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Allergies alimentaires : une alternative à l'éviction totale

En cas d'allergie alimentaire chez l'enfant, l'éviction stricte de l'aliment en cause n'est plus la seule réponse. La consommation d'une dose minimale permettrait de maintenir la tolérance naturelle, mais cette méthode, qui ne s'improvise pas "chez-soi", nécessite un suivi spécialisé et rigoureux.

La possibilité de consommer des petites quantités de l'aliment interdit, évoquée depuis quelques années, a été particulièrement mise en avant par le Pr Benoît Wallaert, allergologue au CHRU de Lille, lors d'une conférence de presse tenue en marge du 5e congrès francophone d'allergologie, fin avril à Paris.

Pendant longtemps, l'éviction alimentaire stricte a été le seul moyen de prévenir et de traiter une allergie alimentaire. Pourtant, cette méthode peut entraîner une perte de tolérance et elle ne permet pas de se prémunir des risques en cas d'ingestion accidentelle.

Actuellement à l'étude, une idée récente consiste à proposer un protocole de tolérance aux enfants allergiques, en leur imposant la consommation régulière d'une dose minimale de l'aliment allergène. Cette dose est déterminée par un test de provocation réalisé en milieu hospitalier, sous une surveillance médicale étroite.

Des études ont montré que ce type de protocole préserve la tolérance naturelle, voire l'améliore. Il nécessite pour les patients de surmonter la "peur de la ré-introduction", en particulier chez ceux qui ont vécu dans l'éviction rigoureuse depuis des années, mais il diminue les risques de réactions lors d'une ré-introduction accidentelle et peut favoriser la guérison.

Le protocole de tolérance doit s'accompagner d'un suivi médical spécialisé et attentif, insiste le Dr Fabienne Rancé, pédiatre allergologue à l'hôpital des enfants à Toulouse, interrogée par l'APM. Encore au stade de recherche, il nécessite un partenariat étroit entre le médecin spécialiste, le diététicien et la famille, souligne-t-elle. Sa mise en oeuvre au quotidien peut s'avérer contraignante pour l'enfant et sa famille. Une éducation thérapeutique est donc primordiale.

 

APM SANTE, mai 2010.


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