entérite commencent généralement dans les 24 à 48 heures suivant l’infection et les patients. La durée des symptômes est variable, et ils peuvent se révéler par de multiples signes cliniques et biologiques qui sont parfois combinés :

• nausées ou malaise ;

• frissons et fièvre modérée ;

• mal de crâne (migraine) ;

• vomissement et troubles de la flore intestinale ;

• risques de déshydratation de l’organisme ;

• goût métallique dans la bouche ;

• plusieurs épisodes de diarrhée toutes les 24 heures ;

• possibilités de mucus et de sang dans les selles (selles glaireuses ou selles glairo-sanglantes) ;

• douleurs musculaires et corporelles (myalgies) ;

• crampes d’estomac (gastralgie ou gastrodynie).

Selon le micro-organisme pathogène responsable, les symptômes de la gastro-entérite virale peuvent apparaître dans les un à trois jours et peuvent aller de légers à graves. La durée des symptômes est généralement d’environ 1 à 2 jour. Soulignons que la déshydratation chez l’enfant est un point vital à surveiller.

Cependant, la durée des symptômes peut parfois persister. La disparition des symptômes peut durer jusqu'à 10 jours et peut nécessiter une consultation auprès d’un médecin généraliste ou un médecin gastro-entérologue.

Selon la durée des symptômes et parce que les symptômes sont similaires, lors d’un diagnostic il est facile de confondre la diarrhée virale avec la diarrhée causée par des bactéries, telles que :

Clostridium difficile : Clostridium difficile, également connu sous le nom de Clostridioides difficile et souvent appelé C. difficile ou C. diff, est une bactérie qui peut causer des symptômes allant de la diarrhée à une inflammation potentiellement mortelle du côlon.

Salmonelle : selon l’OMS, « les salmonelles (Salmonella) sont l’une des 4 causes principales de maladies diarrhéiques dans le monde ».

E. coli : « Escherichia coli est une bactérie courante dans l’intestin humain et celui des autres animaux à sang chaud. On relève parmi les symptômes des crampes abdominales et de la diarrhée, parfois sanglante. Il peut y avoir également de la fièvre et des vomissements. La plupart des patients guérissent en 10 jours mais, dans certains cas, la maladie peut engager le pronostic vital ».

Parasites : des parasites tels que l'infection à Giardia (gardiasis). Le parasite Giardia (parasite intestinal), aussi appelée giardiose, giardiase ou lambliase, est un parasite responsable d’une infection intestinale caractérisée par des crampes abdominales, des ballonnements, des nausées et des épisodes de diarrhée aqueuse. L'infection à Giardia est causée par un parasite microscopique que l'on trouve dans le monde entier, en particulier dans les zones avec un assainissement médiocre et une eau insalubre.

D’autre part, il existe aussi d'autres troubles digestifs comme la « diarrhée du voyageur », un trouble sanitaire très fréquent chez les voyageurs. La diarrhée du voyageur, appelée aussi tourista ou turista, est une gastro-entérite aiguë qui se manifeste par une diarrhée associée à des symptômes tels que fatigue, des douleurs et des crampes abdominales.

Période d’incubation d’une gastro-entérite

Le temps d'incubation moyen pour la gastro-entérite associée aux norovirus est de 12 à 48 heures.

La maladie se caractérise par des nausées, des vomissements aigus (vomissements depuis plusieurs heures) et une diarrhée aqueuse non sanglante accompagnée de crampes abdominales.

De plus, des myalgies (douleurs musculaires), des malaises et des maux de tête sont fréquemment rapportés chez la majorité des patients.

Durée d’une gastro-entérite : combien de temps dure une gastro ?

Après un temps d’incubation assez rapide, la majorité des personnes qui souffrent de gastro-entérite ne présentent que des symptômes bénins qui disparaissent après quelques jours.

Cependant, si les patients sont gravement malades ou vulnérables en raison de leur âge avancé ou d'une autre condition, un traitement contre une gastro (traitements disponibles sans ordonnance, etc.) peut être recommandé pour éviter une déshydratation qui peut être fatale.

La déshydratation entraîne une perte excessive de liquide et d'électrolytes du corps (sels minéraux en circulation dans le sang). Une solution de réhydratation orale (SRO, ou ORS pour oral rehydration solution) peut être utilisée pour traiter les patients.

La solution ou le soluté de réhydratation orale contient un mélange soigneusement équilibré de sel, de sucre et d'électrolytes essentiels tels que le sodium et le potassium afin d’aider à remplacer le liquide qui a été perdu. Dès que les symptômes s’estompent (nausées disparues, etc.), il est possible de réduire la quantité de solution de réhydratation.

Est-on contagieux si l’on a une gastro ?

La gastro-entérite est très contagieuse et se transmet principalement d'une personne à l'autre par la voie fécale-orale, généralement lorsque des personnes touchent des objets (poignées de porte, etc.) après avoir utilisé les toilettes sans se laver les mains.

