Migraines

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Qu’est-ce que c’est

Tout d’abord, il est essentiel de ne pas confondre migraine et céphalée. En effet, toutes les céphalées ne sont pas des migraines, et toutes les migraines ne se manifestent pas nécessairement par des maux de tête intenses. La céphalée, ou mal de tête, représente l’une des formes les plus courantes de douleur. Bien que sa cause demeure inconnue, la douleur provient d’une dilatation des artères situées dans le crâne.

Une migraine est une douleur crânienne récurrente, pulsatile et intense qui touche généralement un seul côté de la tête, mais peut aussi affecter les deux côtés. La douleur survient de manière brusque et peut être précédée ou accompagnée de symptômes visuels, neurologiques ou gastro-intestinaux.

Bien que la migraine puisse débuter à n’importe quel âge, elle se manifeste le plus souvent chez les personnes âgées entre 10 et 30 ans. Parfois, elle disparaît après 50 ans et elle est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Si l’on considère que plus de la moitié des personnes migraineuses ont des proches qui en souffrent aussi, on peut supposer que la prédisposition peut être héréditaire. En règle générale, la douleur de la migraine est plus aiguë que celle des céphalées tensives.

Étiologie

Le nerf trigéminal se situe dans le cerveau et assure la transmission de sensibilité à la tête. L’une des branches de ce nerf se connecte avec les vaisseaux sanguins des méninges, le tissu qui recouvre le cerveau. Parfois, les méninges s’enflamment, provoquant une sensation de douleur transmise au cerveau par le trigéminal et, par conséquent, déclenchant la migraine.

Causes

Les causes exactes des migraines restent inconnues, bien que plusieurs théories aient été explorées. On estime aujourd’hui que la migraine est un trouble constitutionnel à base génétique. Les facteurs déclenchants sont difficiles à identifier et varient d’une personne à l’autre, mais les plus fréquents sont les suivants :

  • Hérédité: bien que le mode de transmission ne soit pas totalement élucidé, chez certaines formes particulières de migraine, le gène responsable a été identifié sur le chromosome 9.
     
  • Âge: chez l’enfant, la migraine touche aussi bien les garçons que les filles. À partir de la puberté, et en raison des variations hormonales, l’incidence augmente chez les femmes.
     
  • Stress et anxiété: il est utile d’apprendre à se détendre et de rechercher des distractions lors des périodes de tension.
     
  • Hormones: il est fréquent d’avoir une ou deux crises par mois, surtout au printemps et en automne, avec une durée pouvant aller de 4 à 72 heures. Outre la douleur intense, d’autres symptômes comme nausées, photophobie ou vomissements peuvent apparaître. Dans une moindre mesure, l’irritabilité, l’anorexie, les vertiges et les étourdissements peuvent survenir. La migraine peut s’aggraver lors de l’ovulation et des règles, et avec la prise de pilules contraceptives. En revanche, la grossesse a tendance à améliorer temporairement la migraine et beaucoup de femmes constatent une amélioration marquée lorsque les règles cessent (ménopause).
     
  • Consommation d’alcool et régime alimentaire : certains aliments et boissons peuvent favoriser le déclenchement d’une crise de migraine. Par exemple, l’alcool, en particulier le vin rouge ou le bordeaux; les aliments contenant du glutamate monosodique (GMS); les produits contenant de la tyramine (fromages); les viandes en conserve avec des nitrates; le chocolat et les édulcorants artificiels.

    La nutrition joue un rôle important dans l’apparition des céphalées et des migraines. Ce n’est pas seulement le type d’aliments qui compte, mais aussi les heures auxquelles les repas sont pris. Par exemple, le jeûne est l’un des principaux déclencheurs de migraine, il faut donc éviter les longues périodes sans manger et privilégier des repas réguliers.

  • Manque ou excès de sommeil : peut aussi déclencher une migraine.
     
  • Facteurs environnementaux : le temps, les variations de température, les lumières vives ou fluorescentes, les écrans d’ordinateur, les odeurs fortes et les altitudes élevées.
     

Cronification de la migraine

Une migraine peut revenir de manière chronique si le patient ne prend pas les mesures adéquates pour contrer ses effets. Selon la Société Française de Neurologie (SFN), près de 3 % des personnes atteintes passent d’une migraine épisodique à une migraine chronique chaque année, tandis que 6 % basculent d’une migraine de faible fréquence à une fréquence élevée. Certaines causes de cette chronification sont les suivantes :

  • Automédication.
     
