Les infections à gonocoque

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Neisseria gonorrhoeae

Maladies infectieuses en forte recrudescence, les infections sexuellement transmissibles (IST) ou maladies vénériennes sont très courantes dans le monde et avec une nette augmentation en France. Malgré la disponibilité du diagnostic et de traitements efficaces, l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) estime actuellement que, chaque année, « 357 millions de personnes contractent l’une des quatre IST suivantes : chlamydiose, gonorrhée, syphilis ou trichomonase », avec une nette augmentation de la transmission régulière quelque soient les pays.

Les infections sexuellement transmissibles (IST), autrefois appelées MST ou maladies sexuellement transmissibles, sont des maladies infectieuses qui se propagent principalement par contact sexuel, y compris les relations sexuelles vaginales, anales et orales (rapports bucco-génitaux).

Les virus et bactéries responsables des IST peuvent également se propager par des moyens non sexuels tels que le sang ou les produits sanguins.

De plus, de nombreuses IST (syphilis, hépatite B, VIH, infection à chlamydia trachomatis, gonorrhée, herpès et le HPV), dont les localisations de ces infections varient (localisations secondaires), peuvent également être transmises de la mère à l'enfant pendant la grossesse et l'accouchement.

Lors de sa vie, une personne peut avoir une IST sans présenter de symptômes particuliers et évidents de maladie dans la majorité des cas. Les symptômes courants des maladies vénériennes comprennent notamment les pertes vaginales, les écoulements urétraux ou les brûlures chez les hommes (signes d’urétrites), les ulcères génitaux et les douleurs abdominales, et des signes indirects d’infection.

Plus d’une trentaine de bactéries, virus et parasites différents sont connus pour être transmis par contact sexuel. Parmi eux, huit de ces agents pathogènes sont liés à la plus grande incidence de maladies sexuellement transmissibles, et seulement quatre sont actuellement guérissables (syphilis, gonorrhée, chlamydia, trichomonase).

Les quatre autres sont des infections virales (maladies infectieuses) incurables. En effet, bien que la recherche soit régulièrement active pour trouver de nouveaux traitements, contre l’hépatite B, le virus de l'herpès simplex (HSV ou herpès), le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) et papillomavirus humain (HPV), ces maladies vénériennes sont inguérissables même si les symptômes ou la maladie dus aux infections virales incurables peuvent être réduits ou modifiés par un traitement médicamenteux chez la plupart des patients.

Au milieu de ces IST curables, les infections à gonocoque sont largement répandues dans le monde et peuvent toucher autant les femmes que les hommes. La gonococcie chez une femme ou chez un homme, est connue aussi sous les termes « blennorragie », et « gonorrhée ». Infection d'origine bactérienne - causée par la bactérie gram négative Neisseria gonorrhoeae - elle peut provoquer entre autres des douleurs de type brûlures, des écoulements par l’anus, ou des écoulements génitaux (verge, vagin).

Bactérie dont le nom est lié à l’expression populaire « chaude-pisse », Neisseria gonorrhoeae (N. gonorrhoeae), a été découvert en 1879 dans le pus de blennorragie par le médecin bactériologiste et dermatologue Albert Ludwig Sigesmund Neisser. Ce personnage emblématique dans la recherche sur les maladies infectieuses a aussi beaucoup contribué à la compréhension d’autres IST dont la syphilis. Avec un pic dans les années 1970, cette IST est toujours d’actualités au XXIe siècle.

Véritable problème de santé publique, « la résistance aux médicaments, en particulier ceux contre la gonorrhée, est une menace majeure pour la réduction de l’impact des IST dans le monde ».

Gonocoque : une IST à prévenir de toute urgence

Selon un article de l’OMS « des millions de personnes atteintes de gonorrhée risquent de ne plus pouvoir se soigner si l’on ne prend pas des mesures urgentes. Plusieurs pays, parmi lesquels l’Australie, la France, le Japon, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suède, signalent déjà des cas de résistance aux céphalosporines, dernière classe d’antibiotiques encore disponible pour traiter la gonorrhée. On estime que, chaque année, 106 millions de personnes contractent la gonorrhée, qui se transmet par voie sexuelle. »

« Depuis 1960, la gonococcie est en augmentation dans presque tous les pays du monde. Toutefois, dans les pays développés, cette augmentation a été stoppée en 1985 et depuis cette date on note même une diminution sensible du nombre de cas. Sa transmission est principalement le fait des sujets (femmes et hommes) porteurs asymptomatiques de gonocoques ».

