Le dilemme de l’été : peler ou ne pas peler les fruits à noyau

Les fruits d’été apportent non seulement de la couleur à notre alimentation, mais offrent aussi une gamme bien plus vaste que celle proposée par les saisons d’automne et d’hiver. Nectarines, pêches paraguayennes (ou paraguayennes, selon la région), nísperos, abricots, pêches, pastèque, melon… Chacun peut choisir celui qui lui plaît le plus ou adopter la variété et varier selon ses envies.
Beaucoup de ces fruits présentent une légère pilosité ou du duvet. Ana Colomer, de la Commission de restauration collective du Collège officiel des diététiciens-nutritionnistes de la Communauté valencienne (Codinucova), nous explique quels bénéfices ces fruits apportent à notre organisme.
Éplucher ou ne pas éplucher ?
Le duvet qui entoure de nombreux fruits d’été peut être consommé sans problème, pourvu que les fruits soient bien lavés. Colomer précise que « le duvet présent sur des fruits comme la pêche est tout à fait naturel et ne présente aucun risque pour la santé ». Toutefois, certaines personnes trouvent la texture désagréable ou ressentent une irritation des lèvres ou de la bouche, et peuvent donc préférer l’enlever en épluchant le fruit.
Le fait de manger les fruits avec la peau — en veillant à les laver correctement — permet d’augmenter la quantité de fibres que nous intégrons, ce qui est particulièrement intéressant à un moment où leur consommation est en baisse. La fibre, explique Colomer, apporte des avantages pour la santé digestive en ajoutant du volume à l’alimentation et en facilitant le bon fonctionnement intestinal, avec un effet particulièrement favorable contre la constipation.
De plus, elle aide à augmenter la sensation de satiété et les pics de glucose sanguin. « En les épluchant, nous conservons une grande partie de leurs bienfaits, même si nous réduisons une partie de cet apport en fibres », ajoute Colomer.
Pourquoi faut-il laver les fruits ?
laver les fruits devrait être un geste intégré à notre routine, car cela permet d’éliminer les traces de terre, de saleté, des microorganismes et d’éventuels résidus présents sur leur surface. Colomer rappelle qu’il existe certains groupes de population qui doivent, de surcroît, effectuer un lavage plus approfondi avec de l’eau de Javel alimentaire : personnes immunodéprimées et femmes enceintes.
Une grande teneur en eau pour mieux nous hydrater
Les pêches, les nectarines, les abricots ou les paraguayos contiennent une grande teneur en eau, de minéraux et de composés antioxydants. Selon Colomer, « ils sont particulièrement intéressants pour leur apport en vitamine C, en caroténoïdes et en substances antioxydantes qui aident à protéger nos cellules contre les dommages oxydatifs ».
Ces fruits à noyau ne sont pas les seuls riches en eau : la pastèque et le melon, très estivaux, en contiennent également beaucoup. « Ils peuvent contribuer à maintenir une hydratation correcte durant les mois les plus chauds. Cependant, ils ne doivent pas remplacer la consommation habituelle d’eau, mais la compléter dans le cadre d’une alimentation équilibrée », ajoute Colomer.
Y a-t-il une meilleure que les autres ?
Quand on parle de fruits, aucune option n’est objectivement meilleure que les autres, car chaque fruit contient une grande quantité de nutriments. Colomer le confirme et souligne que « la pastèque et le melon se distinguent par leur capacité à hydrater; les abricots par leur teneur en caroténoïdes; les nectarines et les pêches par leur apport en fibres et en antioxydants; et les fruits rouges par leur richesse en composés phénoliques ».
Il s’agit, comme toujours, de privilégier les fruits de saison et de proximité, non seulement pour la durabilité, mais aussi parce que, au moment où ils murissent, ils offrent le meilleur goût et la meilleure qualité.
Attention aux allergies
Comme pour presque tout, certaines personnes présentent une allergie à certains fruits ou à leur duvet. Colomer rappelle qu’il faut suivre les recommandations médicales personnalisées. « Certaines personnes présentent des symptômes principalement au contact cutané et peuvent tolérer plus facilement la pulpe une fois pelée, alors que d’autres réagissent aux protéines présentes dans le fruit dans son ensemble. » Par conséquent, en cas d’allergie diagnostiquée, il est toujours important de respecter les consignes de l’allergologue.
Entre en-cas ou en dessert ?
Le plus beau avec les fruits, c’est que leurs bienfaits restent présents qu’ils soient consommés en dessert, au déjeuner ou lors d’une collation. Mais ils ne s’arrêtent pas là, puisqu’ils peuvent aussi faire partie de desserts frais et hydratants : « Ils peuvent aussi être ajoutés à des salades, à des yaourts nature, à des flocons d’avoine en porridge ou à des préparations froides comme des granités maison », conseille Colomer.
Et pour éviter la paresse de les éplucher ou de les préparer, Colomer conseille d’avoir toujours des fruits lavés et prêts à être consommés au réfrigérateur. « Quand l’option saine est facilement accessible, il est bien plus simple de l’intégrer au quotidien. »
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
