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Découverte d’un vaccin contre le cancer de l'ovaire et le mésothéliome

Comme le signale l’OMS, « le cancer est une cause majeure de décès dans le monde, à l’origine de 8,2 millions de décès en 2012 ». Cependant, le cancer ne serait pas une maladie uniquement contemporaine, puisqu’une découverte récente publiée dans la revue américaine PLOS One révèle qu’il y a « 3.200 ans, on souffrait déjà du cancer ». Des archéologues ont trouvé la plus ancienne trace de cancer au Soudan, sur le squelette d'un homme ayant souffert d'un cancer métastatique.

La recherche s’active donc pour enrayer une maladie qui décime l’Homme depuis la nuit des temps. Et à chaque annonce d’une avancée, une lueur d’espoir naît pour un grand nombre de patient. C’est dans cette direction que l’annonce d’une nouvelle approche pour l'immunothérapie du cancer a été faite par une équipe de chercheurs américains. Les résultats de leur étude, publiée en Février 2014 dans la revue médicale Journal of Hematology & Oncology,  risque de fournir une nouvelle arme contre certaines tumeurs très meurtrières ; comme le cancer de l'ovaire et le mésothéliome (une forme rare et virulente de cancer qui attaque notamment les poumons).

Vers une nouvelle forme d’immunothérapie contre les cancers

Certaines approches pour créer des vaccins contre le cancer s’élaborent régulièrement dans les laboratoires de recherche. Mais pour extraire les propres cellules immunitaires d'un patient et les « amorcer » avec des antigènes tumoraux avant de les réinjecter au patient, reste un processus complexe et coûteux.

Les résultats de cette nouvelle étude décrivent une approche à faible coût et qui serait très « pratique », avec un potentiel largement applicable à plusieurs « types » de cancers.  Selon les auteurs, cette nouvelle approche en immunothérapie pourrait être aussi bien utilisée par l’ensemble des oncologues (médecin spécialiste de l'étude, du diagnostic et du traitement des cancers), et pas uniquement dans les établissements de santé capables de récolter et de traiter les cellules des patients. Le vaccin découvert stimulerait les cellules dendritiques (qui sont des cellules du système immunitaire) du patient. Ce type de cellule immunitaire qui surveille l'environnement interne de l'organisme pour la présence de virus ou de bactéries, ingère et digère les pathogènes rencontrés, et affiche des antigènes provenant de ces agents pathogènes sur leur surface pour « diriger » l'activité d'autres cellules immunitaires.

Les vaccins anticancéreux existants, qui utilisent des cellules dendritiques, nécessitent l'extraction de cellules à partir du sang d'un patient, en les traitant avec une protéine ou un acide nucléique (grosses molécules relativement complexes) qui combine des antigènes tumoraux avec des molécules immunostimulantes, et le retour des cellules dendritiques activées pour le patient. L'approche développée in vitro par l'équipe du Massachusetts General Hospital (MGH, Boston, USA) a réussi à fusionner un fragment d'anticorps ciblant une protéine qui stimule l'activité des cellules dendritiques et d'autres cellules immunitaires.

Beaucoup de patients atteints de cancers au stade avancé n'ont pas assez de cellules immunitaires qui pourraient être récoltées pour fabriquer un vaccin. Cette nouvelle technique permettrait donc de créer en quantité illimitée des cellules pour « travailler » de pair avec les cellules immunitaires restantes des patients. Aussi, les chercheurs signalent que leur approche est potentiellement beaucoup moins coûteuse que de fabriquer un vaccin thérapeutique qui, tout en ciblant un antigène tumoral unique, génère une réponse immunitaire contre des antigènes multiples.

Pour l’heure, les chercheurs ont montré leur approche in vitro sur des modèles de souris où les résultats ont considérablement amélioré la survie et ralenti la croissance de la tumeur, tout en augmentant les réponses immunitaires dépendantes et spécifiques à une tumeur. Cette nouvelle immunothérapie du cancer, dont le potentiel pour être rentable et largement applicable à des tumeurs comme cancer de l'ovaire, le cancer du pancréas et le mésothéliome (en plus d’avoir le potentiel de limiter le risque de récidive), nécessite encore des travaux expérimentaux, mais témoigne de l’arrivée possible de vaccins contre les cancers dans un avenir proche.

Sources


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