Maladie en forte recrudescence ces dernières années, la diminution progressive de la sensibilité de la bactérie gram négative Neisseria gonorrhoeae aux antibiotiques recommandés pour le traitement de la gonorrhée soulève des inquiétudes quant à la menace pour la santé publique de la gonorrhée résistante aux antibiotiques.

Pourtant, ce n'est pas un processus nouveau et l'organisme a développé une résistance fiable à tous les antibiotiques modernes utilisés pour le traitement de la gonorrhée depuis l'aube de l'ère des antibiotiques. L'histoire de l'évolution des recommandations pour le traitement de la gonorrhée est cependant complexe. Il a été influencée notamment par les méthodes de test diagnostique et la surveillance. Mais la compréhension de l'impact de ces influences peut fournir un aperçu des approches actuelles pour relever ce défi de santé publique en pleine recrudescence.

Le processus de développement de la résistance aux antimicrobiens et aux antibiotiques largement utilisés pour le traitement de la gonorrhée semble être un processus inexorable. En effet, de nombreuses préoccupations actuellement exprimées par la communauté scientifique et médicale sont similaires à celles soulevées dans le passé.

La menace pour la santé publique de l'augmentation de la résistance aux antimicrobiens par la bactérie N. gonorrhoeae a été amplifiée en raison d'un canal plus restreint d'introduction de nouveaux médicaments pour le traitement de la gonorrhée. L'amélioration des méthodes de diagnostic de la gonorrhée a également influencé à plusieurs reprises l'appréciation de la charge de morbidité causée par la bactérie N. gonorrhoeae.

Gonocoque (Neisseria gonorrhoeae) : quelle période d’incubation ?

Bactérie dont le nom est également appelé gonocoque, Neisseria gonorrhoeae est responsable chez les humains de la gonococcie (gonorrhée, ou blennorragie).

Les infections du tractus urogénital chez l'homme et chez la femme sont la principale caractéristique de présentation, mais un large éventail de présentations cliniques peut survenir, y compris une dissémination systémique avec fièvre et atteinte cutanée (signes cutanéo-muqueux) et articulaire. Aussi, des infections de la gorge et ano-rectales se produisent également.

Des symptômes dans la majorité des cas du tractus urogénital et des pertes vaginales peuvent apparaître après une courte incubation, d’environ 2 à 7 jours après l’exposition chez la plupart des sujets. Mais chez la femme, la cervicite (inflammation du col de l’utérus) peut rester sans symptômes.

Une fois le diagnostic posé, l’infection gonococcique non compliquée est généralement guérie par une dose unique d'un antibiotique approprié. La notification et le traitement des partenaires sexuels récents de chaque patient sont essentiels pour réduire la transmission de cette IST.

Quels sont les symptômes des infections à gonocoque (gonorrhée, blennorragie, urétrite gonococcique aiguë, gonocoque anal,…) ?

L'infection gonococcique est une infection sexuellement transmissible (IST) causée par la bactérie dont le nom scientifique peut s’écrire « Neisseria gonorrhoeae » ou « N. gonorrhoeae ».

Le gonocoque est un germe uniquement pathogène pour l'espèce humaine. Ce micro-organisme peut infecter à la fois les hommes et les femmes et affecte généralement les patients au niveau de l'urètre, de la gorge, du rectum et du col de l’utérus.

A ce jour, la plupart des nouveaux cas d'infection surviennent chez les femmes. Les femmes infectées par la gonorrhée peuvent également transmettre la bactérie Neisseria gonorrhoeae à leurs nouveau-nés lors de l'accouchement. Les infections gonococciques chez les bébés affectent généralement leurs yeux.

Au fil du temps, les bactéries responsables de la gonorrhée peuvent se propager dans la circulation sanguine et dans d'autres parties du corps, et peuvent entraîner une maladie plus grave connue.

Infectant généralement l'épithélium de l'urètre, du col de l'utérus, du rectum, du pharynx ou les conjonctives, l’infection gonococcique provoque une irritation ou une douleur et un écoulement purulent jaune.

