Movember : la bataille contre les cancers de la prostate et des testicules

Même si toute l’année des campagnes et des journées mondiales permettent de soutenir le combat de certaines maladies l’Automne est une période forte en terme d’actions et d’information de Santé Publique. Puisque les mois d’Octobre et de Novembre sensibilisent le plus grand nombre sur deux cancers dont l’incidence est considérable. En Octobre, « Octobre Rose » lutte contre le cancer du sein, et le mois de Novembre laisse place à un mouvement plus récent, crée en Australie, nommé « Movember » - le combat contre les cancers de la prostate et des testicules.

Cancer parmi les plus fréquents chez les hommes, arrivant en quatrième position en terme de mortalité, le cancer de la prostate dénombrait en 2010 en France, « 71 500 nouveaux cas diagnostiqués ». Avec tant de campagnes en lice pour notre attention, et éviter le risque de lassitude de collecte de fonds, un coup de projecteur était nécessaire sur la lutte contre le cancer de la prostate.

Des moustaches pour la santé des hommes

A l'approche du mois de Novembre, la moustache est de rigueur pour toute la famille. De plus en plus de pays et sur les réseaux sociaux les plus populaires, certaines associations, personnalités et particuliers se font pousser la moustache en symbole de ralliement, pour aider la lutte contre les cancers de la prostate et des testicules. Crée il y a dix ans à Melbourne en Australie, le (jeune) mouvement Movember est actif actuellement dans 21 pays, et générerait plusieurs dizaines de millions d’euros autour du globe. Actif en Europe avec une forte progression grâce aux réseaux sociaux, la Fondation Movember ne milite pas spécifiquement pour le dépistage du cancer de la prostate (sujet à controverses sous sa forme actuelle), mais bien pour la Recherche (au sens le plus large) contre le cancer de la prostate et le cancer des testicules.

L’impact de Movember serait majeur pour la santé des hommes, comme le signale une étude indépendante relevée par BBC News (édition web du 26/10/13), grâce à plus de communication et de sensibilisation permettant à un plus grand nombre d’hommes d’en parler et d’aller consulter leur médecin pour réaliser un éventuel check-up et de prendre plus conscience des risques pour la santé auxquels ils sont confrontés — bien que le cancer de la prostate soit essentiellement lié au vieillissement.

L'autre phénomène constaté, est que Movember permet de contribuer au déséquilibre des investissements dans la Recherche contre le cancer de la prostate, qui est moins élevé que dans le cancer du sein. Ainsi que dans la Recherche sur le cancer des testicules, dont  financement est traditionnellement plus difficile à obtenir, puisque c'est une maladie moins fréquente. Les financements obtenus grâce à Movember permettent aussi de poursuivre les pistes de nombreux chercheurs qui affirment que la clé est d'identifier les hommes à haut risque génétique avant que le cancer se développe. La « Moustache » de Movember devient donc un symbole international de sensibilisation au côté du « Ruban Rose » d’Octobre Rose.

Prostate, cancer et lueurs d’espoirs dans les traitements

Située dans le bassin, la prostate est une glande génitale masculine, présente « sous le col vésical, la prostate entoure l’urètre sur quelques centimètres, à la sortie de la vessie et juste devant le rectum. En forme de châtaigne, elle ne pèse pas plus de 20 grammes. ». Son rôle dans la sécrétion du liquide séminal (vital dans la composition du sperme), est donc un rôle considérable dans la reproduction. Son volume tendrait à augmenter avec l’âge principalement à cause de l’hypertrophie de la prostate. Sans potentielle gravité ni lien avec le développement probable d’un cancer, cette tumeur bénigne (adénome) se traite le plus souvent grâce à un traitement médicamenteux ou chirurgical. A l’inverse, le cancer de la prostate est en forte progression depuis environ vingt cinq ans, « avec 8 790 décès estimés » en 2010. Comme le confirme les spécialistes, la progression de ce cancer serait essentiellement en rapport avec la population vieillissante et l’augmentation de la longévité. Parmi les facteurs de risque, l’âge est donc le facteur principal du cancer de la prostate où l’âge moyen de diagnostic est de 71 ans. Les autres facteurs sont « les antécédents familiaux précoces (moins de 55 ans) dans les parents au premier ou deuxième degré ; l’origine géographique des populations (l’Afrique subsaharienne et les Antilles ont des prévalences supérieures à la moyenne) ».

Se mobiliser pour aider la lutte contre le cancer de la prostate est donc un mouvement solidaire, quel que soit l’âge, pour penser à son avenir en terme de santé masculine et porter son soutien aux malades actuels. Cancer très sournois, son évolution est lente, et certaines formes sont plus agressives. Le diagnostic précoce du cancer de la prostate est un gage de succès du traitement « pour les formes non indolentes ». Parmi les symptômes du cancer de la prostate, on note entre autres des dysfonctionnements et le cas de soupçons, le médecin traitant réalisera un examen clinique. Bien que les examens cliniques et la prise en charge des symptômes s’améliorent, une remise en question conséquente s’est posée sur le dépistage, notamment sur l’une des pratiques, utilisant le dosage du PSA (Prostatic Specific Antigene, un antigène spécifique de la prostate).

Actuellement, la Haute Autorité de Santé (HAS) insiste sur le fait « qu’il n’y a pas de démonstration robuste du bénéfice d’un dépistage du cancer de la prostate en population générale par dosage de PSA, que ce soit en termes de diminution de la mortalité ou d’amélioration de la qualité de vie ». De plus, le dépistage par l’antigène spécifique de la prostate (PSA) chez les patients considérés "à haut risque" les exposerait à des inconvénients et des risques, comme notamment des résultats « faux positifs ». Le manque évident de données probantes, pour déclarer qu’un dépistage à grande échelle fasse baisser la mortalité, doit donc pousser les chercheurs à trouver de nouveaux marqueurs dans le dépistage des personnes à risque.

Soutenir la Recherche contre le cancer de la prostate est un enjeu de Santé Publique, et plusieurs approches prometteuses voient le jour en partie grâce à l’action Movember ; comme le vaccin thérapeutique contre le cancer de la prostate initié par une équipe de chercheurs du CHU de Québec (Canada). Signalé  sur Radio Canada (édition web du 28/10/13), selon l'équipe du Dr Yves Frade, ce vaccin thérapeutique « pourrait non seulement éliminer les effets secondaires des traitements actuels, mais également détruire toutes les cellules cancéreuses, même celles qui se sont propagées à l'extérieur de la prostate. », et « grâce à une subvention de 200 000 $ du fonds de Movember et de Cancer de la Prostate Canada, l'équipe de chercheurs pourra commencer les essais cliniques sur des animaux. Les résultats devraient être connus dans environ deux ans. ».

Sources et Liens Utiles

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