Qu’est-ce que c’est
On appelle menstruation ou période les saignements mensuels chez la femme. Pendant les règles, le corps féminin se libère des cellules de recouvrement de l’utérus. Le sang menstruel s’écoule de celui-ci à travers une ouverture du col de l’utérus et quitte le corps par le vagin.
Normalement « il est normal que les menstruations se produisent toutes les 28-30 jours et qu’elles durent entre 3 et 4 jours, mais cela n’arrive pas toujours et c’est ce que l’on appelle les troubles menstruels », explique Victoria Verdú, coordinatrice de Gynécologie chez Ginefiv.
Les troubles menstruels sont les altérations qui se produisent dans le corps de la femme et qui sont liées à la menstruation. Les plus fréquents sont le syndrome prémenstruel (SPM) et la dysménorrhée qui apparaît pendant la menstruation.
On ne peut pas savoir avec précision mais un pourcentage élevé de femmes souffre d’un problème lié à la menstruation.
Causes
Les causes des périodes irrégulières (généralement légères), selon l’Institut national de la Santé Infantile des États-Unis, incluent :
- Périménopause (généralement, à la fin des années 40 et au début des années 50).
- Insuffisance ovarienne primaire.
- Troubles alimentaires (anorexie nerveuse ou boulimie).
- Exercice excessif.
- Disfonctionnement thyroïdien (trop ou pas assez d’hormone thyroïdienne).
- Niveaux élevés de l’hormone prolactine, produite par l’hypophyse pour aider le corps à produire du lait.
- Diabète non contrôlé.
- Syndrome de Cushing (augmentation des niveaux de l’hormone cortisol, utilisée dans la réponse du corps au stress).
- Hyperplasie surrénale congénitale d’apparition tardive (problème avec la glande surrénale).
- Contraceptifs hormonaux (pilules, injections ou implants contraceptifs).
- Dispositifs intra-utérins (DIU) qui contiennent des hormones.
- Fibrose à l’intérieur de la cavité utérine (syndrome d’Asherman).
- Médicaments, comme ceux utilisés pour traiter l’épilepsie ou les problèmes de santé mentale
Les causes fréquentes des saignements menstruels abondants ou prolongés incluent
- Adolescence (au cours de laquelle les cycles peuvent ne pas être associés à l’ovulation).
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOP, acronym en anglais PCOS) (saignement irrégulier mais abondant).
- Fibromes utérins
- Polypes endométriaux (croissance bénigne excessive du revêtement de l’utérus).
- Adénomiose (présence du revêtement utérin dans la paroi de l’utérus).
- DIU non hormonaux
- Troubles sanguins, tels que leucémie, troubles plaquettaires, déficits de facteurs de coagulation ou (plus rarement) maladie de von Willebrand.
- Complications de la grossesse (fausse couche)
(creissements bénins du muscle utérin).
Les causes fréquentes de la dysménorrhée (douleur menstruelle) incluent :
- Endométriose (croissance du revêtement utérin en dehors de l’utérus).
- Anomalies utérines (fibromes ou adénomiose).
- DIU.
- Fibrose pelvienne due à des infections sexuellement transmissibles, comme la chlamydia ou la gonorrhée.
- Flux menstruel abondant
Symptômes
Lorsque les femmes commencent à se familiariser avec le cycle, elles apprennent à distinguer, même vaguement, les signes de chaque phase du cycle menstruel. Selon la phase, les symptômes peuvent varier :
- Dans la phase de préovulation (jours qui suivent les règles) on ressent une sensation de plénitude, d’énergie renouvelée et de vigueur. C’est ce qu’on appelle le syndrome prémenstruel.
- Pendant la phase d’ovulation (environ deux semaines après les règles) il est fréquent de ressentir une douleur lancinante d’un côté de la partie basse de l’abdomen et une augmentation de la sécrétion vaginale ou du flux.
- La phase de postovulation (quelques jours avant les règles) est l’étape la plus prolixe en changements physiques et aussi psychiques, au point que certaines femmes peuvent souffrir du fameux syndrome prémenstruel, une série de désagréments qui varient selon la femme et qui apparaissent généralement au début des règles.
Ainsi, les symptômes sont très variables. Ils vont depuis des sentiments de tristesse et de mélancolie, manque de concentration, gonflement du bas-ventre, rétention d’eau, inflammation et douleur mammaire, jusqu’à des problèmes cutanés d’acné, des vomissements, mal de tête, irritabilité, nervosité ou dépression, entre autres.
- Pendant les règles ou le saignement, l’hémorragie est la caractéristique principale, qui peut durer entre trois et sept jours. La quantité de flux perdu varie selon chaque femme, bien que la moyenne de flux perdu équivaudrait au volume d’une tasse de thé. 90% s’évacue pendant les trois premiers jours des règles. D’autres symptômes propres à cette phase qui peuvent apparaître sont : douleurs dans le bas-ventre (ressemblant à des coliques), douleur au dos et aux jambes, étourdissements, nausées et vomissements et diarrhée.
Prévention
Étant donné que les causes varient énormément et que dans certains cas elles restent inconnues, il n’existe aucun moyen fiable de prévenir ces troubles avec certitude.
Cependant, suivre ces directives peut aider à réduire les symptômes :
- Alimentation: Adopter une alimentation saine, riche en légumes et fruits, comme la cuisine méditerranéenne. Réduire la consommation de sel pour éviter les gonflements et consommer un peu plus de sucre que d’habitude, car cela peut aider à réguler le niveau de glucose si vous vous sentez en manque d’énergie.
- Exercice: Pratiquer régulièrement une activité sportive peut aider les femmes.
- Relaxation: Éviter autant que possible les situations stressantes. Apprendre des méthodes de relaxation. Lire un bon livre ou faire une promenade peut aussi aider.
Dans le syndrome prémenstruel, les symptômes sont très variables, allant du gonflement du bas-ventre à des maux de tête ou des vomissements.
Types
Règles douloureuses ou dysménorrhée
Un tiers des femmes souffrent de dysménorrhée ou de règles très douloureuses. La douleur est semblable à des crampes, mais plus intense et peut s’accompagner de nausées, vomissements ou étourdissements. C’est le médecin qui détermine le traitement le plus adapté pour chaque cas.
Certaines études indiquent que la dysménorrhée peut être liée à un excès de production de prostaglandines. Dans certains cas, les femmes trouvent un certain soulagement en se baignant dans l’eau chaude ou en massant l’abdomen dès l’apparition des premiers signaux de douleur.
Règles irrégulières
Il n’est pas courant d’avoir des règles « à la lettre », c’est-à-dire toutes les 28 jours. En fait, beaucoup ont des cycles menstruels qui varient en durée, donc on considère normale une oscillation entre 21 et 35 jours. Quand le cycle dépasse six semaines de durée, il est considéré irrégulier, bien que cela ne soit pas préoccupant lors des premiers années de la ménarche, car il faut du temps avant que les cycles se régulent.
Ces cycles inhabituellement longs peuvent être oligoménorhées (un nombre de règles par an excessivement faible) ou bien amenorrhées (absence de règle). Les oligoménorrhées peuvent résulter d’un trouble de type hormonal ou simplement obéir au cycle naturel. Pour écarter d’éventuelles maladies qui en seraient la cause, il est nécessaire de consulter le gynécologue, qui réalisera les analyses et examens pertinents.
La raison la plus habituelle d’amenorrhée, si vous avez toujours eu des périodes régulières, est la grossesse. Mais elle est aussi liée à des changements d’alimentation, à un excès d’activité physique ou à un stress très soutenu.
Règles très abondantes
Certaines femmes souffrent de périodes ou règles très abondantes. Un saignement excessif n’a pas à signifier que quelque chose va mal; parfois cela survient lorsque l’on a cessé la pilule contraceptive ou après un accouchement, ou chez des femmes approchant la ménopause. Si les règles abondantes apparaissent brutalement et sans raison évidente, cela mérite une consultation chez le médecin. De plus, si, parallèlement à l’abondance du flux, la femme se sent particulièrement fatiguee, il se peut qu’elle souffre d’anémie.
Saignement utérin anormal
En plus de ceux mentionnés, il existe d’autres troubles appelés « saignement utérin anormal », qui englobent les variations de la quantité de saignement (en excès ou en défaut), la durée du saignement, la variation de la durée du cycle et le saignement intermenstruel, selon Carolina Antolín Atencia, gynécologue d’Inebir, de l’Hôpital Victoria Eugenia de Séville, de la Croix-Rouge espagnole.
Diagnostics
Le médecin réalisera un entretien clinique avec la patiente dans lequel sera complétée son histoire clinique et lui permettra d’écarter d’autres affections.
Traitements
Le traitement variera en fonction du type de trouble:
- Amenorrhée: On prescrit généralement des hormones pour induire les règles.
- Cycle menstruel prolongé ou raccourci: On peut prendre des préparations hormonales pour le réguler, bien que dans de nombreuses occasions il n’est pas nécessaire de traiter et cela se normalise lors de la menstruation suivante.
- Règle intense et prolongée: On utilise des préparations hormonales ou on cherche à identifier la cause.
- Hypoménorrhée ou règle faible: Ne nécessite pas de traitement.
- Règle irrégulière ou métrorragie: On prescrit généralement des préparations hormonales ou d’autres méthodes selon la cause.
- Règles douloureuses ou crampes (dysménorrhée): Des médicaments anti-spasmodiques et analgésiques peuvent être recommandés, ainsi que des exercices thérapeutiques et, dans certains cas, des exercices de relaxation.
Autres données
Les troubles menstruels sont plus fréquents aux deux extrêmes de la vie fertile, c’est-à-dire avant 20 ans et après 40 ans. Beaucoup de femmes souffrant d’aménorrhée ou d’endométriose rencontrent des problèmes de fertilité.
À propos de l'auteur
Dr Jean-Pascal Del Bano
Médecin spécialiste en biologie clinique, cofondateur du groupe Le Guide Santé, le Dr Jean-Pascal Del Bano est le directeur de la rédaction du site Le Guide Santé. Après un parcours dans divers domaines complémentaires de la santé (laboratoire de biologie médicale, direction médicale de cliniques, centre de rééducation cardiaque), il a acquis une très bonne connaissance du monde de la santé et notamment du secteur hospitalier. Le Dr Del Bano a également été médecin responsable du traitement de données de plusieurs palmarès des hôpitaux édités dans la presse écrite et numérique.

