Cancer du côlon : symptômes et traitements

Qu’est-ce que c’est
Le cancer colorrectal représente la tumeur maligne la plus fréquente en Espagne, mais il n’est pas le plus mortel. « On peut la guérir dans 90 % des cas si le diagnostic est réalisé à un stade précoce », explique Jennifer Hinojosa, experte de la FEAD et spécialiste de l’appareil digestif à l’Hôpital Costa del Sol (Malaga), qui insiste sur l’importance de la prévention, notamment par le dépistage populationnel, comme élément fondamental pour dépister précocement cette maladie. Néanmoins, comme le souligne Gonzalo Guerra, directeur médical et responsable du service de chirurgie générale et digestive du Centre Médico-Chirurgical des Maladies Digestives (CMED), malgré les campagnes de prévention, « qui fortunately s’inscrivent dans la population espagnole, il reste encore beaucoup à faire, tant du côté des administrations publiques que des spécialistes de cette pathologie ».
Le cancer colorectal est une croissance incontrôlée des cellules du côlon et/ou du rectum. La plupart des tumeurs colorectales débutent comme une prolifération sur la paroi interne du côlon ou du rectum, appelée polype. Certains types de polypes peuvent évoluer vers le cancer avec le temps (généralement de nombreuses années), mais tous les polypes ne se transforment pas en cancer.
Les cancers colorectaux peuvent prendre naissance dans chacune des trois couches du colon : muqueuse, couche musculaire et séreuse.
Le cancer du côlon peut croître de trois manières :
- Croissance locale : Dans ce cas, la tumeur envahit profondément toutes les couches de la paroi du tube digestif. En premier lieu, la tumeur maligne croît à partir de la muqueuse, se propage à travers la séreuse et atteint les couches musculaires.
- Dissemination lymphatique : Lorsque la tumeur s’enfonce dans la paroi intestinale, elle peut atteindre d’autres organes en empruntant le réseau des vaisseaux lymphatiques qui permettent l’accès à de nombreux ganglions. Une des caractéristiques de cette diffusion est qu’elle se fait de manière ordonnée, atteignant d’abord les ganglions proches puis les plus éloignés.
- Dissemination hématogène : Ici la tumeur se sert du courant sanguin pour disseminer les cellules cancéreuses vers le foie, les poumons, les os et le cerveau, principalement.
Incidence
Selon le rapport élaboré chaque année conjointement par la Société Espagnole d’Oncologie Médicale (SEOM) et le Réseau Espagnol des Registres de Cancer (Redecan), on prévoit que plus de 42 700 personnes seront diagnostiquées d’un cancer colorectal en 2023.
Causes
Les principaux facteurs de risque liés à cette maladie sont les suivants :
- Âge : La plupart des cas de cancer du côlon se localisent chez des personnes âgées de 65 à 75 ans et celles entre 50 et 65 ans sont considérées comme à risque intermédiaire. Les cas diagnostiqués avant 35-40 ans proviennent souvent d’une prédisposition génétique à développer cette pathologie.
- Régime alimentaire : Le cancer du côlon semble associée à des régimes riches en graisses et pauvres en fibres. À ce titre, de nombreuses recherches sont en cours.
- Hérédité : Dans le cancer du côlon, le facteur génétique joue un rôle important, car il existe une possibilité de transmission héréditaire et de prédisposition à la maladie. Cependant, cela peut être détecté et permettre un traitement précoce.
- Antécédents médicaux : Il a été démontré que les personnes ayant une plus grande prédisposition à cette maladie sont celles qui ont ou ont eu des polypes (croissances bénignes) du côlon ou du rectum, une colite ulcéreuse (maladie inflammatoire de l’intestin), un cancer du sein, de l’utérus ou des ovaires.
- Parents de premier ou second degré qui ont aussi eu un cancer du côlon.
- Mode de vie : Certains facteurs liés au mode de vie prédisposent à l’apparition du cancer du côlon, tels que l’obésité, la sédentarité, le tabac et une consommation excessive d’alcool.
- Chez les personnes atteintes d’une maladie inflammatoire de l’intestin, comme la colite ulcéreuse ou la maladie de Crohn, le risque de cancer du côlon est accru.
