A propos de la prostate et de quelques gestes préventifs

A propos de la prostate et de quelques gestes préventifs

Représentant plus de 70 000 nouveaux cas estimés chaque année en France (source HAS, juin 2010), le Cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Exceptionnel avant l’âge de 50 ans et avec un âge moyen au moment du diagnostic de 70 ans (85 % des cas sont diagnostiqués chez l'homme de plus de 60 ans), il n’est pas inutile de prendre soin de soi et de s’informer au plus tôt, afin de mieux s’orienter en cas de doute.

Evolution naturelle lors du vieillissant, de nombreux hommes ont une grosse prostate à partir de 50 ans. Bien qu’il n’existe pas de corrélation avérée entre le volume de la glande prostatique et les gênes pouvant être occasionnées, il se peut que des hommes ne ressentent aucun trouble même avec une grosse prostate. Ceci doit donc sensibiliser les hommes à avoir un comportement préventif avant le processus de vieillissement et dès le moindre doute (trouble urinaire, brûlures lors de la miction, facteur à risque, antécédents familiaux…), en prenant rendez-vous avec son médecin généraliste.

A propos du dépistage organisé du cancer de la prostate

Le dépistage organisé du cancer de la prostate n’existe pas, et n’est pas recommandé par les autorités sanitaires (HAS, Institut National du Cancer, OMS, Collège de Médecine Générale, Formindep…). Sans s’alarmer inutilement, il reviendra à chacun de s’informer auprès de son médecin traitant si un doute subsiste.

Controversée ou perçue comme tendancieuse sur sa campagne par certains, la 7ème Journée Nationale de la Prostate aura lieu le 15 septembre 2011. Cette Journée se donne pour objectif de « dresser le bilan des dernières avancées médicales et chirurgicales » et l’Association Française d’Urologie (Afu) a choisi cette année d’insister sur la prise en charge, sur mesure, du cancer de la prostate. « Surveillance active, traitements médicaux ou chirurgicaux, le choix de la stratégie thérapeutique à mettre en œuvre est réalisé en tenant compte des caractéristiques du patient et de la tumeur, par une équipe pluridisciplinaire en relation avec le patient. ».

Devenu le cancer le plus fréquent, ainsi que la deuxième cause de mortalité chez l’homme, après celui du cancer du poumon, l’Afu n’émet aucun doute sur le fait qu’il soit primordial de proposer de façon systématique un toucher rectal (TR) et un dosage de Psa* (Prostate Specific Antigen ou antigène prostatique spécifique) dès 50 ans.  En étant proposé « à tous les hommes de 50 à 75 ans qui le souhaitent une fois par an », signale le Pr Thierry Lebret, son secrétaire général. Cet avis de l’Afu n’est pas celui de tous les spécialistes, et d’ailleurs la Haute Autorité de santé (HAS), n’y voit pas le dépistage systématique et organisé justifié.

Un article de la revue Progrès en Urologie signale que « depuis que l’on dépiste le cancer de la prostate, le nombre de diagnostics a triplé, mais la mortalité est inchangée » (Prog Urol, 2003, 13, 6, 1334-1339).  Aussi, « l’efficacité d’un programme de dépistage de masse est démontrée pour le cancer du col de l’utérus, du côlon et du rectum, et du sein, mais "pour le cancer de la prostate, les études sont en cours, l’efficacité du dépistage n’est donc pas établie à ce jour », selon le Dr Hill épidémiologiste à l’Institut Gustave Roussy (IGR) à Villejuif et d’autres épidémiologistes de l’IGR (source AFP, 2007).

Une étonnante découverte

Publié dans la revue European Urology en janvier 2011, un article sur les travaux de l’urologue et oncologue Olivier Cussenot de l’hôpital Tenon (APHP), signale qu'il a été à l’origine d’une lueur d’espoir qui semblerait pouvoir modifier les habitudes de dépistage du cancer de la prostate. En association avec l’Armée française, « Olivier Cussenot a pris le pari de faire former un chien à reconnaître des échantillons d’urine provenant de malades du cancer de la prostate, comme certains chiens détecteraient un sac rempli de drogue. Aspirant, le berger malinois en question, a réussi sa mission avec brio. Sur 66 patients, dont 33 malades, Aspirant en a détecté 30, soit 91 % de réussite, selon l’article paru dans la revue European Urology ».

