TSH ultra-sensible basse, haute ou normale : prise de sang et résultat d’analyses

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Examen médicale de la TSH (régulateur de la glande thyroïde)

Un test TSH est utilisé pour déterminer le fonctionnement de la thyroïde. TSH, qui signifie « thyréostimuline » et aussi le nom du test - technique de dosage en chimie analytique - qui mesure la quantité de cette hormone dans le sang. La TSH est produite par l’hypophyse (glande endocrine) du cerveau, et indique à la glande thyroïde de fabriquer et de libérer les hormones thyroïdiennes dans le sang.

Provenant de l’anglais « thyroid-stimulating hormone », en médecine, le sigle TSH est aussi connu en français sous le nom « thyréostimuline », ou « thyréotrophine ».

TSH est une hormone qui est sécrétée par l’antéhypophyse, ou adénohypophyse, qui correspond au lobe antérieur de l’hypophyse et fait partie du système endocrinien [1]. Son rôle primordial est de stimuler la thyroïde dans sa fonction de sécrétion d'hormones thyroïdiennes T3 et T4.

Cette hormone hypophysaire [2] active et contrôle la production des deux hormones thyroïdiennes triiodothyronine (T3) et thyroxine (T4) en lien avec la stimulation du métabolisme de presque tous les tissus du corps humain.

Produite par les cellules thyrotropes de l'hypophyse antérieure, qui régule la fonction endocrinienne de la thyroïde, cette hormone glycoprotéique (c'est-à-dire la substance formée d'une protéine liée à un glucide) - la TSH - a été découverte en 1916 par deux chercheurs américains, Bennett M. Allen et Philip E. Smith [3]. Leur trouvaille a révélé que l'hypophyse contenait une substance thyrotrope.

Les thyrotropes sont des cellules endocrines de l'hypophyse antérieure qui produisent la TSH en réponse à l'hormone de libération de la thyrotropine (TRH).

Depuis, cette découverte a ouvert la voie vers de nombreuses études et a conduit à une série de publications scientifiques tentant d'établir la priorité pour trouver des preuves d'un facteur thyréotrope [4] dans l'hypophyse antérieure.

Aujourd’hui, grâce à des décennies de travail réalisé par d'autres chercheurs et le développement de techniques biochimiques sophistiquées, la médecine a une meilleure compréhension de ce fonctionnement.

Ces avancées permettent une lecture plus précise et de nouvelles approches dans les traitements et la prévention de certaines maladies et autres troubles hormonaux.

Valeurs normales : quel est le taux normal de la TSH ultra-sensible ?

Un test de TSH est effectué pour savoir si la glande thyroïde fonctionne comme elle le devrait. La lecture du résultat de ce test permet de savoir si la glande thyroïde est en hyperactivité (hyperthyroïdie) ou en sous-activité (hypothyroïdie). De plus, ce test de TSH peut également détecter un trouble thyroïdien avant que des symptômes n’apparaissent.

Rappelons que, s’il n'est pas traité, un trouble thyroïdien peut entraîner des problèmes de santé.

Parmi les maladies associées aux troubles thyroïdiens on remarque en particulier :

  • Le goitre se caractérise par l’augmentation du volume de la glande thyroïde (dont le rôle est de réguler l’organisme). Le goitre peut avoir pour cause différentes pathologies comme la maladie de Basedow, la thyroïdite, une carence en iode, certains médicaments (amiodarone, interféron alpha, lithium, etc.), et des facteurs héréditaires.
  • Les nodules thyroïdiens [5] (cancéreux ou non cancéreux), qui peuvent avoir pour cause des tumeurs bénignes (kystes liquides, adénomes), des tumeurs cancéreuses (cancer papillaire, cancer folliculaire).
  • L’hyperthyroïdie, qui correspond à une thyroïde trop active et donc une surproduction d’hormones dont le corps n’a pas besoin. L’hyperthyroïdie peut aussi résulter de la maladie de Graves Basedow ou de nodules thyroïdiens.
  • L’hypothyroïdie, qui correspond à une insuffisance d’activité de la thyroïde et à un niveau d'hormones est faible. Provoquée par deux causes principales (causes auto-immunes et iatrogènes), l’hypothyroïdie peut aussi dans des cas plus rares, être causée lorsqu’il y a une insuffisance thyroïdienne congénitale, un effet secondaire de certains traitements médicamenteux, ou une complication d’une infection virale.

Parmi les facteurs qui peuvent augmenter le risque de développer un trouble de la thyroïde on note principalement : le sexe (les femmes jusqu’à 20 fois plus de risque de développer une pathologie de la thyroïde que les hommes), l’âge, des antécédents familiaux de troubles de la thyroïde, le tabagisme, la consommation d’iode, et certains médicaments.

Soulignons qu’un test TSH n'explique pas pourquoi les niveaux de TSH sont trop élevés ou trop bas. Ceci mène généralement un professionnel de la santé à envisager différents types d’examens selon les patients.