La propagation vers la peau et les articulations, ce qui est rare, provoque des plaies cutanées, une fièvre et une polyarthrite migratoire ou des arthrites septiques pauci-articulaires. Le diagnostic repose sur le microscope, la culture et le test d'amplification des acides nucléiques. Plusieurs antibiotiques oraux ou injectables peuvent être utilisés, mais la résistance aux anti-infectieux est un problème croissant.

Les infections gonococciques ont tendance à être associées à l'apparition aiguë de symptômes et à un drainage muqueux purulent en raison de la capacité de l'organisme à recruter des leucocytes polymorphonucléaires (PMN).

Les souches piliées augmentent l'adhérence et la virulence de ces organismes en améliorant leur attachement aux cellules humaines, y compris le sperme. Les protéines associées à l'opacité affectent également la virulence en améliorant l'adhérence du gonocoque aux cellules hôtes. L'organisme attaque les tissus épithéliales cuboïdes ou cylindriques des cellules muqueuses. Des dommages et une invasion muqueux ultérieurs conduisent à une réponse inflammatoire due au recrutement de PMN.

La bactérie N. gonorrhoeae a également une affinité pour le sang. Par conséquent, la transmission peut se produire des structures génitales inférieures (vagin et col de l'utérus) aux structures génitales supérieures (endomètre, trompes de Fallope, ovaires) et peut-être se propager dans l'espace péritonéal par reflux du sang menstruel (ou par fixation au sperme). D’ailleurs, il est courant que les patientes atteintes d'une infection gonococcique se présentent pendant les règles avec de la fièvre en raison de la réponse inflammatoire.

« Chez les sujets infectés il existe des anticorps anti-pili et contre les protéines de surface. Ceux-ci peuvent être mis en évidence par diverses épreuves sérologiques. Mais aucune d'entre elles (hémagglutination, immunofluorescence indirecte et Elisa) n'est sensible ni spécifique en cas d'infections localisées. Elles sont franchement positives en cas de gonococcie compliquée (disséminée, inflammation pelvienne, etc.) ».

De nombreuses personnes ne présentent aucun symptôme et peuvent donc transmettre la gonorrhée à leurs partenaires sexuels sans le savoir.

S'il y a des symptômes, ils peuvent inclure notamment une sensation de brûlures (douleurs de type) ou de douleurs à la miction (sensations de « lames de rasoir ») et un écoulement anormal au niveau du pénis ou du vagin. La gonorrhée de la gorge peut provoquer un mal de gorge, mais elle ne provoque généralement pas de symptômes.

Symptômes d’une infection à gonocoque (« chaude-pisse ») chez la femme et chez l’homme

Les symptômes de l'infection gonococcique chez les hommes sont généralement plus faciles à remarquer que les symptômes chez les femmes. Mais certains hommes ont des symptômes légers ou inexistants. Si une personne pense être infectée, elle doit recevoir immédiatement un traitement. La gonorrhée non traitée peut se propager et entraîner des complications graves et irréversibles.

Chez la femme, les premiers symptômes peuvent être si légers qu'ils sont confondus avec une infection de la vessie ou une infection vaginale. Lorsqu'une infection non traitée pénètre dans les organes pelviens d'une femme, les symptômes peuvent inclure des douleurs au bas du ventre, des douleurs pendant les rapports sexuels, des saignements vaginaux et de la fièvre.

Le délai entre l'exposition à la gonorrhée et l'apparition des symptômes est généralement de 2 à 5 jours, mais cela peut prendre jusqu'à 1 mois avant l'apparition des symptômes.

Notons qu’en l’absence de traitement, il est possible de propager la gonorrhée même si un patient ne présente pas de symptômes, et il sera contagieux jusqu'à ce qu’il se fasse traiter.

Effectivement, toutes les personnes infectées par le gonocoque ne présenteront pas de symptômes à un stade précoce. Cependant, elles peuvent rencontrer différentes gênes comme une augmentation des pertes vaginales, des douleurs lors de l’éjaculation, des douleurs à la miction, ou des démangeaisons en localisation anale.

Lorsque les infections à gonocoques ne sont pas diagnostiquées et traitées au stade aigu, la bactérie peut se propager et provoquer des symptômes. Les symptômes spécifiques dépendent de la zone du corps touchée par les bactéries.

Les symptômes qui surviennent couramment comprennent :

  • de la fièvre,
  • des frissons,
  • douleurs pendant les rapports sexuels,
  • une douleur dans les articulations,
  • un gonflement des articulations,
  • une douleur dans les tendons des poignets ou des talons,
  • une éruption cutanée avec des taches roses ou rouges qui se remplissent de pus.

