Carlos Villarón, physiothérapeute, parle de la blessure de Nico Williams : « S’il avait été à 100 %, il aurait peut-être pu s’en sortir »

L’Espagne affronte aujourd’hui les seizièmes de finale contre l’Autriche avec un objectif clair :gagner et passer à la phase suivante. C’est l’heure de la vérité et la victoire permettrait de franchir le cap des huitièmes de finale. Cependant, les dernières blessures enregistrées lors du match Espagne-Uruguay, notamment chezNico Williams et Yeremi Pino,, ont fait beaucoup parler.
Parmi les bonnes nouvelles, Yeremi Pino semble s’entraîner avec le reste de l’équipe, mais Nico n’a pas encore été vu sur le terrain en train de se préparer pour la prochaine confrontation.
Ce qui paraissait être un problème plus grave pour Nico Williams semble être une blessure musculaire modérée à l’adducteur droit. En ce qui concerne le temps nécessaire pour récupérer d’une blessure similaire, Carlos Villarón, professeur de physiothérapie à l’Université Européenne de Madrid, indique que cette blessure influe autant sur l’entraînement que sur la condition physique.
Villarón affirme qu’il fait pleinement confiance au corps médical et technique de la sélection espagnole, mais il ne pense pas que Nico Williams puisse récupérer jusqu’à atteindre les 100 %. La blessure à l’adducteur a été provoquée par l’entrée d’un joueur uruguayen. Les joueurs arrivent déjà avec une surcharge importante de la saison, affirme le physiothérapeute. “Si le corps n’est pas en bon état et souffre d’une fatigue importante, la vitesse et la coordination en pâtissent. S’il avait été à 100 %, il aurait peut-être évité l’intervention qui lui a causé la blessure.”
Si l’Espagne est capable de battre l’Autriche et de passer en huitièmes, il est possible que Nico Williams puisse revenir à cent pour cent dans la compétition. « S’il s’agit d’une surcharge, ce n’est pas une blessure très grave et en quelques heures ou quelques jours il peut être rétabli », précise-t-il. Les services médicaux sauront exactement comment procéder. Le spécialiste indique qu’ils ne prendront pas de risques et que, si l’Espagne atteint les huitièmes et que Nico participe, ce sera parce qu’il sera pleinement rétabli pour cela.
L’entorse acromio-claviculaire de Yeremi
L’autre blessé du match précédent était Yeremi Pino, qui a subi une entorse acromio-claviculaire gauche et qui s’entraîne déjà de nouveau avec la sélection. Cette blessure, qui aurait pu être bien pire s’il n’y avait pas eu fracture, peut être très inconfortable lorsque le joueur doit courir sur le terrain. « Pour bien le récupérer, il devrait être immobilisé pendant un certain temps », explique Villarón. Cependant, comme cette entorse est provoquée par un coup, on ne parle pas, en principe, de surcharge ou de fatigue de l’attaquant.
Clavicule face à l’adducteur
La douleur à la clavicule peut en effet être très gênante s’il faut sprinter, car il s’agit d’un mouvement qui implique le bras et la clavicule ; « c’est une structure porteuse », dit Villarón, qui compare ce problème clavicular à la blessure à l’adducteur. Cette dernière, dans le cas de Nico, « l’empêchera de changer de rythme, de sortir de forme explosive, de frapper le ballon… ». Pour ces gestes techniques, l’adducteur doit être en pleine forme.
Le physiothérapeute ajoute que les blessures au membre inférieur ou au bas abdomen handicapent énormément les joueurs. « Cela dépend aussi du type de joueur – et Nico Williams est très explosif. » C’est pourquoi chacun dispose d’un plan de travail et de manipulation spécifique, en fonction des conditions du terrain, de l’intensité et de la manière de jouer de chacun… chacun doit travailler ses conditions.
Entraînement et soins
Il existe de nombreux facteurs qui détériorent l’état physique du sportif. Jouer avec son club n’a rien à voir avec jouer pour la sélection. C’est pourquoi les joueurs qui participent à la Coupe du Monde de football 2026 présentent un risque accru de surcharge, souligne Villarón.
Mais, de plus, la chaleur ambiante qui accompagne les matchs accroît aussi la déshydratation et le risque de souffrance musculaire. À cela s’ajoutent les déplacements et le décalage horaire. Cependant, l’équipe est accompagnée de ses nutritionnistes et cuisiniers, ce qui contribue aussi à prévenir les blessures.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