Symptômes
Le cancer colorectale évolue sur une longue période et ses symptômes peuvent varier selon l’emplacement de la tumeur dans le côlon. Les inconforts les plus fréquents apparaissent souvent à un stade avancé. Toutefois, ces symptômes ne sont pas spécifiques au cancer du côlon et peuvent apparaître dans d’autres affections comme les hemorrhoïdes ou certains troubles digestifs. Les spécialistes recommandent de consulter un médecin dès l’apparition de ces signes afin de faciliter un diagnostic approprié. Les plus fréquents sont :
Modifications du rythme intestinal
Les patients atteints d’un cancer du côlon peuvent, dans certains cas, présenter diarrhée et, dans d’autres, constipation. La seconde possibilité est fréquente chez les personnes qui, avant la maladie, avaient un transit intestinal normal. Cependant, le plus souvent, le patient souffre de périodes de constipation alternant avec des périodes de diarrhée.
Sang dans les selles
Le symptôme le plus fréquent de cette tumeur maligne est la présence de sang dans les selles. La couleur du sang peut être rouge ou noire. La présence de sang rouge se produit principalement lorsque les tumeurs se situent dans la partie la plus distal du côlon et du rectum. Dans le cas du sang noir, cette couleur apparaît car le sang est digéré et provient de segments plus proximal du côlon donnant lieu à des traces noires appelées mélénas. Si ce symptôme n’est pas diagnostiqué tôt et que le patient ne reçoit pas le traitement adéquat, cela peut s’aggraver et conduire à une anémie. Dans ces cas, le patient peut ressentir des vertiges, de la fatigue ou une sensation de manque d’air, entre autres symptômes.
D’autre part, le patient peut remarquer que ses selles changent de taille et deviennent plus étroites. Cela se produit parce que l’intestin se rétrécit.
Si les tumeurs se situent dans la partie distale du côlon, le patient peut aussi ressentir une sensation de défaillance de l’évacuation et une élimination incomplète.
Douleurs ou malaises abdominaux
Les malaises et douleurs abdominales sont généralement très fréquents. Cela est dû au fait que la tumeur obstrue partiellement le tube intestinal, provoquant des douleurs et une situation semblable à des coliques. Dans certains cas, l’obstruction peut s’aggraver et nécessiter une intervention chirurgicale d’urgence.
Perte de poids inexpliquée, perte d’appétit et fatigue constante
Comme pour d’autres maladies digestives, le cancer du côlon, surtout à un stade avancé, peut provoquer ces symptômes.
Prévention
Dans tous les types de cancer, il existe des facteurs de risque qui font que les personnes exposées à ceux-ci aient davantage de probabilité de développer une tumeur maligne.
La recherche sur le cancer colorectal a démontré que, dans certaines formes, les tumeurs prennent naissance à partir de polypes (petites excroissances bénignes). La détection précoce et l’extraction de ces polypes peuvent aider à prévenir l’apparition de la maladie.
Une autre cause de l’apparition du cancer du côlon est la prédisposition génétique de la personne. Cela découle de diverses altérations dans certains gènes ; par conséquent, les personnes ayant des antécédents familiaux de cette pathologie doivent subir des examens médicaux périodiquement.
Il existe différents syndromes qui prédisposent à l’apparition de la tumeur maligne. Les plus courants sont deux :
Polypose colorectale familiale
Ce syndrome ne provoque que 1 % des cancers du côlon. La polypose colorectale familiale apparaît à l’adolescence, provoquant de multiples polypes dans le rectum et le côlon. La cause est une mutation du gène APC, transmise d’un parent à l’autre. Ce gène peut être hérité aussi bien par les filles que par les garçons.
Cancer colorectale héréditaire non polypose
Ce type de cancer représente entre 3 et 5 % des tumeurs du rectum et du colon. La principale différence par rapport au syndrome précédent est que les patients ne présentent pas de polypes.
Certains comportements peu sains peuvent aussi influencer l’apparition de la maladie, de sorte que suivre les conseils suivants peut être très bénéfique :
- Ne pas abuser de l’alcool ni du tabac : Le tabac augmente le risque de développer des polypes qui peuvent être précurseurs de la maladie. Quant à l’alcool, sa consommation favorise la croissance des cellules de la muqueuse du côlon. Cette croissance donne lieu à des polypes.