Les complications loco-régionales chez l’homme concernent la prostatite, l'orchiépididymite et les rétrécissements urétraux. Chez la femme sont beaucoup plus fréquentes. "La complication majeure est la salpingite. Beaucoup plus souvent subaiguë ou chronique qu’aiguë, de diagnostic tardif avec à terme un risque de stérilité tubaire et de grossesse extra-utérine".

Les complications générales (septicémie subaiguë, syndrome, etc.) se rapportent essentiellement à :

  • une septicémie subaiguë à gonocoque (complication générale qui se caractérise par « une poly ou une oligoarthrite asymétrique, dans un contexte subfébrile, associée à des signes cutanés comme des pustules d’un halo érythémateux siégeant aux extrémités, dans les régions para-articulaires ») ;
  • un syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter : ce syndrome associe « une conjonctivite bilatérale, des signes articulaires (polyarthrite asymétrique aiguë ou subaiguë touchant surtout les grosses articulations et atteinte axiale, et des signes cutanéo-muqueux (balanite circinée, lésions psoriasiformes) ».

Comment se manifeste la gonorrhée chez la femme ?

Chez les femmes, les symptômes de l'infection gonococcique peuvent inclure :

  • un écoulement vaginal inhabituel (mince ou aqueux, de couleur verte ou jaune),
  • douleurs de type brûlures en urinant,
  • douleur ou sensibilité dans la région abdominale inférieure,
  • des saignements entre les règles, des règles plus abondantes et des saignements après un rapport sexuel,
  • des douleurs pendant les rapports sexuels.

Dès le moindre soupçon, et pour éviter une augmentation de la transmission, il est impératif de consulter un médecin gynécologue. Il réalisera un examen médical complet et des examens biologiques adaptés aux situations (analyse d’urine, prise de sang, prélèvement vaginal, examen direct du frottis, examen extemporané des sécrétions, immunofluorescence sur lame, tests d'amplification génomique, etc.) en cabinet ou dans un établissement de santé (hôpital, clinique).

A l’arrivée des résultats des différents tests (prélèvement de sécrétions génitales, tests d'amplification génomique, tests sérologiques, etc.), le médecin gynécologue pourra envisager un traitement adapté, notamment avec différents antibiotiques.

« Le risque de contamination après un rapport sexuel avec un partenaire infecté est de 75 à 90 %. L'infection est le plus souvent peu ou pas symptomatique. Elle se traduit par une uréthrite, une cervicite, une bartholinite, et peut donner lieu à un écoulement purulent. L'infection peut s'étendre et provoquer une salpingite (avec risque d'oblitération secondaire et de stérilité), une pelvi-péritonite. Il n'est pas rare que ces complications locorégionales soient les premières manifestations de l'infection gonococcique chez la femme. Les localisations extragénitales (pharyngées, anales et oculaires), les bactériémies, et les localisations à distance sont similaires à celles qui s'observent chez l’homme ».

Comment se manifeste la gonorrhée chez l’homme ?

Chez les hommes, les symptômes de la gonorrhée (« chaude-pisse ») peuvent inclure :

  • écoulement urétral de couleur blanche, jaune ou verte (goutte matinale),
  • douleur ou sensation de brûlure en urinant,
  • inflammation et gonflement du prépuce,
  • douleur ou sensibilité dans les testicules (qui augmentent les risques de stérilité).

La consultation auprès d’un médecin est indispensable afin de procéder à différents examens médicaux et biologiques (analyse d’urine, etc.). Un diagnostic au stade aigu pourra amener le médecin à traiter différemment chaque patient.

Enfin, comme le souligne une étude publiée en 2017 dans la revue académique Emerging Infectious Diseases, « le taux de gonorrhée est beaucoup plus élevé chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes que chez les hétérosexuels. En raison de caractéristiques comportementales uniques, les sites d'infections asymptomatiques, principalement le pharynx, sont les principaux moteurs de la prévalence de la gonorrhée chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ».

En l’absence de traitement, ou lors d’un diagnostic de gonorrhée au stade aigu, il est possible d’observer chez l'homme une prostatite, une cystite ou un rétrécissement urétral, ce qui peut mener à des difficultés et des douleurs à la miction (sensation de « lames de rasoir »).

