Nuit de la Saint-Jean : pourquoi brûler ce que vous voulez oublier peut vous aider à repartir de zéro, selon la psychologie

C’est la nuit de la Saint-Jean. Nuit de sorcellerie, de souhaits, de résolutions, de superstitions. C’est une nuit de tradition et de feux. Certains affirment qu’à minuit pile il faut formuler un vœu et qu’il se réalisera. Mais peut-être la coutume la plus répandue est d’écrire sur un morceau de papier ce que nous souhaitons laisser derrière nous, puis de le jeter dans le feu pour qu’il disparaisse à jamais.
Mariola Fernández, professeure de psychologie à l’Université Européenne, explique à CuídatePlus que cette soirée de rassemblement communautaire pour recommencer a des origines anciennes. Le feu porte des significations différentes selon les sociétés : pour les païens, il symbolisait la fête, la communauté et le rapprochement; pour les courants religieux, il évoque la pureté. En réalité, il s’agit d’un sens d’appartenance qui nous pousse ensemble à nous débarrasser de tout ce qui, durant la journée, nous a perturbés ou nous a empêchés de dormir ; il s’agit d’un geste symbolique pour s’en délivrer, souligne Fernández.
Il est vrai que le fait d’inscrire ces choses sur le papier pour les brûler dans la nuit du 23 au 24 revêt une dimension psychologique très profonde. Au‑delà de la superstition, Fernández souligne que « ces rituels peuvent aider à gérer les émotions, marquer des transitions de vie et impulser vers de nouveaux objectifs ».
Un nouveau départ
Tout comme certaines personnes prennent des résolutions pour le Nouvel An, la nuit de la Saint-Jean représente aussi le début d’un nouveau cycle vital, d’une nouvelle vie, d’un changement, d’une transition, ce dont nous avons besoin. « Les rituels n’effacent pas ce qui a été vécu, mais ils permettent de donner une forme narrative : ceci a commencé, cela m’a affecté, je le reconnais et maintenant je peux commencer à le clôturer », poursuit Fernández.
Il se peut que l’on pratique précisément la nuit de la Saint-Jean, car elle est associée à un changement de cycle. C’est le jour le plus long et la nuit la plus courte, l’été arrive, la lumière et le renouveau. « Cela renforce psychologiquement l’expérience, d’autant plus que les événements collectifs génèrent du sentiment d’appartenance et nous rappellent que nous ne sommes pas les seuls à avoir besoin de lâcher prise et de repartir de zéro ».
Ainsi, ce geste porte une signification symbolique. Lorsque nous avons besoin de recommencer, nous écrivons ce que nous voulons laisser derrière nous sur un papier et nous le jetons dans le feu. Cela offre une image très puissante : ce qui représentait une peur, une préoccupation ou une charge se consume sous nos yeux.
Ce geste n’est pas une thérapie et il ne la remplace pas, mais il peut aider à se sentir maître de la situation, soulagé et avec un cap pour l’avenir.
Cela dit, une fois le but établi, il faut avancer et mettre en œuvre le changement que l’on désire. « C’est comme fermer une porte et en ouvrir une autre. L’idée est de s’en servir comme premier pas pour continuer à avancer. Si le rituel reste au stade du simple « je veux éliminer ceci », il peut apporter un apaisement mais pas nécessairement une direction. Toutefois, après avoir lâché prise et formulé un souhait, une intention ou un objectif, l’esprit commence à s’orienter vers l’avenir. »
À quoi dire adieu ?
Tout dépend de notre expérience de vie, de notre souffrance, de notre volonté et de ce que l’avenir nous réserve. Les possibilités sont infinies, mais Fernández considère que les rites que propose la tradition de la Saint-Jean « peuvent s’avérer particulièrement utiles pour se dire adieu à des soucis quotidiens, à la fatigue émotionnelle, à des culpabilités légères, à des peurs anticipatoires ou à des étapes de vie qui ont déjà accompli leur fonction ». Ils peuvent aussi servir à marquer des jalons personnels importants tels que la fin d’une relation, un changement professionnel ou l’abandon de dynamiques d’auto-exigence excessive.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
