Démence

Temps de lecture
10 min

Qu’est-ce que c’est

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit la démence comme « un syndrome — généralement de nature chronique ou progressive — caractérisé par une détérioration des fonctions cognitives (c’est‑à‑dire la capacité de traiter la pensée) allant au‑delà de ce qui pourrait être considéré comme une conséquence du vieillissement normal. Elle affecte la mémoire, la pensée, l’orientation, la compréhension, le calcul, la capacité d’apprentissage, le langage et le jugement.

Le terme démence sénile est aujourd’hui considéré comme inexact, car cette maladie peut toucher des personnes de tout âge.

La maladie d’Alzheimer représente entre 60 et 80 % des cas de démence.

Prévalence et incidence

La démence touche dans le monde environ 50 millions de personnes et on estime qu’environ 10 millions de nouveaux cas sont enregistrés chaque année. Il a été calculé que si la prévalence actuelle de démence restait constante, en 2050, environ 130 millions de personnes seraient atteintes.

Causes

De manière générale, la démence survient habituellement après 60 ans. Par conséquent, le vieillissement constitue l’un des facteurs de risque les plus significatifs. Elle est causée par des dommages ou une perte de cellules nerveuses et de leurs connexions dans le cerveau. En fonction de la zone cérébrale affectée, l’impact peut varier.

Elle peut résulter de diverses maladies et lésions qui affectent le cerveau de manière primaire ou secondaire. Parmi les primaires, la plus fréquente est la maladie d’Alzheimer, suivie de la démence à corps de Lewy et de la démence frontotemporale.

Les démences secondaires sont, selon Ángel Martín, membre du Groupe d’Étude sur le Comportement et les Démences de la Société Espagnole de Neurologie (SEN), « celles qui se produisent comme conséquence d’une autre circonstance ou d’une autre maladie, étant la démence vasculaire la plus fréquente, bien que l’on rencontre aussi d’autres formes telles que démences infectieuses, post-traumatiques, métaboliques, auto-immunes… ».

Symptômes

Les symptômes de la démence couvrent de nombreux aspects des fonctions mentales du patient. De manière générale, le comportement émotionnel ou la personnalité, le langage, la mémoire, la perception et la pensée ou le jugement peuvent être affectés.

Aux stades précoces de la maladie, la personne présente un déclin cognitif léger (DCL) qui inclut des difficultés à réaliser plusieurs tâches en même temps, à résoudre des problèmes ou à prendre des décisions.

De plus, le souvenir d’événements ou de conversations récentes peut être entravé et l’agilité mentale peut diminuer.

À mesure que le trouble s’aggrave, les symptômes s’aggravent encore et peuvent aussi apparaître :

  • Perte des compétences sociales et changements de personnalité, ce qui mène à des comportements inappropriés en public et, parfois, à de l’agressivité.
     
  • Problèmes de communication, car le patient éprouve des difficultés à se rappeler le nom d’objets familiers. À cela s’ajoute la perte du sens de l’orientation, ce qui peut amener la personne à se perdre fréquemment et à ne pas retrouver des objets.
     
  • Augmentation de la difficulté à mémoriser ou à effectuer des activités nécessitant une réflexion.
     
  • Le patient perd son sens du jugement et est incapable de déterminer le danger de ses actions.
     
  • Des modifications du cycle de sommeil apparaissent, ce qui augmente le risque de dénumération d’hallucinations, de délires et il est possible que ce tableau symptômatique conduise à la dépression.

Dans les cas les plus graves, les patients atteints de démence ne sont plus capables d’effectuer des activités de base, telles que manger, se laver ou s’habiller. Il se peut qu’ils ne parviennent pas à reconnaître leurs proches ou à comprendre le langage.

La edad avanzada constitue l’un des facteurs de risque les plus significatifs.

Prévention

La plupart des maladies neurodégénératives ne disposent pas de mesures préventives concrètes. « Actuellement, la majorité des études préventives réalisées indiquent que la meilleure stratégie pour retarder le développement d’une démence dégénérative consiste à agir sur les éléments modifiables, tels que les facteurs de risque vasculaire (hypertension, diabète sucré, hypercholestérolémie, tabagisme, obésité…) », souligne Martín.

On a également observé un bénéfice significatif dans le retard du début des symptômes, « en favorisant l’activité physique et cognitive à des âges moyens de la vie ».

Types

Bien qu’il existe de nombreuses classifications des démences, la forme la plus courante de les diviser est en démences dégénératives primaires et démences secondaires.

Démences dégénératives primaries

  • Maladie d’Alzheimer. Elle est la principale cause de démence. Chaque année, 40 000 nouveaux cas sont diagnostiqués en Espagne.
     
  • Démence à corps de Lewy. Elle se caractérise par l’accumulation d’une protéine dans certaines zones du cerveau, formant des plaques (corps de Lewy) très similaires à celles observées dans la maladie d’Alzheimer. Il est très difficile de la diagnostiquer.
     
  • Démence frontotemporale. Groupe de maladies caractérisées par la dégénérescence des cellules nerveuses et de leurs connexions dans les lobes frontal et temporal du cerveau. Elle affecte principalement le comportement et le langage.

Démences secondaires

  • Démence vasculaire. C’est le deuxième type le plus fréquent de démence. Elle survient par l’obstruction des vaisseaux sanguins ou des lésions provoquant des infarctus ou des hémorragies cérébrales.
     