« Le risque de contamination après un rapport sexuel avec une partenaire infectée est de 35 % en moyenne. La maladie apparaît brutalement 2 à 5 jours plus tard et se traduit le plus souvent par une affection aiguë : uréthrite avec écoulement purulent et brûlures vives à la miction (chaude-pisse). Dans moins de 5 % des cas, l'infection uréthrale est pauci ou asymptomatique. En se prolongeant, l'infection uréthrale entraîne localement une réaction scléreuse qui peut conduire au rétrécissement uréthral. L'infection peut s'étendre aux glandes uréthrales, à la prostate, aux vésicules séminales et à l'épididyme. Des bactériémies peuvent se produire, entraîner la dissémination du gonocoque dans l'organisme et être responsables de lésions cutanées (papules hémorragiques, pustules), d'arthrites, de ténosynovites (genou, cheville, poignet), etc. Les gonocoques responsables d'infections asymptomatiques sont responsables de la plupart des gonococcies disséminées. »

Peut-on contracter une infection à gonocoque sans rapport sexuel ?

La gonorrhée se transmet essentiellement par contact sexuel, y compris les relations sexuelles sans préservatif, les relations sexuelles vaginales, anales et orales (sexe oral).

Pendant les rapports sexuels, la gonorrhée est plus susceptible d'être transmise des hommes aux femmes que des femmes aux hommes. Les patients qui ont déjà été infectés par la gonorrhée peuvent être réinfectés à l'avenir.

Toutefois, l’infection peut également être transmise de la mère à l'enfant lors de l’accouchement.

Les personnes et partenaires à risques comprennent généralement :

  • celles qui ont plusieurs partenaires sexuels et des partenariats simultanés ;
  • les personnes qui n’utilisent pas de préservatifs ;
  • les personnes dont les partenaires sont infectés ou qui sont partenaires d'un sujet ayant un comportement sexuel à risque ;
  • les jeunes adultes ;
  • les hommes ayant des rapports homosexuels et homo-bisexuels ;
  • les personnes ayant des antécédents d'infections sexuellement transmissibles (IST) ou qui sont séropositives (VIH) ;
  • les travailleurs du sexe.

Comment prévenir l’augmentation de la transmission de la gonorrhée ?

Prendre certaines précautions aidera à prévenir la propagation de la gonorrhée. Il existe également des mesures préventives qui peuvent empêcher l'infection de se produire en premier lieu.

Parmi les moyens les plus fiables de prévenir la gonorrhée et éviter des complications graves, on retiendra essentiellement : l’abstinence de rapports sexuels ; l’utilisation des préservatifs pendant les rapports sexuels vaginaux, oraux ou anaux ; avoir un partenaire sexuellement monogame qui n’a pas l’infection.

L’utilisation des préservatifs est vitale de manière générale. En effet, l’utilisation des préservatifs permet de réduire un nombre considérable d’infections. Si un doute existe même avec l’utilisation des préservatifs, il est indispensable de parler à un médecin dans les meilleurs délais.

PCR et gonocoque : dépistage d’une infection souvent asymptomatique

En plus des différents tests de dépistage et des examens biologiques et médicaux (prélèvement vaginal, analyse d’urine, tests sérologiques, tests d'amplification génomique, etc.) des maladies infectieuses, le test PCR (de l’anglais Polymerase Chain Reaction ou réaction de polymérisation en chaîne) est une technique de diagnostic basée sur l'amplification enzymatique des acides nucléiques. Ce test d'amplification génomique est reconnu pour la détection des gonocoques directement à partir d'échantillons cliniques à l’aide d’écouvillon (prélèvement avec un écouvillon).

La PCR a fait l’objet de plusieurs études, et à ce jour de nombreuses techniques reposent sur cette méthode de biologie moléculaire d'amplification génique in vitro. La PCR est également utile dans un certain nombre de techniques de laboratoire, y compris la prise d'empreintes ADN, la détection de bactéries ou de virus (en particulier le VIH) et le diagnostic de troubles génétiques.

Si le test de dépistage d’un patient à l’aide d’un écouvillon est positif pour la gonorrhée, le médecin traitant peut soumettre des tests supplémentaires afin de déterminer si le patient a d'autres infections sexuellement transmissibles, car la gonorrhée est souvent diagnostiquée avec d'autres IST, comme l’infection à chlamydia trachomatis.

