Le cancer de la thyroïde : bon pronostic

 

Le cancer de la thyroïde : bon pronostic

 

De pronostic plutôt favorable, le cancer de la thyroïde est considéré comme un "bon cancer", mais nécessite tout de même une information compréhensible pour les patients. Dans cette optique, l'association de patients Vivre sans thyroïde place chaque année cette pathologie au coeur d'une conférence d'information, dont la dernière édition a eu lieu fin janvier à Paris.

Située à la base du cou, sous le larynx et en avant de la trachée, la thyroïde secrète des hormones chargées de réguler le fonctionnement de nombreux organes. Les cancers qui touchent cette glande représentent près de 2% de l'ensemble des cancers, et sont responsables chaque année de près de 6.700 nouveaux cas et de 400 décès. La grande majorité des cancers de la thyroïde (80% à 90%) sont des cancers différenciés - papillaires ou folliculaires - et ont un très bon pronostic.

Une étude débutée en 1997 a ainsi montré que, 25 ans après le traitement initial, la survie des patients était identique à celle de la population normale, souligne le Pr Martin Schlumberger, chef du service de médecine nucléaire et d'oncologie endocrinienne de l'Institut Gustave Roussy (IGR, Villejuif), et principal intervenant de la conférence. Et même chez le faible pourcentage de patients qui développent des métastases initiales ou présentent une grosse tumeur avec envahissement ganglionnaire, la survie à 25 ans est de l'ordre de 80%, poursuit-il. "C'est pour cela que le cancer de la thyroïde est qualifié de 'bon' cancer", explique le spécialiste. Un cancer de la thyroïde peut être découvert en observant la présence d'un nodule palpable dans à la base du cou.

Mobile lors de la déglutition, cette 'boule' ne provoque en général aucune gêne et peut même passer pour banale. Les nodules plus petits sont remarqués lors d'examens d'imagerie réalisés pour d'autres motifs (échographie cervicale, examen Doppler).

Pour établir le diagnostic, "il y a trois examens de base: le dosage de TSH (une hormone sécrétée par une glande située à la base du cerveau, appelée l'hypophyse, et contrôlant la sécrétion des hormones thyroïdiennes par la thyroïde), l'échographie et la cytoponction, qui sont faisables en une demi-journée", résume le Pr Schlumberger.

En améliorant la détection de très petits nodules, ces examens ont participé, selon le spécialiste, à l'augmentation régulière de l'incidence des cancers de la thyroïde depuis les années 1970, jusqu'à leur stabilisation dans les années 2000-2010. "Cette augmentation n'a rien à voir avec l'irradiation annuelle naturelle ou l'irradiation de l'accident de Tchernobyl [du moins en France, ndlr]", considère-t-il.

Le traitement standard consiste en une thyroïdectomie totale, (ablation de toute la glande thyroïde), avec un curage ganglionnaire au niveau de la région centrale du cou. Après la chirurgie, l'iode 131 permet de détruire les reliquats tumoraux. L'administration orale de thyroxine apporte ensuite à l'organisme les hormones thyroïdiennes qui lui sont nécessaires.

PARIS, 1er février 2011.


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