  • Consommation excessive d’analgésiques.
     
  • Manque de diagnostic et de traitement.
     
  • Surchauffe pondérale et obésité.
     
  • Troubles respiratoires du sommeil, comme l’apnée du sommeil.
     
  • Dépression, stress et anxiété.

Symptômes

Il n’existe pas de test sanguin utile pour diagnostiquer la migraine, mais en raison de son schéma douloureux caractéristique, elle est généralement relativement facile à diagnostiquer. Environ 20 pour cent des personnes présentent des symptômes de dépression, irritabilité, agitation, nausées ou perte d’appétit, qui apparaissent environ 10 à 30 minutes avant le début de la douleur (période appelée aura ou prodrome).

Un pourcentage similaire de personnes perdent la vision dans une zone précise (appelée scotome) ou perçoivent des lumières scintillantes, ou tressautent ; plus rarement, elles peuvent subir une distorsion des images, comme des objets qui paraissent plus petits ou plus grands qu’en réalité. Certaines personnes ressentent des fourmillements ou, moins fréquemment, une faiblesse dans un bras ou une jambe. Il est habituel que ces symptômes disparaissent peu avant le début de la céphalée, mais ils peuvent aussi se mêler au mal de tête.

Les phases d’une attaque de migraine se classent ainsi :

1. Symptômes précurseurs (prodromes)

Ils apparaissent entre deux heures et deux jours avant le début de la douleur. On peut repérer certains signes qui pourraient être liés à un malfonctionnement de l’hypothalamus, la région du cerveau qui contrôle l’équilibre interne du corps. Parmi ces signes figurent la fatigue, des difficultés de concentration, un accroissement de l’appétit, des éternuements répétés et une rétention excessive de liquides. Ces symptômes touchent environ 60 % des patients.

2. Aura

Ce sont les symptômes neurologiques transitoires, qui apparaissent progressivement et provoquent des altérations visuelles dans la majorité des cas et, dans une moindre mesure, des troubles de la sensibilité ou du langage. Cette aura est due à une dépression corticale qui se propage: le lobe occipital envoie une onde qui se déplace d’arrière en avant, provoquant une dysfonction des structures cérébrales. L’aura ne survient que chez environ 15 à 20 % des patients migraineux et dure entre 10 et 30 minutes. Toutes les migraines n’induisent pas d’aura.

Les types d’aura les plus fréquents sont :

  • Aura visuelle : c’est la plus répandue, apparaissant chez environ 90 % des migraines avec aura. Sa forme tend à être un éclat dans la moitié du champ visuel qui se propage sous forme de lignes en zigzag se déplaçant vers l’un des côtés. Il existe à son tour plusieurs altérations de la vision :
     

    • Formes négatives : le champ visuel est partiellement affecté.
       
    • Formes positives : apparaissent des images fausses, des scintillements ou des distorsions.
       
    • Formes complexes : altèrent la vision, que ce soit en modifiant la couleur ou la taille des objets dans le champ visuel.
       
  • Aura sensitive : apparaît dans environ 60 % des cas. Il s’agit d’une sensation de picotement qui débute dans les doigts et se propage vers les épaules et, parfois, vers la bouche et la langue.
     
  • Aura du langage : c’est peu fréquent. La personne concernée présente des difficultés pour articuler les mots ou pour comprendre les autres.
     
  • Aura rétinienne : très rare. Ses symptômes sont les mêmes que ceux de l’aura visuelle, mais n’affectent qu’un seul œil.
     
  • Aura du tronc cérébral : très rare. Les symptômes apparaissent au niveau du tronc cérébral et sont communs avec ceux des auras visuelle, sensitive et du langage.
     
  • Aura motrice : très rare. Elle provoque une paralysie temporaire d’une partie ou de la totalité du corps, qui ne dure généralement pas plus d’un jour.

3. Phase douloureuse

Elle se manifeste typiquement par une douleur légère à modérée qui s’intensifie. Cette phase dure généralement entre quatre et 72 heures, bien qu’un sixième des patients puissent en souffrir pendant plus de 48 heures. Le type de douleur et sa localisation varient selon les individus.

