Michael Jordan : Le talent gagne des matchs, mais le travail d’équipe et l’intelligence remportent les championnats

Il existe des personnes qui se distinguent dans leur domaine, résolvent les problèmes avec rapidité et obtiennent des résultats visibles, et pourtant les projets auxquels elles participent ne parviennent pas à aboutir. Le talent individuel ne disparaît pas, mais quelque chose ne fonctionne pas dans la manière dont il se connecte au reste du groupe.
Michael Jordan a écrit cette phrase dans son livre I Can’t Accept Not Trying, et même s’il la contextualise dans le basketball, l’idée s’applique à tout environnement où plusieurs personnes travaillent vers un objectif commun.
Ce n’est pas un argument contre le talent, mais une constatation sur ce qui manque pour que le talent produise des résultats durables.
Pourquoi le talent individuel a-t-il une limite
Une personne très habile peut résoudre des situations ponctuelles par elle-même. Elle peut livrer un travail rapidement, prendre une décision judicieuse sous pression ou se distinguer dans une tâche précise.
Mais lorsque l’objectif est plus complexe ou plus long dans le temps, cette personne fait face à une limite réelle : elle ne peut pas tout faire, et si elle essaie, le groupe perd la possibilité d’apporter sa contribution.
Une équipe de travail dans laquelle quelqu’un concentre les décisions, ne délègue pas et considère que son jugement est le meilleur aboutit presque toujours à des frictions.
Les autres membres cessent de participer activement parce qu’ils estiment que leur apport ne compte pas. La performance collective diminue même si cette personne est objectivement plus compétente que les autres.
L’intelligence collective, en revanche, apparaît lorsque chacun apporte depuis ses points forts et que le groupe les coordonne bien. C’est ce dont parlait Jordan lorsqu’il évoquait les championnats.
Il ne faisait pas référence à la somme des talents individuels, mais à la capacité de faire en sorte que cette somme fonctionne de manière cohérente.
Te podría interesar:
Jean-Paul Sartre: Ce qui est important n’est pas ce qu’ils ont fait de nous, mais ce que nous faisons avec ce qu’ils ont fait de nous
Comment se construit cette coordination dans la pratique
Parler de travail d’équipe peut sembler relever d’un cliché. Ce que Jordan indiquait va au-delà du fait de s’entendre ou d’avoir une bonne attitude. Il s’agit de structure et de critère :
- Définir un objectif partagé: que chacun sache où va le projet et quel rôle il occupe. Sans cela, chacun optimise ses propres résultats, pas le résultat collectif.
- Attribuer les rôles selon les forces: ne pas répartir le travail au hasard, mais en fonction de ce que chacun fait le mieux. Cela réduit les frictions et augmente la qualité du résultat final.
- Établir des accords simples de communication: comment les décisions sont prises, comment les retours sont donnés, ce qui se passe en cas de désaccord. Pas besoin d’un protocole complexe, mais au moins quelques bases convenues.
- Revoir régulièrement ce qui fonctionne: les équipes qui s’améliorent sont celles qui se demandent régulièrement ce qui va bien et ce qui doit être ajusté, plutôt que d’attendre qu’un problème devienne visible.
Aucun de ces points ne nécessite que les personnes soient extrêmement habiles individuellement. Il faut que le groupe sache s’organiser.
Le talent comme avantage à amplifier, non comme substitut
La phrase de Jordan ne nie pas l’importance du talent. Ce qu’elle indique, c’est que le talent sans travail d’équipe a une portée limitée.
Lorsqu’une personne compétente travaille au sein d’un groupe coordonné, sa contribution se multiplie. Elle accomplit ce qui lui revient, facilite le travail des autres et contribue à un résultat que personne ne pourrait atteindre seul.
Le problème survient lorsque le talent est utilisé comme argument pour ne pas se coordonner, ne pas déléguer ou ne pas écouter. À ce moment-là, l’habileté individuelle devient un obstacle au résultat collectif.
Dans la vie quotidienne, les « championnats » ne sont pas des médailles: ce sont des projets terminés, des objectifs atteints, des défis surmontés avec d’autres personnes. Et presque toujours, ce qui se réalise, ce sont ceux où chacun apporte ce qu’il sait faire de manière coordonnée, sans que personne n’essaie de tout porter seul. C’est l’intelligence à laquelle Jordan faisait référence.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
