Stress, anxiété et épuisement : le travail impacte déjà la santé mentale de 7 professionnels sur 10 en Espagne

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Le bien-être au travail n’est plus un simple accessoire; il est devenu l’un des principaux leviers de fidélisation des talents en Espagne. Tel est le constat de l’étude sur le Bien-être et la Santé au Travail en Espagne 2026, réalisée par Edenred en collaboration avec Savia by Mapfre, qui met en évidence une augmentation du mécontentement salarial et une détérioration de la santé émotionnelle des travailleurs, particulièrement parmi les plus jeunes.

Selon le rapport, trois professionnels sur quatre (75,6%) déclarent être insatisfaits de leur salaire, un chiffre record qui augmente de manière notable par rapport à l’année précédente. Toutefois, plus de la moitié affirme accepter ce salaire grâce aux conditions de bien-être offertes par l’entreprise, telles que la rémunération flexible, le salaire émotionnel ou les initiatives de santé au travail.

« Cela prend de l’ampleur, mais il existe un moyen d’y remédier, qui est le bien-être au travail », a affirmé Stanislas de Bourgues, PDG d’Edenred Espagne, lors de la présentation de l’étude. Le dirigeant a souligné que cette tendance s’observe dans toutes les générations, bien que ce soient les millennials qui accordent le plus d’importance à cet équilibre : « Plus de 53 % déclarent que, malgré le salaire, ils seraient prêts à rester pour le bien-être ».

Cependant, le rapport avertit aussi d’un risque important de fuite des talents. Actuellement, quatre travailleurs sur dix changeraient d’entreprise si leur rémunération n’était pas améliorée, un chiffre qui dépasse les 50 % chez la Génération Z (âgée de 14 à 29 ans). « Il ne s’agit pas seulement d’une question salariale, mais de la proposition de valeur globale », a déclaré De Bourgues, qui estime que le modèle de rémunération « est en crise ».

Dans ce contexte, la rémunération flexible s’impose comme l’un des outils les plus prisés, même s’il existe encore une grande méconnaissance de ses avantages fiscaux. En effet, 58 % des professionnels reconnaissent ne pas bien comprendre le fonctionnement de ces avantages. « Il faut travailler davantage sur la communication et aider les professionnels à comprendre tous les avantages », a déclaré le PDG d’Edenred Espagne. Les baby-boomers constituent le groupe avec le moins de connaissances, tandis que les millennials montrent une meilleure familiarité avec ces formules.

Parmi les avantages les plus demandés figure l’assurance maladie, choisie par 30,1 % des personnes interrogées. Sont également pris en compte les aides liées au quotidien, telles que le Ticket Restaurant ou les aides au transport, particulièrement chez les travailleurs plus jeunes. De plus, l’intérêt pour des solutions liées à la stabilité financière croit, comme les plans de pension ou les assurances vie.

Au-delà du salaire, l’étude identifie une autre grande priorité pour les employés : la nécessité de déconnecter. « Ce que recherche le talent, ce sont des moments de déconnexion », a résumé De Bourgues, qui a indiqué que des aspects apparemment simples, comme disposer de café, de fruits gratuits ou d’espaces de repos, ont un grand impact sur l’expérience de travail.

La santé émotionnelle, le grand défi du travail

(Foto: Freepik)

L’un des éléments les plus préoccupants du rapport concerne la santé mentale. Sept professionnels sur dix affirment que leur travail affecte négativement leur santé émotionnelle, tandis que près d’un sur quatre assure que cet impact est constant et durable au fil du temps.

Pour Pedro Díaz Yuste, PDG de Savia, la santé émotionnelle est devenue « le grand défi du monde du travail ». « Cette usure accompagne la personne tout au long de sa vie professionnelle et finit par affecter à la fois le professionnel et la personne elle-même », a-t-il averti. Parmi les symptômes les plus fréquents figure le stress, qui atteint des niveaux records et affecte 58 % des travailleurs. On observe aussi une augmentation des difficultés à déconnecter, des symptômes dépressifs et l’insomnie professionnelle, qui touche déjà 40 % des répondants.

La Génération Z est le groupe le plus touché. Près de 80 % de ces jeunes reconnaissent que leur travail nuit à leur santé émotionnelle et plus de la moitié rapporte du stress, de l’anxiété ou des difficultés à déconnecter. De plus, près de la moitié affirme que le travail affecte négativement leurs habitudes alimentaires.

Précisément, l’alimentation et la sédentarité figurent parmi les aspects qui préoccupent le plus. 40,5 % des travailleurs reconnaissent que leur emploi nuit à leur manière de manger, principalement en raison du manque de temps et d’options saines. Par ailleurs, la sédentarité continue de croître et touche particulièrement les millennials et la Génération X.

Dans l’ensemble, l’étude reflète un changement de paradigme dans les relations professionnelles. Le bien-être n’est plus perçu comme un simple avantage, mais comme un élément essentiel pour attirer, retenir et prendre soin des talents dans un contexte marqué par l’épuisement émotionnel et l’incertitude économique.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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