Adénome et cancer de la prostate : la chirurgie mini-invasive s'impose

Recommandée pour réduire les saignements, limiter le temps d'hospitalisation ou préserver la sexualité, la chirurgie dite mini-invasive s'est imposée dans le traitement de l'adénome et du cancer de la prostate. Cette chirurgie a fait l'objet d'une présentation à la presse, la semaine dernière à Paris.

La réunion publique était organisée à l'occasion de la sixième journée nationale de la prostate, une journée d'information et de sensibilisation. Deux pathologies majeures de cette glande sexuelle masculine ont été évoquées: l'adénome, une hypertrophie bénigne touchant 50 à 75% des hommes de plus de 50 ans, et le cancer de la prostate qui est, en France, la deuxième cause de mortalité par cancer chez l'homme.

Pour ces deux pathologies, les traitements chirurgicaux proposés se sont considérablement améliorés, a souligné au cours de sa présentation le Dr Hervé Baumert, chef du service de chirurgie urologique du groupe hospitalier Saint-Joseph. Désormais, l'heure est à la chirurgie mini-invasive qui limite les incisions, réduit les effets secondaires et permet une convalescence beaucoup plus rapide.

En première ligne se distinguent les interventions assistées par un robot chirurgical baptisé Da Vinci qui, malgré son coût élevé (compris entre 1,5 à deux millions d'euros) s'installe progressivement depuis quelques années dans les hôpitaux. Constitué de bras articulés comprenant à leur extrémité une caméra ou des outils chirurgicaux, il est piloté à distance par le chirurgien à travers une console restituant une vision en trois dimensions.

Pour le traitement de la prostate, seules cinq petites incisions de 5 à 10 mm sont réalisées à travers l'abdomen du patient pour y faire passer les bras articulés. Grâce à la caméra et la précision des outils, le chirurgien est alors capable d'extraire la glande dans sa totalité, tout en préservant les tissus avoisinants dont les fines bandelettes vasculo-nerveuses accolées à la prostate, sont nécessaires à l'érection.

Autre technique évoquée pour le traitement du cancer de la prostate: la cryothérapie. Ce traitement consiste à geler la prostate en y insérant de fines aiguilles refroidies à -40°C pendant deux cycles de congélation de 10 minutes. L'opération détruit les zones cryogénisées. "Elle est indolore, ne provoque pas de saignement et le patient peut sortir le lendemain ou le surlendemain", souligne le Dr Baumert. La technique a cependant l'inconvénient de moins préserver les nerfs érecteurs.

Pour ce qui est de l'adénome, le traitement le plus innovant reste la chirurgie par laser qui permet de réduire la taille de la prostate et restaurer ainsi les fonctions urinaires en découpant des copeaux de tissus. En coagulant le sang, le laser a l'avantage de limiter considérablement le risque de saignement et peut donc être envisagé pour des patients sous anticoagulants.

"Le laser et la cryothérapie sont très peu agressifs par rapport à la chirurgie classique", commente le spécialiste. "Les douleurs post opératoires sont quasi inexistantes et les complications sont deux fois moins nombreuses par rapport à la chirurgie classique". Les patients peuvent sortir dans les 48 heures et retrouver leurs activités normales dans les jours qui suivent.

 

© APM-Santé - PARIS, le 20 septembre 2010


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