José Hernández, expert en longévité : Comment vivre plus longtemps et mieux

Nous vivons plus longtemps que jamais, mais nous passons aussi davantage d’années malades. L’une des erreurs courantes consiste à attendre que les dommages soient visibles pour agir. La médecine 3.0 n’attend pas l’apparition des premiers symptômes d’un infarctus, d’un cancer ou d’une démence, mais cherche à détecter des vulnérabilités des années avant qu’elles ne deviennent des diagnostics irréversibles. José Hernández Poveda, neurochirurgien, expert en longévité, fondateur de la clinique Age Reversal et auteur de Vieillir est optionnel (Grijalbo, 2026), explique que la médecine 3.0 se demande : qu’est-ce qui est le plus probable pour l’avenir de cette personne et que pouvons-nous faire aujourd’hui pour l’éviter ?
Et cet expert précise que « vieillir n’est pas ce que vous croyez » et rappelle que depuis l’enfance on nous enseigne que « vieillir est aussi inévitable que le passage du temps », mais la nature offre des « exemples fascinants qui défient l’inévitabilité supposée du vieillissement », parmi lesquels il met en évidence le requin du Groenland qui peut vivre plus de 400 ans avec un métabolisme si lent qu’il semble défier le temps, ou la méduse Turritopsis dohrnii, connue comme la méduse de l’immortalité, capable de revenir de son état adulte à une phase juvénile.
Les cellules sénescentes constituent l’une des portes principales par lesquelles le vieillissement se transforme en maladie. Les dommages mitochondriaux sont responsables d’un grand nombre des problèmes que nous associons au vieillissement, comme la fatigue persistante, la perte de force, la diminution de la résistance physique et le déclin cognitif, rappelle ce spécialiste.
Des ennemis de la longévité
Hernández Poveda cite comme ennemis de la longévité :
- L’athérosclérose et les maladies cardiovasculaires.
- La maladie d’Alzheimer et les démences.
- Le cancer.
- L’inflammation chronique, les maladies métaboliques et la sarcopénie.
L’inflammation est l’un des outils les plus puissants de notre système immunitaire. Le problème réside dans l’activation du système de défense quand il n’est pas réellement nécessaire, « au lieu de lutter contre un ennemi réel et ponctuel, il demeure en état de mobilisation constante« .
Facteurs d’activation chronique
Les facteurs qui favorisent cette activation chronique sont :
- Une alimentation riche en ultra-transformés qui envoie des signaux de danger constants.
- Le manque de mouvement, qui empêche de réguler l’inflammation naturellement.
- Le stress chronique, qui active des systèmes hormonaux dégradant le fonctionnement du système immunitaire.
- Un sommeil insuffisant, qui empêche de réparer les dommages au niveau cellulaire.
- L’exposition continue à des polluants environnementaux qui irritent l’organisme de manière permanente.
Le résultat, explique Hernández Poveda, est une inflammation persistante de basse intensité qui, avec le temps, érode les fondations de l’organisme. Ainsi, elle affecte les artères, accélérant l’athérosclérose; au cerveau, favorisant la neurodégénérescence; au pancréas, contribuant à la résistance à l’insuline, et aux articulations, provoquant usure et douleur.
Dans ce sens, José Hernández plaide pour utiliser la science afin de prendre des décisions correctes qui influenceront notre avenir, à partir de l’alimentation, de l’exercice, du sommeil et de la gestion du stress jusqu’aux biomarqueurs avancés, aux compléments ou aux thérapies médicales avancées.
Et il donne quelques exemples concrets appliqués à certaines des maladies les plus répandues.
- Maladie cardiovasculaire : au lieu d’attendre le premier infarctus, nous évaluons le flux sanguin du cœur, les niveaux des particules qui se déposent sur les parois artérielles et les biomarqueurs d’inflammation afin d’éviter que les artères ne commencent même à se boucher.
- Cancer : au lieu de le découvrir lorsque des symptômes apparaissent déjà, nous utilisons des dépistages précoces, des études génétiques et des techniques d’imagerie à haute résolution et d’intelligence artificielle pour le détecter à un stade précoce, lorsqu’il ne représente pas une menace pour la vie.
- Alzheimer et démences : nous ne nous résignons pas à ce que la perte cognitive arrive avec l’âge. Aujourd’hui, nous savons que des facteurs tels que la résistance à l’insuline, un sommeil défaillant, une masse musculaire réduite, la nutrition et l’inflammation chronique peuvent prédisposer à un déclin cérébral.
- Diabète et maladies métaboliques : plutôt que de contrôler la glycémie chez les diabétiques déjà diagnostiqués, nous analysons la résistance à l’insuline, le tissu adipeux et les habitudes de vie pour freiner le déclin métabolique avant qu’il ne détruise nos systèmes vitaux.
- Inflammation chronique et auto-immunité : nous comprenons de mieux en mieux comment un système immunitaire altéré contribue au vieillissement et à l’apparition de multiples maladies. L’objectif est d’éteindre ce feu silencieux avant qu’il ne cause des dommages irréversibles.
Et comme piliers de la longévité, José Hernández Poveda met en avant :
- · L’exercice physique : s’entraîner pour profiter de la vie
- · La nutrition : faire de l’alimentation la meilleure médecine.
- · Le sommeil : « le super-pouvoir que vous ne saviez pas que vous aviez ».
- · Le contrôle du stress : « pourquoi vivre plus si ce n’est pour en profiter ? »
Cet expert insiste sur le fait que la longévité est « la carrière la plus longue de la vie », et que plus elle est longue, mieux c’est, prévenant qu’il ne s’agit pas de tout changer en une semaine ou un mois mais que « la constance et l’état d’esprit comptent pour tout », et que les petites actions cumulées pendant des décennies sont ce qui « marque réellement la différence ».
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