La recherche de chlamydia trachomatis et gonocoque par test de dépistage du type PCR permet le diagnostic d’infections sexuellement transmissibles par Chlamydia trachomatis, bactérie non cultivable en routine, et Neisseria gonorrhoeae. Des analyses complémentaires de recherche de Neisseria gonorrhoeae par culture peuvent être nécessaires si le résultat est positif par biologie moléculaire.

Parmi les modalités de prélèvement (prélèvement avec un écouvillon, prélèvement vaginal, etc.), un professionnel de la santé peut pratiquer une analyse des urines (recueillir le premier jet d’urine de préférence le matin au moins 2h après la dernière miction et sans toilette préalable) ; un prélèvement urétral à l'aide d'un écouvillon : pour réaliser prélèvement avec un écouvillon, le médecin enfonce d’au moins 1 cm un écouvillon dans l’urètre et tourne plusieurs fois l’écouvillon sur lui-même pour recueillir des cellules).

Traitement de la gonococcie : comment soigner et traiter le gonocoque (gonorrhée) ?

Seul un médecin peut diagnostiquer et/ou traiter cette infection. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un traitement probabiliste par antibiothérapie. Le traitement sera prescrit dès le rendu des résultats des différents tests (prélèvement de sécrétions génitales, prélèvement vaginal, etc.).

Généralement, la gonorrhée peut être guérie facilement avec traitement adapté surtout en cas de diagnostic de gonococcie au stade aigu. De ce fait, il est important de prendre tous les médicaments prescrits par un praticien afin de soigner la gonorrhée. Les médicaments contre la gonorrhée ne doivent être partagés avec personne.

Bien que les médicaments arrêtent l'infection, ils ne réparent pas les dommages permanents causés par la maladie, surtout lors d’un diagnostic de gonorrhée au stade tardif.

La résistance aux antimicrobiens dans la gonococcie est de plus en plus préoccupante et le succès du traitement de la gonorrhée devient de plus en plus difficile.

Si les symptômes d’un patient persistent pendant plus de quelques jours après avoir reçu le traitement, il doit impérativement retourner chez un médecin pour être réévalué. Un nouveau diagnostic biologique d’infection sera probablement proposé.

Gonocoque et traitement antibiotique

Les adultes atteints de gonorrhée doivent se faire traiter. Les patients reçoivent généralement un traitement probabiliste à base d’antibiotiques, en plus d’un diagnostic biologique d’infection grâce à différentes techniques.

Le traitement probabiliste de référence de la gonorrhée a été, pendant plusieurs années, la pénicilline G puis les fluoroquinolones en dose unique. Mais en raison de l’émergence de souches de gonocoques résistantes à ces antibiotiques, de nouvelles recommandations ont été émises dans les années 2000, plaçant les céphalosporines de troisième génération (ceftriaxone ou céfixime) en première ligne en France et dans le monde.

En raison de ces souches émergentes de Neisseria gonorrhoeae résistantes aux médicaments et de l'association fréquente à une autre IST, l'infection urogénitales-génitale à Chlamydia trachomatis, la gonorrhée non compliquée est traitée systématiquement en France par bi-thérapie. N. gonorrhoeae fait aujourd’hui partie de la liste des douze bactéries à surveiller prioritairement afin de prévenir son évolution vers une pan-résistance aux antibiotiques pouvant aboutir à une impasse thérapeutique. 

La bi-thérapie anti-gonococcique consiste en l'association d'un antibiotique de la famille des céphalosporines, la ceftriaxone (Rocephine®) en une injection unique intramusculaire de 500 mg, à un antibiotique de la famille des macrolides, l’azithromycine (Zithromax®) en une prise unique par voie orale de 1 g, préférable à la doxycycline 200 mg/jour (2 prises par voie orale pendant 7 jours). En cas de En cas de contre-indication aux bêtalactamines (céphalosporines notamment), il est recommandé en substitution à la ceftriaxone de traiter par un autre antibiotique bactéricide de la famille des aminoacides, la gentamicine en une injection unique intramusculaire de 240 mg.