- Contrôler le surpoids : Il faut éviter l’obésité et l’excès de calories dans l’alimentation. Faire de l’exercice physique régulièrement contribue à éviter une vie sédentaire et à prévenir l’apparition de la maladie.
- Alimentation : Les spécialistes recommandent de suivre un régime équilibré et proposent les conseils suivants.
- Éviter les aliments riches en graisses.
- Réduire l’apport en graisses afin qu’il ne dépasse pas 20 % de l’apport calorique total, privilégier les graisses mono-insaturées (huile d’olive) et polyinsaturées (huile de poisson).
- Réduire la consommation de viandes rouges.
- Augmenter l’apport en poisson et en poulet.
- Intégrer à l’alimentation des aliments riches en fibre, car consommer au moins 25 g de fibre par jour, sous forme de céréales et de pain complet, prévient l’apparition de la tumeur.
- Augmenter l’apport en fruits et légumes. En particulier chou-fleur, choux de Bruxelles, brocoli et légumineuses.
Types
Dans 90-95 % des cas, l’adénocarcinome est le type de cancer du côlon le plus courant. Celui-ci est situé dans la muqueuse qui tapisse l’intérieur du côlon et du rectum. Les types les moins fréquents sont les suivants :
- Lymphome : cancer des cellules de défense de l’intestin et de l’estomac.
- Sarcome : cette tumeur prend naissance dans la couche musculaire du tube digestif.
- Tumeurs carcinoïdes : se produisent dans les cellules productrices d’hormones du système digestif.
- Mélanome.
Diagnostics
Un des principaux avantages du cancer du côlon est qu’il est l’un des rares types qui peut être diagnostiqué avant que la personne ne présente des symptômes et, même, avant que les polypes ne se transforment en cancer.
Le test de dépistage le plus fiable est un test sanguin occulte dans les selles qui vérifie la présence ou l’absence de sang. Le patient effectue l’échantillon à domicile et le remet dans son centre de santé afin qu’il soit analysé et interprété par un spécialiste. Ce test est recommandé, en règle générale, tous les deux ans à partir de 50 ans.
Si le résultat est positif, une colonoscopie sera ensuite réalisée pour déterminer l’origine du saignement. Cet examen permet de déceler et d’enlever sur le champ les polypes, afin d’éviter le développement d’un cancer et, le cas échéant, sa malignité.
Lorsqu’un soupçon de l’existence d’une lésion du côlon se présente, le médecin doit établir une histoire clinique, effectuer un examen physique et un toucher rectal. Pour détecter un cancer du côlon, on utilise plusieurs techniques :
- Toucher rectal : Examen physique consistant à introduire un doigt dans l’anus pour détecter des anomalies dans la partie inférieure du tractus digestif, comme du sang, des masses anormales ou une douleur ressentie par le patient.
- Sigmoïdoscopie : Examen consistant à introduire par l’anus un tube qui transmet lumière et image, appelé endoscope. Avec lui, on peut examiner le rectum et la partie finale du côlon (environ 60 cm), et détecter certains polypes qui pourraient s’y trouver.
- Coloscopie : Examen similaire à la sigmoïdoscopie, mais le tube utilisé est plus long et permet de parcourir tout le côlon. Facilite la prise d’échantillons de tissu (biopsie) dans les zones où l’on soupçonne une tumeur, puis un examen au microscope. Généralement réalisée avec une sedation et le risque de complications est très faible.
- Étude génétique : S’il existe des antécédents familiaux ou si l’on soupçonne la possibilité d’un cancer héréditaire, il est conseillé de réaliser une étude génétique pour détecter des anomalies. En cas d’altérations génétiques dans la famille, les explorations du côlon et du rectum doivent débuter tôt (à 20 ans) et être répétées périodiquement.
- Signe d’enema de baryum avec double contraste : Une série de radiographies du côlon et du rectum réalisées après qu’un lavement a été administré avec une solution blanche au baryum pour visualiser radiologiquement l’intérieur du côlon et du rectum.
