Lueur d’espoir contre Alzheimer, Parkinson, SEP et cancers

Lueur d’espoir contre Alzheimer, Parkinson, SEP et cancers

Les chercheurs de l’Université de Cornell (USA) pensent avoir résolu un véritable défi, en ayant découvert comment ouvrir et fermer en toute sécurité la barrière hémato-encéphalique (BHE), afin que les traitements thérapeutiques de la maladie d'Alzheimer, de la sclérose en plaques (SEP) ou des cancers du système nerveux central (SNC) puissent être effectivement livrés.

« La guerre est déclarée »

Publié dans un article de The Journal of Neuroscience le 14 septembre 2011, le constat des chercheurs est qu’une molécule produite par le corps, l’adénosine (un nucléoside, libéré par les neurones et par les cellules gliales), peut faire moduler l'entrée des molécules dans le cerveau.

Pour la première fois, les chercheurs viennent de découvrir que, lorsque les récepteurs de l’adénosine sont activés sur les cellules qui composent la barrière hémato-encéphalique (BHE), une passerelle vers la BHE peut-être établie.

Bien que l'étude soit faite sur des souris, les chercheurs signalent également avoir trouvé les récepteurs de l'adénosine sur ces mêmes cellules chez l'homme. Les chercheurs ont aussi découvert qu'un des médicaments, appelé Lexiscan®, à base d’adénosine, utilisé en imagerie cardiaque chez les patients très atteints, peut aussi brièvement ouvrir une porte à travers la barrière hémato-encéphalique (BHE). Bien qu'il existe de nombreux antagonistes connus des récepteurs de l'adénosine chez la souris, les futurs travaux tenteront d'identifier les contournements possibles pour réussir à délivrer les médicaments au cerveau humain.

Passage de la barrière hémato-encéphalique

Découverte par le chimiste allemand Paul Ehrlich - qui démontra son existence en 1885 - la barrière hémato-encéphalique (une barrière « sang-cerveau ») est composée de cellules spécialisées qui constituent les vaisseaux sanguins du cerveau (microvascularisation capillaire). Cette barrière (BHE) protège le cerveau des agents pathogènes, des toxines et des hormones circulant dans le sang. Elle représente un filtre extrêmement sélectif, à travers lequel les aliments nécessaires au cerveau sont transmis et où les déchets sont éliminés. Ce processus d'alimentation et d'élimination se produit grâce à toute une série de mécanismes de transport actif.

Depuis presque un siècle, les chercheurs et les grandes compagnies pharmaceutiques tentent de trouver comment traverser la barrière hémato-encéphalique (BHE). Dans l’étude, les chercheurs décrivent avec succès le transport de macromolécules telles que les dextranes et les anticorps vers le cerveau.

Les chercheurs ont également pu livrer avec succès un anticorps anti-amyloïde bêta à travers la barrière hémato-encéphalique et ont observé le liant des plaques béta-amyloïdes qui causent la maladie d'Alzheimer dans un modèle de souris transgénique.

Un travail similaire a été lancé pour le traitement de la sclérose en plaques (SEP), où les chercheurs espèrent resserrer la barrière plutôt que de l'ouvrir, afin d'empêcher les cellules immunitaires destructrices d'entrer et de provoquer la maladie.

L'intention des chercheurs est maintenant d’explorer la livraison des médicaments contre les cancers du système nerveux central, et de mieux comprendre la façon dont les récepteurs de l'adénosine modulent la barrière hémato-encéphalique (BHE).

Même si ces travaux nécessitent encore de nombreux tests et un long chemin avant son application clinique, l’impact risque d’être conséquent sur des maladies comme Alzheimer, Parkinson, les cancers du cerveau et sur les virus comme le VIH ou l’herpès

 

Sources


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