Piluca Barrau, pharmacienne: le hantavirus ne se diagnostique pas comme la grippe avec un autotest rapide

De nombreuses questions se posent autour du hantavirus, notamment celles liées à la transmission, à la gravité des symptômes et aux mesures de protection et de prévention, mais beaucoup se demandent aussi comment il peut être détecté. Comme l’explique à CuídatePlus Piluca Barrau, pharmacienne, « le hantavirus est un virus peu fréquent qui se transmet essentiellement par contact ou par inhalation de particules contaminées provenant de rongeurs, notamment dans les espaces clos ou mal ventilés». Contrairement à d’autres virus respiratoires, « on ne parle pas d’une infection habituellement diagnostiquée par un autotest en pharmacie » et cela il faut bien le garder à l’esprit. Le diagnostic, dans ce cas, « nécessite un contexte clinique et des analyses de laboratoire spécifiques ».
Dans le cas du hantavirus, il faut noter qu’il existe des tests diagnostiques, mais, comme l’explique la pharmacienne, ces tests « sont réalisés en milieu sanitaire et hospitalier ».
Les plus utilisés sont « la sérologie, pour détecter les anticorps dirigés contre le virus, et la PCR qui permet de détecter le matériel génétique viral lors des phases aiguës ». Le test habituel « est généralement la détection des anticorps IgM, qui orientent vers une infection récente ».
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Pourquoi il n’y a pas de tests en pharmacie
À ce jour, comme le précise Barrau, « il n’existe pas de tests rapides à usage répandu et validés en pharmacie communautaire comme c’est le cas pour la grippe ou le COVID ». C’est important de bien l’expliquer car, comme elle le souligne, « il ne serait pas pertinent de générer une demande massive d’autotests pour une infection peu fréquente qui nécessite une évaluation clinique réelle ».
De plus, elle ajoute, « il faut faire preuve de grande prudence ». Pour les infections peu fréquentes, « se faire tester sans critère médical peut générer : de faux positifs, de faux négatifs et beaucoup d’angoisse inutile ».
Pour cette raison, il faut rappeler que « le diagnostic doit toujours s’appuyer sur des symptômes compatibles, sur les antécédents épidémiologiques et sur des tests validés ».
Dans ce cas, les premiers symptômes peuvent ressembler à une grippe, c’est‑à‑dire fièvre, fatigue intense, douleur musculaire, mal de tête, mais pour le hantavirus, « cela peut évoluer vers des formes respiratoires graves ».
C’est pourquoi, « s’il existe des antécédents d’exposition à des rongeurs et des symptômes importants, il convient bien de consulter ».
En tout état de cause, selon Barrau, « le message destiné à la population ne doit pas être d’alarmer, mais d’informer correctement, car le risque pour la population générale reste faible ».
En ce qui concerne les mesures de prévention, elles passent par :
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Éviter l’exposition aux rongeurs
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Nettoyer correctement les espaces clos
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Consulter en cas de symptômes compatibles après une exposition à risque
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
