5 raisons pour lesquelles tu ne devrais pas travailler dans ta chambre (et des solutions si c’est ta seule option)

Travailler depuis chez soi présente des avantages, mais cela peut aussi effacer certaines des frontières qui séparaient autrefois le temps de travail du repos. Cela devient particulièrement manifeste lorsque le bureau se retrouve dans la chambre ou, même, lorsque le lit devient le lieu habituel pour répondre à des courriels, assister à des réunions ou terminer des tâches.
Les recommandations en matière d’hygiène du sommeil préconisent généralement de réserver le lit principalement au sommeil et d’éviter les activités qui nous tiennent en alerte lorsque la nuit approche. À cela s’ajoute une considérable dimension pratique : un lit ne procure pas les conditions d’un espace correctement aménagé pour travailler pendant plusieurs heures. Si vous avez la possibilité de séparer les deux environnements, voici cinq raisons de le faire.
1. Votre chambre peut commencer à s’associer au travail
Les espaces et les routines peuvent devenir des signaux liés à des activités précises. Si vous travaillez habituellement depuis le lit ou si vous passez une grande partie de votre journée à traiter des affaires professionnelles dans la chambre, ce cadre commence à cumuler deux fonctions très différentes.
Leur séparation peut aider à préserver des signaux plus clairs : entrer dans l’espace de travail signifie entamer certaines tâches et se coucher annonce le moment du repos. Cela est particulièrement pertinent si vous avez déjà du mal à déconnecter en fin de journée.
Découvrez:
Voulez-vous mieux vous reposer ce soir ? 6 choses à éviter dans les 30 minutes qui précèdent le coucher
2. Vous pourriez finir par utiliser des écrans jusqu’à peu avant de dormir
Avoir l’ordinateur à deux pas du lit facilite ce dernier courriel qui se transforme en vingt minutes supplémentaires de travail. En plus de prolonger mentalement la journée, la lumière et le contenu des écrans pendant la nuit peuvent compliquer la transition vers le sommeil.
Plutôt que de viser une heure exacte qui convienne à tout le monde, essayez d’établir une période de déconnexion avant le coucher. Fermer l’ordinateur et réduire progressivement les activités stimulantes peut faire partie d’une routine nocturne plus sereine.
3. Travailler depuis le lit favorise des postures inconfortables
Le lit peut sembler confortable pendant quelques minutes, mais il n’est pas conçu pour maintenir une posture de travail sur plusieurs heures. Utiliser l’ordinateur avec le cou incliné, le dos voûté ou les bras sans soutien adapté peut favoriser l’apparition de douleurs.
Chaque fois que cela est possible, privilégiez une surface stable et une chaise qui vous permette d’appuyer les pieds et de placer l’écran à une hauteur confortable. Si vous passez de longues heures à travailler, il convient aussi de changer de posture et de faire des pauses régulières plutôt que de rester immobile toute la journée.
4. Les frontières de la journée deviennent moins claires
Lorsque le travail est constamment à portée de main, il est plus facile de le prolonger au-delà du prévu. On termine officiellement, on dîner, puis survient la tentation de vérifier « juste une chose » parce que l’ordinateur est toujours là.
Mettre au point un petit rituel de fermeture peut tracer une frontière temporelle même en l’absence d’une séparation physique. Fermez les programmes que vous utilisez, notez les tâches à faire le lendemain et rangez le matériel. L’idée est de donner à la journée une fin identifiable.
5. Les tâches restantes demeurent à la vue
Un ordinateur ouvert, des documents sur une table ou un carnet plein de tâches peuvent continuer à te rappeler ce qui reste à faire même lorsque l’horaire est terminé.
Il n’est pas nécessaire d’avoir une pièce impeccable. Il suffit de réduire ces signaux en fin de journée : fermer l’ordinateur portable, ranger les documents ou dégager partiellement le bureau peut faire en sorte que la chambre ne ressemble plus à un bureau qui attend encore votre attention.
Que faire si la chambre est votre seule option ?
Tout le monde n’a pas une pièce supplémentaire pour y installer un bureau. Dans ce cas, essayez de créer une séparation à l’intérieur de l’espace dont vous disposez déjà. S’il est possible d’avoir un bureau, privilégiez son utilisation plutôt que le lit et, lorsque cela est possible, délimitez visuellement la zone de travail par l’agencement des meubles, un paravent ou tout autre moyen simple.
Vous pouvez aussi ranger l’ordinateur et les documents lorsque vous avez terminé, éviter de travailler depuis le lit et instaurer une routine qui marque la fin de la journée. Même un geste aussi simple que fermer l’appareil, dégager le bureau et changer d’activité peut aider à distinguer ces deux moments.
Séparer travail et repos ne nécessite pas de rénover toute la maison. Cette semaine, vous pouvez tester un seul changement —ne plus travailler depuis le lit, ranger l’ordinateur en terminant ou instaurer une période de déconnexion avant le coucher— et observer si, à la tombée de la nuit, il vous est plus facile de remettre les tâches au lendemain.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
