Schizophrénie : symptômes et causes

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Autrefois, et aujourd’hui encore, parler des maladies mentales demeure tabou pour certaines personnes. Peu à peu, des progrès ont été accomplis sur ce sujet. En particulier, concernant la schizophrénie, dans la population générale il existe une certaine confusion sur ses symptômes et ses causes.

Dans l’article qui suit, nous expliquerons tout ce qu’il faut savoir sur ce trouble mental, aussi grave que fréquent, car son incidence est relativement élevée. Outre sa définition, seront détaillés les aspects relatifs à la symptomatologie, à l’étiologie ainsi qu’au soin du patient.

Qu’est-ce que la schizophrénie ?

La schizophrénie fut initialement nommée démence précoce par Emil Kraepelin. Néanmoins, les historiens de la psychiatrie restent prudents avant d’assimiler directement ce concept à son équivalent actuel.

Il s’agit d’une maladie mentale qui se caractérise par des perceptions ou des pensées dissociées de la réalité. Souvent, des hallucinations ou des délires, des sentiments et émotions exagérés ou des comportements incohérents se présentent.

Tout cela se manifeste par un isolement social du patient, des conduites erratiques, un langage désorganisé et chaotique, une perte de concentration et de mémoire et une négligence des activités quotidiennes, y compris l’hygiène personnelle.

Dans l’ensemble, la schizophrénie affecte le fonctionnement de la personne sur les plans social et cognitif. Ainsi, ses relations avec les autres, avec elle-même et avec le monde qui l’entoure se voient limitées. Par conséquent, elle peut constituer un trouble invalidant.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de vingt millions de personnes dans le monde sont schizophrènes. Bien que ce chiffre puisse être plus élevé, cela s’explique par le fait que tous les patients ne sont pas diagnostiqués. Par ailleurs, la schizophrénie est plus répandue chez les hommes que chez les femmes, dans une proportion de 60 pour 40.

Les hallucinations et les délires font partie des signes de la schizophrénie.

Schizophrénie et ses symptômes

Dans la schizophrénie, les symptômes peuvent être variés. Nous énumérerons ici les plus importants et les plus fréquents, bien que leur combinaison soit la norme de la présentation clinique. Quoi qu’il en soit, il existe jusqu’à cinq types de tableaux de cette pathologie, chacun avec ses caractéristiques propres.

Les signes évidents sont généralement les suivants :

  • Hallucinations: voir, entendre ou percevoir quelque chose qui n’est pas réel. De nombreux patients schizophrènes affirment entendre des voix dans leur tête.
  • Délires: croyances fausses dérivées d’une interprétation déformée de leurs propres perceptions ou expériences. La paranoïa est courante chez les schizophrènes.
  • Fantasies: tendance à croire ou à se croire quelque chose sans fondement dans la réalité. Par exemple, penser que l’on est une personne importante.
  • Conduite désordonnée: chaotique, extravagante, sans but ni raison apparente. Des stéréotypies peuvent apparaître.
  • Catatonie: parfois, le patient tombe dans un état catatonique, restant dans la même pose de manière rigide et résistant à se mouvoir.
  • Parler balbutiant et incohérent: avec un discours peu élaboré et sans pertinence. Cela conduit à l’incapacité de communiquer avec les autres de manière assertive.
  • Altération émotionnelle: peut se manifester par de l’apathie, une déconnexion ou de l’anhédonie. Il peut aussi aller jusqu’à ressentir un attachement excessif envers quelque chose de peu important.
  • Altérations cognitives: pensée désordonnée, difficulté à se concentrer, faible efficacité dans l’accomplissement de tâches complexes, détérioration des fonctions, perte de mémoire.
  • Désintérêt: envers les activités professionnelles, académiques, sociales, culturelles et sportives. Une faible socialisation en général.
  • Négligence et manque de soin personnel.

Causes de la schizophrénie

À ce jour, il n’a pas été possible d’établir avec certitude la cause de la schizophrénie. On considère que, plutôt qu’une origine unique, il peut exister une combinaison de facteurs génétiques, environnementaux et personnels liés, même au mode de vie.

Tout cela agit sur le fonctionnement, la structure et la chimie du cerveau. Parmi les facteurs qui influent ou qui sont associés à une plus grande prédisposition à développer une schizophrénie figurent les suivants :

  • Génétique: les personnes ayant un proche parent schizophrène (parents ou frères et sœurs) présentent un risque plus élevé que le niveau moyen de la population générale. Même chez les jumeaux, lorsque l’un souffre de schizophrénie, l’autre a une probabilité élevée d’en être atteint aussi
  • Problèmes de santé: tant au moment de l’accouchement que avant ou après. Infections diverses chez la mère et le fœtus, manque d’oxygène, faible poids à la naissance, incompatibilité sanguine mère-enfant.
  • Situations stressantes ou consommation de drogues et d’autres substances: peuvent être des facteurs déclencheurs chez les personnes prédisposées génétiquement.

Par ailleurs, il n’a pas été établi de façon déterminante qu’il existe une relation entre des lésions de la tête ou des traumatismes crâniens et la schizophrénie. Par conséquent, l’association n’est pas documentée.

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Le patient atteint de schizophrénie ne peut pas demander de l’aide par lui-même, c’est pourquoi les autres constituent son soutien.

Soin du patient et son entourage

On a beaucoup progressé dans le traitement de la schizophrénie et de ses symptômes, au point de ne plus considérer l’hospitalisation comme première option. Bien au contraire, l’utilisation de psychotropes, ainsi que le soutien psychosocial au malade et à sa famille se sont révélés efficaces.

Cela dépendra de la volonté et de l’attitude des personnes qui entourent le patient. Leur intervention est très importante, car le patient schizophrène n’est pas conscient de sa situation et ne se rendra pas de lui-même dans un centre de soins pour demander un accompagnement thérapeutique.

À cet égard, il incombe à la famille, au partenaire ou aux proches d’intervenir. Il est important de prendre en compte les signaux d’alarme, selon les symptômes que nous avons signalés.

Il ne faut pas négliger l’attention et les soins du patient présentant des symptômes de schizophrénie, même en l’aidant avec son traitement. Une fois le diagnostic posé et le traitement instauré, il doit recevoir un soutien dans les tâches qu’il ne peut pas accomplir par lui-même.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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