4. Phase de résolution ou « rémission » (postdromes)

La douleur associée à la migraine s’estompe, mais environ 80 % des personnes se sentent épuisées ou mal après l’épisode douloureux. Sa durée est variable, allant de quelques heures à plusieurs jours.

Prévention

Étant donné que les causes précises d’une migraine ne sont pas clairement établies, il est difficile d’indiquer une méthode universelle de prévention. Cependant, on peut suivre certaines recommandations liées à des symptômes fréquents chez les personnes migraineuses afin de réduire les probabilités d’apparition :

  • Régime alimentaire : certains patients associent l’ingestion de certains aliments à une crise de migraine. Il est donc important d’identifier avec précision l’aliment déclencheur et de l’éviter. Parmi les aliments susceptibles d’être déclencheurs figurent l’alcool, la cuisine chinoise, les mets fumés, le chocolat, les fruits à coque, les agrumes ou la caféine. Le jeûne est aussi associé à l’apparition de migraine, il faut donc privilégier des repas réguliers et des horaires constants.
     
  • Hygiène du sommeil : adopter des habitudes de sommeil saines, dormir suffisamment et à heures fixes peut prévenir un épisode de migraine.
     
  • Niveau hormonal : particulièrement pertinent pour les femmes souffrant de migraines liées au cycle menstruel. Les variations d’œstrogènes provoquées par certains contraceptifs peuvent aggraver les épisodes de migraine.

Types

Il existe plusieurs types de migraines : la migraine avec aura est précédée d’altérations visuelles, comme des taches noires dans le champ visuel ou la perception de points ou de lignes lumineuses. La migraine avec symptômes accompagne peut se manifester par une perte de force d’un côté du corps ou par des altérations du système nerveux central. Un autre type, sans céphalée, se caractérise par des nausées et un état de malaise, sans douleur de tête. 90 % des patients souffrent des types les plus fréquents, à savoir :

  • Céphalée de tension : douleur légère à modérée. Elle peut être déclenchée par le stress, de mauvaises postures, de la fatigue ou une dépression.
     
  • Céphalée en grappe : plus fréquente chez les femmes. Il s’agit d’une douleur sur l’un des côtés de la tête qui peut atteindre l’œil. Elle peut durer environ 15 minutes et survient souvent la nuit.
     
  • Migraine ou jaquaccas : regroupe des symptômes tels que douleur de tête, vomissements, nausées, sensibilité à la lumière et au bruit. Les migraines ont une base héréditaire. La douleur se situe généralement dans une partie de la tête ou sur l’ensemble. Elle est pulsatile et s’accompagne d’un malaise général. Cette douleur s’aggrave habituellement à l’effort physique et s’améliore au repos. Elle concerne 17 femmes sur 100 et 5 % des hommes.
     
  • Migraine avec aura : La migraine avec aura touche entre 15 % et 30 % des personnes souffrant de cette pathologie et se distingue des autres migraines par l’apparition de symptômes pouvant affecter la vue ou le toucher, et même la capacité de parler. Comme le souligne Sonia Santos, Neurologue et coordinatrice du Groupe d’étude sur les céphalées de la Société Française de Neurologie, « dans la migraine avec aura, la différence fondamentale par rapport aux patients sans aura est la présence d’une focalité neurologique transitoire, qui survient habituellement avant la douleur. Les symptômes s’installent de manière progressive en plus de 5 minutes et se maintiennent pendant environ une heure, bien que la plupart durent 20–30 minutes ».

    L’aura visuelle est le type le plus courant et se caractérise par l’apparition de scintillements dans le champ visuel qui se déplacent latéralement. Par ailleurs, il faut distinguer l’aura sensitive, la seconde plus fréquente, qui commence par des picotements au bout des doigts d’une main puis s’étend jusqu’à l’épaule et, éventuellement, jusqu’à la commissure de la bouche et la langue.

    Enfin, on distingue parmi les auras les plus courantes l’« aura du langage », bien que plus rare, qui peut provoquer des difficultés à comprendre ou à articuler les mots. Cette forme est généralement associée à d’autres symptômes visuels ou sensitifs. Il existe aussi d’autres types d’aura beaucoup moins fréquents, comme l’aura rétinienne, qui affecte habituellement un seul œil, l’aura du tronc cérébral, associée à des symptômes visuels, sensitifs ou du langage, et enfin l’aura motrice, extrêmement rare, capable d’entraîner une paralysie temporaire, partielle ou totale d’un côté du corps, avec une altération de la conscience, qui peut durer jusqu’à 24 heures.

