Isabel Aranda, psychologue experte en santé au travail : Ton premier jour de reprise du travail, ce que tu dois faire

Comme le dit l’expression bien connue, ce que l’on pouvait donner est désormais terminé. L’été peut vouloir continuer pour certains, mais les vacances, pour beaucoup, non. Il faut reprendre la routine et, avec elle, le travail. Mais pas de panique. CuídatePlus parle avec Isabel Aranda, psychologue spécialisée en santé au travail, pour voir comment rendre ce retour aussi léger que possible.
En particulier, sur la façon d’aborder le premier jour de travail après les vacances, l’experte rappelle que cela doit être compris comme une prise de contact, facilitant une transition en douceur. « Il est important d’arriver avec une marge, de consulter les courriels sans essayer de les vider et de réserver la première journée pour s’organiser et planifier », souligne Aranda, qui fait référence à la règle d’or : « Réduire les attentes, sans baisser les bras ».
Par ailleurs, elle souligne qu’il faut éviter :
- Planifier des réunions importantes ou des décisions critiques le même jour.
- Se comparer au « moi productif » d’avant les vacances.
- Rester tard pour « rattraper » d’un coup. Tenter de compenser en quelques heures plusieurs jours d’absence ne fait que transformer le retour en une expérience de surcharge.
« Le corps et l’esprit ont besoin de se reconnecter, pas de s’accélérer brusquement », affirme-t-elle. Ainsi, insiste-t-elle, l’objectif du premier jour ne devrait pas être de tout récupérer, mais de prendre contact, de faire une revue générale, de reprendre le contrôle et de s’orienter. À cet égard, « il convient de revoir la situation, d’organiser les tâches et de choisir deux ou trois priorités réalistes », recommende-t-elle.
Le syndrome post-vacances ?
(Photo : Magnific)
Le nommé « syndrome postvacances » n’est pas un diagnostic clinique, mais une expression vulgarisée destinée à décrire les symptômes du processus naturel et transitoire d’adaptation au rythme de travail. « Pendant quelques jours, entre trois et sept, peuvent apparaître de la fatigue, de l’apathie, de l’irritabilité, une moindre concentration ou des troubles modérés du sommeil. C’est un signe d’adaptation, non de pathologie », explique Aranda.
Par conséquent, le signal d’alerte n’est pas le mal-être lui-même, mais, comme le rappelle la psychologue, son intensité, sa durée et ses répercussions. Il faut être attentif au cas où se manifestent les symptômes suivants :
- Insomnie persistante.
- Anxiété physique (tachycardie, oppression thoracique).
- Tristesse persistante.
- Les pensées d’évitement total du travail ne diminuent pas progressivement, se prolongent au-delà de deux semaines, s’aggravent ou interfèrent clairement avec la vie personnelle.
Dans ces cas, « il faudrait envisager de consulter un psychologue s’il s’agit d’un possible trouble d’anxiété ou de stress liés au travail », reconnaît l’experte, qui rappelle qu’il n’est pas nécessaire d’attendre d’être au bord du précipice. « Demander de l’aide tôt ne signifie pas pathologiser une réaction normale, mais éviter qu’un malaise persistant ne se transforme en un problème plus grave. Si apparaissent des pensées d’automutilation ou un désespoir extrême, il faut solliciter une aide immédiatement », conclut-elle.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
