Instabilité émotionnelle: symptômes, causes et traitement

Certaines personnes ont tendance à changer d’état émotionnel en de courts laps de temps. Cela est connu sous le nom de labilité émotionnelle ou affective. Cette condition n’est pas liée à la bipolarité, et elle n’est pas nécessairement associée à un trouble psychologique. Néanmoins, il est utile d’en savoir davantage à ce sujet.
Lorsque les émotions ne durent pas longtemps et que les changements d’humeur surviennent sans raison apparente, on peut dire qu’il s’agit de labilité émotionnelle. Cela peut toucher n’importe qui et les causes sont variées. Dans cet article, nous allons voir de quoi il s’agit et comment se traite.
Qu’est-ce que la labilité émotionnelle ?
La labilité émotionnelle ou affective est la variabilité soudaine entre les états d’humeur d’une personne. À ce schéma de changements d’humeur, on le connaît aussi sous le nom de « syndrome pseudobulbaire ». Il s’agit d’un comportement anormal dans la manière de gérer ses propres émotions.
Bien qu’il ne soit pas considéré comme une pathologie à part entière, il s’agit d’une altération qui peut causer des complications importantes chez les personnes qui en souffrent. Changer d’humeur de façon constante rend difficile l’établissement de liens durables et sains avec les autres.
Le temps que mettent les individus pour passer d’un état d’esprit à un autre peut être court ou prolongé, mais il n’y a pas de basculements entre états maniaco-dépressifs, comme c’est le cas dans la bipolarité. De plus, les changements d’humeur surviennent bien avant les 6 mois ; et dans les cas les plus tardifs, ils pourraient survenir en quelques heures.
Quelles sont les symptômes de la labilité émotionnelle ?
Il est important de connaître les symptômes caractéristiques de la labilité émotionnelle, afin que nous puissions la reconnaître chez nous-mêmes et chez les autres. Ci-dessous, nous voyons une liste des indicateurs les plus caractéristiques :
- Sensation d’irritabilité intense et incontrôlable.
- Larmes faciles et survenant sans raison apparente.
- Rires incontrôlables qui peuvent apparaître à des moments inopportuns.
- Tolérance à la frustration très faible.
- Difficultés continues à s’endormir pendant la nuit.
- Optimisme exacerbé qui dure généralement peu de temps. Pendant ces moments, la personne se montre euphoriques et affiche une vision irrationnellement positive de toute situation.
- Pessimisme généralisé vis-à-vis de toute situation. Cela peut se manifester avec des accès de colère, de la fatigue ou un aplatissement affectif.
- Sensation d’insécurité lors de la prise de décisions simples.
Causes et facteurs de risque
La labilité émotionnelle prend naissance à partir de facteurs divers; allant des styles parentaux dysfonctionnels durant l’enfance jusqu’à des facteurs biologiques. Par exemple, une personne pourrait présenter des changements d’humeur soudains et rapides si, dès l’enfance, on lui a inculqué qu’elle peut toujours obtenir ce qu’elle désire.
Les parents qui surprotègent leurs enfants et les comblent de tout finissent par les limiter. Ces enfants grandiront pour devenir des adultes avec un niveau de tolérance très faible lorsque les choses ne se déroulent pas comme ils le souhaitent.
D’autre part, on peut aussi rencontrer des personnes qui présentent des changements irrationnels dans leur état d’esprit pour des causes organiques. Ce serait le cas de sujets présentant des altérations ou des lésions du lobe préfrontal du cerveau. Cette structure s’occupe de réguler les impulsions les plus primaires des êtres humains.
Dans le même ordre d’idées, il existe certains facteurs de risque qui peuvent augmenter la probabilité de labilité affective chez les personnes. Voyons en détail quelles pourraient être ces situations.
- Par l’expérience de niveaux de stress élevés pendant une longue période. Cela peut survenir par une surcharge de travail, ou par le fait d’avoir trop de responsabilités familiales et de ne déléguer les tâches dans aucun domaine. De ce fait, il est naturel que des changements d’humeur surviennent pendant les périodes de tension.
- À la suite d’un accident provoquant une blessure au crâne, de sorte que les zones du cerveau impliquées dans la régulation des émotions soient affectées.
- La présence de certains troubles peut provoquer le syndrome pseudobulbaire. C’est le cas de l’anxiété, de la cyclothymie, de la dépression, entre autres.
Traitement de la labilité émotionnelle
Pour établir le meilleur traitement il est nécessaire de connaître l’intensité et la prévalence du syndrome pseudobulbaire. Il faut donc consulter un professionnel compétent qui peut réaliser une évaluation adéquate. En général, on recourt à un traitement psychologique ou pharmacologique, selon le cas. Voyons cela.
1. Traitement pharmacologique
Seulement dans les cas les plus intenses, lorsque le traitement psychologique n’obtient pas les résultats escomptés, on suggère l’utilisation de médicaments. Le parcours naturel pour que cela se produise est que le psychologue oriente le patient vers un psychiatre afin qu’il puisse réaliser une nouvelle évaluation et, en fonction de celle-ci, prescrire les médicaments.
2. Traitement psychologique
Ce traitement repose sur l’acquisition de ressources qui permettent d’aborder les situations problématiques sous une perspective comportementale. Plusieurs séances avec un thérapeute sont nécessaires, celui-ci utilisera les meilleures méthodes pour que la personne puisse trouver des solutions. La thérapie cognitivo-comportementale est efficace dans ce cas.
Indépendamment de l’orientation du psychologue, il est important que le processus s’attache à traiter certains aspects. Comme premier point, il devrait s’agir d’apprendre à gérer les émotions. Partant de cette base, le patient sera capable de reconnaître les situations qui lui causent du malaise.
Il existe diverses techniques de relaxation qui peuvent contribuer de manière significative à ce que les personnes se connectent mieux à leurs propres émotions; en particulier celles qui reposent sur la respiration.
Comme troisième pilier se trouvent les compétences sociales. Il est nécessaire d’entraîner la personne quant aux façons de se relier avec les autres. De cette manière, elle évitera de tomber dans des relations dysfonctionnelles qui, à long terme, pourraient lui causer de la frustration.
Les changements d’humeur ne constituent pas toujours un problème
À ce stade, nous comprenons comment les changements d’humeur soudains et irrationnels peuvent influencer la vie des personnes. Cependant, il est important de souligner que lorsqu’il existe des raisons sous-jacentes à un changement émotionnel, la démarche la plus saine est de le vivre. Nous ne devons pas nier nos émotions, même si elles sont désagréables.
Dans la mesure où nous apprenons à gérer ce qui nous rend tristes ou de mauvaise humeur, nous pouvons mieux réagir face à ces situations. L’idée n’est pas d’éviter les changements d’humeur, mais de les comprendre et de les affronter de manière appropriée.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
