TSH ultra-sensible basse, haute ou normale

Prise de sang et résultat d’analyses

Un test TSH est utilisé pour déterminer le fonctionnement de la thyroïde. TSH, qui signifie « thyréostimuline » et aussi le nom du test - technique de dosage en chimie analytique - qui mesure la quantité de cette hormone dans le sang. La TSH est produite par l’hypophyse (glande endocrine) du cerveau, et indique à la glande thyroïde de fabriquer et de libérer les hormones thyroïdiennes dans le sang.

Provenant de l’anglais « thyroid-stimulating hormone », en médecine, le sigle TSH est aussi connu en français sous le nom « thyréostimuline », ou « thyréotrophine ». TSH est une hormone qui est sécrétée par l’antéhypophyse, ou adénohypophyse, qui correspond au lobe antérieur de l’hypophyse et fait partie du système endocrinien. Son rôle primordial est de stimuler la thyroïde dans sa fonction de sécrétion d'hormones thyroïdiennes T3 et T4.

Cette hormone hypophysaire active et contrôle la production des deux hormones thyroïdiennes triiodothyronine (T3) et thyroxine (T4) en lien avec la stimulation du métabolisme de presque tous les tissus du corps humain.

Produite par les cellules thyrotropes de l'hypophyse antérieure, qui régule la fonction endocrinienne de la thyroïde, cette hormone glycoprotéique (c'est-à-dire la substance formée d'une protéine liée à un glucide) - la TSH - a été découverte en 1916 par deux chercheurs américains, Bennett M. Allen et Philip E. Smith. Leur trouvaille a révélé que l'hypophyse contenait une substance thyrotrope. Les thyrotropes sont des cellules endocrines de l'hypophyse antérieure qui produisent la TSH en réponse à l'hormone de libération de la thyrotropine (TRH).

Depuis, cette découverte a ouvert la voie vers de nombreuses études et a conduit à une série de publications scientifiques tentant d'établir la priorité pour trouver des preuves d'un facteur thyréotrope dans l'hypophyse antérieure.

Aujourd’hui, grâce à des décennies de travail réalisé par d'autres chercheurs et le développement de techniques biochimiques sophistiquées, la médecine a une meilleure compréhension de ce fonctionnement. Ces avancées permettent une lecture plus précise et de nouvelles approches dans les traitements et la prévention de certaines maladies et autres troubles hormonaux.

Valeurs normales : quel est le taux normal de la TSH ultra-sensible ?

Un test de TSH est effectué pour savoir si la glande thyroïde fonctionne comme elle le devrait. La lecture du résultat de ce test permet de savoir si la glande thyroïde est en hyperactivité (hyperthyroïdie) ou en sous-activité (hypothyroïdie). De plus, ce test TSH peut également détecter un trouble thyroïdien avant que des symptômes n’apparaissent.

Rappelons que, s’il n'est pas traité, un trouble thyroïdien peut entraîner des problèmes de santé.

Parmi les maladies associées aux troubles thyroïdiens on remarque en particulier :

Le goitre se caractérise par l’augmentation du volume de la glande thyroïde (dont le rôle est de réguler l’organisme). Le goitre peut avoir pour cause différentes pathologies comme la maladie de Basedow, la thyroïdite, une carence en iode, certains médicaments (amiodarone, interféron alpha, lithium, etc.), et des facteurs héréditaires.

Les nodules thyroïdiens (cancéreux ou non cancéreux), qui peuvent avoir pour cause des tumeurs bénignes (kystes liquides, adénomes), des tumeurs cancéreuses (cancer papillaire, cancer folliculaire).

L’hyperthyroïdie, qui correspond à une thyroïde trop active et donc une surproduction d’hormones dont le corps n’a pas besoin. L’hyperthyroïdie peut aussi résulter de la maladie de Graves Basedow ou de nodules thyroïdiens.

L’hypothyroïdie, qui correspond à une insuffisance d’activité de la thyroïde et à un faible niveau d'hormones. Provoquée par deux causes principales (causes auto-immunes et iatrogènes), l’hypothyroïdie peut aussi dans des cas plus rares, être causée lorsqu’il y a une insuffisance thyroïdienne congénitale, un effet secondaire de certains traitements médicamenteux, ou une complication d’une infection virale.