Migraine chronique

D’après les données de la SFN, en Espagne, 1,5 million de personnes souffrent d’une migraine chronique, dite lorsque des douleurs apparaissent 15 jours ou plus par mois. La migraine chronique entraîne une diminution de la productivité, une altération de la qualité de vie et un handicap quatre à six fois plus important que la migraine épisodique.

« Le grand nombre de patients qui ne consultent pas pour obtenir un diagnostic et un traitement approprié, associé au fait que de nombreux patients s’auto-médicamentent avec des analgésiques sans ordonnance, sont les principaux facteurs qui font que le syndrome s’aggrave chaque année chez de nombreux patients », souligne Sonia Santos, coordinatrice du Groupe d’étude sur les céphalées de la SFN.

Migraine menstruelle

Il s’agit de la migraine qui survient lors du début ou de la fin du cycle menstruel. Elle a souvent lieu au début de la ménarche et tend à disparaître avec la ménopause. Elle est liée à la chute des œstrogènes qui se produit avant les règles. Deux types existent :

  • Migraine menstruelle pure : la migraine survient des deux jours avant le saignement jusqu’à deux jours après, et sa durée peut varier. Il n’y a pas d’épisodes supplémentaires pendant le reste du cycle.
     
  • Migraine associée : la migraine survient de la même manière que la migraine pure liée au cycle, mais d’autres épisodes douloureux surviennent au cours du cycle.

Diagnostics

Le diagnostic de la migraine est difficile à établir, avertit la SFN. Le délai moyen pour diagnostiquer une migraine est de environ 28,7 mois. Cela s’explique par la faible fréquence à laquelle les personnes affectées consultent un médecin pour obtenir un traitement et par le fait que la moitié des migraineux ignore qu’ils en souffrent.

Généralement, on observe les éléments suivants :

  • Durée : entre 4 et 72 heures.
     
  • Localisation : d’un seul côté ou des deux.
     
  • Qualité : douleur sourde ou pulsatile.
     
  • Intensité : modérée ou sévère.
     
  • Influence de l’activité physique.
     
  • Autres symptômes : nausées, vomissements, photophobie, phonophobie.

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« Il faut améliorer les standards de prise en charge afin que tous les patients reçoivent l’aide nécessaire. En Espagne, de nombreuses personnes attendent encore un diagnostic correct ou ne reçoivent pas le traitement adéquat, même après le diagnostic », affirme Santos.

Cela est illustré par des études telles que l’Atlas de la Migraine en Espagne 2018, qui indique qu’un seul quart des répondants avait reçu un diagnostic en moins de 2 ans, alors que 50 % ont mis plus de 4 ans pour être diagnostiqués et 25 %, plus de 9 ans. Autre étude, l’Estudio Primera, menée en Espagne par des membres du Groupe d’étude sur les céphalées de la SFN, chez des patients se présentant pour la première fois en consultation de Neurologie, qui relevait que seulement 17 % des patients utilisaient un traitement médicamenteux symptomatique approprié pour leurs crises de migraine.

Traitements

Bien que toutes les migraines soient associées à la douleur, elles varient par leur gravité et leur fréquence. Il est donc nécessaire d’élaborer un traitement personnalisé répondant aux besoins spécifiques de chaque malade. Les médicaments puissants sont utilisés pour traiter certaines céphalées et doivent être pris rapidement dès le début de l’attaque. Parfois, ils aident aussi à réduire d’autres symptômes tels que nausées, vomissements ou sensibilité au bruit ou à la lumière. Les thérapies préventives visent à éviter les crises ou à en diminuer la fréquence et la gravité.

