12 ans d’études sur 80 000 femmes pour découvrir ce geste matinal qui réduit de 40 % le risque de cancer du sein

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12 ans d'études sur 80 000 femmes pour découvrir ce geste matinal qui réduit de 40 % le risque de cancer du sein

Se lever tôt pourrait-il jouer un rôle dans la prévention du cancer du sein ? La question intrigue depuis la publication d’une étude du BMJ consacrée au lien entre sommeil, chronotype et risque de cancer du sein. Les chercheurs y ont observé qu’une préférence naturelle pour le matin était associée à un risque plus faible de développer la maladie.

L’idée a rapidement été résumée ainsi : les femmes “du matin” auraient jusqu’à 40 % de risque en moins que les femmes plutôt “du soir”. Mais cette formule demande de la prudence. L’étude ne dit pas qu’il suffit de mettre son réveil plus tôt pour faire chuter mécaniquement son risque.

Ce que les chercheurs ont étudié

Les scientifiques ont analysé de grands ensembles de données, notamment la UK Biobank et le Breast Cancer Association Consortium. L’objectif était de savoir si certains traits liés au sommeil — préférence matinale ou vespérale, durée de sommeil, insomnie — pouvaient être associés au risque de cancer du sein.

Le résultat le plus commenté concerne les femmes ayant une préférence matinale. Autrement dit, celles qui se sentent naturellement plus actives le matin que le soir. Chez elles, les chercheurs ont trouvé un risque plus faible de cancer du sein par rapport aux profils plus nocturnes.

Pourquoi il ne faut pas surinterpréter

Le point important est là : être “du matin” n’est pas exactement un comportement que l’on change du jour au lendemain. C’est en partie lié à l’horloge biologique, au rythme de vie, à l’exposition à la lumière et à des facteurs génétiques.

Les auteurs ne présentent donc pas le lever matinal comme une solution de prévention à lui seul. Des experts interrogés après la publication ont aussi rappelé que d’autres facteurs restent beaucoup mieux établis, comme l’alcool, le surpoids après la ménopause, la sédentarité ou les antécédents familiaux.

Le vrai message à retenir

Cette étude renforce surtout une idée déjà connue : le rythme de sommeil et l’horloge biologique pourraient jouer un rôle dans la santé hormonale et métabolique. Les perturbations répétées du rythme jour-nuit, notamment le travail de nuit, sont d’ailleurs étudiées depuis longtemps dans le cancer du sein.

Pour autant, le conseil le plus raisonnable n’est pas de se forcer à se lever à 5 heures. Il est plutôt de maintenir un rythme régulier, de limiter l’exposition à la lumière tard le soir, de dormir suffisamment sans excès, et de rester physiquement active.

En clair, le “geste matinal” à retenir n’est pas magique : ancrer sa journée dans un rythme stable, avec une exposition à la lumière naturelle le matin et des horaires de sommeil cohérents. C’est moins spectaculaire qu’un chiffre de 40 %, mais beaucoup plus fidèle à ce que dit la science.

À propos de l'auteur

Dr Jean-Pascal Del Bano

Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

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