Se jeter tête la première dans l’eau : signaux d’alarme indiquant une blessure grave

Piscine, rivière ou mer, peu importe. Chaque été, les experts le rappellent : se jeter de tête comporte toujours un risque. « S’il survient un choc contre le fond, le rebord ou même contre un autre baigneur, l’énergie du coup se concentre sur une zone très restreinte : généralement la tête et le cou », avertit Roberto Barcala Furelos, sauveteur, coordonnateur du groupe de travail Semes-Socorrismo et directeur du Groupe de Recherche Remoss.
Selon l’expert, le mécanisme le plus dangereux est une hyperflexion ou hyperextension brutale de la colonne cervicale au moment de l’impact, pouvant aller d’une simple entorse cervicale à une fracture-luxation d’une vertèbre. De plus, « il peut s’accompagner d’un traumatisme crânio-encéphalique, avec ou sans perte de connaissance, ce qui peut aussi conduire à une noyade », ajoute-t-il.
Par ailleurs, il convient de savoir qu’il n’existe pas de profondeur minimale sûre pour se jeter tête première, car, selon Barcala, de nombreux facteurs entrent en jeu : la hauteur du saut, la visibilité du fond, la présence ou non de roches ou d’autres objets, ou même les marées et les vagues qui peuvent retirer rapidement du volume d’eau. En règle générale, il ne faut pas sauter dans des lieux inconnus, dépourvus d’indicateurs de profondeur et/ou homologués pour les sauts ou les sorties de natation. En cas de doute, entrez prudemment et debout.
(Foto: Freepik)
Signes d’alerte pour demander de l’aide
Jesús García-Mulero, spécialiste en médecine du sport à l’hôpital HM San Francisco de León, indique quels symptômes signalent qu’il est nécessaire de consulter immédiatement un médecin :
- Perte de connaissance.
- Désorientation.
- Douleur de tête intense.
- Vomissements répétés.
- Somnolence excessive.
- Troubles moteurs, tels que des picotements dans les extrémités ou perte d’équilibre.
- Difficultés à respirer.
« En l’absence de professionnels qualifiés (secouristes ou autres spécialistes des urgences), si nous sommes témoins d’une immersion tête la première potentiellement blessante et que nous identifions les signes décrits ci-dessus, nous devons demander que quelqu’un appelle rapidement le 112 », détaille García-Mulero.
Dans le cas où la personne n’est pas capable de se maintenir à la surface par elle-même ou se retrouve face contre le sol, il faut retourner la personne en tournant avec précaution tout l’axe tête, cou et tronc comme s’il s’agissait d’un seul bloc, en utilisant les avant-bras et les mains comme s’ils formaient une pince (technique du torniquet).
« L’idéal est que plusieurs personnes participent à ces manœuvres, car si une seule personne agit, les probabilités d’aggravation des blessures augmentent », ajoute García-Mulero.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