Les autres mesures à prendre en sus de l'antibiothérapie sont :

  • pratiquer des sérologies (syphilis, infection à VIH, hépatite B et C)
  • vacciner contre l’hépatite B pour tout patient non immunisé
  • préconiser les rapports protégés (utilisation de préservatifs) pendant 7 jours après un traitement en dose unique ou jusqu’à la fin du traitement en plusieurs prises et jusqu’à disparition des symptômes et de façon générale, systématiquement avec tout partenaire occasionnel ou inconnu.

Le partenaire sexuel d’un patient atteint par une infection à gonocoque doit également subir des tests et un traitement contre la gonorrhée. Ceci, même s'il ne présente aucun signe ou symptôme, afin d’éviter certaines complications graves. Concernant le traitement de la gonorrhée pour les bébés nés de mères atteintes de gonorrhée qui développent l’infection, ils peuvent être aussi traités avec des antibiotiques.

De la sorte, le traitement de la gonococcie par antibiothérapie précoce et stérilisante répond à plusieurs impératifs (traiter à coup sûr l’infection, traiter une autre éventuelle infection sexuellement transmise,…).

« En pratique, deux types de traitement sont disponibles, le traitement « minute » (à dose unique) indiqué en cas d'infections aiguës, localisées, non compliquées, et le traitement standard réservé aux seules formes compliquées. Pour les autres infections à gonocoque, en l'absence de vaccin efficace, la seule prévention contre la nette augmentation (en France et dans le monde) est la maîtrise sexuelle : hygiène sexuelle et responsabilité à l'égard des partenaires, prévention mécanique (préservatifs), emploi de contraceptifs chimiques, éducation sexuelle permettant le traitement précoce des malades et de leurs partenaires, etc. »

Sources

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  6. Chapitre 5 - Les neisseria. Médecine. diversité de la Sorbonne. http://www.chups.jussieu.fr/polys/bacterio/bacterio/POLY.Chp.5.html
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  18. Dépistage et prise en charge de l’infection à Neisseria gonorrhoeae : état des lieux et propositions. HAS (Haute Autorité de Santé). 2010. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2011-03/synthese_gonocoque_vf.pdf
  19. Dépistage du VIH et des IST (prélèvement de sécrétions génitales, tests d'amplification génomique, tests sérologiques, etc.). Document réservé aux professionnels de santé - État des connaissances. 2005 - Actualisation novembre 2007 https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/inpes_829-2.pdf
  20. Test PCR à l’aide d’un écouvillon : quelles alternatives à l'écouvillon dans le nez ? France Inter. 2020. https://www.franceinter.fr/sciences/tests-pcr-quelles-alternatives-a-l-ecouvillon-dans-le-nez
  21. Infection à chlamydia trachomatis- NHS. French. 2008. Queen’s Printer and Controller of HMSO. https://www.nhs.uk/translationfrench/Documents/Chlamydia_French_FINAL.pdf
  22. Antibiothérapie probabiliste des états septiques graves. SFAR. 2015. https://sfar.org/antibiotherapie-probabiliste-des-etats-septiques-graves/
  23. Antibiotique de la famille des céphalosporines. Vidal. 2020. https://www.vidal.fr/medicaments/gammes/ceftriaxone-mylan-42091.html#34836
  24. Antibiotique de la famille des macrolides. Vidal. 2020. https://www.vidal.fr/medicaments/gammes/zithromax-11574.html#39757
  25. Le traitement de la salpingite (salpingites gonococciques). salpingite avec risque chez les femmes et chez les hommes. Ameli. Assurance Maladie. 2020. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/salpingite/traitement
  26. Diagnostic biologique d'infection. Cours de Bactériologie Générale. http://www.microbes-edu.org/etudiant/diag1.html#:~:text=Le%20diagnostic%20bact%C3%A9riologique%20est%20un,%C3%A9tiologie%20infectieuse%20d'origine%20bact%C3%A9rienne.
  27. Estimations nationales et régionales du nombre de diagnostics d'infections à Chlamydia et à gonocoque en France en 2016. https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/infections-sexuellement-transmissibles/chlamydiae/documents/rapport-synthese/estimations-nationales-et-regionales-du-nombre-de-diagnostics-d-infections-a-chlamydia-et-a-gonocoque-en-france-en-2016
  28. Les milieux de culture en bactériologie. http://www.dmipfmv.ulg.ac.be/bacvet/m/cours3VMB/TP/milieux.doc
  29. Les milieux de culture, https://biotechnologies.enseigne.ac-lyon.fr/spip/IMG/pdf/traam_milieux.pdf

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