Blog santé : les dernières actualités santé

Plan Cancer 2014-2018 : des recommandations pour un meilleur futur

Initié en 2003 par le président Jacques Chirac, le Plan Cancer a pour mission d’établir et mettre en place des mesures de lutte contre les cancers. Pathologie en cause dans environ 13% de la mortalité mondiale en 2008 selon l’OMS, notamment avec le cancer du poumon, le cancer de l’estomac, le cancer du foie, le cancer du côlon et le cancer du sein, le cancer est un élément essentiel au sein des stratégies de prévention en santé publique. Le Plan Cancer est donc un pilier vital pour améliorer sans cesse le dépistage précoce, les traitements et soutenir les actions de l’ensemble des professionnels de santé et des associations d’usagers.

Remis sous les feux de la rampe — notamment par les Lettres Ouvertes d’associations de patients — et passé à la loupe par des rapports et évaluation d’impact, le Plan Cancer a dernièrement repris la Une des tribunes, suite à la publication des « Recommandations pour le troisième Plan Cancer (2014-2018) », au travers d’un rapport de plus cent pages, élaboré par le Pr Jean-Paul Vernant (hématologue à la Pitié-Salpêtrière et professeur à l’Université Pierre et Marie Curie).

Rapport Vernant : Etat des lieux, prévention et lutte contre les inégalités face au cancer

C’est à l’occasion de la quatrième édition des rencontres de l’Institut national du cancer (INca), tenue le 4 décembre 2012 à la Cité universitaire de Paris, que le Président de la République François Hollande avait annoncé le démarrage du 3ème Plan Cancer. Mise en œuvre confiée au Pr Jean-Paul Vernant, la mission n’était pas tâche facile (et son application éprouvante), sachant que le cancer est l’une des principales causes de mortalité en France, et que les précédents Plans Cancer n’ont pas été sans faille.

Estimés à 355 000 nouveaux cas par an (155 000 chez la femme et 200 000 chez l'homme) et à 148 000 décès en 2012 (sources INca), les cancers montraient depuis 2005 « des changements d'évolution de l'incidence, avec une diminution chez l'homme et une stabilisation chez la femme ». Malgré un meilleur pronostic et des modifications des pratiques médicales depuis plusieurs années, certains points noircissent toujours le tableau. En effet, une faiblesse notable serait présente dans les mesures de prévention ainsi qu’au niveau des inégalités de santé. L’éradication de ces insuffisances permettrait de réduire le nombre de décès et d’améliorer la prise en charge des patients, selon les spécialistes.

En plus de prendre en compte les évaluations des anciennes recommandations, ce nouveau rapport a donc pour objectif majeur de réduire les inégalités sociales, qu’elles se situent entre les patients, les soignants, les professionnels de santé hospitaliers et de ville, tout le tissu actif de la prise en charge du cancer doit être rénové. Soulignons aussi que le cancer serait la pathologie la plus touchée par ce phénomène d’inégalités, et où la France aurait la place de mauvais élève comparé aux autres pays européens.

Des objectifs pour les 10 prochaines années

« Evaluation de l’impact des 1er et 2ème Plans Cancer », « Prévention et Dépistage », « Recherche », « Pratiques de la Cancérologie », ou « Parcours de soins », les thématiques abordées par le rapport sur les Recommandations pour le 3ème Plan Cancer — remis dernièrement à la Ministre Marisol Touraine, par le Pr Jean-Paul Vernant — sont le fruit d’un travail approfondi et collaboratif où les importants investissements présentés se veulent totalement rénovateurs des précédentes propositions. Comme le souligne le Pr Jean-Paul Vernant, « Un plan national de santé peut être un plan parmi d’autres, éventuel facteur de morcellement et de confusion. Nous espérons que ce ne sera pas le cas du troisième plan cancer, parce qu’il s’attachera à proposer des solutions pour tenter de régler les difficiles problèmes des inégalités sociales, des rapports entre soignants et soignés et entre médecine hospitalière et médecine de ville qui débordent largement le cadre du cancer. Ainsi nous osons espérer que ce plan aura quelque chance de produire un effet de levier et qu’il contribuera à améliorer de façon plus générale le système de santé. ».

Bâtit en trois parties, le rapport des recommandations pour le 3ème Plan cancer comprend :

  • La formulation d’objectifs stratégiques pour le troisième Plan cancer : réduire effectivement les inégalités liées au cancer ; adapter le système de santé aux évolutions de la prise en charge ; simplifier l’organisation pour une meilleure efficacité.
  • Des propositions d’objectifs et de recommandations organisées par axe thématique, à savoir le développement de la prévention et du dépistage ; la recherche ; les métiers, les formations et les pratiques de la cancérologie ; le parcours de soins ; la vie pendant et après le cancer
  • Des propositions sur cinq axes transversaux : la place des médecins généralistes ; l’évolution des modalités d’implication des patients ; l’évolution des organisations; les systèmes d’information ; les problèmes économiques que pose le cancer.

Afin d’atteindre les objectifs de ce 3ème Plan Cancer, les axes prioritaires annoncés sont complétés par 5 axes transversaux identifiés comme primordiaux par le Pr Jean-Paul Vernant, dont ; « le rôle central du médecin généraliste doit être renforcé, une meilleure association du patient, l’organisation des systèmes d’information, le développement d’une médecine personnalisée et une meilleure prise en compte de l’impact financier de la maladie et des traitements sur la vie sociale et professionnelle doivent être mises en place ».

En substance, les recommandations du rapport Vernant visent à créer de nouveaux indicateurs et à effacer les facteurs clefs d’inégalités dans la prise en charge des Cancers ; en consolidant la prévention (meilleur dépistage), la pérennité des soins (entre l’ambulatoire et l’hospitalier), l’amélioration de la vie des patients (pendant et après le cancer), et surtout la prise en compte « renforcée » des inégalités sociales, géographiques (l’accès aux médicaments et aux technologies) et comportementales (consommation de tabac, etc.).

Le cœur de ce rapport est la cheville ouvrière d’une véritable révolution du système de santé. Si son application et l’aspect financier de l’ensemble des recommandations voient le jour sans entrave (en témoignera un rapport à mi-parcours), la lutte contre le cancer marquera d’une pierre blanche un effort sans précédent.

Sources


Nos partenaires et institutions: