Maladie rénale chronique

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Qu’est-ce que c’est

La maladie rénale chronique (MRC), aussi appelée insuffisance rénale chronique, est la perte progressive et irréversible de la fonction des reins, ce qui consiste essentiellement en l’élimination des liquides et des déchets de l’organisme par l’urine (comme l’urée, la créatinine et d’autres).

Sur le plan médical, elle se définit comme la présence d’une altération structurelle ou fonctionnelle rénale qui persiste plus de 3 mois, avec ou sans détérioration de la fonction rénale; ou une taux de filtration glomérulaire (GFR) inférieur à 60.

Prévalence

En Espagne, on estime qu’environ 10% de la population présente une forme d’atteinte rénale, ce qui représente environ 4 600 000 personnes. Dans les stades avancés de la MRC, on recense environ 265 000 individus à travers le pays. Parmi eux, 27 000 suivraient un traitement de remplacement rénal par dialyse et il y aurait environ 35 000 personnes ayant reçu une greffe rénale.

Causes

La première cause de la maladie rénale chronique dans le monde est le diabète. C’est ce qui est connu sous le nom de néphropathie diabétique. Un diabète mal contrôlé peut, avec le temps, endommager les vaisseaux sanguins des reins qui filtrent les déchets du sang.

Une autre cause importante est la hypertension artérielle. La MRC peut aussi être due à des malformations et à des infections urinaires récurrentes, maladies héréditaires, maladies obstructives des voies urinaires, affections systémiques (comme le lupus ou l’arthrite rhumatoïde), l’abus de certains médicaments et d’autres maladies héréditaires, parmi d’autres raisons.

On observe une prédisposition accrue à la maladie rénale chez les personnes de race noire, ainsi que chez celles qui ont été prématurées ou qui avaient un faible poids à la naissance.

Symptômes

Il est important de noter que la MRC ne présente généralement pas de symptômes jusqu’à des stades avancés. Voici quelques signes et symptômes indicatifs d’une éventuelle existence de cette maladie :

  • Changements dans l’urine : urine mousseuse ou sanglante, quantité d’urine supérieure ou inférieure à l’habituel, ou besoin de se lever la nuit pour uriner.
  • Fatigue et manque d’énergie.
  • Problèmes de concentration.
  • Perte d’appétit.
  • Perturbations du sommeil.
  • Crampes (principalement nocturnes).
  • Pieds et chevilles gonflés.
  • Douleur dans la région lombaire.
  • Peau sèche et démangeaisons.
  • Paupières enflées.
  • Coloration plus sombre de la peau.

Prévention

Certains facteurs de risque majeurs de la MRC, tels que l’âge (la fonction rénale diminue avec le temps) ou certaines maladies héréditaires (comme la polykystose rénale), ne peuvent pas être modifiés. Mais de nombreux autres facteurs le peuvent : l’obésité, le tabac et l’alcool, une alimentation inadaptée (loin du régime méditerranéen et riche en sel, en sucre et en ultra-transformés) et le manque d’activité physique. Globalement, un mode de vie sain réduit de manière significative le risque de développer une maladie rénale chronique.

Voici les principales recommandations qui aident à prévenir la MRC :

  • Contrôler la glycémie sanguine.
  • Surveiller la tension artérielle.
  • Boire suffisamment d’eau.
  • Limiter la quantité de sel dans l’alimentation.
  • Maintenir une activité physique régulière.
  • Éviter le tabac, l’alcool et d’autres drogues.
  • Éviter l’usage excessif de médicaments potentiellement toxiques pour le rein (néphrotoxiques), comme le ibuprofène.

Types

La maladie rénale est classée en 5 étapes selon le niveau de fonction rénale. Chaque étape est déterminée en fonction du taux de filtration glomérulaire.

La filtration glomérulaire est le processus par lequel les reins filtrent le sang, en éliminant les excès de déchets et de liquides. Le taux de filtration glomérulaire (TFG) est un calcul qui mesure l’efficacité des reins à filtrer le sang.

Phase 1

Dommage rénal avec GFR normal ou élevé : 90 ou plus.

