La grippe saisonnière est une épidémie de grippe annuelle courante dès l’automne jusqu’à la fin de l’hiver en France qui se manifeste généralement chez la plupart des patients par l'apparition soudaine des symptômes suivants dans la phase d'invasion :
- une fatigue (asthénie) qui s'installe progressivement et avec une intensité croissante,
- des frissons,
- des douleurs musculaires,
- une toux sèche et douloureuse.
Dans un second temps, les symptômes de la grippe sont :
- une fièvre élevée habituelle entre 38°C et 40°C qui commence à diminuer après 2 ou 3 jours mais qui peut remonter au 4ème-5ème jour ("V grippal"),
- une toux sèche qui dure habituellement jusqu'à deux semaines,
- des maux de tête (céphalées) intenses,
- des douleurs musculaires (myalgies) et articulaires qui ressemblent à des courbatures,
- une asthénie intense pouvant durer plusieurs jours,
- plus rarement chez l'adulte, un écoulement nasal (rhinorrhées [1]) avec le nez bouché,
- des nausées et des vomissements chez l'enfant,
- des douleurs oculaires (photophobie, sensation de brûlure oculaire, douleurs à la mobilisation, etc.),
- des douleurs pharyngées.
Généralement, la majorité des patients se remettent de la fièvre et d'autres symptômes d’une affection grippale en une semaine sans nécessiter de soins médicaux, sauf pour la grippe chez un bébé, une femme enceinte, une personne âgée ou fragilisée (affection de longue durée). En effet, les symptômes de la grippe peuvent causer une maladie grave ou la mort dans les groupes à haut risque.
Véritable problème de santé publique [2] mondiale, les épidémies saisonnières surviennent habituellement par épisodes pendant la fin de l’automne et les mois d’hiver dans l'hémisphère nord (mois d’octobre à mars) et dans l'hémisphère sud (mois d’avril à septembre). Toutefois, dans les zones tropicales et subtropicales, les épidémies de grippe saisonnière peuvent se produire toute l’année.
A travers l’histoire des pandémies de l’ère moderne, la pandémie dite de « grippe espagnole » en 1918, a marqué au fer blanc l'histoire récente. Causée par un virus A (H1N1) [3], ce virus avec des gènes d'origine aviaire, a ensuite été remplacé en 1957, lors de la pandémie dite de « grippe asiatique » [4], par le virus A (H2N2).
Ces pandémies ont infecté des millions de personnes et causé un taux de mortalité élevée même chez les personnes jeunes et en bonne santé. Sans qu’aucun consensus universel n’ait été établi sur l'origine précise du virus, bien que le virus A (H1N1) de la « grippe espagnole » [5] de 1918 ait été synthétisé et évalué, les propriétés qui l'ont rendu si dévastateur ne sont pas bien comprises. De la sorte, en l'absence de vaccin pour se protéger contre l'infection grippale et sans antibiotiques pour traiter les infections bactériennes secondaires qui peuvent être associées aux infections grippales, les efforts de contrôles sanitaires dans le monde entier se sont limités à des interventions non pharmaceutiques. Ces interventions (isolement, quarantaine, hygiène personnelle, gestes barrières, distanciation physique et sociale, etc.), qui doivent être effectuées à temps, permettent dans la plupart des cas de réduire significativement la progression et la gravité des symptômes de l’état de la grippe pandémique.
Malgré tous les progrès de la médecine et de l’hygiène au fil du temps, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) déplorait dans un communiqué de presse [6] publié en 2017, que « jusqu’à 650 000 décès seraient associés chaque année aux affections respiratoires dues à la grippe saisonnière ». De plus, « ces chiffres témoignent de la forte charge de mortalité due à la grippe et de son coût social et économique considérable à l’échelle mondiale », et de « l’importance de la prévention face à l’épidémie saisonnière de grippe, ainsi que de la préparation à d’éventuelles pandémies ».