Parmi ces thérapies, on distingue les médicaments pharmacologiques et non pharmacologiques. Enfin, les médicaments de secours s’appliquent lorsque les traitements intensifs échouent. Ils peuvent généralement être administrés à domicile, bien que certaines thérapies plus invasives nécessitant des injections intramusculaires ou intraveineuses se pratiquent au cabinet médical ou aux urgences. Ce type de traitement peut provoquer de la somnolence, ce qui peut être utile pour soulager la douleur, même si certains patients se plaignent d’être incapables de poursuivre leurs activités quotidiennes. Il existe plusieurs agents différents pour le traitement individualisé des migraines :

  • Analgésiques: aspirine, paracétamol ou métamizol. Leur efficacité n’est pas élevée et ils ne conviennent qu’aux migraines légères ou modérées. Éviter les formulations contenant des barbituriques, de la codéine ou de la caféine.
     
  • Anti-inflammatoires: indiqués uniquement pour les épisodes légers à modérés et doivent être prescrits par un médecin. Les anti-inflammatoires efficaces démontrés comprennent l’acide acétylsalicylique, le naproxène sodique, l’ibuprofène, le dexketoprofène et le diclofénac.
     
  • Antiemétiques: utilisés lors des crises migraineuses associées à des nausées et vomissements.
     
  • ERGOTamine : son indication principale est lors des crises migraines résistantes aux analgésiques habituels.
     
  • Triptanes: considérés comme les médicaments les plus efficaces pour les migraines d’intensité modérée à sévère. Certains traitements associent plusieurs agents, mais leur abus peut aggraver la situation. Leur utilisation est sous prescription médicale et doit être débutée au début de l’épisode. Exemples : sumatriptan, zolmitriptan, naratriptan, rizatriptan, almotriptan, eletriptan ou frovatriptan; chacun possède des indications spécifiques.

Il existe également divers médicaments susceptibles de prévenir l’apparition d’une crise de migraine :

  • Bêtabloquants : pour les migraines sans aura, en cas d’hypertension ou de grossesse.
     
  • Neuromodulateurs : pour les migraines avec ou sans aura, liées à l’épilepsie, à la chronicité ou au surpoids.
     
  • Antagonistes calciques : pour les migraines avec ou sans aura en cas d’intolérance aux bêtabloquants ou au topiramate.
     
  • Antidépresseurs : pour les migraines liées à une dépression ou à des céphalées de tension.
     
  • Antihypertenseurs : pour les migraines liées à l’hypertension artérielle ou en cas d’intolérance aux bêtabloquants.
     
  • Botox : pour les migraines chroniques. Il s’agit d’un traitement préventif capable de réduire d’environ la moitié les jours de migraine et de céphalée.
     

Derniers traitements pour la prévention de la migraine chronique

En novembre 2019, deux nouveaux médicaments ont reçu l’approbation en Espagne pour être inclus dans les prestations du Système national de Santé (SNS). Il s’agit de deux anticorps monoclonaux, dont les principes actifs sont l’erenumab et le galcanezumab, destinés à la prévention de la migraine.

En particulier, erenumab est un anticorps monoclonal 100 % humain qui est réservé à des patients ayant 8 jours ou plus de migraine par mois (migraine épisodique à haute fréquence et migraine chronique) et ayant trois échecs de traitements antérieurs pendant au moins 3 mois, l’un de ces traitements étant la toxine botuliniqe dans le cas de migraine chronique. Les patients remplissant ces critères auront accès sous prescription médicale à ce traitement spécifiquement conçu pour prévenir la migraine. Il s’administre par voie subcutanée toutes les quatre semaines et peut être autoadministré par le patient lui-même après une formation adaptée.

Dans le cas du galcanezumab, son usage est autorisé en Espagne comme traitement préventif de la migraine chez les adultes souffrant de quatre jours de migraine ou plus par mois, conformément à l’indication approuvée par l’Agence européenne des médicaments. Dans le SNS, il est financé chez les patients ayant 8 jours ou plus de migraine par mois (migraine épisodique à haute fréquence et chez les patients atteints de migraine chronique) et ayant trois échecs de traitements antérieurs utilisés à des doses suffisantes pendant au moins 3 mois, dont l’un peut être la toxine botuliniqe dans le cas de migraine chronique.