Parmi les facteurs qui peuvent augmenter le risque de développer un trouble de la thyroïde, on note principalement : le sexe (les femmes jusqu’à 20 fois plus de risque de développer une pathologie de la thyroïde que les hommes), l’âge, des antécédents familiaux de troubles de la thyroïde, le tabagisme, la consommation d’iode, et certains médicaments. Soulignons qu’un test TSH n'explique pas pourquoi les niveaux de TSH sont trop élevés ou trop bas. D'autres examens biologiques ou des examens complémentaires seront à envisager par le médecin traitant selon la symptomatologie.

T3, T4, TSH ultra sensible : prise de sang et résultat d’analyses

Comme le souligne la Haute Autorité de Santé (HAS), « en population générale, il n’est pas recommandé de réaliser un dosage de TSH s’il n’y a pas de signes cliniques évocateurs de dysthyroïdie ».

En effet, la littérature scientifique actuellement disponible sur le TSH (thyréostimuline ou thyréotrophine) ne permet pas d’établir l’intérêt de recommandations comme un dépistage de l’hypothyroïdie dans la population générale. C’est uniquement en présence de symptômes évocateurs le dosage de la TSH sera réalisée en première intention. Concrètement, le dosage de la TSH prescrit par un médecin consiste simplement à faire pratiquer l'analyse de sang par un laboratoire de biologie médicale et à faire interpréter le résultat par le médecin prescripteur assisté du médecin biologiste. Le prélèvement se fait par une prise de sang à partir de sang veineux, d’ordinaire au pli du coude et de préférence le matin.

Les niveaux de TSH normaux (euthyroïdie) se situent généralement entre les valeurs de 0,4 et 4,0 milli-unités par litre (mU/L), à adapter selon la population testée et la technique utilisée. La TSH est le paramètre le plus sensible et le plus précoce pour dépister les troubles thyroïdiens primaires : si la concentration de TSH est normale, une dysthyroïdie primaire est exclue. Les hypothyroïdies primaires sont responsables de taux de TSH supérieurs à 4,0 mU/l et les hyperthyroïdies primaires sont révélées par des taux de TSH inférieurs à 0,4 mU/l.

Il est également possible que la lecture du test montre des niveaux de TSH inférieurs à la normale due à une thyroïde hyperactive notamment dans le cas de la maladie de Graves Basedow (système immunitaire qui attaque la thyroïde) ou à une surcharge en iode dans le corps ou encore à un surdosage en hormones thyroïdiennes de synthèse. En outre, il est bon à savoir que  lors de la prise de certains médicaments comme des stéroïdes, de la dopamine ou des analgésiques opioïdes (morphine, etc.), la lecture peut être inférieure à la normale. Notons que la prise de biotine (suppléments de vitamine B) peut également donner à tort des niveaux inférieurs de TSH.

D’autre part, le dosage de la TSH n’est généralement pas le seul utilisé pour diagnostiquer les troubles thyroïdiens. D'autres tests, comme le T3 libre (triiodothyronine), le T4 libre, le T3 inverse  et l'anticorps anti-TPO, sont également souvent utilisés pour déterminer si un patient a besoin de traitements thyroïdiens (médicaments contre l’hyperthyroïdie, etc.) ou non. Pour assurer au patient de recevoir le bon traitement (chirurgie, etc.) et le bon dosage de médicament, le médecin vérifie habituellement le taux de TSH après 2 ou 3 mois. Ensuite, il vérifie généralement annuellement le taux de TSH.

TSH à jeun

Ce test, le dosage de la TSH, peut être effectué à tout moment de la journée. Aucune préparation n'est nécessaire, ni aucun jeûne spécifique.

Lors du test, un patient ne devrait généralement ressentir aucune douleur au-delà d'une petite piqûre de l'aiguille dans le bras, et avoir au pire de légères ecchymoses.

En général, il n'est pas nécessaire pour un patient d'arrêter de prendre ses médicaments avant de faire contrôler le taux de TSH. Cependant, il est important d'informer le médecin des médicaments qui sont utilisés car certains traitements peuvent affecter la fonction thyroïdienne.

Taux de TSH ultra sensible basse

De faibles niveaux de TSH peuvent signifier que votre thyroïde fabrique trop d'hormones, une condition appelée hyperthyroïdie.

En effet, si la glande thyroïde sécrète des niveaux d'hormones trop élevés, l'hypophyse produit moins de TSH. Les symptômes de l'hyperthyroïdie comprennent notamment un rythme cardiaque irrégulier ou rapide.

Taux de TSH ultra sensible élevé

Des niveaux élevés de TSH peuvent signifier que la glande thyroïde ne produit pas suffisamment d'hormones thyroïdiennes, une condition appelée hypothyroïdie.