Ces dernières années, on explore fortement la technique connue sous le nom de biopsie liquide, qui peut s’avérer particulièrement utile dans le cancer du côlon. Il s’agit d’un test effectué sur un échantillon de sang afin de rechercher des cellules cancéreuses circulant dans le sang ou des fragments d’ADN des cellules tumorales circulant dans le sang. Une fois son utilisation standardisée, il pourra être employé pour dépister le cancer de manière précoce, planifier le traitement ou évaluer son efficacité, entre autres aspects.
Traitements
Pour planifier le traitement adéquat, le médecin doit savoir à quel stade de la maladie se trouve le patient. Actuellement, deux systèmes sont utilisés avec la même fréquence.
Types d’échelle
Classification TNM
Dans celui-ci on mesure les trois aspects qui influent sur le cancer. Tout d’abord, le T se réfère à la taille de la tumeur primaire dans l’intestin; le N concerne la présence ou non des ganglions lymphatiques, tandis que le M se réfère à la présence de métastases à distance. On distingue ainsi cinq stades :
- Stade 0 ou carcinome in situ : À ce stade précoce, le cancer se situe dans la couche superficielle de la muqueuse, ne la traverse pas et n’affecte pas les ganglions lymphatiques.
- Stade I : Le cancer s’est propagé à la paroi du rectum ou du côlon sans traverser la couche musculaire. À ce stade, les ganglions lymphatiques ne sont pas touchés.
- Stade II : Le cancer s’est étendu à la couche la plus profonde du côlon, mais sans toucher les ganglions, qui, distribués dans le corps, produisent et stockent des cellules capables de lutter contre les infections. À ce stade, la tumeur peut envahir les organes adjacents.
- Stade III : Le cancer s’est étendu aux ganglions lymphatiques et aux organes voisins.
- Stade IV : Le cancer s’est propagé à d’autres organes (principalement le foie, les os et les poumons).
Classification de Dukes ou Astler et Coller
Cette échelle utilise les lettres A à D pour évaluer jusqu’où la tumeur s’enfonce dans la paroi du côlon :
- Stade A : les patients présentent une lésion limitée à la muqueuse et sans atteinte des ganglions.
- Stade B1 : le cancer est partiellement présent dans la paroi du rectum et du côlon mais ne la traverse pas et n’atteint pas les ganglions.
- Stade B2 : la tumeur s’étend sur toute la paroi du côlon et du rectum sans envahir les ganglions lymphatiques.
- Stade C : à ce niveau, le cancer peut affecter partiellement ou totalement la paroi et aussi les ganglions lymphatiques.
- Stade D : le cancer affecte toute la paroi et s’étend à des organes plus éloignés.
Choix du traitement
Après les tests qui confirment le diagnostic, le spécialiste déterminera le traitement. Comme pour de nombreux autres cancers, le cancer du côlon nécessite une thérapie multidisciplinaire pour offrir aux patients les taux de rétablissement les plus élevés. Les spécialistes décideront du traitement adapté en fonction de l’état du patient, de l’emplacement de la tumeur et du stade de la maladie.
De plus, le spécialiste évaluera si le patient souffre d’autres affections susceptibles d’entraver le traitement. Tout cela implique que chaque patient recevra un traitement adapté à ses circonstances personnelles. Les traitements les plus courants sont la chimiothérapie et la chirurgie.
Chirurgie
Par une intervention chirurgicale, on retire la partie affectée par le cancer. La chirurgie s’applique à toutes les étapes de la maladie. En fait, au stade A, c’est le traitement recommandé, car dans les autres stades les spécialistes préconisent d’appliquer la chirurgie en association avec d’autres traitements.
À ce stade initial, les spécialistes peuvent retirer un polype via une colonoscopie afin de l’examiner et, selon les résultats, enlever le cancer et une partie de tissu sain environnant et enlever les ganglions de la zone. Une autre possibilité est, après avoir retiré une partie du côlon, d’effectuer une ouverture du côlon à l’extérieur (ostomie), ce qui oblige la personne à utiliser une poche extérieure pour recueillir les selles. L’ostomie peut être temporaire ou permanente.
