Anisakose: infection par Anisakis

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Qu’est-ce que c’est

 La anisakiasis est une affection d’origine parasitaire qui s’acquiert en consommant certains aliments, notamment des poissons ou tout céphalopode cru ou peu cuit qui contiennent une larve de la famille anisakiadae.

L’anisakis est un parasite mesurant entre 20 et 30 millimètres de longueur, dont les larves se reinstallent dans de nombreuses espèces marines et auprès duquel l’être humain devient un hôte accidentel. Les types de poissons qui contiennent le parasite de manière plus fréquente sont le merlu et le bonito, mais les cas d’anisakiase proviennent surtout d’autres poissons comme le boquerón, l’anchois et la sardine.

Cependant, il existe certaines espèces qui ne contiennent pas habituellement le parasite et parmi elles figurent les bivalves (moules, huîtres ou palourdes, par exemple), car en se nourrissant par filtration, cela empêche les larves de s’installer dans leur organisme. 

Causes

L’anisakis peut affecter l’être humain par deux mécanismes. Dans le premier cas, il s’agit d’une hypersensibilité immédiate médiée, ce qui implique que le parasite possède plusieurs antigènes capables d’induire indirectement des réactions allergiques allant d’une simple urticaire à un choc anaphylactique.

De plus, il existe un deuxième type de mécanisme qui implique l’effet local du parasite sur la paroi du tractus digestif, bien que le premier type soit généralement le plus fréquent.

Selon la Fondation espagnole de l’appareil digestif, l’incidence de l’anisakiase en Espagne dépend à la fois de la quantité de poisson consommée (plus élevée dans les zones côtières) et des habitudes culinaires propres à chaque région, car les températures élevées ont tendance à détruire le parasite.

À propos de ce dernier point, il faut noter que les larves résistent jusqu’à des températures allant jusqu’à 50 ºC et résistent aussi à certaines formes de cuisson, comme le vinaigre, le sel ou certaines techniques de fumage.

Pour toutes ces raisons, il est plus facile d’attraper une anisakiase en consommant des poissons préparés au vinaigre, par salaison, fumés, escabèche, poissons crus ou peu cuits. De même, les conserves sont plus sûres, car l’aliment est préalablement cuit, à l’exception des anchois ou des escabèches.

Symptômes

En ce qui concerne les symptômes de cette affection, ils se divisent en tableaux symptomatiques digestifs et allergiques.

Les premiers se manifestent par des nausées, des vomissements et des douleurs abdominales qui varient selon la localisation du parasite. Le plus fréquent est une douleur intense dès l’entrée de l’estomac quelques heures après l’ingestion et, si le parasite atteint l’intestin, il peut être nécessaire une intervention chirurgicale abdominale.

Par ailleurs, en ce qui concerne le tableau allergique, celui-ci peut aller de l’urticaire légère à l’anaphylaxie, qui représente le symptôme le plus grave car il peut provoquer un choc et un danger vital.

Il est possible que l’allergie ne soit pas provoquée par l’ingestion, comme c’est le cas chez les pêcheurs qui peuvent souffrir d’autres affections telles que asthme, rhinoconjonctivite ou dermatite de contact.

Toutes les manifestations cliniques de cette pathologie sont causées par la présence de l’anisakis dans le tractus gastro-intestinal, plus précisément dans l’estomac ou la portion distale de l’intestin grêle.

Prévention

Comme prévention, il est important de s’assurer que le poisson consommé a été préalablement congelé. 

Du point de vue législatif, il existe des décrets et lois obligeant les fournisseurs de poisson frais à effectuer un examen visuel et, dans certaines occasions, les restaurants sont contraints de congeler cet aliment afin d’éviter ce type de problèmes.

En ce qui concerne les mesures préventives d’ordre individuel, elles comprennent :

  • Veiller à consommer du poisson qui a été congelé préalablement.
     
  • Éviter d’ingérer les parties du poisson proches de l’appareil digestif du poisson.
     
  • Le cuire à plus de 60 degrés pendant au moins 2 minutes car certaines méthodes de cuisson, comme la cuisson à la plancha, peuvent s’avérer insuffisantes.
     
  • Congeler le poisson pendant au moins 72 heures avant de le cuisiner.

Types

À ce jour, il n’existe pas de classification de cette pathologie.

Diagnostics

Pour diagnostiquer cette affection, le spécialiste réalisera les examens suivants :

  • Sérologiques: dans ces tests, on détecte la présence d’anticorps contre certains antigènes, l’un des tests cutanés les plus connus étant le Prick-Test qui consiste à reproduire sur la peau une réaction allergique afin de déterminer les substances auxquelles on est allergique.
     
  • Radiologiques: pour détecter des défauts dans le transit baryté (avec baryum) ou pour repérer un épaississement provoqué par un œdème de la muqueuse qui pourrait entraîner un rétrécissement de l’intestin.
     
  • Échographie: permettant de détecter un épaississement d’un segment intestinal.

Traitements

Selon la Fondation espagnole de l’appareil digestif, dans la majorité des patients les symptômes se résorbent sans traitement spécifique de l’affection, même si l’on prescrit généralement des protecteurs gastriques.

D’autre part, il peut être nécessaire d’extraire le parasite si l’on sait où il se situe dans l’organisme du patient par le biais d’une endoscopie et, en cas d’atteinte intestinale avec inflammation, le spécialiste prescrira des corticoïdes pour éviter des interventions chirurgicales.

Pour traiter les réactions allergiques, les antihistaminiques peuvent réduire le tableau symptomatique, tandis que les réactions anaphylactiques devront être traitées avec de l’adrénaline, constituant une présentation grave et urgente de la pathologie.

Autres informations

Récemment, selon le service de gastro-entérologie de l’Hôpital Universitaire Ramón y Cajal, des études ont montré que le parasite contient certaines protéines nommées antigènes qui se révèlent être thermorésistantes et ne se détruisent pas à des températures très élevées.

Dans ces cas, le spécialiste doit effectuer des tests pour déterminer la sensibilité du patient à ces protéines, bien que ces examens ne puissent être réalisés que dans le cadre d’études de recherche.

Pour cette raison, les spécialistes interdisent uniquement la consommation de poisson à ceux qui ont présenté une anisakiase après en avoir consommé ce aliment préalablement congelé ou correctement cuit. 

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À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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