Mojito à la plage : pourquoi vous devriez y réfléchir à deux fois

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Tu plantes ton parasol, tu t’allonges sur la serviette, tu tends les jambes, la brise de la mer te caresse, le bruit des vagues te détend, tu acceptes le mojito qu’on t’offre… la vie est merveilleuse. Attends un instant, quelque chose dans la scène présentée cloche. Et non, ce n’est pas le parasol, mais le mojito. Car s’il vient d’un chiringuito, d’accord ; mais si c’est un vendeur ambulant qui te le met dans la main, il vaudrait peut-être mieux faire attention.

En réalité, dans ces cas-là, les autorités sanitaires déconseillent d’acheter des mojitos ou d’autres boissons en raison des risques pour la santé que leur consommation peut comporter. Andrés Jiménez Sánchez, porte-parole du domaine Nutrition de la Société Espagnole d’Endocrinologie et de Nutrition (SEEN), évoque trois vecteurs critiques de contamination :

  • Manipulation de la glace. La glace manipulée sans gants ou avec des mains qui ne sont pas correctement hygiénisées, et stockée dans des glacières portables pendant des heures, constitue un vecteur critique de contamination croisée. Cette pratique facilite la présence de pathogènes tels que Escherichia coliSalmonella et divers entérovirus. « Il est important de comprendre que, même si les basses températures de la glace ralentissent le métabolisme bactérien, elles n’inactivent ni n’éliminent la charge pathogène, ce qui permet la persistance et la prolifération ultérieure de ces microorganismes une fois que la glace commence à fondre dans la boisson », souligne l’expert.
     
  • Hygiène insuffisante des ingrédients frais. Les feuilles de menthe et la peau des citrons verts présentent des irrégularités superficielles et des microfissures qui servent de niches pour la colonisation microbienne et la formation de biofilms. L’absence de protocoles de lavage standardisés avec de l’eau potable de qualité empêche l’élimination efficace des agents pathogènes. 
     
  • Surchauffe favorisant la croissance bactérienne dans les sirops et jus. Selon Jiménez, un refroidissement inadéquat de ces boissons facilite la croissance des bactéries, car les températures élevées et la composition des mélanges agissent comme des milieux propices à la propagation des agents pathogènes. 

Conseils pour profiter d’un mojito en été

(Photo: Freepik)

Avant tout, l’endocrinologue avertit que le mojito est une boisson alcoolisée et, par conséquent, même achetée avec toutes les garanties sanitaires, l’alcool demeure une raison suffisante pour ne pas la consommer. À propos, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) classe l’éthanol comme une substance carcinogène du Groupe 1 (le plus élevé en matière de évidence épidémiologique) et, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il n’existe pas de niveau de consommation d’alcool, même minime, qui puisse être considéré comme entièrement sûr. Par conséquent, « quelques feuilles de menthe et quelques milligrammes de vitamine C dans le citron vert n’effacent pas les dommages causés par l’alcool à l’organisme », souligne le spécialiste. 

Ainsi, Jiménez insiste sur le fait que les modifications suivantes atténuent partiellement, mais ne résolvent pas, certains des problèmes du mojito :

  • Le consommer exclusivement dans des chiringuitos ou établissements de restauration dûment enregistrés qui disposent d’un registre sanitaire, d’eau courante et de machines à glaçons industrielles correctement entretenues, afin d’assurer la salubrité de la boisson. 
     
  • Demander explicitement au serveur de diminuer la quantité de sucre, ou d’utiliser un édulcorant à la place, afin de réduire la charge glycémique.  
     
  • Le boire accompagné d’aliments riches en graisses saines ou en protéines (amandes, olives, lupins) pour retarder la vidange gastrique, aplanissant la courbe d’absorption de l’alcool et le pic de glycémie. 
     
  • Alterner la consommation de cette boisson avec de l’eau, atténuant la déshydratation due à l’inhibition de l’hormone antidiurétique provoquée par la consommation d’éthanol. 
     

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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