Sur les approches et techniques chirurgicales, Gonzalo Guerra indique que l’approche « par voie laparoscopique est celle la plus utilisée actuellement pour le traitement du cancer du côlon. Toutefois, la chirurgie robotisée et la technique TAMIS (chirurgie transanale mini-invasive), permettent aux chirurgiens d’aborder les tumeurs localisées dans des zones difficiles d’accès avec plus de précision et moins de complications, des séjours hospitaliers plus courts et une récupération post-opératoire moins douloureuse ».
Radiothérapie
Elle consiste à appliquer une radiation d’énergie élevée sur la zone affectée afin de détruire les cellules cancéreuses. Elle agit uniquement sur la zone traitée et peut être utilisée avant la chirurgie (pour réduire la tumeur et faciliter son extraction) ou après la chirurgie (pour détruire les cellules cancéreuses qui pourraient subsister).
Chimiothérapie
Il s’agit du traitement par lequel des médicaments sont administrés dans une veine (par cathéter) afin d’inhiber les cellules cancéreuses. Elle est généralement pratiquée après l’intervention chirurgicale.
Immunothérapie
L’immunothérapie, qui consiste à stimuler ou restaurer les propres défenses immunitaires de l’organisme, apporte une aide dans le traitement de différents types de cancers. Cependant, pour le cancer du côlon, elle demeure encore peu efficace : seulement environ 5 % des patients atteints de cancers colorectaux peuvent en bénéficier.
Traitements ciblés
Il existe des médicaments spécifiques contre certains cancers du côlon ou du rectum. Par exemple, des médicaments ont été développés pour des tumeurs avancées présentant des mutations dans le gène BRAF.
Autres données
Pronostic
Selon les données de l’Association Espagnole contre le Cancer, environ 54 pour cent des patients atteints d’un cancer du côlon survivent à cinq ans. Bien sûr, ces chiffres dépendent du stade. Ainsi, la survie à cinq ans au stade A se situe entre 90 et 92 pour cent ; au stade B entre 50 et 75 % ; au stade C entre 25 et 55 % et au stade D elle est inférieure à 8 pour cent.
De plus, ces dernières années, le pronostic de survie des patients au stade C après l’intervention et la chimiothérapie s’est considérablement amélioré.
Effets secondaires
Les effets secondaires varient selon le traitement reçu par le patient, mais la plupart sont temporaires. Le médecin doit informer le patient sur ceux qui pourraient apparaître.
- La chirurgie peut provoquer douleur et faiblesse dans la région opérée et une diarrhée temporaire. De plus, si une ostomie a été réalisée, une irritation de la peau autour de l’ouverture peut survenir.
- La chimiothérapie affecte à la fois les cellules cancerueuses et les cellules normales et peut générer nausées, vomissements, perte de cheveux (qui repousse toujours), diarrhée et fatigue.
- Enfin, l’immunothérapie peut provoquer des symptômes semblables à la grippe, comme fièvre, frissons, faiblesse et nausées.
Contrôle et suivi du cancer du côlon
Après la fin du traitement, le risque de réapparition du cancer diminue avec le temps. Au cours des trois premières années, il est conseillé de réaliser des bilans trimestriels. À partir de la quatrième et de la cinquième année, ces contrôles peuvent être espacés toutes les six mois et, à partir de la sixième année, annuellement.
Les tests de suivi comprennent un examen physique général soigné et un examen rectal plus ciblé, une colonoscopie et des analyses de sang pour des marqueurs tumoraux tels que l’antigène carcino-embryonnaire (CEA). Si les symptômes ou les résultats des tests habituels suggèrent une réapparition du cancer, des radiographies thoraciques, des tomodensitométries et des examens d’imagerie par résonance magnétique peuvent également être réalisés. En présence de tout nouveau symptôme ou persistant, il convient de consulter le médecin immédiatement.
Marqueurs tumoraux
L’antigène carcino-embryonnaire (CEA) est une substance présente dans le sang chez certaines personnes atteintes d’un cancer du côlon. Le test sanguin pour le CEA est utilisé plus fréquemment en association avec d’autres examens pour le suivi de patients qui ont déjà eu un cancer et ont reçu un traitement. Ce test peut avertir précocement d’une réapparition du cancer. Le CEA peut être présent dans le sang de certaines personnes qui n’ont pas de cancer du côlon. Le tabac peut aussi augmenter les niveaux de cet antigène. Par conséquent, il ne peut pas être considéré comme un test spécifique de détection du cancer du côlon.
