Pyromanie : causes, symptômes et traitement

Temps de lecture
5 min

La piromanie est un trouble du contrôle des impulsions qui se caractérise par l’allumage d’incendies et l’attrait pour le feu. Le patient, appelé pyromane, ressent une détente et un plaisir après le démarrage de l’incendie ou en voyant ses conséquences.

Il ne faut pas confondre avec un incendiaire, qui déclenche des incendies de manière préméditée afin d’obtenir un avantage personnel, financier ou politique. Les pyromanes ne savent pas résister à l’envie d’allumer un incendie et ils le font sans motivation concrète.

Cependant, leurs capacités cérébrales et leur faculté de planification restent fonctionnelles. De plus, ces comportements peuvent parfois être le signe d’une psychopathologie sous-jacente, souvent liée à des comportements agressifs.

Causes de la pyromanie

Comme pour d’autres troubles mentaux, la pyromanie n’a pas de cause unique et précise. Toutefois, on pense qu’elle prend racine dans des facteurs génétiques et environnementaux. Cela peut comprendre le tempérament individuel, la psychopathologie parentale et les prédispositions neurochimiques.

Sur le plan psychologique, on estime qu’elle peut résulter d’un fort besoin de sensations, associé à une recherche de pouvoir et d’attention. Cela, à son tour, dérive d’un manque de contact social et d’une faible habileté à créer ou entretenir des relations sociales.

Par ailleurs, provoquer des incendies serait la manière dont l’individu manifeste des sentiments profonds face à un sentiment d’infériorité. De même, des expériences traumatisantes comme des abus sexuels et des épisodes de violence dans l’enfance entretiennent une relation.

D’un point de vue neurobiologique, on l’associe à de faibles niveaux de sérotonine dans le cerveau. Comme c’est le cas pour d’autres troubles de l’impulsion, le pyromane présente des dérèglements dans la sécrétion de dopamine et de noradrénaline.

Les antécédents de maltraitance infantile sont souvent présents.

Découvrez : Dopamine : tout ce que vous devez savoir

Facteurs de risque

La pyromanie peut toucher n’importe qui, mais elle est plus fréquente chez les hommes. Elle peut apparaître à tout âge, y compris dès la première enfance. En plus des causes évoquées, d’autres facteurs de risque incluent :

  • Antécédents familiaux de pyromanie ou de troubles du contrôle des impulsions.
  • Abus de substances.
  • Troubles d’apprentissage.
  • Manque de compétences sociales.
  • Comportements antisociaux.
  • Mauvaise supervision par les parents.
  • Événements traumatiques ou stressants.
  • Pression de groupe (amis qui fument ou jouent avec le feu).

Symptômes de la pyromanie

Contrairement aux personnes qui déclenchent des incendies intentionnellement, le pyromane agit pour éprouver l’euphorie ou l’excitation que le feu procure. Ses comportements peuvent commencer dans l’enfance et devenir chroniques ou épisodiques à l’âge adulte. Les symptômes incluent :

  • Idées suicidaires.
  • Conflits interpersonnels.
  • Sentiments de colère ou de tristesse.
  • Difficultés à faire face au stress.
  • Fascination pour le feu et tout ce qui s’y rapporte.
  • Tension émotionnelle avant d’allumer un incendie.
  • Sensation d’apaisement après l’incendie.
  • Désir de participer comme bénévole pour éteindre des incendies.
  • Sensation de bien-être en observant les dégâts causés par le feu.
  • Provocation récurrente d’incendies intentionnels pour le plaisir ou la gratification.

Diagnostic

Pour établir un diagnostic de pyromanie, le professionnel de la santé mentale prend en compte les critères du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) publié par l’American Psychiatric Association (en anglais, American Psychiatric Association).

Dans ce cadre, la pyromanie se situe parmi les troubles destructifs, du contrôle des impulsions et de la conduite. Pour confirmer le diagnostic, on prend en compte :

  • Le nombre d’incendies provoqués par le patient, ainsi que leur récurrence et les conduites associées.
  • La fascination ressentie par l’individu pour le feu.
  • Les sentiments de tension ou d’activation émotionnelle avant l’incendie.
  • Le soulagement, le plaisir ou la satisfaction après la mise à feu.

Vous pourriez aussi être intéressé(e) : Les meilleures techniques d’autocontrôle

Traitement de la pyromanie

La piromanía requiere tratamiento.
La thérapie mentale est très efficace.

Le traitement de la pyromanie repose sur une thérapie de modification des comportements, aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte. Son objectif est de favoriser le contrôle des impulsions et l’autocontrôle via un système de récompense et de punition. Les conduites souhaitées se renforcent par des réponses positives.

Ce type de psychothérapie intègre également des techniques de résolution de conflits, d’auto-détection du niveau de tension et des exercices de respiration. Toutefois, il est important de travailler l’autonomisation du patient, car celui-ci doit renforcer son estime de soi et son image de soi.

Il faut garder à l’esprit que le pyromane ne cherche pas généralement un traitement de sa propre volonté, mais y parvient soit par une injonction judiciaire, soit motivé par un proche. La plupart du temps, il ne ressent pas de remords pour ses actes, bien qu’il soit conscient des conséquences.

Dans certains cas, le professionnel peut recommander la combinaison d’une thérapie psychologique et de médicaments qui aident à traiter le manque de contrôle des impulsions.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

Laisser un commentaire

Le guide des hôpitaux et cliniques de France.

Recherchez parmi les 1335 établissements