Proposer des solutions lorsque votre partenaire cherche du soutien : l’erreur qui indispose sans discussion préalable

Ton partenaire rentre à la maison et commence à te raconter un problème au travail. Avant même qu’il termine sa phrase, tu lui as déjà proposé trois façons de le résoudre. Plutôt que de le remercier, il se referme ou répond par « oublie, peu importe ».
Cela n’implique pas que tu aies dit quelque chose d’inexact, et pourtant quelque chose n’a pas fonctionné. Cela arrive probablement parce que la personne cherchait à être écoutée, pas à ce que tu résolves le problème.
Donner des conseils n’est pas en soi une erreur. Cependant, lorsque la solution arrive avant que l’autre personne ait pu raconter ce qui se passe, cela signifie que tu ne t’es pas donné le temps de vérifier quel type de soutien elle avait besoin à ce moment-là.
Appui émotionnel et appui pratique : deux formes tout aussi valables
Il existe deux façons d’aider quelqu’un, et aucune n’est supérieure à l’autre. Le soutien émotionnel consiste à écouter, à montrer un intérêt sincère et à reconnaître ce que ressent l’autre personne, sans chercher à tout résoudre. Cela peut être aussi simple que de dire « quelle journée tu as eue » et de laisser de l’espace pour qu’elle puisse continuer à parler.
Le soutien pratique ou informatif, en revanche, se concentre sur donner des conseils, proposer des alternatives ou aider activement à résoudre le problème, comme suggérer à qui écrire ou quelles étapes suivre ensuite.
Les deux sont des façons légitimes d’aider, et cette différence ne dépend pas du fait que celui qui parle soit un homme ou une femme. Toute personne peut avoir besoin d’encore plus d’écoute à un moment donné et plus de solutions à un autre, selon la situation et son état d’esprit.
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Pourquoi une solution adaptée peut être mal reçue
Ce qui détermine si l’aide fonctionne n’est pas son contenu, mais s’il correspond à ce dont la personne avait besoin à l’instant. Une recommandation bien pensée peut sembler peu empathique si elle arrive avant que quelqu’un ait fini d’exposer ce qui lui arrive, car elle interrompt le processus qui consiste à mettre des mots sur ce qu’elle ressent pour passer directement à le régler.
Une personne qui raconte un conflit avec un collègue peut simplement avoir besoin de se défouler avant de penser à ce qu’il faut faire, et recevoir immédiatement une liste d’étapes à suivre peut donner l’impression que cette partie du récit n’avait pas tant d’importance.
La personne peut percevoir cette précipitation comme un signe que son malaise compte moins que de résoudre l’affaire au plus vite, même si l’intention de celui qui écoute était exactement l’inverse.
Trois étapes pour viser juste le type de soutien
- Écouter d’abord, sans interrompre avec des idées pour résoudre le problème, donne à l’autre personne l’espace pour finir d’expliquer ce qui se passe avant d’avancer des propositions.
- Valider l’expérience, c’est-à-dire reconnaître que ce que ressent l’autre a du sens pour elle, avec quelque chose comme « je comprends que cela t’ait dérangé ».
- Lorsque ce n’est pas clair ce que l’autre attend, demander directement évite les suppositions : un simple « veux-tu que je t’écoute ou veux-tu que nous réfléchissions à ce que nous devons faire ? » résout le doute sans avoir à deviner.
Proposer des solutions n’est pas ce qui crée la friction ; les anticiper sans savoir si l’autre les avait demandées peut faire que ce geste d’aide sincère soit perçu comme un manque d’écoute.
La prochaine fois que ton partenaire commence à te raconter quelque chose, avant de proposer une solution, essaie de le laisser finir de parler. Cette petite marge, presque toujours, est la seule chose qui manquait pour que l’aide arrive telle quelle.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
