Qu’est-ce que c’est
Le cancer du larynx est une maladie provoquée par la croissance incontrôlée des cellules du larynx. Cette pathologie peut atteindre toute zone comprise entre la langue et la trachée, pouvant aussi toucher la gorge. C’est pourquoi, parfois, on emploie l’expression « cancer de la gorge » pour désigner le « cancer du larynx ». La grande majorité des cas de cancer du larynx se forment dans les cellules qui tapissent l’intérieur du larynx.
Le larynx (ou gorge) se compose de trois parties : la supraglottique ou partie supérieure du larynx ; la glotte ou partie moyenne, où se trouvent les cordes vocales ; et la sous-glotte ou zone inférieure du larynx. N’importe laquelle de ces structures peut être atteinte par la mutation anormale des cellules qui provoquent le cancer.
Incidence
« On estime qu’en 2020 il y aura environ 3 200 diagnostics de cancer du larynx en Espagne -2 800 chez les hommes et 300 chez les femmes-, selon le plus récent rapport de la Société Espagnole d’Oncologie Médicale (SEOM) », contextualise Pedro Díaz de Cerio, président de la Commission Tête et Cou de la Société espagnole d’oto-rhino-laryngologie et chirurgie de la tête et du cou (Seorl-CCC).
De plus, selon la Seorl-CCC, chaque année, dans notre pays, on observe 18 nouveaux cas pour 100 000 habitants.
Causes
L’Association Espagnole contre le cancer (AECC) répertorie une série de facteurs de risque qui peuvent favoriser l’apparition du cancer du larynx :
- Tabagisme.
- Alcool.
- Âge : plus le patient est âgé, plus le risque est élevé.
- Sexe : les hommes présentent une probabilité plus élevée de cancer du larynx que les femmes.
- Régimes inadaptés : « il existe des preuves qui suggèrent que les régimes pauvres en fruits et légumes augmentent le risque de développer un cancer du larynx », selon l’AECC. Un régime varié peut réduire la probabilité de développer cette maladie.
- Irritation de la gorge : due à des infections.
À ce sujet, Díaz de Cerio précise que « le cancer du larynx est étroitement lié à la consommation de tabac et d’alcool. Les personnes qui fument et boivent présentent une probabilité plus élevée de développer ces tumeurs que celles qui fument uniquement. Il existe d’autres substances toxiques, comme le formaldéhyde et l’amiante, qui sont liées à l’étiologie du cancer du larynx. Le pourcentage de cas de cancer du larynx chez les hommes diminue progressivement, tandis que les cas chez les femmes augmentent. »
Symptômes
Dans les cas de cancer qui touchent la zone supraglottique, les symptômes apparaissent tardivement, ce qui rend difficile la localisation de la maladie à un stade précoce. Selon l’AECC et la Seorl-CCC, les plus fréquents sont :
- Raucité ou altération de la voix (disphonie) : c’est le signe le plus fréquent des cancers du larynx. Ces modifications de la voix surviennent souvent chez les personnes qui fument régulièrement. Bien souvent, le patient ne consulte le médecin que lorsque la pathologie est avancée, car le tabac peut provoquer des altérations vocales.
- Augmentation du volume des ganglions lymphatiques du cou sans cause apparente. Ces bosses dans le cou sont des adénopathies.
- douleur à la gorge lors de la déglutition.
- Secheresse de la gorge.
- Sensation de manque d’air ou d’étouffement (dyspnée), qui survient lorsque le cancer atteint les voies respiratoires.
- douleur à l’oreille.
Prévention

Pour prévenir l’apparition de cette maladie, il est fondamental d’éviter les habitudes qui augmentent les probabilités et qui constituent des facteurs de risque potentiels. Pour cela il faut arrêter le tabac, l’alcool et tenter de suivre une alimentation variée, comprenant fruits et légumes.
Types
Les types de cancer du larynx peuvent être classés selon les cellules touchées par la maladie ou la région du larynx où se situe le cancer. En fonction de la zone, on peut parler de :
- Cancer supraglottique. Parmi les tumeurs du larynx, c’est le type le plus fréquent en Espagne.
- Cancer glottique. C’est celui qui touche les cordes vocales.
- Cancer subglottique. C’est le moins fréquent des trois.
Par ailleurs, si le cancer touche les cellules appelées squameuses situées sur la muqueuse du larynx, on parlera de carcinome épidermoïde (ou squamous cell carcinoma).