Phase 2

Dommage rénal avec GFR légèrement abaissé : 60-89.

Phase 3

Dommage rénal avec GFR modérément abaissé : 30-59.

Phase 4

Dommage rénal avec GFR gravement abaissé : 15-29.

Phase 5

Insuffisance rénale terminale. GFR inférieur à 15.

Diagnostics

La maladie rénale chronique se diagnostique par la mesure, dans un échantillon de sang, des taux de créatinine et d’urée sanguine (BUN), qui constituent les toxines principales éliminées par les reins. Par ailleurs, des analyses d’urine sont effectuées afin de connaître précisément la quantité et la qualité de l’urine éliminée.

À partir de ces résultats, on calcule le degré de fonction rénale via la taux de filtration glomérulaire (TFG), qui détermine la gravité de l’insuffisance rénale.

En outre, dans certains cas, des examens d’imagerie peuvent être réalisés, tels que l’échographie, ou un scanner (CT) ou une IRM pour évaluer la taille et la forme des reins. Le médecin peut également envisager une biopsie rénale.

Traitements

Les patients atteints de MRC lors des stades précoces (phases 1, 2 et 3) sont généralement pris en charge par les soins primaires. Les mesures diététiques (régime méditerranéen, aliments pauvres en sel…), le contrôle de la pression artérielle, la prescription de médicaments pour le diabète ou l’hypertension si nécessaire et, en général, l’adoption de habitudes de vie saines (activité physique, arrêt de l’alcool et du tabac…), peuvent freiner la progression de la MRC vers les stades plus avancés. Des analyses périodiques sont réalisées pour évaluer le taux de filtration glomérulaire.

Lorsque le taux de filtration glomérulaire est trop bas ou qu’on détecte une quantité importante de protéines dans l’urine, les patients rénaux sont orientés vers une prise en charge spécialisée, où ils sont suivis par un néphrologue. Dans les services de néphrologie des hôpitaux, il existe généralement une consultation sur la maladie rénale chronique avancée qui surveille les stades 3 et 4. À ces phases, le régime doit être bien plus strict en termes de quantité de protéines et de sodium, et un contrôle pharmacologique accru de l’hypertension, du diabète et d’autres problèmes de santé qui touchent le patient est nécessaire.

Enfin, la phase 5 correspond au stade terminal et irréversible, où les reins ne peuvent plus assurer leurs fonctions et où un traitement de substitution est nécessaire, pouvant être la dialyse ou la greffe rénale.

Autres données

Pronostic

Le pronostic de la MRC varie énormément et dépend surtout de la cause sous-jacente. Dans la plupart des cas, la fonction rénale se dégrade lentement sur plusieurs années, et la détection précoce ainsi que le démarrage d’un traitement adapté permettent de ralentir la progression. Si la maladie évolue jusqu’à l’insuffisance rénale terminale (stade 5), la dialyse ou la transplantation deviennent les seules options.

Rôle des associations de patients

Daniel Gallego, président de la Fédération nationale des associations pour la lutte contre les maladies du rein (Alcer), souligne que la maladie rénale « a un impact élevé sur la vie des personnes et pas seulement sur le plan médical, mais aussi sur les aspects psychosociaux et professionnels ». Les patients se voient contraints de réorganiser leur vie « à tous les niveaux, tant en ce qui concerne la médication et la nutrition, que le travail, qui doit être concilié avec la dialyse ou une transplantation ».

Selon lui, « l’exemple entre pairs fourni par les associations de patients constitue un outil extrêmement puissant qui peut changer la vie des personnes touchées ».

Ces organisations offrent des conseils dans trois volets fondamentaux :

  1. Travail social pour accéder à l’ensemble des prestations ou droits sociaux ou fiscaux correspondant à une invalidité ou à une maladie chronique.
  2. Accompagnement psychologique.
  3. Nutrition.

Également des services de physiothérapie ou des programmes de loisirs et de temps libre. Elles peuvent aider les personnes à voyager même lorsqu’elles sont en dialyse et à organiser leur dialyse dans une autre communauté autonome ou même dans un autre pays, notamment en Europe, où la carte sanitaire est couverte.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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