Pleurer n’est pas une faiblesse : pourquoi les larmes peuvent vous aider à libérer la tension

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Lorsque quelqu’un commence à pleurer lors d’une conversation, d’une réunion ou même en regardant un film, il est encore courant d’entendre des phrases comme « ne pleure pas », « reste calme » ou ce réflexe presque automatique de s’excuser d’avoir été ému. Parfois, cela peut survenir même avant que les larmes ne se manifestent : on ressent une boule dans la gorge et on s’efforce de la contenir, surtout s’il y a d’autres personnes autour.

Il existe une idée assez répandue selon laquelle pleurer équivaut à perdre le contrôle ou à se montrer vulnérable de manière inconfortable. Cependant, pleurer fait partie des réponses humaines les plus naturelles. Et même si cela ne se vit pas toujours de la même façon et n’a pas le même effet chez tout le monde, laisser apparaître ces larmes à certains moments peut devenir une façon honnête d’exprimer ce qui est difficile à dire avec des mots.

Quand retenir les larmes devient un effort silencieux

Pleurer est une réponse émotionnelle humaine et fréquente. Cela peut se manifester face à des expériences très diverses: la tristesse, la frustration, le soulagement, l’impuissance, l’épuisement ou même une joie intense. Il n’y a pas toujours une seule cause ni une logique claire. Il y a des moments où une situation apparemment mineure peut ouvrir la porte à quelque chose qui s’était accumulé depuis longtemps.

Cependant, beaucoup de personnes apprennent dès le plus jeune âge à se contenir. Certaines ont grandi en entendant que pleurer était un signe de fragilité; d’autres se sont simplement habituées à éviter cela dans des espaces où elles ne se sentaient pas à l’aise. Avec le temps, cette répression peut devenir une réaction automatique : tenir, changer de sujet ou essayer de se distraire avant que les larmes n’apparaissent.

Et même s’il n’existe aucune obligation de pleurer ni de manière correcte de le faire, le réprimer uniquement par honte peut ajouter une charge supplémentaire. Parce qu’en plus de traverser ce qui était déjà en cours, apparaît l’effort supplémentaire de le dissimuler.

Ce que certaines recherches observent sur le soulagement après avoir pleuré

Le corps et les expériences émotionnelles sont plus connectés qu’il n’y paraît parfois, bien que la relation entre pleurer et se sentir mieux soit plus complexe que ce que l’on croit habituellement. Certaines études suggèrent que le pleur émotionnel pourrait faire partie de processus liés à la régulation et à la connexion sociale, et des mécanismes impliquant des substances comme l’ocytocine ont même été proposés. Cependant, les preuves restent limitées et ces effets ne sont pas considérés comme des réponses garanties.

En outre, les recherches récentes ne se concentrent plus autant sur la question de savoir si pleurer « fait du bien », mais sur la compréhension de quand, pour qui et dans quel contexte cela se produit. Les études n’ont pas trouvé de soulagement physiologique clair ni d’effets constants après le pleur. Cela ne signifie pas que pleurer soit négatif, mais que l’expérience semble varier considérablement d’une personne à l’autre.

Cette différence transparaît aussi dans d’autres travaux. Certaines personnes décrivent un soulagement après avoir pleuré; d’autres évoquent la fatigue, l’inconfort ou même davantage de tension. Et le contexte semble jouer un rôle important: le faire seul, avec une personne de confiance ou dans un espace sûr peut être vécu très différemment. Plus qu’une réaction automatique, le pleur paraît être une expérience profondément humaine influencée par des facteurs personnels, émotionnels et sociaux.

Quelques petites façons de s’accompagner après un moment sensible

Après avoir pleuré, le corps peut parfois rester en sur-régime ou apparaître cette sensation étrange de fatigue mêlée à un soulagement. Dans ces moments-là, plutôt que de chercher des explications immédiates, il peut être utile de faire quelque chose de simple et bienveillant envers soi-même.

Trouver un endroit calme, respirer lentement quelques minutes ou boire de l’eau peuvent devenir de petits gestes utiles. Certaines personnes trouvent du soulagement en écrivant ce qui leur arrive; d’autres préfèrent parler avec une personne proche ou simplement rester un instant dans le silence avant de reprendre leur quotidien.

Il est également utile de rappeler une chose importante : si les larmes apparaissent très fréquemment, surviennent sans raison apparente ou commencent à interférer avec la vie quotidienne, demander un soutien professionnel peut être une façon de mieux comprendre ce qui se passe et de recevoir un accompagnement adapté.

Pleurer ne résout pas les problèmes ni n’élimine ce qui fait mal. Mais, parfois, cela peut devenir une manière honnête et saine de reconnaître ce qui se passe à l’intérieur et de commencer à déposer une partie du poids que vous portiez.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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