Rimegepant est déjà disponible en Espagne. C’est un médicament indiqué pour le traitement aigu de la migraine avec ou sans aura chez les adultes; et pour le traitement de la migraine épisodique chez les adultes présentant au moins quatre crises de migraine par mois. C’est un antagoniste du récepteur du peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP). Il agit en inhibant la signalisation de la douleur, la vasodilatation sans vasoconstriction et l’inflammation neurogénique. Cette nouvelle option thérapeutique permet de réduire la douleur au cours des deux premières heures après l’administration avec un soulagement soutenu jusqu’à 48 heures sans recours à un médicament de secours. Tout cela s’accompagne d’un effet sur la réduction du nombre de jours de migraine par mois, précisément une réduction moyenne d’environ 6,2 jours par mois par rapport au début.

Compléments alimentaires

Il existe des composants alimentaires qui peuvent réduire l’apparition de la migraine :

  • Vitamines : en particulier la riboflavine (vitamine B2), dont on conseille 400 milligrammes par jour.
     
  • Magnésium : une dose quotidienne d’au moins 500 milligrammes est recommandée.
     
  • Coenzyme Q10 : au moins 150 milligrammes par jour.

Therapies mentales

  • Biofeedback : la thérapie par rétroaction biologique mesure des signaux corporels (température, tension musculaire, etc.). Grâce à ces indications, le patient peut apprendre à mieux contrôler la tension musculaire et la température afin d’atténuer les symptômes et de réduire la fréquence et la gravité des attaques.
     
  • Hypnothérapie.
     
  • Méditation ou pleine conscience (mindfulness).
     
  • Psychothérapie : consiste à apprendre à maîtriser les pensées et à réduire celles de nature négative. Cela permet au patient de mieux gérer le stress et les situations susceptibles de déclencher une crise.

Autres données

Les migraines chez les enfants

Avant la puberté, il n’existe pas de différence notable entre le nombre de garçons et de filles souffrant de céphalées, mais après cette période, la migraine est beaucoup plus fréquente chez les adolescentes. Parfois, elles disparaissent à l’adolescence, mais peuvent réapparaître à l’âge adulte. Les jeunes enfants ont tendance à ressentir la douleur sur les deux côtés de la tête, tandis que les enfants plus âgés l’éprouvent sur une seule moitié. Heureusement, les crises chez les enfants sont généralement plus courtes que chez les adultes. Les symptômes les plus courants chez l’enfant sont les nausées et les vomissements, la diarrhée, une augmentation de l’envie d’uriner, des sueurs, soif et enflure.

Les aura visuelle ne sont pas aussi fréquentes chez les enfants que chez les adultes. Souvent, les douleurs liées à la migraine s’atténuent en un an, même sans traitement. Comme chez les adultes, il faut repérer et éviter les facteurs qui déclenchent les crises ou les aggravent. Les médecins recommandent généralement de maintenir des heures fixes pour se coucher et pour se nourrir, et d’éviter une surcharge d’activités. Les traitements non pharmacologiques, tels que le biofeedback ou les techniques de relaxation, sont particulièrement recommandés chez les enfants de cet âge, qui y répondent souvent mieux que les adultes. Si un traitement pharmacologique est nécessaire, le médecin commencera par un seul analgésique.

Les combinaisons de ces médicaments utilisées chez les adultes sont administrées à des doses plus faibles. Selon la fréquence, la durée et l’intensité des céphalées et la réponse de l’enfant au traitement analgésique, un plan thérapeutique pharmacologique préventif peut être envisagé.

Conseils à prendre en compte

  • Tenir un journal dans lequel noter :
    • la date et l’heure du début de chaque céphalée et sa durée,
    • tout autre signe migraineux tel que nausées, vomissements, sensibilité à la lumière, au son ou aux odeurs, ou l’aura,
    • toute cause potentielle pouvant déclencher une crise,
    • chez la femme, le jour du début des règles.

    Avec toutes ces informations, un médecin pourra identifier le schéma des douleurs et ajuster le traitement.