Comment diminuer l’inconfort après les tests de diagnostic ?
Bien que les tests pour diagnostiquer le cancer du côlon ne soient pas douloureux, ils peuvent être gênants et parfois difficiles à tolérer. L’Association Espagnole contre le Cancer propose les recommandations suivantes pour aider le patient à traverser les examens :
- Tout d’abord, il est recommandé que le patient soit accompagné par une personne proche, car discuter avec quelqu’un peut aider à rester plus détendu.
- Ensuite, il convient de demander au médecin une explication précise sur le déroulement des tests afin d’éviter d’imaginer des situations.
- Avant les tests, il est conseillé de pratiquer une activité de relaxation. Il est aussi important de se concentrer sur ce qui se passe à chaque étape. Après l’examen, il est recommandé de pratiquer une activité de relaxation.
- Enfin, si vous êtes nerveux ou souffrez d’anxiété, il est conseillé d’en parler au médecin afin de qu’il puisse éventuellement prescrire un médicament pour améliorer la situation si cela est jugé utile.
Tests de dépistage
Il existe différents tests de dépistage précoces. Le Centre Médico-Chirurgico des Maladies Digestives en met en avant :
- Test sanguin occulte dans les selles : c’est un bon outil de dépistage à grande échelle, mais sa sensibilité et sa spécificité restent relativement basses, car la présence de sang dans les selles peut résulter d’autres affections comme les hémorroïdes, les fissures anales ou les maladies inflammatoires de l’intestin. Si le résultat est positif, une colonoscopie est nécessaire.
- Test sépulture 9 : une analyse sanguine qui exclut la possibilité d’un cancer du côlon avec une fiabilité de 90 %. S’il est positif, il nécessite une colonoscopie pour identifier sa localisation et son éventuelle extension.
- Colonoscopie virtuelle : permet de visualiser en 3D (via une IRM/TAC) le côlon dans son intégralité sans nécessiter de sédation, car l’examen est indolore. Si un polype ou une autre anomalie est détecté, une colonoscopie traditionnelle est requise.
- Colonoscopie traditionnelle : l’examen diagnostique par excellence pour prévenir et diagnostiquer précocement le cancer colorectal. De plus, il n’est pas seulement diagnostique, mais aussi thérapeutique, car si l’on identifie un polype il peut être retiré sur le champ, éliminant ainsi le risque de développer un cancer. Le spécialiste précise quand réaliser une colonoscopie traditionnelle. 90-95 % des cancers colorectaux prennent naissance à partir d’un polype, d’où la colonoscopie comme méthode la plus efficace pour prévenir ce type de cancer. « Elle devrait être réalisée chez toute personne saine à partir de 50 ans », et également à partir de 40 ans s’il existe des antécédents familiaux ou une maladie inflammatoire intestinal. Dans ces trois cas, elle doit être répétée tous les 5 ans. Si des polypes sont présents, la fréquence dépend des résultats obtenus.
En fonction de chaque cas, un type de test ou un autre peut être indiqué, mais en règle générale, des dépistages devraient être réalisés :
- Personnes de plus de 50 ans sans symptôme : l’âge est un facteur de risque inévitable (mais l’apparition peut aussi concerner des personnes plus jeunes). À répéter tous les 5 ans.
- Personnes avec des antécédents familiaux : l’âge de réalisation est abaissé à 40 ans et la périodicité reste de 5 ans.
- Patients avec polypose intestinale : lorsqu’un ou plusieurs polypes sont détectés, il peut exister une prédisposition génétique à leur apparition. Dans ce cas, la colonoscopie dépendra du type de polype retiré et elle sera répétée selon les résultats négatifs.
- Patients atteints d’une Maladie Inflammatoire Intestinale : la colonoscopie est recommandée à partir de 40 ans, répétée tous les 5 ans.
Bibliographie
- Las cifras del cáncer en España 2023. Sociedad Española de Oncología Médica. https://seom.org/images/Las_cifras_del_Cancer_en_Espana_2023.pdf
- Données sur le cancer du côlon de l’Association Española Contra el Cáncer. https://www.contraelcancer.es/es/todo-sobre-cancer/tipos-cancer/cancer-colon
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.