Petit rappel : La prostate (glande prostatique) c’est quoi ?

La prostate  est un sujet sensible pour l’homme vieillissant. Glande de l'appareil reproducteur masculin, la prostate participe directement à la production du liquide séminal (de 10 à 20%, et le reste est produit par les vésicules séminales). Située sous la vessie au carrefour des voies génitales et urinaires et en avant du rectum, la prostate (ou glande prostatique) entoure l'urètre.

Equivalent des glandes de Skene chez la femme, la prostate peut-être le siège de plusieurs infections, tumeurs ou inflammations (Prostatites aiguës  bactériennes, Prostatites granulomateuses, Hyperlasie nodulaire…), et en particulier l’Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP ou Adénome de la prostate) et le Cancer de la prostate (qui correspond au développement de cellules cancéreuses dans la glande prostatique).

Ayant une anatomie proche d’une "châtaigne", la glande prostatique a un volume normal d'environ 20 cm3 et est constituée de 4 zones glandulaires :

  1. Zone périphérique (ZP), qui est la partie postérieure de la prostate, accessible par un toucher rectal lors d’un examen, et serait la zone où se développe les trois quarts des cancers prostatiques ;
  2. Zone centrale (ZC), cette zone forme la base de la glande prostatique, reliée aux vésicules séminales et recevant l’assemblage des canaux déférents (canaux éjaculateurs ou conduits éjaculateurs) ;
  3. Zone de transition (ZT), qui est située autour de l'urètre et ayant tendance à augmenter avec l'âge (aux alentours de 50 à 60 ans). Cette zone forme l'hyperplasie bénigne de la prostate (ou adénome). Il se peut qu’elle comprime alors l'urètre et entraîner des troubles urinaires comme la dysurie, ou la pollakiurie (fréquence excessive des mictions) ;
  4. Zone des glandes péri-urèthrales (GPU), qui donne naissance au lobe médian.

Quelques gestes préventifs

Écoutez votre corps

Si vous remarquez des changements inattendus dans votre état de santé, faite preuve de diligence pour y répondre. Un changement dans la fréquence, l'urgence et la pression lors de la miction, des mictions douloureuses ou la présence de sang dans les urines sont des signes d'avertissement. L’éjaculation douloureuse, du sang dans le sperme et un dysfonctionnement érectile, ainsi que des douleurs osseuses ou encore l’inconfort pelvien sont aussi des signes d'avertissement supplémentaire.

Alimentation & Facteurs environnementaux

Mangez des repas sains et équilibrés riches en fruits, légumes et céréales à grains entiers. Certaines études montrent que manger des aliments riches en oméga-3, les acides gras (comme le saumon et le maquereau), les produits à base de soja, les légumineuses, boire du thé vert et de surveiller la vitamine D dans votre alimentation peut réduire le risque de cancer. Une alimentation variée, modérée, et colorée sera donc un atout. Des études montrent que l'abus d'alcool régulier augmente le risque de cancer, comme le tabagisme, la sédentarité, ou l’exposition au soleil, qui jouent également un rôle important.

Maintenir son poids idéal

Un corps sain a les atouts pour combattre la maladie, et quand bien même aucun lien direct n’a été établie entre l'obésité et le cancer de la prostate, l'obésité peut affecter les niveaux d'hormones liées au risque de cancer de la prostate et ainsi augmenter les risques.

Exercice : le bien-être à portée de main

On le sait, l’exercice régulier permet à notre corps de rester sain et en forme, mais aussi d’évacuer le stress d’une vie professionnelle ou familiale intense. Avec par exemple au moins 30 minutes d'exercice de trois à sept fois par semaine (et aussi en fonction des capacités), chacun peut augmenter son capital bien-être.

Sources

*Définition | PSA (antigène prostatique spécifique) : Abréviation de l’anglais prostatic specific antigen. Le PSA est une substance libérée dans le sang par la prostate. Une prise de sang permet de déterminer sa concentration qui se mesure en nanogrammes par millilitre (ng/ml). Plusieurs facteurs peuvent conduire à une augmentation du PSA comme l’âge, une infection de la prostate ou la présence de cellules cancéreuses par exemple. (source e-cancer/HAS)


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