Syndrome de Sanfilippo

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Qu’est-ce que c’est

Le syndrome de Sanfilippo, ou mucopolysaccharidose de type III, est une maladie rare dégénérative, d’accumulation, d’origine génétique, incurable et mortelle qui appartient au groupe des maladies de dépôts lysosomales. On peut le considérer comme un Alzheimer infantile, car, en affectant le système nerveux central (SNC), il compromet les capacités cognitives des enfants atteints.

Les lysosomes sont des organites des cellules qui contiennent différentes enzymes aidant à décomposer et à recycler des matériaux complexes dont l’organisme n’a pas besoin. Lorsque l’organisme manque de l’une de ces enzymes, le matériel qui devrait être décomposé s’accumule dans les cellules avec des conséquences dévastatrices. Dans ce syndrome, ce matériau toxique s’accumule dans les cellules du SNC, qui comprennent le cerveau et la moelle épinière, déclenchant une détérioration cognitive, une dysfonction motrice et, finalement, le décès des enfants.

Les personnes touchées paraissent normales jusqu’à environ 2 à 5 ans d’âge.

Incidence et prévalence

Le syndrome de Sanfilippo touche environ un sur 50 000 naissances et en Espagne, on compte environ 70 enfants diagnostiqués.

Causes

Le syndrome de Sanfilippo est un trouble héréditaire. Il suit un modèle de transmission autosomique récessif, ce qui signifie que les deux copies (du père et de la mère) du gène muté doivent être présentes pour que la maladie se développe.

Les gènes altérés peuvent être quatre, correspondant à chacun des quatre types dans lesquels ce syndrome est classé (A, B, C et D). Ces gènes codent pour quatre enzymes nécessaires à la dégradation de l’héparane sulfate, la substance qui s’accumule de manière anormale dans les cellules.

Ces enzymes sont : l’héparane sulfamidase pour le type A, l’alfa-N-acétylglucosaminidase pour le B, l’alfa-glucosaminida N-acétyltransferase pour le C, et la N-acétylglucosamine-6-sulfate sulfatase pour le D.

Symptômes

Entre 2 et 5 ans, les personnes affectées commencent à présenter des signes d’un retard général du développement et, parfois, la perte des capacités acquises. Les enfants commencent à éprouver des difficultés de concentration, d’endormissement, de parole et de mobilité…

Voici les symptômes et effets les plus importants que peut présenter ce syndrome :

  • Pertes de contrôle des sphincters
  • Diarhée chronique
  • Perte motrice (nécessité d’une chaise roulante)
  • Problèmes pulmonaires et cardiaques
  • Démence
  • Mort prématurée
  • Perte grave d’audition et de vision
  • Hyperactivité et déficit de l’attention
  • Agressivité
  • Troubles du sommeil
  • Problèmes cognitifs graves
  • Perte du langage

Prévention

Étant donné qu’il s’agit d’une maladie héréditaire, il est recommandé de s’adresser à une unité de conseil génétique avant la conception en cas d’antécédents familiaux. Le syndrome de Sanfilippo est l’une des maladies éligibles au diagnostic génétique préimplantatoire, qui permet de détecter des anomalies génétiques dans les embryons afin de transférer à l’utérus uniquement ceux qui ne sont pas affectés.

Types

Il existe quatre types de la maladie, appelés A, B, C et D, les deux premiers étant les plus répandus.

  • Le type A est la forme la plus grave et est causé par un défaut dans le gène SGSH.
     
  • Le type B est causé par un défaut dans le gène NAGLU.
     
  • Le type C est provoqué par un défaut dans le gène HGSNAT.
     
  • Le type D est causé par un défaut dans le gène GNS.

Diagnostics

Lorsqu’un cas possible de syndrome de Sanfilippo est suspecté, la première étape consiste à réaliser une analyse d’urine à la recherche de concentrations élevées de heparan sulfate. Il sera également nécessaire d’analyser la déficience enzymatique (dans le sérum, les leucocytes, les fibroblastes, les trophoblastes, ou les amniocytes), afin d’identifier lequel des quatre enzymes est responsable et, ainsi, de déterminer s’il s’agit du sous-type A, B, C ou D.

Traitements

Le seul traitement disponible est symptomatique. Les thérapies palliatifs sont essentielles pour améliorer la qualité de vie des enfants atteints du syndrome. Grâce à des séances de physiothérapie et à la collaboration d’autres professionnels de la santé, on peut parvenir à ralentir la perte des capacités cognitives et motrices.

Les possibilités de thérapie de substitution enzymatique sont, pour le moment, à l’étude dans des modèles animaux.

Données complémentaires

Le pronostic sombre de cette maladie (les personnes affectées ne vivent généralement pas au-delà de l’adolescence) a conduit divers organismes à promouvoir la recherche pour trouver un traitement efficace.

Parmi d’autres pistes de recherche, des essais cliniques de thérapie génique ciblant les types A et B du syndrome sont en cours, on évalue l’efficacité de l’emploi de chaperonnes pour le type B et on tente de déterminer si un régime céto peut aider à retarder la maladie.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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