  • Démences provoquées par des infections, après un traumatisme crânien, par des problèmes auto-immuns
     
  • Démence due à la maladie de Parkinson. Beaucoup de personnes atteintes de Parkinson présentent des symptômes de démence lorsque la maladie évolue.

Diagnostics

Il n’existe aucun test unique permettant de diagnostiquer la démence. Le diagnostic repose à la fois sur l’évaluation neuropsychologique et sur des examens d’imagerie. Les outils suivants sont utilisés :

Évaluation neurologique

Le neurologue réalise une évaluation de la mémoire, du langage, de l’équilibre, du mouvement, des réflexes, de l’attention…

Tests cognitifs et neuropsychologiques

Divers tests permettent d’évaluer les capacités cognitives telles que la mémoire, l’orientation, le raisonnement et le jugement, les capacités linguistiques et l’attention.

Tests d’imagerie

La tomodensitométrie (TDM) et l’IRM peuvent aider à vérifier l’existence d’un infarctus, d’une hémorragie, d’une hydrocéphalie, etc.

La tomographie par émission de positrons (TEP). Montre les schémas d’activité cérébrale et si le cerveau présente des dépôts de protéine amyloïde, caractéristique de la maladie d’Alzheimer.

Analyses cliniques

Certaines analyses sanguines permettent de détecter des problèmes physiques pouvant influencer la fonction cérébrale, comme une carence en vitamine B12 ou l’hypoactivité d’une glande thyroïde. Dans certains cas, on analyse le liquide céphalorachidien pour détecter des signes d’infection ou d’inflammation, ou des marqueurs d’une maladie dégénérative.

Évaluation psychiatrique

Il est recommandé d’écarter la dépression, de vérifier les traitements et d’évaluer l’éventuel impact des psychotropes sur la cognition.

Traitements

La plupart des démences sont irréversibles, mais il existe divers traitements qui permettent de contrôler leurs symptômes et d’améliorer la qualité de vie des patients.

Traitement pharmacologique

Pour améliorer temporairement les symptômes de la démence et retarder sa progression, on utilise notamment les médicaments suivants :

  • Inhibiteurs de l’acétylcholinestérase. Cette famille comprend le donépézil, le rivastigmine et la galantamine, qui augmentent les niveaux d’acétylcholine dans le cerveau, une substance liée à la mémoire. Bien qu’ils soient principalement utilisés pour Alzheimer, ils sont aussi prescrits pour d’autres démences telles que la démence vasculaire, celle liée à la maladie de Parkinson ou la démence à corps de Lewy.
  • La memantine. Ce médicament agit en régulant l’activité du glutamate, un messager chimique impliqué dans des fonctions clés comme l’apprentissage et la mémoire.
  • Autres médicaments. Il est également courant d’avoir recours à des médicaments spécifiques pour des symptômes concrets qui apparaissent fréquemment chez les patients, tels que les états confusionnels, les troubles du comportement, les troubles du sommeil, l’anxiété, la dépression, les hallucinations ou l’agressivité. Pour cela, on utilise des antidépresseurs, des antipsychotiques, des anxiolytiques, etc.

Traitement non pharmacologique

Les personnes atteintes de démence peuvent bénéficier de traitements non pharmacologiques et de mesures de mode de vie visant à améliorer les problèmes de comportement, l’anxiété et d’autres symptômes. Parmi eux figurent notamment :

  • Thérapie occupationnelle pour prévenir les chutes, améliorer le comportement, etc.
  • Modifier l’environnement. Réduire le désordre et les bruits contribue au bien‑être des personnes atteintes de démence.
  • Encourager l’exercice physique.
  • Favoriser la participation du patient à des activités variées.

Autres données

Impact social de la démence

Certaines personnes présentent un détérioration cognitive légère qui ne progresse pas nécessairement vers une démence. Dans les cas où une démence se développe, cette maladie réduit considérablement la qualité et l’espérance de vie. La démence a une répercussion sociale et économique très importante et un impact considérable sur les familles et les aidants.

Des facteurs sociaux tels que le niveau d’éducation, l’accès aux soins préventifs et le soutien social peuvent influencer son incidence et sa gestion. Selon des études récentes, les personnes issues de milieux socioéconomiques plus bas ont trois fois plus de chances de développer une démence à début précoce. Et si ces personnes adoptent un mode de vie peu sain, le risque est de 440 % plus élevé par rapport à celles qui disposent d’un niveau socioéconomique plus élevé et mènent une vie saine.

Démence précoce

Les cas à début précoce (lorsque les symptômes apparaissent avant 65 ans) représentent jusqu’à 9 %, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). On estime que environ 3,9 millions de personnes dans le monde souffrent de démence précoce. Bien que la prévalence de la démence précoce soit faible par rapport à le pourcentage de personnes de plus de 65 ans qui en souffrent, les experts rappellent que l’impact personnel et social de la première est plus important, notamment en raison des conséquences sur le plan professionnel, social et familial. L’identification de facteurs de risque modifiables et non modifiables aiderait à ouvrir de nouvelles stratégies visant à la prévention de cette affection.

Perte auditive et risque de démence

La relation entre la perte d’audition et le risque de démence a été abordée récemment par une étude danoise impliquant plus d’un demi-million de personnes âgées de 50 ans et plus, suivies en moyenne pendant près de neuf ans. Les auteurs concluent que les aides auditives pourraient prévenir ou retarder l’apparition et la progression de la démence.

 

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

Laisser un commentaire

Le guide des hôpitaux et cliniques de France.

Recherchez parmi les 1335 établissements