L’étude de la biologie de la tumeur montre des différences selon le genre. Ainsi, la même tumeur observée au microscope, quand elle survient chez les hommes et les femmes, n’aura pas la même biologie ni le même pronostic, selon le genre. Par exemple, les tumeurs de l’œsophage sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes, car plutôt liées aux reflux gastriques de l’estomac des personnes qui présentent une sur-adiposité abdominale, le ventre appuyant sur le diaphragme. En l’occurrence, des hommes. Cependant, si cette tumeur est moins fréquente chez les femmes, sa cause n’est pas la même et elle est également plus agressive.
Autre exemple : l’incidence du cancer du colon est la même chez les hommes que chez les femmes. Et pourtant, chez ces dernières, ces tumeurs touchent le plus souvent des personnes plus jeunes, présentent des anomalies moléculaires plus importantes et plus agressives, et présentant de plus une toxicité accrue à certaines chimiothérapies. Ainsi, certaines patientes ne bénéficieront pas d’une prise en charge optimale car elles seront obligées d’arrêter leur traitement en raison de ses effets secondaires trop élevés. Il reste donc à retravailler les doses optimales chez les femmes ou à leur administrer d’autres traitements qu’aux hommes.
D’autres études en immunothérapies ont montré des différences entre les hommes et les femmes, avec une meilleure réponse chez premiers que les secondes atteintes d’un même cancer du poumon. Parmi les premières explications trouvées : une plus faible expression du marqueur génomique de la tumeur, PDL-1, qui prédit la réponse mais d’autres raisons sont encore à trouver.
A l’inverse, dans les cancers ORL, l’immunothérapie serait plus efficace chez les femmes que les hommes. En fait, les différences ne sont pas simplement liées au seul genre pour tous les cancers mais varient aussi en fonction du type de tumeur et des causes de déclenchements.