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GATA2 : une prédisposition génétique à la leucémie ?

GATA2 : une prédisposition génétique à la leucémie ?

Un nouveau défaut génétique qui prédispose les gens à la leucémie myéloïde aiguë et au syndrome myélodysplasique a été découvert. Les mutations se situeraient dans le gène GATA2. Parmi ses nombreuses fonctions de régulation, le gène agit comme un contrôle maître pendant la transition des cellules souches hématopoïétiques (CSH) dans les globules blancs.

Les chercheurs ont commencé par étudier quatre familles indépendantes qui, au fil des générations, ont eu plusieurs parents atteints de leucémie myéloïde aiguë, un type de cancer du sang. L’apparition de la maladie est survenue de l'adolescence au début de la quarantaine.

Communiqué le 4 septembre dans la revue Nature Genetics   les résultats proviennent d'une collaboration internationale de scientifiques et de la participation des familles en provenance d'Australie, du Canada et des États-Unis. L’étude est le fruit de la collaboration entre le Dr Hamish Scott et le Dr Richard J. D'Andrea (Centre for Cancer Biology) de l’Université de l'Australie, à Adélaïde, et le Dr Marshall Horwitz, de l’Université de Washington (USA).

A la recherche d'une raison génétique

La mutation génétique a été découverte chez un patient du centre de Washington. Le participant à la recherche a été traité avec succès pour une leucémie en 1992 grâce à une greffe de moelle osseuse. A cette époque, le Dr Marshall Horwitz a décidé de chercher une raison génétique possible après avoir appris que son patient avait plusieurs membres de sa famille atteints du syndrome myélodysplasique (SMD ou MDS), de leucémie myéloïde.

Le syndrome myélodysplasique est une difficulté à produire certains types de cellules sanguines. Le problème provient de la moelle osseuse avec un déclin dans le nombre et la qualité des cellules hématopoïétiques. Les patients ont souvent une anémie sévère et ont besoin de transfusions sanguines fréquentes. La maladie s'aggrave généralement due à une insuffisance de moelle osseuse et une numération globulaire basse. Environ un tiers des personnes ayant le syndrome développent par la suite une leucémie myéloïde aiguë, dans laquelle les globules blancs anormaux s'accumulent dans la moelle osseuse et interfèrent avec la production normale du sang.

L’équipe australienne de ces travaux a décrit une famille avec une maladie du sang identique. Dix-huit ans plus tard, après avoir fouiller dans de nombreux gènes des candidats, les chercheurs des deux continents ont été soulagés d'avoir enfin posés le doigt sur le gène mutant et responsable de la leucémie qui affecte ces familles. Ils ont continué à identifier les gènes anormaux dans plus de 20 familles et individus.

Dans certaines familles, avec une mutation du gène GATA2, le souci primordial a été la leucémie, tandis que d'autres souffrent d'infections bactériennes dangereuses, de virus et de champignons en raison d'un manque de globules blancs pour combattre les microbes.

Publication parallèle sur le gène GATA2

Publié parallèlement dans le même numéro de Nature Genetics, l’article d’un groupe de chercheurs de Londres signale avoir trouvé des mutations similaires du gène GATA2 chez les patients leucémiques avec le lymphoedème (gonflement d’une ou plusieurs parties du corps). Le résultat des travaux en cours à Seattle (Etats-Unis) et à Adélaïde (Australie) a identifié un syndrome congénital associé à un retard de développement et un risque de myélodysplasie. Ce syndrome résulte d'une perte chromosomique du gène GATA2. Des mutations de GATA2 comparables ont également été trouvés chez des patients sans source héréditaire de leucémie. Les scientifiques essaient de comprendre pourquoi des mutations du gène GATA2, apparemment similaires, cause des problèmes de santé variés.

« Bien que plusieurs gènes ont été découverts et liés, les tumeurs malignes comme le cancer du sein dans les familles sensibles à ces types de cancer ont jusqu'à présent très peu de mutations héréditaires comme l’ont été découvertes pour les cancers du sang » a déclaré Horwitz.

Bien plus fréquentes que l’on ne pense, les erreurs génétiques posent un questionnement certain chez les scientifiques, qui essaient de comprendre pourquoi les mutations du gène GATA2 sont responsables de ces différents problèmes de santé associés. Pour l’heure, et point positif, la découverte des scientifiques risque de leur permettre de développer un nouveau test génétique dans le cadre de la détection précoce des personnes à risque en raison d'antécédents familiaux.

Sources

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