Si une autre personne porte sa main à la bouche après avoir touché l'objet contaminé ou l'utilise pour préparer ou manger de la nourriture, elle peut être infectée par le virus.

Afin de réduire leur risque d'être infecté ou d’infecter les autres, il est impératif de se laver les mains fréquemment, de désinfecter les surfaces contaminées rapidement, de laver les vêtements souillés et d’éviter les aliments en cause ou l'eau que l'on pense contaminés.

Enfin, il est impératif de souligner que les personnes atteintes de gastro-entérite virale ne doivent pas préparer de nourriture pour d'autres personnes pendant qu'elles présentent des symptômes et pendant 48 heures après la guérison de la maladie.

Gastro-entérite : comment traiter soi-même la diarrhée et les vomissements ?

Il n'y a pas de remèdes naturels miraculeux, et presque toutes les personnes atteintes de gastro-entérite virale se rétablissent complètement sans aucun problème à long terme.

La chose la plus importante à faire pour les personnes atteintes de gastro-entérite virale est de prévenir une perte importante de liquides pour éviter une déshydratation et des complications.

Un médecin peut donner des instructions spécifiques sur les types de liquides à administrer jusqu’à ce que les symptômes cessent (nausées disparues, etc.). Les médicaments, y compris les antibiotiques (qui n'ont aucun effet sur les virus) et les autres traitements en même temps (traitements disponibles sans ordonnance ou avec ordonnance), doivent être évités à moins qu'ils ne soient spécifiquement recommandés par un médecin. Ne pas oublier que la prise d’antibiotiques sans raison valable est dangereuse pour la santé !

Cependant, avant de consulter éventuellement un médecin si nécessaire, il est judicieux de suivre quelques précautions simples pour éviter la déshydratation de l’organisme :

    • rester à la maison et se reposer autant que de besoin ;

    • boire beaucoup de liquides, comme de l'eau par petites gorgées régulières (lors d’une infection, pour éviter d’aggraver la diarrhée et les vomissements, il est primordial de ne pas boire de jus de fruits, de boissons gazeuses) ;

    • continuer à se nourrir (même s’il n’existe pas d’aliments contre la diarrhée, il est recommandé de consommer des aliments solides dès que c’est possible) ;

    • prendre à dose modérée certains médicaments sans ordonnance comme du paracétamol (sauf contre-indications médicales et la prise d’autres traitements en même temps).

Quel aliment manger pendant une gastro-entérite ?

Si des suspicions sont posées sur une gastro-entérite, il est important de suivre quelques recommandations essentielles dans le cadre de l’alimentation, qui seront souvent aussi efficaces qu’un traitement contre une gastro.

Il est possible de boire des des liquides, comme une boisson pour sportifs (contenant des sels minéraux, etc.) ou de l'eau, afin d’éviter la déshydratation.

Il est à noter que le fait de boire des liquides trop rapidement peut aggraver les nausées et les vomissements. Il est donc préférable d’essayer de prendre de petites gorgées fréquentes pendant quelques heures, au lieu de boire une grande quantité à la fois, et reboire normalement dès les nausées disparues.

D’autre part, il est conseillé de surveiller la miction. Il est important d’uriner à intervalles réguliers et l’urine doit être claire. Des urines foncées (jaune ou ambre) et peu fréquentes sont le signe d'une déshydratation chez l’enfant comme chez l’adulte.

Concernant le régime alimentaire lors d’une infection, il est recommandé d’essayer de manger fréquemment de petites quantités de nourriture si le patient ne ressent pas de nausées. Sinon, il peut commencer progressivement à manger des aliments simples (aliments contre la diarrhée), non épicés, plutôt fades et faciles à digérer, tels que des biscuits salés, du pain grillé, de la gélatine, des bananes, de la compote de pommes, du riz (et l’eau de cuisson du riz) et du poulet. Il existe aussi certains remèdes naturels conseillés pour réduire les vomissements avec du miel ou certaines plantes médicinales.

Bien entendu, en plus d’un repos nécessaire, il est conseillé d’éviter le lait et les produits laitiers, la caféine, l'alcool, la nicotine et les aliments gras ou très assaisonnés pendant quelques jours.

Pour résumer, les principaux aliments contre la diarrhée sont le riz, le pain, les haricots, les pois secs, les produits de l’avoine, le psyllium, les céréales sans sucre, les craquelins. Les aliments contre la diarrhée qui sont généralement recommandés ne sont pas des aliments gras et permettent d’augmenter la consommation de fibres solubles (qui ont la capacité de former un gel dans les intestins afin de retenir une partie de l’eau et avoir des selles plus consistantes).

Comment soigner une gastro-entérite : quand faut-il consulter un médecin ou un gastro-entérologue ?

