Une fleur source d'un nouveau médicament anticancéreux

Une fleur source d'un nouveau médicament anticancéreux

La recherche de traitements plus efficaces contre le cancer pourrait bientôt exploiter le pouvoir de guérison d’une fleur, le crocus d'automne ou colchique (Colchicum autumnale). Les chercheurs sont prêts à commencer les essais cliniques avec une nouvelle cible de traitement, dérivé de la fleur, et visant spécifiquement les tumeurs.

Le traitement (nommé ICT2588), provenant d'une substance nommée la colchicine (un alcaloïde tricyclique toxique), a réussi à ralentir la croissance des cellules tumorales, voire à éradiquer complètement une gamme de différents types de cancers (cancer de la prostate, cancer du sein,…, suite à des expériences avec des souris. L'équipe de chercheurs, de l'Institute for Cancer Therapeutics (ICT) de l'Université de Bradford (Grande-Bretagne), a publié ses travaux début septembre dans la revue Cancer Research.

« Le colchique, parfois appelé safran des prés ou safran bâtard ou crocus d'automne (Colchicum autumnale) n'appartient pas à la famille des iridaceae, mais à celle des liliaceae. Les fleurs de colchique ressemblent beaucoup à celles des crocus. Contrairement aux crocus, le colchique fleurit en automne. Le colchique est très toxique. Toutes les parties de la plante contiennent de la colchicine, substance irritante et toxique. L'ingestion de colchique provoque de graves symptômes au niveau des systèmes digestif, respiratoire et cardiaque. Une intoxication par colchique peut être mortelle. ».

Colchicine : une bombe à retardement

C'est parce qu'il contient de la colchicine que le crocus d'automne (colchique) est connu pour avoir des propriétés médicinales, y compris des effets anticancéreux. Mais la colchicine est toxique pour les autres tissus de l'organisme, ainsi que pour le cancer. Jusqu'à présent son utilisation a été très limitée et les différentes recherches n'étaient pas convaincantes, entre autre à cause de la forte toxicité de la colchicine.

Les chercheurs ont maintenant modifiés la molécule de la colchicine pour la rendre inactive dans le corps jusqu'à ce qu’elle atteigne la tumeur. Une fois la tumeur ciblée, le produit chimique devient actif et brise ainsi les vaisseaux sanguins alimentant la tumeur.

Cet effet est rendu possible grâce à des enzymes (MMT1) que produisent toutes les tumeurs, et dont la fonction est de briser les cellules normales à proximité, permettant à la tumeur de se propager. La colchicine est alors activée, et le processus de décomposition des vaisseaux sanguins dans le but « d’affamer » les cellules cancéreuses commence.

Tout en restant optimiste mais prudent, une des choses qui peut rendre ce médicament si efficace, c'est qu'il sera « actif uniquement dans la tumeur, et sans provoquer des dommages aux tissus sains », a signalé le Pr Patterson.

L’enzyme nécessaire pour activer la colchicine est produite uniquement par les tumeurs solides, et il peut être possible de traiter efficacement les cancers en ayant pratiquement aucun effet secondaire sur le reste du corps.

Par ailleurs, comme le médicament sera activé chaque fois que l'enzyme est produite, le mécanisme devrait permettre le traitement des cas particulièrement problématiques de la métastase, où le cancer se propage à nouveau de son environnement initial.

Juste une dose de la colchicine produit cet effet remarquable. Mais si elle passe les tests cliniques, les chercheurs croient que ce traitement sera utilisé à côté des traitements du cancer existants. Les chercheurs espèrent que le traitement va entrer dans la phase initiale d'essais cliniques dans les 18 prochains mois, afin d’obtenir des études de laboratoire plus approfondis.

 

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