En général, un médecin peut rechercher une thyroïde sous active si un patient se sent de plus en plus fatigué, a la peau sèche, a une baisse de la libido ou une prise de poids, ou si un patient a déjà eu des antécédents de problèmes thyroïdiens ou un goitre.

Hypothyroïdie : quel est le taux de TSH ?

La recherche actuelle précise qu’une plage normale de TSH dans la plupart des laboratoires est de 0,4 milli-unités par litre (mU/L) à 4,0 mU/L. Si le taux de TSH est supérieur à 4,0 mU/L lors des tests répétés, un patient est probablement atteint d'hypothyroïdie.

Dans ce cas, le médecin peut également prescrire à son patient un test T4 libre (fT4). La majeure partie du T4 dans le sang se fixe à une protéine et, lorsqu'elle le fait, elle ne peut pas pénétrer dans les cellules.

Le test mesure la petite fraction de T4 (thyroxine) dans le sang (moins de 1 %) qui n'est pas lié à des protéines. Un taux de T4 libre abaissé combiné avec un taux de TSH élevé indique un sous fonctionnement de la glande thyroïde (hypothyroïdie primaire).

Dans l'éventualité d'une hypothyroïdie fruste, les taux de T4 et de T3 libre seront normaux.

Hyperthyroïdie : quel est le taux de TSH ?

La recherche actuelle précise qu’une plage normale de TSH dans la plupart des laboratoires est de 0,4 milli-unités par litre (mU/L) à 4,0 mU/L. Si le taux de TSH est inférieur à 4,0 mU/L lors des tests répétés et anormalement bas, un patient est probablement atteint d'hyperthyroïdie.

Il est recommandé de doser la T4 libre (fT4) pour confirmer le diagnostic d'hyperthyroïdie.

Dans le cas d'une hyperthyroïdie fruste, le taux de T4 libre sera normal ou à la limite supérieure de la normale.

TSH ultra sensible et grossesse

Des changements thyroïdiens peuvent survenir pendant la grossesse. Ces changements ne sont généralement pas significatifs, mais certaines femmes peuvent développer une maladie thyroïdienne pendant la grossesse.

L'hyperthyroïdie survient dans environ 1 grossesse sur 500, tandis que l'hypothyroïdie survient dans environ 1 grossesse sur 250. L'hyperthyroïdie, et moins souvent l'hypothyroïdie, peuvent persister après la grossesse. Il peut être constatée une valeur basse de la TSH lors du 1er trimestre de la grossesse (5 % des cas).

Si une patiente développe une maladie thyroïdienne pendant la grossesse, le médecin surveillera l’état de santé après la naissance du bébé et émettra des recommandations. Un dépistage systématique de la TSH n’est pas recommandé pendant la grossesse, mais la TSH devrait être mesurée chez toutes les femmes présentant des symptômes ou des facteurs de risque de troubles thyroïdiens. Si elle présente des facteurs de risque et/ou des antécédents thyroïdiens personnels ou familiaux (dysthyroïdie, intervention chirurgicale sur la thyroïde, élévation des anticorps antithyroïdiens, maladie auto-immune), un dosage de T4 libre (fT4) et un titrage d’autoanticorps antithyroperoxydase (anti-TPO) doivent être réalisés en deuxième intention.


Dr Jean-Pascal Del BANO/Jimmy BRAUN

Sources

     

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  11. 10 messages pour améliorer votre pratique. HAS, 2019, https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2019-03/fiche_pertinence_hypothyroidie_vf.pdf
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  13. La maladie de Graves est une maladie auto-immune - Optelec, https://ca.optelec.com/fr/affections-oculaires/la-maladie-de-basedow.html
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  15. Antalgiques opioïdes : l’ANSM publie un état des lieux de la consommation en France - Point d’Information. 2019, https://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Antalgiques-opioides-l-ANSM-publie-un-etat-des-lieux-de-la-consommation-en-France-Point-d-Information
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  17. Les vitamines : carences et excès. 2020, https://www.le-guide-sante.org/actualite/606-les-vitamines-carences-et-exces.html
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  19. Thyroxine (totale et libre) et tri-iodothyronine (totale et libre). EMC - Biologie médicale, 2014 http://dx.doi.org/10.1016/S2211-9698(14)67244-7, https://www.sfmn.org/images/pdf/GroupesDeTravail/GT_BiologieSpecialisee/Thyroxine-et-tri-iodothyronine.pdf
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  21. T3 inverse, https://www.chu.ulg.ac.be/jcms/c_351725/fr/reverse-t3
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