La gastro-entérite ne nécessite souvent pas de diagnostic car les symptômes disparaissent généralement sans traitement. Cependant, si les symptômes persistent, un échantillon de selles peut être envoyé pour analyse afin d’aider à déterminer l'agent pathogène qui a causé l'infection.

Alors que la diarrhée virale se résout généralement avec du repos et beaucoup de liquides clairs, la diarrhée bactérienne doit être traitée à l'aide d’un antibiotique (le bon antibiotique est prescrit uniquement sur l'avis médical d'un médecin). Dans certains cas, des analyses de sang et d'urine peuvent également être recommandées.

Le but est d’exclure d'autres diarrhées infectieuses graves si une personne est particulièrement malade ou si les symptômes durent plus longtemps que ce à quoi on pourrait normalement s'attendre avec une gastro-entérite.

Traitement et médicament contre la gastro-entérite

Il n’existe pas véritablement de traitements disponibles sans ordonnance ou avec ordonnance uniques pour la gastro-entérite.

Cependant, dans certains cas (par exemple si les nausées n'ont toujours pas disparu), les adultes peuvent prendre des médicaments en vente libre (ralentisseurs de transit intestinal, etc.) et sur les conseils d’un professionnel de la santé (pharmacien, etc.), tels qu’un antidiarrhéique comme le lopéramide (Imodium, etc.), ou un médicament utilisé pour traiter les malaises du tractus gastro-intestinal et les nausées comme le sous-salicylate de bismuth (Pepto-Bismol, etc.) afin de traiter la diarrhée causée par la gastro-entérite virale. Il est à souligner que si un patient prend d’autres traitements en même temps, il est nécessaire d’en parler au pharmacien ou à son médecin traitant.

Gastro-entérite chez la femme enceinte

La gastro-entérite est assez courante pendant la grossesse.

Les symptômes de la gastro-entérite peuvent être graves, entraînant une déshydratation et même un travail prématuré dans les cas graves et non traités.

Il est donc généralement recommandé aux femmes enceintes de consulter un médecin en cas :

  • de fièvre supérieure à 38 °C ;
  • de déshydratation trop rapide ;
  • de crampes abdominales à type de contractions et notamment régulières et douloureuses ;
  • de mauvaise tolérance des symptômes ou si ils durent trop longtemps (plus de 2 ou 3 jours) ou s’intensifient.

En outre, les symptômes de la gastro chez la femme enceinte peuvent cacher un autre problème, comme une infection alimentaire d’origine bactérienne et notamment la listériose avec un risque de fausse couche, d'accouchement prématuré voire d'une infection néonatale.


Dr Jean-Pascal Del Bano/Jimmy Braun


Sources

     

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  35. Infections à Salmonella (non typhiques). OMS. 2018. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/salmonella-(non-typhoidal)
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  39. Diarrhées du voyageur (DV). Diarrhée aiguë. Infectiologie. Quelle prévention ? Quels traitements ? https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/medias/enseignement/seminaires_desc/2014/janvier/DESC-MIT-janv2014-Marchou-diarrhae-voyageur.pdf
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  41. Conduite à tenir devant des myalgies. Doi : 10.1016/j.praneu.2018.01.008. EM Consult. 2018. https://www.em-consulte.com/article/1198946/conduite-a-tenir-devant-des-myalgies
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  43. Améliorer la composition des sels de réhydratation orale pour sauver des vies d’enfants. OMS. 2006. https://www.who.int/mediacentre/news/releases/2006/pr14/fr/
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  45. Noix, miel, riz : ces produits « sûrs » qui peuvent très bien provoquer une intoxication alimentaire. (Stopper les vomissements avec du miel, etc.). https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/28605-Noix-miel-riz-produits-surs-provoquer-intoxication-alimentaire
  46.  

  47. Médecine douce : le guide des médecines douces. https://www.le-guide-sante.org/actualite/616-medecine-douce-le-guide-des-medecines-douces.html
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  49. Café : bienfaits et méfaits sur la santé. https://www.le-guide-sante.org/actualite/617-cafe-bienfaits-et-mefaits-sur-la-sante.html
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  51. Imodium. 2 mg, gélule - Notice patient. http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/affichageDoc.php?specid=61651634&typedoc=N
  52.  

  53. Sous-salicylate de bismuth, https://fr.wikipedia.org/wiki/Sous-salicylate_de_bismuth

    Transmission des virus, https://www.virologie-uclouvain.be/fr/chapitres/transmission-epidemiologie/transmission-des-virus

  54.  

  55. Classification et mode de transmission des virus humains, https://www.em-consulte.com/article/181568/classification-et-mode-de-transmission-des-virus-h
  56.  

  57. Les modes de transmission des virus phytopathogènes par vecteurs. https://www.researchgate.net/publication/237360215_Les_modes_de_transmission_des_virus_phytopathogenes_par_vecteurs


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