TSH à jeun

Ce test, le dosage de la TSH, peut être effectué à tout moment de la journée. Aucune préparation n'est nécessaire, ni aucun jeûne spécifique.

Lors du test, un patient ne devrait généralement ressentir aucune douleur au-delà d'une petite piqûre de l'aiguille dans le bras, et avoir au pire de légères ecchymoses.

En général, il n'est pas nécessaire pour un patient d'arrêter de prendre ses médicaments avant de faire contrôler le taux de TSH.

Cependant, il est important d'informer le médecin des médicaments qui sont utilisés car certains médicaments peuvent affecter la fonction thyroïdienne.

Taux de TSH ultra sensible basse

De faibles niveaux de TSH peuvent signifier que votre thyroïde fabrique trop d'hormones, une condition appelée hyperthyroïdie.

En effet, si la glande thyroïde sécrète des niveaux d'hormones trop élevés, l'hypophyse produit moins de TSH.

Les symptômes de l'hyperthyroïdie comprennent notamment un rythme cardiaque irrégulier ou rapide.

Taux de TSH ultra sensible élevé

Des niveaux élevés de TSH peuvent signifier que la glande thyroïde ne produit pas suffisamment d'hormones thyroïdiennes, une condition appelée hypothyroïdie.

En général, un médecin peut rechercher une thyroïde sous active si un patient se sent de plus en plus fatigué, la peau sèche, de la constipation et une prise de poids, ou si un patient a déjà eu des problèmes de thyroïde ou un goitre.

Hyperthyroïdie : quel est le taux de TSH pour une hypothyroïdie ?

La recherche actuelle précise qu’une plage normale de TSH dans la plupart des laboratoires est de 0,4 milli-unités par litre (mU/L) à 4,0 mU/L. Si le taux de TSH est supérieur à 4,0 mU/L lors des tests répétés, un patient est probablement atteint d'hypothyroïdie.

Dans ce cas, le médecin peut également prescrire à son patient un test T4 (thyroxine) [6]. La majeure partie du T4 dans le sang se fixe à une protéine et, lorsqu'elle le fait, elle ne peut pas pénétrer dans les cellules.

Le test mesure la petite fraction de T4 (thyroxine) dans le sang (moins de 1 %) qui n'est pas lié à des protéines. Un taux de T4 libre abaissé combiné avec un taux de TSH élevé indique un sous fonctionnement de la glande thyroïde (hypothyroïdie primaire [7]).

TSH ultra sensible et grossesse

Des changements thyroïdiens peuvent survenir pendant la grossesse. Ces changements ne sont généralement pas significatifs, mais certaines femmes peuvent développer une maladie thyroïdienne pendant la grossesse.

L'hyperthyroïdie survient dans environ 1 grossesse sur 500, tandis que l'hypothyroïdie survient dans environ 1 grossesse sur 250. L'hyperthyroïdie, et moins souvent l'hypothyroïdie, peuvent persister après la grossesse.

Si une patiente a une maladie thyroïdienne pendant la grossesse, le médecin surveillera l’état de santé après la naissance du bébé et émettra des recommandations.

Si une patiente, qui est enceinte ou qui envisage de le devenir, a des antécédents de maladie thyroïdienne, elle doit impérativement en parler à son médecin pour que les différentes recommandations soient adaptées.

Sources

  1. Revue générale du système endocrinien. Par John E. Morley , MB, BCh, Saint Louis University School of Medicine. 2019, https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-endocriniens-et-m%C3%A9taboliques/principes-endocrinologie/revue-g%C3%A9n%C3%A9rale-du-syst%C3%A8me-endocrinien
  2. Hypersécrétion hormonale hypophysaire, AP-HM, http://fr.ap-hm.fr/site/defhy/le-centre/les-pathologies/hypersecretion-hormonale-hypophysaire
  3. Magner J. Historical note: many steps led to the 'discovery' of thyroid-stimulating hormone. Eur Thyroid J. 2014 Jun;3(2):95-100. doi: 10.1159/000360534. Epub 2014 Mar 13. PMID: 25114872; PMCID: PMC4109514., https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25114872/
  4. Hormone thyréotrope, Thyroid-stimulating hormone. EMC - Endocrinologie. Volume 2, Issue 3, September 2005, Pages 140-147, https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1762565305000109
  5. Nodule thyroïdien : définition, symptômes et facteurs favorisants, https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/nodule-thyroidien/definition-symptomes-facteurs-favorisants
  6. T4 (thyroxine) Test, https://www.uclahealth.org/endocrine-center/t4-thyroxine-test
  7. Hypothyroïdie (Myxœdème). Par Jerome M. Hershman , MD, MS, David Geffen School of Medicine at UCLA. 2019, https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-endocriniens-et-m%C3%A9taboliques/troubles-thyro%C3%AFdiens/hypothyro%C3%AFdie
  8. Actualités Obsétrique, https://www.le-guide-sante.org/actualites/obstetrique

Le guide des hôpitaux et cliniques de France.

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