    • Demander à un ami ou à un proche d’aider à surveiller les signes précurseurs des céphalées. Ces signes d’alarme peuvent apparaître à tout moment, quelques heures ou quelques jours avant le début de la douleur. Ils peuvent être variés : soif, bâillements, fatigue, dépression, euphorie, irritabilité, vertiges, sensibilité à la lumière ou au son, torticolis, sensation de froid, besoin accru d’uriner, diarrhée, constipation, etc.
    • Avoir toujours à portée de main une dose des médicaments prescrits par le médecin et les prendre comme indiqués.
    • Utiliser uniquement les médicaments prescrits par le médecin. Ne pas dépasser les doses recommandées et ne pas arrêter le traitement sans l’avis du médecin. Certains médicaments nécessitent un sevrage progressif pour éviter des effets indésirables.
    • Si une dose n’a pas pu être prise, la prendre dès que possible, sauf au moment de la dose suivante. Dans ce cas, ignorer la dose manquée, car il ne faut pas doubler les quantités recommandées.
    • Après avoir pris un médicament contre les migraines, allongez-vous dans l’obscurité d’une pièce calme jusqu’à ce que la douleur commence à diminuer.
    • Rappelez-vous que vous et votre médecin êtes des partenaires dans les soins. Il est important de suivre les conseils de votre médecin et d’apporter tous les changements de mode de vie qui pourraient aider à contrôler les céphalées.

    Histoire

    Les premiers éléments sur la migraine remontent à l’Antiquité, avec des descriptions de ses symptômes dans des poèmes datant d’au-delà de 3 000 avant J.-C. Ensuite, Hippocrate décrit également les différents signes grâce aux connaissances médicales de l’Egypte ancienne vers 460 av. J.-C.

    Arete de Cappadoce a formulé la définition la plus complète de la migraine au IIe siècle après J.-C., à l’époque où l’on utilisait le terme « hétérocrânie ».

    Les migraines et la culture populaire

    Il est possible que la migraine ait inspiré certains artistes et personnages célèbres de l’Histoire. Le peintre Vincent van Gogh aurait pu s’inspirer de certaines visions de ses crises migraineuses avec aura pour certaines de ses toiles. L’écrivain Lewis Carroll aurait également pu être influencé par ces épisodes lors de l’écriture de certains chapitres de son œuvre célèbre Alice au pays des merveilles.

    Épidémiologie

    Selon la SFN, plus de 3,5 millions de personnes en Espagne souffrent de migraine, soit entre 12 et 13 % de la population globale. Chez les femmes, ce chiffre est plus élevé, comprises entre 17 et 18 %. Parmi elles, environ un million présentent des maux de tête plus de 15 jours par mois. 80 % des patients ont moins de 30 ans.

    Comme le rappelle Jesús Porta-Etessam, responsable de l’Unité des Céphalées de l’Hôpital Clínico San Carlos de Madrid, la migraine est une maladie sous-diagnostiquée et sous-évaluée, car « elle affecte plus de 12 % de notre population, 18 % chez les femmes et 7 % chez les hommes. Toutefois, seulement 30 à 40 % de ces patients consultent un médecin de soins primaires ou un neurologue, parce qu’ils ne sont pas diagnostiqués ». Il ajoute en outre que « une femme sur cinq souffre de migraine, ce qui est considérable ».

    Son traitement présente des taux de récupération élevées : selon David Ezpeleta, coordinateur du Groupe d’étude sur les céphalées de la SFN, environ 60 % des patients s’améliorent en suivant correctement le traitement.

    Complications

    Dans des cas exceptionnels, la migraine peut entraîner des complications qui dépassent les symptômes habituels :

    • État migraineux : survient lorsque la crise dure plus longtemps que d’habitude, au-delà de 72 heures. Cela peut provoquer des fourmillements dans les mains, des crampes musculaires ou une rigidité.
    • Aura persistante sans infarctus : se produit lorsque l’aura persiste pendant plus d’une semaine sans qu’il y ait d’autre complication, comme un infarctus cérébral.
    • Infarctus migraineux : des symptômes migraineux apparaissent après une blessure ischémique cérébrale. Il s’agit d’un cas extrêmement rare.
    • Céphalée par abus de médicaments.

    Impact sur la qualité de vie

    L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classe la migraine parmi les 20 maladies les plus invalidantes au monde: environ 42,5 % des personnes atteintes experience un handicap modéré à élevé. Malgré cela, entre 20 et 25 % des personnes souffrant de migraine n’ont jamais consulté un professionnel de santé, et près de 50 % des patients qui consultent abandonnent le traitement après les premières séances.

    L’impact de la maladie n’est pas seulement personnel, mais aussi professionnel : 90 % des patients atteints de migraine chronique déclarent ne pas pouvoir travailler ni fonctionner normalement. En outre, sur le plan économique, on estime que le coût de la migraine en Europe s’élève à environ 27 milliards d’euros par an.

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À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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