Diagnostics
Lorsque la personne présente une voix rauque pendant au moins deux semaines et que celle-ci ne s’améliore pas ou présente l’un des symptômes ci-dessus, elle doit consulter un médecin. Le praticien, selon la SEOM, peut demander l’un des examens diagnostiques suivants pour écarter la présence d’un cancer du larynx :
- Fibro-laryngoscopie : cet examen consiste à introduire un petit tube par l’une des ouvertures du nez. Le patient est préalablement anesthésié pour limiter les désagréments de l’examen.
- Laryngoscopie directe : lorsque l’examen précédent est contre-indiqué, les patients peuvent subir une laryngoscopie directe. Cette procédure consiste à introduire un tube rigide par la bouche jusqu’au larynx du patient, anesthésié au préalable. Une fois inséré, le médecin peut observer les structures internes grâce au microscope intégré et prélever des échantillons.
- Analyse de sang pour dépister la présence d’un cancer dans l’organisme.
- Tomodensitométrie (TDM) de la tête et du cou.
- Imagerie par résonance magnétique (IRM).
- Radiographie du thorax : cet examen aide le médecin à évaluer l’état des poumons du patient.
- Echographie abdominale.
- Gammagraphie osseuse, principalement pour écarter une extension éventuelle de la tumeur.
Traitements
Le traitement du cancer du larynx dépendra du stade de la tumeur, de sa localisation et des préférences du patient. Selon la SEOM, les traitements pour cette maladie sont :
Chirurgie
Cette option comprend plusieurs techniques qui dépendent de facteurs tels que la taille de la tumeur ou sa localisation. La SEOM les classe comme suit :
- Laryngectomie totale : elle consiste à enlever totalement le larynx. La conséquence est que le patient perd la voix et doit respirer par un orifice menant à la trachée, ce qui s’appelle une trachéostomie permanente.
- Laryngectomie supraglottique : on retire la partie supraglottique, ce qui permet de préserver les cordes vocales et, dans certains cas, d’éviter la traqueostomie permanente.
- Cordectomie : on n’enlève qu’une seule corde vocale. L’intervention peut être réalisée au laser ou par chirurgie ouverte.
- Linfadénomectomie cervicale : on retire les ganglions lymphatiques de la région du cou qui est affectée.
Radiothérapie
Cette thérapie peut remplacer la chirurgie dans les cas où seule une corde vocale est touchée. Elle peut également être utilisée comme traitement adjuvant ou être associée à une chimiothérapie pour augmenter son efficacité, lorsque la chirurgie n’est pas indiquée comme option principale.
Chimiothérapie
Elle est généralement employée dans les cas de cancer du larynx, avant une chirurgie ou une radiothérapie (dans le cas de radiothérapie, elle peut être appliquée avant ou conjointement avec celle-ci). On peut aussi recourir à la chimiothérapie après l’ablation totale du larynx afin d’éliminer toute trace de cancer.
Autres données
Pronostic
« Les patients présentant des tumeurs précoces du larynx peuvent avoir une survie proche de 90 %, tandis que les chances de survie à 5 ans sont très faibles dans les cas de tumeurs très avancées et qui présentent aussi des adénopathies », explique Díaz de Cerio. C’est pourquoi « le diagnostic précoce est clé pour le pronostic du patient atteint d’un cancer du larynx. » Les spécialistes doivent entretenir une bonne communication avec les soins de première ligne et, en présence de signes d’alerte, comme une dysphonie persistant >15 jours chez un fumeur ou l’apparition d’une masse dans le cou et de douleur à la déglutition, être attentifs et réaliser une fibroendoscopie. Cette méthode est la plus fiable pour la détection du cancer du larynx, même si une biopsie est ensuite réalisée pour confirmer le diagnostic histopathologique de la tumeur.
Réhabilitation
Selon le président de la Commission Tête et Cou de la Seorl-CCC, « l’objectif que nous poursuivons en tant que chirurgiens de la tête et du cou est que, pour un patient atteint d’un cancer du larynx ayant subi le traitement, la vie soit la plus proche possible de celle d’avant. En plus de traiter les séquelles esthétiques et fonctionnelles, nous devons nous préoccuper de la réhabilitation de la voix. Mais ce qu’il faut aussi obtenir est une communication verbale efficace, ce qui se réalise facilement chez les patients ayant subi des chirurgies partielles grâce à une rééducation logopédique.»
Chez les patients ayant subi une laryngectomie totale, il existe une autre option : l’implantation d’une prothèse phonatoire. Il s’agit d’une valve qui met en communication le segment pharyngé-œsophagien avec la trachée et, en utilisant l’air pulmonaire, le patient peut produire une parole parfaitement audible et intelligible.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
